Doumiènie et treisième sièele
Les pièces de cette époque sont des deniers et des demi' deniers en argent , d'un titre généralement bas ; dans les monnaies précédentes on remarque une altération dans la forme dei caractères, altération d'autant plus grande que ces pièces se rap* prochent de l'époque dont nous nous occupons et qui se distingue par des lettres à jambage fort épais et des formes les pins
frappée a Venise avec la légende, -j- ar . s? (sanctus) haectat VENECiA. Cette forme d'S employée encore en Suède au milieu do onzième siècle , se montre d'abord sur les monnaies anglo-saxonnes du dixième. (Lolewel, part. Il, p. 32.)
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étranges ; l'S, eo particulier, disloquée est souvent couchée par suite du rétrécissement donné à la hauteur de l'espace l(^endaire. Le grènetis que Ton remarque et dans les épiscopalcs signées et dans celles où nous avons signalé l'influence byzantine, sépare toujours dans celles-ci la légende du sujet central; les cantons de la croix oflrenl un S et un besant; quant à la figure de saint Pierre , elle est tracée de la naanière la plus barbare, quoiqu'on y reconnaisse l'intention évidente de représenter la calvitie de Tapôtre. Le n° 8 figure un denier; le n° 9, fesant 15 grains, est probablement un demi-denier; le poids da denier est 21 grains.
4Ê,* Quatorsième siècle*
La quatrième et dernière classe des monnaies épiscopales se compose de pièces en billon, frappées au quatorzième siècle et probablement en suite des conventions passées soit en 1300 «nlre l'évêque Martin et le monnayeur Thomas d'Ast (1), soit plus tard entre la monnaierie de Savoie établie à Nyon et l'Église de Genève (2).
Ces pièces offrent les principaux caractères de celles de la cai^orie précédente, k l'exception toutefois de la forme des lettres, qui est plus châtiée et se rapproche, à beaucoup d'égards, de celle des monnaies frappées h Nyon vers 1308, et avec l'autorisation de l'évêque de Genève, par Louis de Savoie, bon de Vaud [fig. 12 (3)]. Les figures 10 et 11 représentent deux de ces épiscopales attribuables h Martin ; la pre- Biière est une pièce pesant 12 grains , et la seconde parait une
(1) Arch. de Genève, Piheshist,, n^ 138, etSpon, Preuves, n»
xxyiu.
(S) Un acte du 11 mars 1364, relatif à la monnaie de Genève frappée i Nyon, se trouve dans le 2® vol. des Mém. de la Soc. d^Hist, de Génère, p. 381, analyse, p. 286.
(3) Voici rindicalion des collections où se trouvent les douze pièces
282 ARMORUL GENEVOIS.
poése ou quart-de-denier; du poids de 6 grains , et portant à l'avers f genevas, et au revers f s petrus autour de la léle de Tapôtre.
La signification de la lettre S que Ton trouve répétée dans les cantons de la croix des anciennes épiscopales genevoises est difficile à préciser, peut-être que Genève, à l'instar de beaucoup de villes et en particulier de Vienne, sa métropole ecclésiastique, prit au moyen âge Tépithète de sainte; nos S rappelleraient alors les mots sancta et sanctissima; toutefois, nous pensons plutôt que ces caractères sont une manifestation du droit monétaire des évéques, et qu'ils indiquent seulement que la croix qu'ils accompagnent, est le Signum Sedis.h marque de l'évéché rappelée sur d'autres pièces par les quatre besants, et sur les plus modernes par l'union de l'S et du besant montrant plus clairement encore que la croix est \e signum, la marque, des droits monétaires de Tévéque souverain de Genève.
La base du système employé par ces prélats pour leurs monnaies, était la livre genevoise, valeur nominale qui se divisait en vingt sols, se subdivisant eux-mêmes en douze deniers; le sol parait avoir été une monnaie réelle, quoiqu'on n'en possède aucun exemple ; le denier se divisait en oboles ou demi-deniers, et en poéses ou quart-de-deniers.
La valeur de la livre épiscopale de Genève, comparée knoê monnaies actuelles , a beaucoup varié ; au commencement do quatorzième siècle elle équivalait à 42 francs 40 centimes; à b fin du même siècle , elle ne représentait plus que 27 francs (I).
Le florin d'or , monnaie d'Italie , origine du florin de Genève,
figurées sur celte planche : no« 1, 5, 6, 8, 10, 11, médailler du Musée; no 2, médailler de M. le docleurCoindet; n« 3, 4, 7, 9, Ui id. de M. Marin.
(1) Voy. Mémoire sur les hôpitaux de Genlve avant la RéfortMtioih par M. le docteur Chaponnière et M. Sordet, Mém. de la Soe, d^SùL, t. m, p. 176, en note, où Ton trouve la valeur du sol épiscopal(i» 1301 h 1396.
XONMAUS BF18COPALI8. 283
doDtDOus avons parlé (p. 74 et suivantes), et que les princes de Savoie battirent dès 1 352, fut admis a Genève pour douze solsépiscopaux, qui formaient ce qu'on appela pendant longtemps le florin d'or bon poids ; le florin d'or petit poids , était le florin composé de douze sols de valeur versatile et courante.