ARMOIRIES ET SCEAUX DU CHAPITRE CATHÉDRAL
Comme nous Tavons vu précédemment, les armes du Chapitre de Saint-Pierre furent d*abord les mêmes que celles de l'évêque, mais au treizième siècle ce corps prit pour insignes deux clefs d'abord mises en pal et tenues , puis plus tard placées en sautoir.
C'est vers 1234 qu'apparaissent les clefs en pal adossées et dont les anneaux brochant Tun sur l'autre ont, Tun la forme en losange du sceau primitif, l'autre la forme circulaire; les mots, jsiGiLLVM : cAPiTULi : GEBENNENsis : soul écrils autour de ce sceau, dont on trouve des exemplaires jusqu'au quatorzième siècle [pi. XXXVIII, fig. 1] (1).
Au quinzième, le Chapitre prit pour armoiries les clefs en sautoir de l'évèché brisant souvent d'une étoile placée en chef ; on voit les clefs disposées de cette manière sur deux sceaux, dont les DMlrices, conservées aujourd'hui aux archives de Genève, furent trouvées le 28 août 1535 dans l'église de Saint-Pierre (2). Ces
(1) Arch. de Genève, Pièces hisL, n" 54 (7 juin 1234), x\o 203 (9 septembre 13^6). Dès le milieu du quatorzième siècle (acte du 15 â'ril 1359), on trouve une variante de ce sceau, qui ne diffère que par ^a forme des clefs dont les deux anneaux sont en losange ; ce dernier «laii encore eu usage en U83. (Arch., Pièces hist., n" 726.)
(2j Notes historiques mr réglise de Saint-Pierre, p. 65; les em-
ARMORIAL (iENEVOIS.
on sait que huit ans après, dans la nuit du 4 au 5 août 1527 (i), un citoyen courageux abattit la pierre qui portait cette armoirie, ce fait mit le sceau k l'anéantissement du Yidomnat, commeDcée par la retraite du titulaire de Vemeau, qui avait quitté son poste en 1526 (2), laissant son châtelain Ducis en son lieu et place.
L'évéque Pierre de la Baume ne fut pas étranger à ces faits; en 1526, il menaça Yerneau de lui rompre le bâton sur laléle s'il n'exerçait le vidomnat à son nom , parole dont on paya le Yidomne envoyé par Charles III, en 1528 (3). Devant le duc lui-même, Pierre protesta contre l'occupation du château de l'ile, lui disant qu'il n'avait rien à Genève, qu'il pouvait lui faire rendre compte, quand il voudrait, touchant le Yidomnat, et il ajouta, au sujet du château, que le duc ne le tenait qu'ensuite d'une hypothèque de 2500 ducats, dont il avait vu la créance k Rome. Il parait que le duc sentait combien son pouvoir était précaire à Genève , car il répondit aussitôt à l'évéque : « Prenés le château et me baillés l'argent. »
L'affaire de la croix abattue , fait que Roset (4) attribue aux
(1) c La nuict du 5 jo/ daoust (1527) tombast la pierre ou estoil la croyx blanche taillée du duc de Savoye laquel il avoit faict pouser envyron 9 ans au portai de Lila ou se soustient le pont et tomba en leau. Et ne trouvast on point lad. pierre ny ne seut on quavoit cela faict. Ce nonobstant que Mess." les Sindiques et conseil ce mesm^ matin mandarent querre ducjs secreiayre et chastelain de Lila pour lay dire quil prinse les informations pour savoir quavoil oslee lad. croix blanche et sil ne le savoit dire que luy lavoit faict faire pour trouver occasion de mal sur la cite.
< Mais led. Ducvs sen estoit aile hors geneve que fust cause de maulvaise suspeçon. >
(2) « Mons.'^ le Yisdomne alias Mons."^ de Verneau et Mons.'Bar* ralis Juge absentèrent la ville avecques une partie des Mamellus quand on voullut fayre la bourgoisie en Conseil gênerai.» (Joum. deBalard.)
(3) Le 13 octobre 1527, Pierre, vidomne nommé par le duc, nui pour la première fois pour entrer en fonctions ; mais on lui réj comme auparavant, qu'il s'adressât à Tévôque.
(4) Chroniques manuscrites, liv. II, chap. xx.
VIDOMNAT. 287
Ducaax qui voulaient, dit-il, Timpuler à ceux de la ville, fut ioogoe k terminer ; on la traita dans plusieurs journées , mais toos les efforts du duc pour la faire replacer furent inutiles , et les citoyens de Genève déclarèrent, dans le Conseil général du 14 juin 1528, qu'ils aimeraient mieux perdre corps et biens, femmes et enfants et sacrifier jusqu'aux dernières gouttes de leur sang plutôt que de recevoir le Yidomne du duc de Sa^ Toie(l).