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CHAPITRE TE

SCEAUX DE l'oFFICIALAT

Si les prélats souverains de Genève nommèrent dès l'abord un chargé de pouvoirs pour connaître des causes civiles , ils conservèrent longtemps encore la coutume de terminer par euxmêmes, ou par leurs doyens, les différends ecclésiastiques; ce ne fol qu'au commencement du treizième siècle que Tévêque Ayfflon deGrandson (2) créa le tribunal de TOfficialité chargé désormais de juger ces dernières causes.

Le plus ancien acte émanant de ce tribunal, et qui soit parvenu jusqu'à nous, date de 1246 (3). Des lacets en laine rouge el jaune (4) servaient à y appeudre le sceau qui est mallieureusewenl perdu. On remarque deux types dans le sceau de POflScial ;

(1) Journal de Balard,

(^) Voy.y sur l'attributioD de la création du tribunal de rofficialat à Ajmon au lieu de Pierre de Cessons, ce que nous avons dilprécédenainentsur Tépiscopat de ces deux évéques.

(3) Arch. de Genève, Pièces hist,, n» 58.

(4) Le plus souvent les sceaux de l'officialat sonl appendus à dos cordons de soie rouge, ou sur qucuo do parchemin; quelquefois oa f^nconlre des cordons de soie bleue.

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le premier, en usage au treizième et au quatorzième siècles, représente une tète de prélat milré; devant laquelle est la crosse avec celte légende , f s . cvrie . geben : episcopi : Le plus ancien exemple de ce sceau pend à un acte de 1266 (1). Depuis 1278 (2), le sceau est muni d'un petit contrescel représeutanl aussi une tète d'évéque mise de face, ayant la crosse a la gauche et entouré des mots, f s . cvrie . geben . adcas (ad causas) (3). L'exemple le plus moderne que nous ayons rencontré de ce premier type, est de Tannée 1364 (4). Ces anciens monuments sont intéressants , les matrices paraissant changées à Vavénement de chaque évéque, d'où Ton peut raisonnablement conjecturer que les figures qui y sont représentées sont les portraits des prélats; il est a regretter que ces empreintes, dont nous avons donné deux exemples sous les n^^ 3 et 4 de la planche XXXIX (5) , soient généralement mal exécutées ou dans un mauvais état de conservation.

Depuis le commencement du quatorzième siècle jusqu'à l'époque de la Réforme (6) , où il fut supprimé , et ses sceaux brisés par ordre du Conseil (7) , le tribunal de rOfficialilé fll usage d'une matrice de forme circulaire représentant saint Pierre, tenant la Clef et le Livre saint, l'apôtre est placé dans un niche ornée suivant le goût de l'époque, et l'on voit à ses pieds un

(1) Donalion par Maurice, curé de Sainte-Marie la Neuve, à son clerc Guillaume. (Arch. de Genève.)

(2) Arch. de Genève, Pièces hist., no 68.

(3) Quelquefois cetle empreinte sert de sceau, la lôte de profil élant employée en conlrescel. Voy. vidimus du 12 avril 1319. (Arch. de Genève, Pièces hist., n» 64.)

(4) Arch. de Genève.

(5) Le sceau [fig. 3] datant de Tépiscopat de Pierre de Faucigny, est copié sur un vidimus du 4 novembre 1320. (Arch. de Genève, Pièces hist., n» 197.)

(6) Arch. de Genève, Pièces hist., n»' 155 ot 12, actes de 1306 cl do 1528.

(7) (lot arrel est du 8 janvier 1538.

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