AVIS A LA BRILLANTE JEUNESSE
» La République de Genève lève un régiment do 1000 hommes. 0» admet des soldats, non mariés, do toutes nations, qui soient sains, bien bâtis, qui n'aient pas les poils roux, et qui no soient pas flétris parl« justice ; la plus basse taille est de 5 pieds 2 pouces.
» L'état-major est composé d'anciens officiers; la discipline est exacte, mais très-douce; il est défendu de faire usage du bâton pour châtier les soldats.
« On fournil gratis a chaque homme, armement, équipement et clw-
L'IflFORMES MILITAIRES. 113
inirle peuple dans Tobéissance, de vastes casernes furent coniruilessor la Treille et au Bastion de Hollande aiin de la séparer nlièrement du peuple en la séquestrant (1), le gouvernement •efforça aussi de parvenir à ce but en créant des règlements ]Qi obligeaient les officiers d'être tout k la dévotion des Conseils. On sait combien peu cette garde consulaire servit b ceux qui avalent cru s'en faire un soutien, sept ans après sa formation elle (olren^ersée; el le sénat, après avoir voulu tyranniser le peuple, ne vil (l'autre ressource que de se placer sous la sauvegarde des ciloyens, rentrés dans la possession de leurs droits. Une nouvelle constitution fut créée, les mdiciens reprirent leurs armes, te régiment soldé fut licencié, et les Exercices militaires rétablis sur leur ancien pied, de même que la Garnison.
Uédil du tO février 1789 créa une nouvelle organisation mililaire, la milice bourgeoise ne fut réorganisée qu'en partie , il n V eut plus, comme autrefois, Tobligation pour tous les citoyens de porter les armes ; un seul corps, auquel on donna le wm de Régiment des Volontaires^ et composé de citoyens, bour-
peau, habit et veste de bon drap tous les deux ans, el la culotte toutes
les années.
( lis sont lo<^és dans les casernes» chauffés et blanchis. Ils ne courent point le hasard de la guerre , ni la fatigue des longues marches dans les chant^ements de .garnison; car ils sont sédentaires h Genève.
(Ils sont rasés, bien soignés et médicamentés.
( Oo donne a chaque soldot 3% sols de France tous les 5 jours ; 22 */i QDcesde pain par jour. On lui donne, en outre, 18 livres do France par année, pour son petit habillement. On donne 48 livres de France pour 4 ans. Etc.... »
le drapeau de cette garnison était blanc; il se voit h TArsenal, n**26; il est de la grandeur de ceux de la Réserve ; l'écu de Genève, accosté ^ palmes et enveloppé d'une couronne, y est exécuté en broderie; sons l'écu se Ut le millésime 1783. L'uniforme était le suivant, d'après l'art. III du Règlement sur la formation du régiment de la République : Habit bleu de roi, parements et revers rouges, boutons blancs, dou^ blore, veste et culottes blancs, cocarde jaune et rouge. 0) Jusqu'alors la Garnison de Genève n'avait pas été casernée;
chaque soldat logeait en particulier, dans la ville.
1 1 i ARMORIAL GENEVOIS.
geois, natifs ou habitants qui se présentaient pour en faire partie et qui devaient s'équiper à leurs frais, fut créé. Le régiment se composait de quatre bataillons, subdivisés en quatre compagnies, commandées par quatre capitaines tirés du Petit-Conseil ; les quatre premiers capitaines étaient les chefs des bataillons, un aide-major était affecté à chaque bataillon qui avait son drapeau. Le régiment était commandé par deux majors.
L'uniforme des Volontaires, suivant le Règlement pow la milice bourgeoise approuvé en Conseil le 4 avril 1789, était noir avec les revers et parements en drap rouge , boutons jaunes portant le soleil^ veste et culotte de drap blanc. Guêtres noires en hiver et de toile blanche en été. Les cheveux en queue, le chapeau bordé d'un galon et la cocarde noire. Les épaulettes, contre-épaulettes et dragonnes des officiei's étaient en or traversées par des cordons noirs, leurs hausse-cols jaunes portaient un soleil d'argent en relief.
La garnison reconstituée ne fut plus casernée, et ses officiers durent être Genevois ; le nombre des hommes qui la composaient était de 600 à 720. L'uniforme bleu à parements et collet rouge fut consené, la doublure de l'habit, les boutons et la culotte étaient blancs, le chapeau bordé d'un galon blanc, les guêtres blanches en été, étaient noires en hiver. Plus tard, les revers blancs de l'habit furent su|>primés pour des revers rouges.
En 1791 (1), le service militaire devint obligatoire pour tous les Genevois de 18 a 60 ans, tant de la ville que du temtoire de la République ; la dénomination de Régiment des Volontaires fut remplacée par celle de Légion Genevoise. Cette Légion était divisée en quatre bataillons, désignés parla couleur des houppes (2) ;
(1) Voy. le Règlement du 1" juin.
(^) Longemcille^ bataillon à houppes jaunes.
Hôtel-de-Ville, » vertes.
Sainl-Gervais, » blanches.
Fuslerie , » rouges.
VKIFORMES SilLlTAlRKS. 1 I5
nuniforme était a peu près le même que celui des volontaires,
ulemeDi il était un peu plus simple.
Quant k l'artillerie, le règlement de 1789 la reconstitua comme
aàii-seplième siècle, mais Tannée suivante les canonnière furcnl
éonis en compagnie, pour laquelle on fonda dos prix de tirage ; et
ionlla prenaière revue eut Ueu le 2 juin 1790. Elle se composait
alors de quatre pelotons de vingt hommes, et Taisait partie du
régiment des volontaires, bien que portant un uniforme différent;
rarlillerie fut desservie suivant ce mode jusqu'en 1798.
b Révolution arrivait a grands pas; les Conseils mal
avisés se résolurent h combattre le mouvement; le 5 novembre
1192 ils publièrent un arrêté qui portait l'effectif de la garnison
a 1200 hommes , mais cet arrêté ne put pas même être mis k
eiéculion, le 4 décembre les Egaliseurs prirent les armes et le
gouvernement dut renoncer au pouvoir.
Nous avons parlé des insignes genevois en 1793 et 9i, le Iwnnet rouge et la cocarde 4ricolore genevoise tenaient alors lieo d'uniforme. Le Comité de Sûreté était lorganisation supérieure militaire, dont les membres actifs étaient ceux des clubs ÎDsorgés. La garnison toutefois, ne fut point dissoute; en 1794 die était forte de 588 hommes; plus tard elle prit le nom de diurde soldée^ et ne put être portée au delà de i05 liommes> elle conserva toujours son uniforme 6/euet rouge.
Avec la nouvelle constitution apparut la Garde nationale y formée de la réunion de tous les citoyens dès Tâge de 21 ans; celte garde, divisée en quatre régiments, ceux du Collège, du Parc, de la Douane et de Jean Jacques Rousseau, était commandée par quatre chefs, membres du Conseil Administratif.
LWiforme de la Garde nationale était à peu près le même que celui des volontaires ; une plus grande simplicité et l'emploi du panache , de la cocarde et de la houppe aux couleurs rouge et jaune, sont les seules différences que l'on y remarque (1).
(1) Règlement militaire^ arrêté par le Conseil Le'jislntiflc 7 novcml/re n96, p. 13 cl 14.
Ce fut la dernière organisation inililaire de Genève avanl Tépoque où la Clef et l'Aigle fut traîtreusement subjuguée par la France.
Après les jours de l'esclavage une nouvelle ère s'ouvrit pour Genève : La Garde nationale du chef-lieu du département devient la Garde Genevoise; le syndic de la garde reprend ses anciennes attributions, des médailles portant la date de 1814, la Clef et l'Aigle et les mois, LA PATRIE RECONNAISSANTE A LA GARDE GENEVOISE, sont distribuées en souvenir de ces beaux jours. Le i^^ juin, plus de douze cents hommes, en grande tenue, bleu et rouge, sont sous les armes pour recevoir nos anciens combourgeois, les premières compagnies suisses qui viennent tenir garnison à Genève.
La même année 1814, le Conseil Représentatif décréta rétablissement d'une Garde soldée , formée d'un état-major, d'une compagnie d'artillerie , quatre d'infanterie et d'une division de gendarmerie de 5i hommes. Cette garnison, commandée par un lieutenant-colonel, se composait en tout de 480 hommes; son uniforme était bleu, avec collet, retroussis et parements ronges. Les boutons, jaunes pour l'artillerie, étaient blancs pour l'infanlerie. Pour la gendarmerie, on fixa que le collet, les revers, retroussis et parements seraient bleu clair.
L'histoire des milices genevoises, depuis l'époque de la Res* tauration, est trop connue pour qu'il soit nécessaire de nous y arrêter ici, nous nous bornerons seulement a quelques mots louchant les variantes de l'uniforme.
En 1815, ceux admis furent les suivants :
Pour Vlnfanlerie. Habit bleu, collet et parements bleus, avec une patelette rouge, œvers droits rouges, retroussis rouges, boutons blancs, épaulettes rouges pour les grenadiers , vertes et rouges pour les chasseurs : rhapeaux gancés garnis d'un pom|K>A
UNIFORUES UILIXAIDES. I 1 7
rouge pour les grenadiers, rouge et verl pour les cliasscurs, de Mérenles couleurs pour les compagnies du cenire ; panlalons blancs en été, bleu en hiver.
Pour VAriillerie. Habit bleu, avec collet, parements, grands revers, reiroassis de drap noir, avec liseré rouge pour les soldats, en velours noir avec liseré rouge pour Us ofliciers; boulons jaunes, épaulettes rouges et pompon à flamme rouge, pantalons bleus en hiver el blancs en été.
Le premier contingent genevois réclamé par raulorilé fédérale, perlant Tuniforme de la milice genevoise avec le tricorne orné de la cocarde rouge el jaune, partit de Genève le l*' juillet, but son dépari il reçut un ilrapeau qui se voit encore ù l'Arsenal [n^ 32] el dont la cravatte, travaillée par les dames genevoises, porte en broderie les mots, Dieu et la Patrie-
En 1818, Torganisation militaire fut entièrement remaniée, le canton de Genève fut divise en quatre districts, et la milice en deux dasses, le contingent fédéral el la réserve cantonale, Tinfanterie fui divisée en six bataillons, deux des bataillons de la v3lc, soit du premier district, avaient chacun une compagnie de grenadiers et une compagnie de chasseurs de réserve. Dans le premier district du contingent , il y avait deux compagnies do chassears. L'artillerie formait un bataillon composé de deux conopagnies de contingent, de trois de la réserve , d'une com« psgniedu train, et enfin, d'une compagnie d'arquebusiers. À ce bataillon était adjoint un petit corps de mineurs du génie composée de 34 hommes.
La demi-compagnie de cavalerie appartenait au contingent. Chaque bataillon était commandé par un lieutenant-colonel et on major, et chaque compagnie par quatre officiers.
Une ordonnance du Conseil d'Etal, rendue le 22 avril 1818, jéglade la manière suivante l'uniforme et l'équipement des nouveaux corps de milice.
Pour V Artillerie. Habit bleu, sans revers, croisé sur la poitrine, avec deux rangs de boutons jaunes unis; collet bleu, [larc-
ARMURIAL (;EI«(KV0IS.
ments bleus, avec liseré rouge, retroussis rouges, pantalons bleus avec liseré sur la coulure extérieure, épaulettes rouges, schakos garnis de jaune, pompon rouge et à llamme.
Pour V Infanterie. L'uniforme élait le mémo, aux différences suivantes près*: collet rouge, boutons lilancs , épaulettes rouges pour les grenadiers et vertes pour les chasseurs. L'uniforme ila génie fut semblable a celui de l'artillerie, sauf que le collet était en velours noir.
La formation du corps de cavalerie fut une innovation aux dernières dispositions militaires de l'ancienne République, cepen* dant Genève, à diverses époques, avait eu des hommes h cheval; nous avons vu qu'en 1771 les dragons faisaient le service à pied et a cheval; en 1589, Genève avait à sa soMe trois compagnies de gendarmes et arquebusiers à cheval qui rendirent de grands services dans les combats de cette époque (1), plus antérieurement encore, en 1442, on voit 200 cavaliers armes de toutes pièces, parader à l'arrivée de l'empereur.
En 1819 eut lieu le premier camp d'instruction pour les recrues au Plan-les -Ouates; la même année la garnison; qui reprit le nom de Garde soldée, fut réduite à 380 hommes. En 1 825 elle fut encore diminuée, et dès lors, jusqu'à sa suppression en 1846, elle n'a consisté que dans la gendarmerie et une seule compagnie d*artillerie, montant en 1840 à une centaine d'hommes.
Lors des événements de 1838 plus de 300 jeunes gens de 17 à 20 ans formèrent un corps de volontaires qui reçut le nom lV Enfants de Genève, ils étaient divisés en 3 compagnies réparties sous*des chefs expérimentés, et portaient pour uniforme la IjJouse bleue et la cocarde rouge et jaune.
Cette occasion n'est pas la seule, ni la première, où des jeunes Genevois se soient constitués en corps armé pour la
(1) Le 14 février 1603, on dressa do nouveau trois compagnies de cavalerie, dont le commandement fut confié aux Seigneurs Do Villars» Savion et Jaq. Luilin. (^Reg. du Con$€iL^
VNIFORHES MIUTAIRBS. 1 t9
léose (lu pays ; dans le chapitre suivant noui dirons un mot lies Petits Volontaires , et nous ajouterons ici i\Hvu 1 574 les écoliers prirent les armes et formèrent un corps pour la défense de la ville (1).
La modificalion la plus essentielle cpic reçut la milice en
suite de la révision des règlements qui eut lieu de 1839, fat :
l' la création d*un corps de Sapeurs-Pompiers, composé de
trois compagnies, sous le commandement d^un état-major et
don lieutenant-colonel. Son uniforme fut celui de Tartillerie, ii
l'eiception de la coiffure, qui fut remplacée par le casque en
lailon poli ; 2^ Taugmentation de la Cavalerie, portée à une
compagnie entière ; 3^ la création de compagnies de Carabiniers
dans chacun des districts de la campagne; V la création d*un
(dirfide Musique pour le contingent ; 5^ enfin la création d'une
seconde compagnie de Sapeur s-Mineurs,
Parla loi du 29 niars 1848, qui est la dernière rendue sur celte matière» la milice genevoise a été un peu modifiée dans son oi^anisation» voici les articles de cet arrêté qui sanctionnent les changements :
Les trois compagnies d'artillerie de contingent, formeront un corps qui sera placé sous les ordres spéciaux d'un ou de plusieurs officiers supérieurs de cette arme. • Les trois compagnies d'artillerie de la réserve et les deux compagnies de sapeurs-mineurs, formeront un second corps qui restera sous les ordres de Tétat-major actuel du bataillon d'artillerie.
Les six compagnies de carabiniers de la ville et de la campagne forment un corps spécial et cessent, dès ce jour, d'être attachées en permanence aux divers bataillons d'infanterie.
Ce corps sera sous les ordres d'un état-major composé d'un officier supérieur (commandant ou major), d'un aide-major et d'on adjudant.
L*infanterie de la milice sera organisée comme suit :
(1) Ces compagnies de jeunes volorilaires furent tlissoulcs en 1614.
1^ Contingent fédérai d'après lorganisation actuelle.
2® Premier corps de landwehr composé d'hommes de 27 à 34 ans.
3** Second corps de landwelir composé d'hommes de 34 a 40.
4° Réserve locale.
Les milices cantonales formeront qnalre brigades:
La première comprendra : 1° les deux corps de l'artillerie cl les carabiniers ; 2° la cavalerie ; 3° le corps des sapeurs-pompiers du premier district.
La seconde comprendra les deux bataillons de contingent.
La troisième comprendra les deux corps de landwehr.
La quatrième comprendra les corps de la réserve locale.
La cocarde est une partie importante de Taccoutrcment militaire; jusqu'en 1815 celle des milices genevoises futwoiVe, la cocarde rouge et jaune fut d'abord employée en 1783 pour la garnison, mais la cocarde noire, arborée le 31 décembre 1813 par plusieurs citoyens, n'ayant pas été goûtée, et la précédente étant généralenjenl préférée, le Conseil, dans sa séance du 29 mai 1815, en sanctionna Ttisage, rendant une loi qui porte qu'a l'avenir la cocarde genevoise sera rouge au milieu et jaune en dehors.
La cocarde rouge, jaune et noire apparut d'abord en 1792, un arrêté du Conseil en date du 7 décembre de cette année eu approuva le port et la fit prendre a la garnison qui , depuis 1789, portait comme les autres milices la cocarde noii-e. En 1794 Tusage de suspendre au centre de cette cocarde un petit bonnet rouge sintrodiiisit, et bientôt a ce bonnet on en ajouta un ou deux autres ; nous avons figuré dans la planche XIV et sous le n° 2, une de ces cocardes qui avait près de sept pouces de diamètre, et portait au centre trois bonnets enfilés les uns dans les autres. A la môme époque on portail aussi le bonnet phrygien en décoration a la boutonnière.
Le port (le la cocarde fédérale fut proposé en 1 827, mais celte mesure, en opposition avec Tarrctr de In Diète Helvétique
17, arrêta que chaque canloii porterait la cocarde s cantonales, réunit pou de sympathies et fut rejetée.