‹ Armorial genevoisChapitre 75 sur 216 · Des Tenmits et SupiiortSi · texte numérisé non relu

Des Tenmits et SupiiortSi

Rien n'est moins bien déterminé que la différence entre les . j

(1) Soleil-cimier à seize rayons étoiles et flamboyants : CoUégîk Genlve 1558 et 61 , Manuscrit des édits 1584, Monument fvnérén

de SainP-Gervais 1603, ce dernier avec filet entre le disque et kf ;

rayons, ce filet se retrouve au Collège 1558, et sur les Halles du Ho- »

lard 1690 ; neuf rayons : six-deniers de 1715; douze rayons : quart- %

de-thaler 16^, demirthaler 1638 et 59, Halles du Molard; mxfir ^

quatre rayons ; Drapeau de 1728 ; douze flammes et effluve : Ywif j Genlve (écu peut-êlre gravé après coup) de P. Chouet 1655; sein

rayons étoiles et flamboyants sur effluve : Reglemens svr le *commer(» ^ de la Ville et République de Genève 1 699 ; douze rais et gerbes : ff*

stoles 1 752 k 54 ; effluve uniforme : Porte de l'Hôpital comiiWBce- .'^

ment du dix-huitième siècle, revers des vingt et-un-sols de 1711 etl^i ^

publications affichées dès 1720, six-deniers de la fin du siècle; hni' ^

gerbes de lumière : Fronton du péristyle de Saint-Pierre 1756, tr^^ ^

pistole de 1771 ; dix gerbes : dernières pistoles. Monogramme grec: «i

Collège de Genhe 1558, pistoles du dix-huitième siècle, publieaHoni <

affichées jusqu'en 1779. On ne rencontre pas, à notre connaissance i

du moins, le Soleil rayonné en croix comme cimier. ■

DÉTAILS HÉRALDIQCE8. 177

Supports et les Tenants; quelques auteurs ne font aucune dis-

tinclioD entre ces deux mots (!)• Vulson de la Colombière, dans

^Science héroïque ^ dit que les supports supportent Vécu en haut

el{ue ks tenants Vont sous la mam (2) ; cette dciinition est para-

Ue, et nous préférons de beaucoup la classification adoptée

parle père Menestrier (3). qui divise ces figures en trois catc*

gories, savoir, les Tenants qui se composent des Anges, des

Hommes et des figures chimériques ayant des mains humaines ;

àt^ Supports comprenant toutes les autres figures animées; enfin

^SfMtiens qui sont les arbres, et autres objets auxquels Técu

parait quelquefois attaché. La définition du savant jésuite a été

%(ée par plusieurs auteurs héraldiques comme étant Tune

Jes meilleures (4).

Dans la figure restaurée que nous avons mise en tête de ce volume, nous avons donné deux aigles pour Supports à la Clef <!t l'Aigle, nous conformant a la règle héraldi(|ue qui veut que, lorsqu'il n'y a pas de raison péremptoire d'en user autrement, 00 prenne les Supports des meubles même de l'écu. Cette disposition n'est point, d'ailleurs, sans antécédents ; le plafond de la siUedu Grand Conseil construit au commencement du dix-hui- ^ siècle, présente dans sa corniche des écus répétés et toujours supportés par deux aigles. Ces figures sont dues au sctilpte Philippe Cheret qui , pour cet ouvrage, fut reçu gratis koorgeois de Genève en 1704. Nous avons vu encore que Tar- •oirie placée au-dessus de l'entrée du Grenier ii blé de Rive ^Uit accompagnée des mêmes figures (5).

(1) Voy. Palliot, La vraie et parfaite science des armoiries, 1661.

P) Richelet est du même avis que de la Colombière, Voy. Dicl. de ^''M, aux deux mots Svport et Tenant,

(3) Jhrégé des principes héraldiques. 1659, p. 29.

(A) Voy. Playne, Art héraldique, 1717, p. 211. Encyclopédie de *'K, article Ange.

(5) Au frontispice des plans de Genève, levés en 1729 pnr Théodore Grenier, on voit deux aigles placés au-dessus de la bandelellc î^i porte la devise.

178 ARKORIAL GENEVOIS.

En parlant des premiers éeus de Genève, nous avons dit que ceux du Missel avaient des anges pour Tenants [pL XVIII, fig. 1], ces figures d'anges assez ioiporlantes, puisqu'autrefois elles étaient; prises comme marque de souverainelé (1), se retrouvent souvent plus tard. Ainsi sur la gravure de TEscalade donnée e» 1 603 par Jean Sarrazin dans son Vray discours de la miroctileuse dèliurance enuoyée deDim à la ville de Genèue, on voit la Clef et TAigle soutenue par des anges [pi. XVIII, fig. 2], et en 1779 on retrouve encore le même motif sur le titre de l'ffiitoire ancienm et moderne de la Répvblique de Geiiève (2). Souvent, comme pour les Halles du Molard, les figures d'anges deviennent des génies; dans la salle du Grand Conseil Técu placé au centre du plafond est porté par quatre génies, emblèmes des saisons, et dont les têtes sont couronnées de roses , de pampres et d épis.

Les figures des saints apôtres, patrons de la ville, accompagnent souvent la Clef et FÂigle, nous les avons trouvées aa commencement du Cartulaire des Archives, dans le même vo* lume on voit encore un autre écusson qui avait pour Tenants les mêmes figures, que Ton trouve répétées dans la premiers initiale des Franchises imprimées en 1507. Sur ce volume Féea de Genève a un arbre pour soutien [pi. X], mais ces figures

(1) En armoiries les Supports, surtout au noRibre de deux, sofU des marques de souveraineté (^Vraye Science des armoiries, 1661, p. 595), et entre toutes les figures employées k cet usage, il n'en est aucune dont l'importance égale celle des anges. (Voy. Vulson de laColombière, La Science héroïque, 1669, p. 454 et 470.)

(2) Sur plusieurs autres monuments on retrouve des anges soutenant récusson de Genève, mais ces figures paraissent être employées sans intention héraldique; tel est Fange exterminateur, tenant d'une main le glaive et de Tautre Técusson de Genève sur la gravure intitulée : Yraye représentation de l^Escalade entreprise svr Genève par If^ Savoyards et sa miracvlevse délivrance Van 1 602, XU de Decemhrt' Tel est encore Técusson de Genève, dessiné à la plume sur le frontispice des deux premiers volumes des Mémoires pour VHisloire ^ Genlve, manuscrit de 1732, donné à la Bibliothèque publique p«' M. Du Pan.

DETAILS nÉRALDlQLES. 179

ont comparativement rares, et le plus souvent la Ciel' et i*Ai;{le st accompagnée de rameaux , de guirlandes , de trophées , ou lâcée au centre d'une couronne.

Nous avons signalé les écussons du Missel et ceux de 1 536 1548 comme les plus anciens qui soient enveloppés d^une )ttroDne ; ce type continua d être employé , et depuis 1 536 isqua 1784 on le retrouve soit au titre d'ouvrages imprimés, )it en tête des publications affichées.

La figure i de la planche XIX représente l'écusson des Orioimances ecclësiastîques de 1561. Deux imitations de la méffle grandeur, mais d'un dessin moins pur, se retrouvent Tune k 1653 k 1783, Fautre de 1720 à 1794. Deux autres figures ne différant que par un dessin plus froid encore, se trouvent de 1736 à 1776 et de 1739 à 1793. Le dernier écusson en cou-

Me, plus petit que les précédents, mais d'un dessin large et tien disposé, se trouve de 1777 à 1784.

€e fut au dix-septième siècle que l'on commença à accoler \mie deux rameaux : les gravures de l'Escalade (1603) et le i^Btispice du poème de Jean Yallin (1643) sont probablement b plus anciens monuments où l'on remarque cette disposition ; ce sont des branches d'olivier qui se voient sur ces deux exemples; ces mêmes rameaux se retrouvent sur divers écussons vécûtes jusqu'à la fin du siècle dernier (1).

Les écussons de Tancienne cloche, diteRebat (1678), étaient accompagnés de branches de laurier que Ton retrouve sur plusieurs '«iprimés et gravures du dix-huitième siècle (2), sur le drapeau ^ 1794 et sur quelques sceaux modernes (3).

Deux rameaux de chêne se voient sur quelques drapeaux, sur

(1) Yoy. l'armoirie placée en tête des Reglemens svr le commerce ^la ville et republique de Genève et plusieurs publications affichées

(^) Voy. Carte des environs de Genh)e, par Mallet, 1776. (3) SCEAU DE LA DEPUTATiON DE GENEVE près do la Diète helvéliquo. %. aussi les peintures en grisaille de la salle du Grand Conseil.

180 ARUORIAL GENEVOIS.

plusieurs imprimés du dernier siècle, et sur quelques moDumeuU postérieurs h la Restauration (1).

Deux palmes se voient aussi* sur plusieurs drapeaux et sur grand nombre d'imprimés du dix-huitième siècle (2).

Très-souvent les rameaux sont de nalure différente, ainsi on voit les palmes s'unir avec le chêne sous l'écusson des casernes de la Treille (1783) (3), avec YoUmer (4) ou le laurier (5), sur d'autres monuments.

Le cliéne et l'olivier sont figurés sur les bâtons syndicaoi (1815), et sur la majeure partie des écussons employés depuis < la Restauration en tête des imprimés officiels, ces derniers i présentent très-souvent le laurier remplaçant l'olivier.

Les couronnes et guirlandes de fleurs sont généralement pos- , térieures aux dispositions précédentes, il en est de même des , guirlandes de palmes. Deux rameaux de quinte-feuilles entourent l'écusson placé sur le titre des Ordonnances povr l'Art de VHdft* , logericy données en 1715. Des guirlandes de roses sont placées ^ au-dessus des écussons de la salle du Grand Conseil, exécutés . h peu près à la même époque, et des guirlandes de palmes si ^ voient dans le fronton du temple de Saint- Pierre, sur un poiii' ^j çon de 1790 à 94, et sur les écus postérieurs à la Restauration. ^ Deux guirlandes de quinte-feuilles se vojent sur un écusson d« i 1791 (6). Une guirlande de roses entoure Técu de la première publication faite en 1814 par la République nouvellement libé- ^ rée ; le même écu avait été gravé pour la Commission révolution- ^

(1) Drapeau de l'Arsenal, n** 32. Poinçons de publications officielles ^ de 1781 k 1794. Cloche de Saint-Pierre fondue en 1846. Un pelit ^■ poinçon actuel offre aussi deux branches de chêne.

(2) Drapeaux.de 1713, 28 et 83; Arsenal de Genève, n**23,37 et 26. Pubhcations affichées de 1778 a 1795.

(3) Plusieurs poinçons d'imprimés, en usage de 1794 à 97, pwscnlent des guirlandes de palmes mêlées avec des rameaux de chét^o^

(4) Poinçons d'imprimés de 1794.

(5) Armoiries peintes à l'Arsenal en 1816.

(6) Projet de règlement pour la reforme du Collège.

DÏTAILS BI^RALDIQUIS. 181

naire et employé en 1794. Les guirlandes de palmes accolant le bas de l'écu ne se trouvent que sur les premières armoiries faites depuis la Restauration, elles ont cessé d'être employées il y a vingt-cinq ans environ.

On sait que les fleurs sont, en général, les symboles de Tespérance, les rameaux de chêne ceux de la force et du civisme; le palmier signifie la victoire, la justice et rincorniptibilité ; Tolivier la paix, la concorde et l'espérance; enfin, le laurier rappelleles idées de triomphe, de victoire et de conservation (1).

U premier écu sur trophées d'armes est celui de la porte de Rire (1695); celui du drapeau de Tancienne garnison do Genève présente une disposition analogue. On trouve aussi l'écu accompagné d'un trophée d'armes sur des vignettes de V Histoire i(Gmève publiée en 1779, sur les congés de la Garnison (1782 iitsuiv.) et sur les poinçons de 1790 a 98, on employa encore ce type en tête de la proclamation de 1813 et de la Constitu- ^ publiée Tannée suivante.

Les rameaux , les guirlandes et les trophées sont réunis sur pelques écussons ; le Plan historique et topographique de Geyh» en 1 825 présente l'écu sur les drapeaux et accolé de deux ameaux de laurier, il en est de même sur quelques poinçons anérieurs k la Révolution.

Sur le titre de YEssai statistique sur le canton de Genève nblié en 1817 par M. J. Picot, l'écu, accolé de deux rameaux l'olivier, est placé sur un faisceau d'armes et une corne d'abon ance pleine de fleurs et de fruits. Des palmes et des cornes 'abondance répandant des fleurs et des fruits entourent 1 ecuson sur la médaille de la Classe des Beaux-Arts , gravée par 1 Louis Fournier en 1822.

(1) Lors des troubles de 1533 le laurier était l'insigne des anciens genevois qui ne voulaient pas adopter la doctrine de Luther, et qui, )our se reconnaître, en portaient un rameau d'une manière ostensible, ^oy. Jeanne de Jussie, Levain du calvinisme, p. 53. En 1537, les ci- ^yens en lutte avec le parti de Calvin se qualifiaient de Frères «a

182 ARBIORIAL GENEVOIS.

9* Du ]IIaiiteati«

Dans ia figure qui est en (été de ce volume, les armoiries de Genève sont placées sur une tenture de pourpre figurant le Manteau qui enveloppe les armoiries souveraines ; nous avons vu que Técusson du Missel fait au quinzième siècle est placé de cette manière, et que plusieurs exemples pris au Collège, à l'Hôlel-de- Ville, sur les Halles du Molard et ailleurs, montraient la perpétuité de cette disposition (1), et plusieurs peintures celle de la couleur. Nous ajouterons que souvent l'écusson est placé sur un cartouche élégamment dessiné et quelquefois d'une très-grande richesse, un des plus anciens exemples de cette disposition, dont la fig. 4 de la planche XXIII peut donner une idée, se voit en 1554 sur le titre des Devx épistres préparatives avx histoires et Actes de Genèue d'Antoine Froment, on la retrouve sur le G«nevois Jvbilant imprimé en 1635; sur l'armoirie des remises de l'Hôpital, faite en 1613, et sur plusieurs écussons soit du diïhuilième siècle, soit postérieurs a la Restauration (2).

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