AIGLE
opart des anciens monuments genevois étant détruits, et ceux lisont encore debout ayant été, presque tous, privés des symok regardés comme des barbaries féodales, cela nous exlii|iie la rareté de VaDcien écusson de Genève ; un monument wiiue, la porte d'entrée de l'Hôtel-de- Ville présente encore, olptéedans la partie supérieure de ses battants, l'Aigle au chef ni-parti |^voy. pi. IV^ fig. 7]; cet ouvrage appartient au com* aencement du dix-septième siècle, époque de la reconstruction partielle de l'Hôtel-de-Ville (t).
Si l'Aigle impériale a disparu des édifices, plusieurs ouvrages inprimés et les monnaies de Genève nous en fournissent des eiernples nombreux , elle a été en particulier fréquemment refrodnite sur ces dernières, depuis la Réformation jusqu'à la fin da fchuitième siècle.
La première gravure du Missale ad usum Gebennensis dya^ cm[i)^ probablement imprimé à Genève en 1491 (3), représente la sainte Vierge tenant l'enfant Jésus ; dans le haut l'Aigle double [pi. lY, Og. 4] accompagne les armoiries du Chapitre et celles de l'évêque François de Savoie , peu après Tépiscopat du- ^el celle impression eut lieu. L'édition des Franchises de Ge- »»ràe, imprimée en 1 507 (4) , présente, ainsi qu'une vue de l'Escalade (5) Y le même écusson accompagnant la Clef et l'Aigle. [PLXetXIX, fig. 2.]
Parmi les nombreuses monnaies frappées durant la période
0) Le 9 mars 1614, on parle en Conseil de la reconstruction de la ^edacouchaot de rHôtel-deVille ; le 3 février de l'année suivante, le Deux-Cents approuya les projets présentés. La face nord date de 1617 et 1618. — Oa voit, sur la porte postérieure de la chapelle des Ibcchabées, une entrée de serrure découpée en aigle double. Celtei <)ernière date de 1680.
(^) Bibliothèque publique de Genève.
(3) Yoy. Mém. de la Soc. d'HisL et d'Arch,, t. I, p. 39.
(4) Yoy. ci -après note 1 de la p. 39.
(5) Vraye représentation de lescalade enireprise sifr Génlve el s», W/e délivrance lan 1 602.
20 ARttORUL GENEVOIS.
sus-indiquée, nous signalerons celles des seizième et dix-septième siècles, où l'Àigle impériale porte en cœur l'écusson miparti à la Qef et TAigle [voy. pi. IV, fig. 5] (1); cette belle disposition ne se rencontre que sur les pièces d'or (2). Sur les monnaies où TÂigle occupe le champ entier, les deux têtes sont recouvertes k la fois par une grande couronne diadémée ; toutefois cette disposition n'est pas constante, et d'autres monuments, la porte de l'Hôtel-de-Ville par exemple, offrent l'Aigle sans couronne; il en est de même du missel de 1491 et de la gravure de l'Escalade dont nous venons de parler.
Les mousquetonSy pièces d'argent de 1657, se rattachant vraisemblablement à l'histoire de l'Exercice de l'Arquebuse, présentent au revers l'Àigle tenant en ses serres un mousquet avec la devise, pro christo et patria (3). Une bannière de l'Exercice de l'Arbalète, datant aussi du dix-septième siècle, offre l'Aigle membrée d'or et armée de sable , avec une arbalète appuyée contre la poitrine (4). Le même insigne se retrouve en tête du
(1) Les armoiries d'un grand nombre de villes impériales sont disposées de la même manière. Yoy. Einleitung zu der Wapen-Kunst, p. 589 et suiv,
(2) On trouve la Clef et l'Aigle en cœur de TAigle impériale sur les écu8 pistolets, les vieilles pistoles, les quadruples, les ducats et les douhles-ducats.
On retrouve l'Aigle impériale, mais sans l'écu en cœur, sur plusieurs autres pièces d'or; il en est ainsi sur les pistoles frappées en 1722, 23 et 24 et sur celles de 1772 [pL IV, fig. 6].
Sur quelques gravures et dessins on retrouve l'Aigle impériale portant en cœur la Clef et l'Aigle; telles sont les éditions de VHistoirede Genlve de Spon, portant les dates de 1682 et 1685, et les Mémoires manuscrits pour l'histoire de Genlve, écrits en 1732. Sur ces divers exemples l'Aigle est diadémée.
(3) Suivant un renseignement dont nous ne pouvons garantir Tauthenticité, des ecus et des demi^écus auraient été frappés à la même date, avec une empreinte semblable.
(4) Cette bannière, aujourd'hui eu lambeaux, se trouve a l'Arsenal de Genève, n° 39.