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II. — Types alpins

Les témoignages d’immigrants de la « race alpine » sont rares. On ne peut prendre pour tels que les brachycéphales d’indice caractérisé. Les individus présentant une brachycéphalie modérée peu-. vent être aussi bien le produit de la brachycéphalisation progres. sive, ayant affecté sur place la population, que des métissages avec -des immigrants alpins peu nombreux.

De toute manière, nous avons vu que les brachycéphales, tant modérés que nets, ne sont abondants qu’à partir de l’époque gauloise. Les cas antérieurs nécessitent qu’on les considère en détail.

Au Mégalithique, un sujet que nous n’avons pu étudier provient des dolmens de Port-Blanc, en Saïint-Pierre-Quiberon ; il serait modérément brachycéphale, 81,8. Un autre sujet, qui paraît perdu, fut trouvé par le même F. Gaillard dans l’atelier de taille de silex de Beg er Goh-lannec ; si l’on se fie aux dimensions données par cet auteur (175 et 155 mm), il aurait eu 88,5 d’indice, nettement hyperbrachycéphale ; une photographie de face, retrouvée dans des archives, ne contredit pas cette donnée, son crâne paraît assez globuleux, assez élevé, la face était en fort mauvais état. D’âge moins certain est une jeune fille du cimetière de Porz-Carn, en Penmarc’h. Typiquement alpine, elle est légèrement hyperbrachycéphale (85,3), à voûte moyennement élevée, à peine mésoprosope, mais franchement eurvène, hyperleptorhinienne et mésoconche.

D'âge tout à fait douteux est le brachycéphale léger (81,5) trouvé par P. du Chatellier à La Torche, en Plomeur. Comme il est disparu de sa collection, nous ne pouvons le juger que par la: photographie en norme latérale publiée par l’auteur, qui le déclare d’ailleurs déformé par la pression des terres: il ne ressemble en rien à un Alpin, mais bien plus aux antres voisins.

* Up from the Ape, 2° éd, New-York, 1947.

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Les quatre autres brachycéphales connus, antérieurs à l’époque vauloise, proviennent des couches inférieures, parahallstattiennes de la nécropole de Saint-Urnel, en Plomeur. Le sujet 1-1, des anciennes fouilles, est un Alpin très typique. Sexe douteux par suite de paidomorphie, probablement féminin. Hyperbrachycéphale léger 85,2, à voûte moyennement haute, de forme presque sphéroïde, front très bombé subvertical; curvoccipitalie et une dépression prélambdoïde : leptorhinien, la face devant être de moyenne largeur. Du sujet IT-5. faiblement brachycéphale, seule la calotte subsistant, il est difficile de dire, grand’chose.

Provenant de nos propres fouilles, le sujet 46-9, très déformé par la poussée des terres, est faiblement hyperbrachycéphale, de forme sphénoïde, au front bombé, avec curvoccipitalie. La face est euryène, le nez leptorhinien, les orbites moyennement élevées. Taille moyenne (1 m. 66). Au total, ce sujet s’écarte peu du type alpin. Quant à un dernier individu (46-23), à peine brachycéphale, ce n’est manifestement qu’un cas extrême des Archéomorphes cro-magnoïdes.

Les Gaulois brachycéphales présentent les mêmes variations quelques Alpins reconnaissables, et surtout des exemplaires du reste de la population, à tête élargie. Le métissage a donné des juxtapositions étranges, tel un sujet de Saint-Urnel (48-24), qui associe une brachycéphalie déjà nette (83,4) à des caractères sexuels mas culins hypertrophiés, donnant un faciès gérontomorphe et une construction puissante de tout le squelette. La voûte est basse, et l’on constate des résidus d’un double métopisme. Face mésoprosope et mésène, nez mésorhinien, orbites mésoconches.

Il est frappant de constater qu'avant l’Age du Fer, c’est-à-dire vendant toutes les périodes où la civilisation en Armorique était franchement orientée sur l’Océan, et où les relations avec l’intérieur continental étaient moins importantes, nous trouvons très pet d’Alpins. Ceux-ci sont pourtant attestés en proportion notable dans le Bassin de Paris, dès la civilisation des allées couvertes et des srottes sépulcrales artificielles. Cette civilisation à eu une influence importante dans le Nord et l’intérieur de l’Armorique, c’est-à-dire dans les régions d’où nous n’avons pas d’ossements. De sorte qu’il serait dangereux de tirer des conclusions par trop péremptoires. Pour la région des dolmens, on peut noter la proportion relative. ment forte de femmes parmi les quelques brachycéphales. Si ce n’est pas un effet du hasard, pour un aussi petit nombre de cas, on pour: rait supposer que le commerce ou l'échange des compagnes entr: iribus pouvait expatrier des sujets de sexe féminin assez loin.

A partir du moment où toute FArmorique à été soumise à une mfuence continentale prédominante, c’est-à-dire quand, avec larri vée du fer, des habitants nouveaux sont vraisemblablement venus s'ajouter au fonds ancien de l’Armorique, venant du centre de là Gaule, on peut raisonnablement. supposer que ces immigrants étaient en majorité d’affinités alpines.

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