‹ Armoricains et Bretons, étude anthropologiqueChapitre 2 sur 67 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

ut de cet ouvrage a été de faire le point, après une première quinquennale de recherches consacrées à l’anthropologie de tagne. Mais un tel travail n'a pas d'autre prétention que e une introduction, une synthèse provisoire, après le simple Lo d'un terrain très embroussaillé. La véritable moisson, premières semences ont été posées il y aura bientôt un siècle, ie pourra être coupée que lorsque de nombreux chercheurs seront consacrés à des CE très détaillées.

ai était cependant nécessaire qu'un bilan soit fait, en attendant

… gendes « classiques » et d'idées fausses, non moins répandues, ayant aussi bien cours chez des spécialistes que dans le grand public.

urs du siècle dernier, ma guère attiré de savants bretons: Da 2, d'ailleurs, l'étude de la préhistoire régionale a eu relativet moins d’adeptes chez les Bretons de vieille souche que chez es savants DS française. Cette SA a de leurs

! voile pudique tissé dé nie eue communs paraît jeté, n’excuse pas les préjugés extraordinaires, et il importait d’arracher ce voile. Le présent mémoire a donc été élaboré dans un sens aussi synétique que possible. Les synthèses sont choses essentiellement pérennes. C'ependant, en les maintenant prudentes et expectatives, en tenant compte des faits observés et d'eux seuls, il reste toujours des conclusions. On a cherché à être aussi court que possible. conformément à l’évolution du style scientifique. Non seulement la concision, rejetant les descriptions filandreuses, est caractéristique des sciences matures, mais le public scientifique actuel (en dehors «de très rares spécialistes travaillant sur une question semblable, et : qui peuvent désormais s'informer directement par d’autres procédés que l’imprimerie) n’a plus le temps de lire de longs textes, l’écra- sant sous le poids de détails. Quant au public cultivé susceptible s de tirer bénéfice de la lecture de recherches du genre de celles-ci, il est désirable de l’élargir, en satisfaisant ses appétits, qui sont 14 de lire simplement les conclusions, fuyant avec horreur les détails

trop techniques.

avaux exhaustifs, le sujet étant obscurci par un certain nombre

HS L'étude de l’anthropologie de la Bretagne, à part quelques ama-

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Ce n'est pas seulement pour plaire au goût du jour que nous Pl PE avons dû rechercher une rédaction aussi dépouillée et concise que. SE possible, c’est aussi à cause des circonstances matérielles et tempo. relles: pour rendre possible la publication de l’ouvrage, fallait en rendre l’impression aussi peu onéreuse que possible, en se bornant à une sorte de résumé. (HA EEE

Aussi ne trouvera-t-on point ici de longues descriptions analytiques. On à délibérément fait un choix et limité l’extension du travail à un nombre borné de caractères et de problèmes. D’ail. leurs la présente synthèse est beaucoup moins le fait d’un anato- 4ÿ miste examinant les corps ou les squelettes humains pour eux-mêmes (nous ne prétendons à aucune compétence particulière en la matière). mais surtout celui d’un préhistorien et d'un cthnographe qui a voulu chercher à tirer des données anthropologiques les renseignements les plus importants qu’elles pouvaient lui fournir pour éclai. rer les phénomènes culturels et sociaux. Nous avons par conséquent ee négligé la diversité des structures et des variations anatomiques, pour ne nous occuper que de quelques caractères majeurs ayant une valeur pour la diagnose des types raciaux les mieux définis. D'autre part, nous préférons renvoyer aux auteurs qui nous ont précédé, plutôt que répéter des détails déjà publiés. De même, nous renvoyons à nos propres notes ou mémoires, en ce qui concerne les squelettes anciennement découverts, que nous avons réétudiés, ou ceux qui proviennent de nos propres fouilles; de même que pour les conditions de gisement, d'âge, le inobilier et les rites funéraires et enfin pour toutes les questions qui ne concernent pas directement la raciologie, telles que longévité, pathologie, trépanations chirurgicales, odontologie, etc... Cependant, il faut que le lecteur se souvienne que ces travaux que nous avons publiés, ou publierons par ailleurs, font partie de l’ensemble des recherches qui ont permis l’élaboration de cet ouvrage, et qu’au lieu de les disjoindre, nous aurions pu les incorporer dans sa masse.

Il sera inutile de faire par conséquent un historique détaillé, compilant les publications antérieures. La bibliographie du sujet est assez courte, au surplus, surtout si l’on ne retient que les auteurs sérieux, auæquels il est toujours facile de se reporter.

Pensant aux lecteurs non initiés au langage ésotérique dont on fait volontiers usage en la matière, nous nous efforcerons d'éviter dans les passages essentiels un déploiement abusif de termes techniques, nous bornant à en employer un minimum, et définissant tous ceux qui sortent de l’ordinaire. Seuls quelques paragraphes un peu spéciaux resteront peu accessibles, sans inconvénients pour le lecteur non spécialisé.

Il nous sera nécessaire d'utiliser largement les mensurations et la méthode des indices, pour étayer nos comparaisons et leur donner un minimum d'objectivité. D’aucuns ont tendance à médire des méthodes anthropométriques: elles seraient vieux jeu, et wap: prendraient rien de plus que ce qu’un examen descriptif peut livrer:

Îl est effectivement aisé de distinguer et de comparer à vue des races bien tranchées. Mais il est difficile d’avoir « le compas dans __ lœil », même avec beaucoup d'habitude, au point de ne pas donner; par une simple inspection, dans les illusions géométriques et optiques que peuvent suggérer certaines dispositions. D'autre part, la simple morphologie ne peut permettre l'emploi des méthodes biométriques et statistiques. Elle ne vaut que pour un, ou quelques sujets au plus, elle ne saurait être aisément applicable à une population entière. ;

Ce sont les anthropologistes qui ont, par l’anthropométrie, été les premiers à faire sérieusement de la biométrie. Cette méthode s’est ensuite généralisée à toute la biologie Systématique, et s'est même alourdie de méthodes complexes de statistique mathématique que l’on tend, par retour, à appliquer aux populations humaines. A vrai dire, la nature vivante ne se laissé pas enfermer par des nombres. Il est vain d'y introduire trop de mathématiques, surtout quand les bases d'appréciation des grandeurs mesurées sont assez aléatoires. Nous avons préféré nous en tenir à des notions très simples, après quelques essais infructueux de calculs de coefficients d'écarts et de corrélations.

Le défaut réel de l’anthropométrie, en effet, réside dans le choix des caractères mesurés, et des indices qui en sont déduits. Les indices les plus classiques ont fait les preuves de leur intérêt, mais, chose curieuse, les progrès de la génétique mendélienne appliquée à l'Homme ont montré qu'aucun d'eux n'exprime un caractère strictement héréditaire, et par conséquent spécifiquement racial. 11 faudra donc, quand on sera mieux renseigné sur l’hérédité chez les humains, réviser toute l’anthropométrie, et la baser sur des grandeurs plus réellement génétiques, si du moins il est possible d'en mesurer.

Mais ce défaut est également partagé par les caractères que l’on peut distinguer par un simple examen morphologique. Il ne faut pas perdre de vue, non plus, que les difjérents types constitutionnels, qui existent chez tous les peuples, viennent brouiller la question, de sorte que les phénotypes, qui sont les seuls que nous puissions analyser actuellement, sont de piètres matériaux.

Il n’en reste pas moins qu’en attendant l’ère d’une anthropoloqie génotypique, si les méthodes actuelles pour beaucoup de problèmes ne peuvent amener de solution, pour d’autres «elles réussissent de manière parfaitement lumineuse et rationnelle. Et c’est notre consolation.

En définitive, nous espérons quand même avoir réussi à apporter un peu de documentation nouvelle, et quelques résultats intéressants au cours de nos recherches. Les meilleures excuses pour les imperfections du présent travail seront qu’il a été effectué loin de la capitale et des facilités qu’on y trouve, dans l’isolement, avec très peu de moyens financiers, très peu de matériel, très peu de documentation et de bibliographie générale.

aux aüministrations, aux sociétés et aux organismes privés, à toutes les personnes, depuis les illettrés D s@ QUE ; A qui nous ont aidé dans notre ie ARR :

au Muséum National Histo ie Ne Mur du Musé l'Homme, de l’Institut de Paléontologie Humaine et du Labor d’'Anthropologie de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. . Il nous est également agréable de témoigner notre reconn sance envers M. le Doyen Y. Milon, directeur de l’Institut dd logie de la Faculté des Sciences de Rennes, qui nous à acco l’hospitalité dans son*établissement, et a vigoureusement . app nos efforts pour réaliser à l’Université de Rennes un lus d'Anthropologie générale.

Enfin nous ne saurions ee d'exprimer notre gratitude

la Faculté des Sciences de nr qui nous a assisté, souvent ” des tâches bien ingrates, tout le long de nos recherches.

Rennes, le 15 avril 1950.

À N. B. — Done cet ouvrage, le terme & Armorique > a été pris conventionnellement pour désigner la région géographique correspondant à la Bretagne actuelle, avant l’immigration bretonne. Il n’est pas à confondre avec le Massif Armoricain des géologues et géographes, ni avec la confédération gauloise

des peuples armoricains, qui s’étendait pratiquement de la Seine à la Gironde.

— Les chiffres entre parenthèses () renvoient à la bibliographie régionale, pp. 145-152.

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