‹ Armoricains et Bretons, étude anthropologiqueChapitre 60 sur 67 · STE · texte numérisé non relu

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ment. Au cas où l’on serait pressé, et où l’on n’aurait pas le temps de faire les calculs de correction, et surtout au cas où l’on ne voudrait pas faire usage des moyennes extrêmes, qui limitent l’usage de l’indice corrigé à un territoire déterminé, l’indice brut est toujours utilisable. 11 est ainsi de valeur universelle, contrairement à l’indice corrigé. Mais il est possible que l’on puisse, après des études comparatives nombreuses, mettre au point un système d’indice corrigé basé soit sur l’extension totale des valeurs normales, soit sur l’extension des classes moyennes, soit sur une valeur centrale de chaque composante à déterminer l'usage. C’est peut-être là pts de difficultés à résoudre qu’il n’en vaut la peine,

Pour en revenir à la Bretagne, on peut voir que la zone des tailles plus faibles, des faces plus larges et des crânes plus arrondis, autour du pôle de Mauron-La Trinité-Porhoët, couvre à peu près toute la frontière orientale de la région étudiée, se reliant par là au reste de la Haute-Bretagne qui semble, d’après la littérature et les observations brèves que nous avons pu faire, être de même nature pour une grande partie. Cette zone s'étend, dans la direction de la Basse-Bretagne, par deux axes, l’un dirigé très nettement sur la baie de Saint-Brieuc, l’autre par l’arrière-pays morbihannais vers le cœur de la Cornouaille, avec le pays bigouden comme ultime dépendance, séparée du corps principal. Maïs si l’on considère la zone de transition, on voit qu’au fond le dégradé affecte toute la région située à l’Ouest de ces deux axes, entre deux diagonales, l’une allant du Trieux à l’embouchure du Blavet, l’autre de la rade de Morlaix à la baie d’Audierne. Au delà de cette dernière diagonale, les influences orientales sont beaucoup moins nettes, à part un îlot dans le Léon.

Inversement, si l’on considère la sphère d’influence de ja taille plus forte, des faces plus allongées et des crânes moins arrondis, on voit qu’elle se trouve essentiellement ‘à l’Ouest de la diagonale orientale, plus ou moins morcelée par la zone de transition, et qu’elle à des dépendances essentiellement littorales vers l'Est: sur la côte Sud, il n’y à pas séparation, et elle continue par dégradé, jusqu’auprès de l’embouchure de la Vilaine (et même, semble-t-il, plus ou moins sur les côtes de la Loire-Inférieure) ; sur la côte Nord, par contre, l’axe continental aboutissant à la baie de Saint-Brieuc est une coupure nette, et il faut aller dans la partie côtière de l’arrondissement de Dinan (et celui de Saint-Malo, en Ille- et-Vilaine) pour en trouver un rappel.

Les spécialistes de la philologie celtique verront peut-être avec intérêt : 1°) que la limite actuelle du breton, qui est stabilisée depuis plusieurs siècles, est à l’intérieur de la zone orientale, maïs est grossièrement parallèle à la diagonale Nord-Sud qui limite cette zone vers l’Occident ; 2°) que les régions où se conserve la langue bretonne sont celles qui sont plutôt d’indice céphalique bas, de taille plus forte, etc; 3°) que les dialectes du Trégor, du Léon et les îlots séparés de celui-ci, dans la presqu'île de Crozon et dans le Cap Sizun,

forment à peu: près une région aussi homogène au point de vue ethnique qu’au point de vue linguistique ; 4°) que le Goëlo, pays où. le breton est phonétiquement contaminé par les parlers romans, est un pays à dominante brachycéphale, de même que le Vannetais dans l’ensemble. La Cornouaille, pays de transition linguistique, est également transitoire au point de vue ethnique.

Ces constatations ne permettent pas du tout de conclure qu’il y à des liens génétiques entre la langue et les caractères morphologiques des hommes. Tout au plus pourrait-on penser que peut-être la différenciation du breton en dialectes à été canalisée par des données ethniques, comme elle l’a été aussi par les voies romaines, et par conséquent qu’elle n’est pas due à des influences aussi variées et d'ordre différent.

. CORRELATIONS ENTRE CARACTERES

| Nous venons de voir que la répartition des moyennes cantonales de la plupart des caractères était régie par les mêmes règles. Autrement dit, nous avons constaté une corrélation étroite entre les moyennes de ces caractères.

Il est important de préciser cette notion par l’étude des corrélations entre les caractères individuels. Une analyse complète ne pourrait cependant être faite que par la mécanographie, à l’aide de machines trieuses. Il à donc fallu nous limiter aux corrélations de caactères deux à deux, et ceci pour le couple indice céphaliqueindice facial morphologique, d’une part, et pour le couple indice céphalique-stature, de l’autre.

Indice céphalique et indice facial

Pour simplifier, on à groupé les indices extrêmes avec les classes d'indices mieux fournies voisines. Ainsi les indices céphaliques ont été répartis en dolichocéphales (y compris les rares hyper- et ultradolichocéphales), mésocéphales, brachycéphales et hyperbrachycéphales (y compris les rares ultra-). De même pour la face, on à distingué leptoprosopes (et hyper-), mésoprosopes, euryprosopes (et hypereury-). Pour la série totale de 5.611, on obtient les proportions

suivantes :

% total % classe

Dolichocéphales Leptoprosopes .. 1,9 44,3 Mésoprosopes .. LA 26,7 Euryprosopes: .. 12 28,8 Mésocéphales Leptoprosopes .. 9,1 27,2 Mésoprosopes 10,4 30,9

Euryprosopes .. 14,1 42,0

y total ‘% classe

Brachycéphales Leptoprosopes .. 8,8 18,8 Mésoprosopes .. 11,5 24,6 Euryprosopes .. . 26,5 56,4 Hyperbrachycéph. Leptoprosopes .. 2,1 13,9 Mésoprosopes …. 18,0 19,7 Euryprosopes .. 10,0 66,4

Les dolichocéphales sont plus volontiers leptoprosopes. Mais sur-tout il y a une corrélation très forte entre la brachycéphalie et l’euryprosopie, et cette liaison va atteindre une partie des mésocéphales.

L'étude par arrondissement confirme cette notion, sans apporter aucune indication nouvelle, les pourcentages étant du même ordre. Comme il est nécessaire de n’envisager que des ensembles statistiquement assez importants, on ne peut entrer dans les répartitions locales. Or, à l’échelon arrondissement, on n’a, en général, que peu d’homogénéité. A titre d’exemples, donnons les valeurs pour l’arrondissement le plus brachycéphale, et qui est très homogène à cet égard, Ploërmel; et en regard, les valeurs de l’arrondissement le plus mésocéphale, Lannion, également très homogène.

LANNION PLOERMEL % total % classe % total % classe

Dolicho- Leptopr. .... 5,2 50,0 0,6 50,0 Mésopr. ... LT But

EUTYDrE 1.2 4,0 38,9 0,6 50,0

Méso- Leptopr: :: 19,9 26,7 3,3 20,8

Mésopr. ... 18,6 - 35,2 5,4 33,3

Burvpr.s st 20,3 38,9 7,4 45,9

Brachy- Leptopr. ... 3,8 18,4 8,4 16,5

Mésopr. ... 6,3 20,0 12,5 24,5

Eurypr. ... 19,7 6246 80,0 59,0

Hyperb. Leptopr. ... 4,4 14,1

Mésopr. ... 0,5 12,5 4,0 13,0

Eurypr! 7: 4,0 87,5 22,7 12,8

L’arrondissement de Lannion accentue les séparations des extrémes. Alors qu’il y à de très grandes différences dans les proportions totales de classes d'indices, à l’intérieur des groupes par classes de l’indice céphalique, les proportions sont du même ordre.

ae es ee vr E PE AN RE

Indice céphalique et taille

: Ici, nous distinguerons, parmi les statures, les petites (y compris les rares très petites) , les sous-moyennes, les sur-moyennes et les grandes (y compris les rares très grandes). On obtient les pour--

centages Suivants pour la série totale de 5.631 sujets :

% total

Dolichocéphales grands ........... 1,8 SUTMOVENS.. ASE

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