‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 132 sur 176 · I.ex ea castigat, solvit et ea ligat · texte numérisé non relu

I.ex ea castigat, solvit et ea ligat

Conditor est legis, neque débet lege teneri ; Sed sibi complacuit sub lege libenter haberi ;

Quidquid ei placuitjuris ad instar erit.

(Gottfr. Viterb. Chron.part. 17.)

abbé de Corbie, qui fiil tout à la fois conseiller * et ambassadeur sous (lourad, et devint le secrétaire de Frédéric, gardant sous celui-ci riiifluence qu'il avait eue pendant le règne précédent.

On a vu, par la lettre de Conrad, que Wibald était au nombre de ses envoyés aux Romains. Pendant son séjour à Rome, il fut vivement frappé des excès auxquels le nouveau gouvernement s'était livré contre le Pape : il vit la hiérarchie méconnue, les biens du clergé dilapidés par le peuple. Son ardeur à défendre la cause du Saint-Siège s'accrut d'autant plus que le Pape était persécuté. Wibald rapporta en Allemagne une violente irritation contre les Romains, et ne contribua pas peu à augmenter les préventions de Frédéric.

Rome attendait Qèrement la décision de T Empereur; elle tremblait peut-être pour la République, mais se disposait à braver Frédéric et à défendre énergiquement ses droits^. Est-ce terreur ou incertitude? on ne sait; mais il est certain que les lettres et les messages de toutes sortes, que les Romains n'épargnaient pas à Conrad^ cessent tout à coup. En cher-

1. Il jouissait de la faveur du roi Conrad et de son fils Henri, coninie le prouve la lettre suivante écrite en 1147 :

Henri, roi des Romains, à l'ahbé Wibald. « Nous sommes assuré que vous avez pour nous, comme pour notre père, la môme affection sincère, et qu'avec un zèle opiniâtre vous faites tous vos efforts pour maintenir et accroître la dij^nitè do l'un et de l'autre. Aussi nous agréons avec reconnaissance les inspirations de votre dévouement touchant le gouvernement du royaume, la consolidation de la paix, l'accueil et les houunages à faire aux princes; et pour ces- choses, connue pour d'autres, nous désirons suivre les leroiis familières de ta prudence...»

2. Ou voit, par la conduite qu'ils timvnt en tl.")5, qu'un maître prévoyant leur avait domii' (picUpies conseils sur la manière de résister en cas d'altaque. Était-ce Arnauld'?

chant dans les archives du nouveau règne, à peine trouve-t-on une seule lettre à Frédéric. 11 y en a une cependant; mais elle est d'un Allemand en résidence à Rome, Wetzel. — Quel était ce personnage * ? Nous n'avons pu l'éclaircir. Il est évident, d'après sa trèslongue épître à Frédéric, que cet Allemand avait été vivement impressionné par la doctrine d'Arnauld, et qu'il essayait (chose difficile) de la mettre d'accord avec son patriotisme et son amour pour l'Empereur. Sa lettre extrêmement hardie n'était pas faite pour adoucir Frédéric. Celui-ci n'avait pas même daigné envoyer à la République des ambassadeurs pour lui faire part de son élection. Wetzel croyait-il sincèrement influencer l'Empereur par de tels conseils et de telles menaces? On peut en juger :

Wetzel à l'empereur Frédéric'.

« J'éprouve une bien grande joie de ce que votre nation vous a clioisi pour son roi; mais que, par le conseil des clercs et des moines, dont la conduite a confondu les choses divines et humaines, vous n'ayez point, à ce sujet, comme c'était votre devoir, consulté la sainte cité, la maîtresse du monde, la créatrice et la mère de tous les Empereurs, que vous n'ayez pas demandé à la ville, sans laquelle jamais aucun empereur n'a régné , qu'elle confirmât votre élection , qu'enfin vous ne lui ayez pas écrit en qualité de fils, si toutefois vous vous proposez d'être son fils et son ministre, voilà ce qui m'afflige profondément. »

1. Il était lettré et possédait à foml les Écritures. — Était-il l'ami d'Arnauld, comme Francke le dit ? c'est ce que l'on ne peut savoir.

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