Surtout les écrivains protestants
2. Othon et Gunther disent bien qu'Arnauld se rendit à Zurich; mais en quelle année? Est-ce en 1139 quand il quitta l'Italie, ou après le concile de Sens?
silence de saint Bernard. Celui-ci, écrivant à Guido, s'exprime ainsi : <( Arnauld que Brescia a vomi, que Rome a eu en horreur, que la France a repoussé, que l'Allemagne ' abomine, que l'Italie ne veut point recevoir-...» Si donc Arnauld de Brescia n'était ni à Rome, ni à Brescia, ni en aucun lieu de l'Italie, ni en Allemagne, ni en France ^ où pouvait-il être, sinon en Suisse \ la contrée qu'il avait dû choisir d'abord comme la plus hospitalière pour lui? Car il y avait déjà séjourné quelque temps, et il était de ces hommes qui ne quittent pas un pays sans y avoir exercé leur influence et laissé des amis. Mais la meilleure preuve du fait, c'est la lettre qu'écrivit saint Bernard à l'évêque du diocèse de Constance, dont Zurich faisait alors partie. Aussi quand Othon écrit : « Il répandit en quelques jours le dogme pernicieux ^ » il ne veut pas dire qu'Arnauld resta peu de temps à Zurich, mais que le succès de sa prédication fut rapide.
Saint Bernard, peu satisfait de la transaction qui terminait à jamais ses débats avec Abélard, chercha bientôt s'il ne pourrait atteindre le disciple, et réduire au moins celui-ci d'une manière éclatante. Toujours
1. Je ne vois pas trop où saint Bernard a pris cette idée; il est à croire au contraire que l'Allemagne, où saint Bernard n'avait encore fanatisé personne (n'ayant pas prêché la croisade), était assez indiftérente aux destinées d'Arnauld.