Toujours à la fin de 1140, si nous suivons Baronius
8. Rien ne prouve d'ailleurs qu'il n'allait pas en Allemagne.
dans les montagnes à celte époque n'était pas chose facile. Oiielles que fussent les ricliesses et la dignité du voyageur, pour venir en France par terre, il fallait gravir ou le Saint-Bernard, ou le mont Cenis, ou le Saint-Gothard. Zurich, ville commerçante', qui exportait et recevait des marchandises par le Saint-Gothard, voyait descendre de celte montagne de nombreuses caravanes. 11 est probable que Guido saisit quelque occasion de ce genre, et arriva ainsi à Zurich. Qui sait s'il n'avait pas choisi cette route avec l'instinct de son amitié qui lui faisait soupçonner le service qu'il pourrait rendre à son ami? 11 ne se trompait pas. Il fut heureux pour Arnauld que Guido pût disposer de quelque puissance ; car l'évêque Hermann allait l'abandonner -.
Saint Bernard n'ignora pas longtemps le refuge et la protection que le légat accordait à son ennemi. La nouvelle de ce fait incroyable l'enflamma de colère, et il écrivit sur-le-champ à Guido. Mais ici sa politique l'obligeant à dissimuler, il cache sa colère sous une feinte modération. Voyons sa lettre.
« Arnauld de Brescia, dont la conversation est du miel et la doctrine du poison, qui a une tète de colombe et une queue de scorpion, que Brescia a vomi, que Rome a eu en horreur, que la France a repoussé, que l'Allemagne abomine, que l'Italie ne veut pas recevoir, il est, dit-on, avec vous. Prenez garde, je vous prie, qu'à l'aide de votre autorité, il ne nuise encore plus. Car puisqu'il a la volonté et l'art de nuire,