XXIII. Consilium sive regimen podagræ; commençant par
X1V° SIÈCLE
Regimen sit Laie. Une version allemande de cette consultation a été publiée à Strasbourg, 1 5 7 6 , in-8°, avec quelques opuscules de médecine chimique. Le texte latin est dans le n° 456 de Munich. Il est encore signalé par un ancien catalogue comine existant dans la bibliothèque de Robert Burscough.
XXIV. Traclatus de sterilitate tam ex parte viri guatn ex parte mulieris; commençant par : Sapienlis verbam est istud : Data est particularibus virtus generativa ut perpetuetur esse individuum. Un peu plus long que les précédents, ce traité ne paraît pas avoir eu beaucoup de succès. Nous n’en connaissons pas d’édition séparée. Il en existe une copie, de l’année 1887, dans le n° 77 de Munich.
XXV. Compilatio de conceptione ; commençant par : Maris etfeminæ commixtio causa est generationis naturalis cujuslibet hominis. Une copie de cette compilation est dans le ^6971 (fol. 69) de la Bibliothèque nationale, une autre dans le n° 2o5 de Munich. C’est probablement le même traité qui est intitulé: Tractatus de imprægnatione mulierum, dans un manuscrit de Bresîau.
XXVI. Signa leprosorum; commençant par : Cognoscuntur leprosi guinxjue signis. M. Coxe nous signale un exemplaire de cet opuscule, à Oxford, collège Saint-Jean-Baptiste, n° 197. Le nom de l’auteur ne s’y trouve pas. Mais il paraît se trouver dans le 7 de Munich.
XXVII. Tractatus de bonitate memoriæ; commençant par . Primo suht necessaria ista : evacuare materiam impedientem et alterare malam complexionem. Ce sont des recettes médicales pour assainir l’organe de la mémoire. « Rien de plus fri- « vole, dit Niceron, que ce petit ouvrage. » Il faut souscrire à ce jugement, qui n’est pas trop sévère; mais Niceron aurait dû reconnaître qu’Arnauld n’est pas l’auteur d’un ouvrage où il est nominalement cité. Cette citation paraît se rapporter
Calai, mauusc.
Angl.etHib., t. II, 2e pari. , n° 7675.
Henschel , Cat.
cod. Vrat. , col. 1 7.
iNiceron, Mém., t.XXXIV, p. 100.
XIVe SIÈCLE.
Hist. litt. de la Fr., t. XXI.p. 393.
Sandoval (B. de) , Index libr. prohib., 2e part. , p. 36.
aux aphorismes sur la mémoire, dont nous avons précédemment parlé (n° XI).
XXVIII. De amore qui heroicus nominatur; commençant par : Quanto , carissime, dilecdonis ajfectu sinceritatis dilectionem fuero consecutus. Au chapitre n, vers la fin, Arnauld dérive le mot heroicus du latin herus et non du grec ëpws; ce qui prouve clairement qu’il ignorait cette langue grecque, qu’il savait si bien selon Symphorien Champier. Il s’agit, en effet, de la passion érotique. Ce traité nous étant offert sous le nom d’Arnaukl par divers manuscrits, notamment par les nos 17847 (fol. io4) de la Bibliothèque nationale et 456 de Munich, nous ne doutons pas qu’il ne soit de lui; ce que nous hésitons à croire , c’est qu’on en puisse tirer quelque observation utile.
XXIX. Remedia contra malejicia; commençant par : Sunt quidam qui maleficiis impediti. Il s’agit ici des maléfices qui mettent obstacle à l’union charnelle. L’auteur indique les moyens de les déjouer. Cet opuscule est d’un médecin qui vécut après le milieu du xme siècle, puisque Gilbert l’Anglais y est plusieurs fois cité; mais il nous semble peu croyable qu’il soit d’ Arnauld. Il y a vraiment trop de sottises. Nous en trouvons un manuscrit sans nom d’auteur dans le n° 277 de l’Ecole de médecine de Montpellier. Les inquisiteurs d’Espagne l’ont mis au nombre des livres par eux défendus. On ne leur reprochera pas cette décision.
XXX. Cautelœ medicorum; commençant par : Videndœ sunt cautelæ circa urinas , quibus possumus nos cavere a deceptoribus. Recommandations adressées aux médecins touchant leur manière d’agir à l’égard des malades. Les précautions que le médecin doit d’abord prendre, soit pour discerner i’affection d’un malade, soit pour le persuader qu’il la discerne, sont au nombre de dix-neuf. L’auteur insiste beaucoup sur le second point. Parmi les artifices dont le médecin usera dans ce cas, on lui recommande particulièrement l’emploi
XIVe SIECLE.
des termes techniques. Un malade souffre, dit-il, aux jambes, à la tête ; le médecin interrogé répondra : « Gela vient du «foie, de l’estomac; il y a obstruction. » Et fauteur ajoute :
Specialiter utere hoc nomine obstructio, quia non intelligunl quid significat et multum expedit quod non intelligatur locutio ab eis. Il ne s’agit pas, qu’on l’entende bien, de dissimuler au malade une affection qu’on juge grave; il s’agit de se faire valoir en le trompant. La suite le prouve clairement. Nous traduisons : « Médecin, quand on vient te prier d’aller voir « un malade . . . , demande d’abord depuis combien de temps « cette personne est souffrante, comment le mal l’a prise,
«et, en questionnant le messager sur les accidents sur- « venus, tâche, si tu le peux, d’avoir une opinion sur la ma- « ladie. Cela est nécessaire. Il pourra bien arriver qu’après «avoir observé les déjections et l’urine du malade, tu ne « reconnaisses pas sa maladie ; mais si tu lui parles des acci- « dents qu’il a précédemment éprouvés, il aura pleine con- « fiance en toi, comme dans un sauveur. . . Enfin, en quit- « tant le malade, n’omels pas de dire que son état est grave.
« S’il échappe ensuite, cela grandira ton mérite et ta gloire.
« S’il meurt, ses amis diront que tu avais désespéré de lui. »
Tel n’est pas, à vrai dire, le caractère de toutes les recommandations que contient ce petit livre; elles sont, au contraire, pour la plupart, vraiment médicales. Mais nous avons cité de préférence celles qui ne le sont pas, pour montrer qu’Arnauld, ennemi déclaré des charlatans, employait néanmoins et mêm£ conseillait quelques-uns de leurs stratagèmes.
C’est peut-être un commentaire de ce traité qui se trouve dans le n° 5488 de Vienne, sous ce titre : Prognostica , commentario inslructa, sive tabula de cauteli s rnedicorum et crisi.
XXXI. Tractalus de venenis; commençant par : Creator omnium Deus, in sæcula benedictas, percutiens pie ac sanans .
Nous ne connaissons pas une édition séparée de ce traité; mais nous en pouvons désigner deux anciennes copies, l’une et l’autre avec le nom d’Arnauld, dans le n° 2 57 de Munich et le n° 697 1 (fol. 78) de la Bibliothèque nationale.
f' SIÈCLE.
On pourrait, néanmoins, en lisant l’ouvrage tel qu’il est imprimé, y trouver une bonne raison pour douter qu’il soit d’Arnauld, car il y est nommé. Mais, comme on va le voir, c’est la chose la plus singulière que son nom placé là. L’auteur du livre donne une recette pour arrêter l’hémorragie, faisant honneur de cette recette à certain Pierre Cellerarius. Or, à la suite, dans le texte même, nous voulons dire dans le texte imprimé, se rencontre la phrase suivante : Nota guod in Antidotario (juod dicilar Amaldi reperitur, in cap. de Athanasia, simile diclum; ex (]uo inferunt multi c/uod illud Anlidotarium fuit Pétri Cellerarii et non Amaldi; (juod non est inferendam. Mais qu’on relise celte phrase avec quelque attention , on verra bien quelle n’est pas à sa place; c’est évidemment une note écrite à la marge du traité dans quelque manuscrit, et plus tard introduite dans le texte par un copiste étourdi. Faut-il répéter que tous les copistes du moyen âge n’étaient pas suffisamment lettrés, et que bien souvent ils n’ont pas compris ce qu’on les chargeait d’écrire? Nous confirmerons, d’ailleurs, une remarque faite dans cette note marginale. Il est vrai que la recette contre l’hémorragie se trouve, au chapitre de la tanaisie, alhanasia, dans 1 Antidotarium dont nous parlerons plus loin. Mais cela ne prouve aucunement, comme le fait observer l’auteur de la note, que Y Antidotarium soit de Pierre Cellerarius et non pas d’Arnauld. En effet, Arnauld a pu deux fois reproduire la recette de Pierre Cellerarius, la trouvant bonne, dans Y Antidotarium et dans le traité De venenis.
Sont cités dans ce traité De venenis, parmi les médecins modernes, outre Pierre Cellerarius, Gilbert, Roger, Albert, Hugues, Nicolas de Reggio. C’est, d’ailleurs, un des ou- Hoéfer, Hist.de vrages d’Arnauld où les plus récents critiques ont trouvé le chmne, t i, mojns £ reprendre. Ils ont même remarqué que les poisons y sont bien classés et les symptômes de l’empoisonnement bien décrits.
XXXII. Libellus de arte cognoscendi venena, cum guis proponit ea alicui ministrare; commençant par : Timens de vene -
XIV ‘siècle.
nis caveat sibi de manu ministrantis cibos et potus suos. Les empoisonnements étaient alors très fréquents; quiconque offrait un obstacle à la satisfaction d’une convoitise ne pouvait ni manger ni boire sans quelque défiance. Aussi ne faut-il pas s’étonner du succès obtenu par ce très court traité sur l’art de discerner les poisons. Les copies en sont nombreuses. Nous citerons celles qui se rencontrent dans le n° 63 o des manuscrits français à la Bibliothèque nationale et dans le n° 456 des manuscrits latins de Munich. M. Hain en indique trois éditions publiées au xve siècle : deux sans date et sans nom de lieu; la troisième, de Milan, i475, in-4°. Nous en indiquerons une quatrième, de Padoue, 1487, in-4°, dans un recueil où se trouvent encore le Libellus de venenis de Pierre d’Abano et le Traité de la Peste de Balascon de Tarare.
XXXIII. Tractatns de dosibu s theriacalibus ; commençant par: Testatur G aliénas, guintode Simplicibus medicinis, (juod medicina guæ tota sui substantia seuproprietate libérât a veneno . . . On lit à la fin de ce traité quelques mots très dédaigneux à l’adresse des jeunes praticiens qui s’obstinaient, par présomption, à négliger les remèdes qu’offre la nature. L’auteur veut parler ici des spécifiques les plus simples comme des plus composés. Ce passage contient donc un renseignement qui doit être signalé aux historiens de la médecine. Nous avons à la Bibliothèque nationale deux copies de ce traité, dans les nos 6969 (fol.. 147) et 6971 (fol. 73). Il est encore à la bibliothèque de Munich dans le n° 4 1 1 , et on en lit des extraits dans le n° 294 du Nouveau Collège, à Oxford. Ce doit être le même ouvrage qui nous est signalé dans la bibliothèque de Saint-Pierre, à Cambridge, sous ce titre : Distinctio ponderum medicinalium et mensurarum, secandum Arnoldum de Villanova.
XXXIV. Liber aphorismorum de graduationibus medicinarum per artem compositarum ; commençant par : In medicinis per artem composilis considérant artificiali processu situm complexio-
Catai. manusc.
Angl. et Hib. , 1. 1 , 3e part., n° 1868.
XTV° SIÈCLE.
nis résultants ex simplicibus invenire. Cette nouvelle série d’aphorismes est sans nom d’auteur dans le n° 35 20 de Munich.
Astruc, Mém., p. i64.
Niceron , ouvr.
:ité , p. 1 o i .
Hist. iitt. de la Fr. , t. XX , p. 409.
XXXV. Simplicia; commençant par : Cum non sit medicus nisi administrator rerum naturalium. Il s’agit des médecines simples, c’est-à-dire non composées. Ce traité n’est pas d’Arnauld, selon Gesner et Astruc, parce qu’on y trouve cités Jean Platearius, « plus récent qu’Arnauld, » et Arnauld luimême. Cet argument, qui paraît décisif, ne l’est pas; il n’a même aucune valeur, quoique proposé par Gesner et confirmé par Astruc. D’abord nous avons recherché vainement une citation qui porte le nom d’ Arnauld, dans les exemplaires manuscrits de ce traité; il est donc probable, comme Niceron l’a pensé, qu’on a mal à propos introduit ce nom dans l’imprimé. Ensuite il n’est pas vrai que Jean Platearius soit un auteur plus récent qu’Arnauld; il est, au contraire, beaucoup plus ancien, puisqu’il est fréquemment cité, comme on l’a dit, par Vincent de Beauvais. Enfin tous les manuscrits de l’ouvrage s’accordent à dire qu’il est d’ Arnauld; nous n’avons besoin d’alléguer que les nos 2o5 de Munich, 6910 A et 7063 de la Bibliothèque nationale. Il a été publié séparément à Venise, en i52o, in-4°, sous ce titre : Aggregator practicus de simplicibus, seu herbolarium de virtutibus herbarum. Dans les volumes cités de la Bibliothèque nationale, le titre est Areolæ seu tabulée mag. Arnaldi de Vil* lanova, et c’est le titre sous lequel Arnauld désigne lui-même cet ouvrage dans un traité dont nous parlerons plus loin , au n° LX. Nous avons de même les Areolæ de Jean de Saint- Amand.
Pour ne rien omettre, ajoutons que, dans le n° 7016 A des manuscrits latins, à la Bibliothèque nationale (fol. 68), se rencontre le titre suivant : « Sensoyt les secre de maistre « Regnalx de Villenoue des herbes precieuse. » Cela semble, en effet, indiquer une traduction française des Areolæ d’ Arnauld, quelquefois appelé Regnauld; mais il n’y a sous ce titre plein de promesses qu’un extrait de deux pages sur la violette, la jusquiame, etc., etc.
XIV° SIÈCLE
XXXVI. Antidotarium; commençant par : Lamentabatur Hippocras eo cjuod medicina, scientiaram nobilissima, propter indisciplinam utentium et veine judicantium in effectu est præ cunctis scientiis sterilis facta. Ce traité, d’une assez grande étendue, n’est pas seulement une nomenclature de médicaments; l’auteur en fait l’analyse, dit comment ils sont fabriqués et dans quel cas ils sont employés. La Bibliothèque nationale ne possède aucune copie de cet Antidotaire sous le nom d’Arnauld; mais on le rencontre sous ce nom dans le n° 2 57 de Munich et dans le n° 1 73 de Metz, où il occupe cent treize colonnes. Il y a de grandes différences entre le texte de ce manuscrit et celui de l’imprimé.
XXXVII. Liber de vinis; commençant par : Sacræ ac semper victoriosæ regiœ majestatis vestrœ humilis servulus lerræ. Il s’agit des vins artificiels , c’est-à-dire pharmaceutiques. Les premiers mots de la dédicace nous apprennent que l’auteur a fait ce traité pour un roi ; mais le nom du roi n’est pas indiqué. Ce nom se lit en tête d’une version abrégée en langue hébraïque que contient le n° 1 128 du fonds hébreu, à la Bibliothèque nationale. Robert , roi de Naples , serait ce roi toujours victorieux. Nous voyons plus loin, dans le texte latin de la même dédicace, qu’Arnauld avait rédigé son écrit sur la terre d’Afrique : Indiscretus Fortanæ impetus lætitiæ meœfestis infestons, commovit super me acjuilonem et duxit me in Africam ad miseriam ipsam. C’est le seul document où il soit parlé 4e ce transport involontaire d’Arnauld sur la terre africaine. Cependant on ne peut douter que le traité soit de lui. D’abord il lui est constamment attribué, même par les manuscrits. Nous le trouvons sous son nom, sans la dédicace, dans les nos 6948 (fol. i o3), 7068 (fol. 1) et 781 7 (fol. 57) de la Bibliothèque nationale. Son nom se lit encore dans le n° 207 de Munich et dans un manuscrit de la Bodléienne désigné par les Catalogues d’Angleterre et d’Irlande. En outre, deux éditions séparées ont été publiées sous le même nom, sans date et sans indication de lieu. L’une, du xve siècle, est mentionnée par M. Hain; l’autre.
Catal. des mss hébr. de la Bibl nat. , n° 1 1 28.
Catal. man. An gliæetHibern.,t. 1 part. 1 , n° 1 64 A -