TOME XXVIII
XIVe SIÈCLE.
Hain, Repertor.
bibl., 1. 1, p. 224.
A s truc, Mém. , p. 162.
Hagen, Catalog.
cod.Bern., p. 456.
cle Lyon , 1 5 1 7, se trouve dans un recueil in-4°, avec d’autres opuscules d’Averroès et de Magnino. Enfin le même traité, traduit en allemand par Guillaume Hirnkofen, a été si souvent imprimé que M. Hain en a pu désigner six éditions du xvc siècle. Or elles portent toutes le nom d’Arnauld. Ajoutons que les historiens de la médecine se sont tous accordés à lui faire honneur de cet ouvrage. Suivant Hermann Conring, cité par Astruc, l’Europe latine ignorait, avant de l’avoir lu, les propriétés de l’esprit-de-vin, et elle doit à Arnaukl de les lui avoir révélées.
M. Hagen reproduit ainsi le titre d’un manuscrit de Berne : Elixir doctissimi physici Amaldi de Novavilla de vinorum con fectionibus. Ce manuscrit contient sans doute le traité De vinis. 11 est encore plus librement intitulé dans le n° 7817 de la Bibliothèque nationale, où on lit : Liber Arnoldi de Villanova de secretis magnis medicinæ et virtulibus mirabilibus specierum et artificialium vini.
XXXVIII. Tractaius de aquis medicinalibus ; commençant par : Sed quia aquarum nonnullis est usus in rnediciuis habendus, de eis ideo aliqua sunt dicenda. Mais ce commencement n’est pas conforme dans les manuscrits et dans les éditions. Nous le lisons ainsi dans le n° 7817 (fol. 76) de la Bibliothèque nationale : Et quia de aquis nonnullis est usus in medicinis habendus, de his aliqua sunt dicenda. Ce petit livre, bien placé après le De vinis, traite uniquement des eaux artificielles; on n’y trouve la mention d’aucune eau naturelle. Nous en citerons encore une copie dans le n° 2 57 de Munich.
XXXIX. Liber de ornatu mulierum; commençant par : Quando vult domina corpus suum depurare ab omni sordide, intret primilus balneum. C’est un des traités les plus curieux d’ Arnauld de Villeneuve ; il contient des détails très instructifs sur tous les artifices employés par les femmes du moyen âge pour corriger les défauts de la nature ou réparer l’outrage des ans. Ainsi l’on a dans ce traité le manuel complet d’une femme coquette et même d’une femme galante
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au temps de Philippe le Bel. Ajoutons qu’il n’a pas seulement la toilette pour objet. Mais nous ne dirons, sur ce point, rien de plus; nous n’oserions pas faire la plus vague allusion à ce que renferment quelques paragraphes. On enseignait publiquement, au moyen âge, ce que, de nos jours, les honnêtes gens ignorent et veulent ignorer.
XL. Tractatus de decoratione; commençant par : Faciei décor et venustas non tantum capiti sed et loti corpori convenit. La matière de cet opuscule est^celle du précédent. Or, il n’est guère vraisemblable qu’Arnauld de Villeneuve ait écrit deux traités sur cette matière. Aussi ne rencontrons-nous aucun manuscrit du second sous le nom d’Arnauld. Il est sans nom d’auteur dans le n° 1 25 du collège Corpus Chrisli, à Oxford; il est sous le nom d’un certain Piichard dans le n° i64 du collège de la Madeleine, dans la même ville. Ce Richard est peut-être le médecin renommé que l’on a coutume d’appeler Richard l’Anglais; cependant on n’a pas encore inscrit au catalogue de ses œuvres un traité quelconque sur les secrets de la toilette.
XLI. De coitu ; commençant par : Creator omnium Deus, volens animalium genus firmiter ac stabiliter permanere. Cette dissertation physiologique ne paraît pas offrir beaucoup d’observations originales; à tout propos l’auteur cite Hippocrate et Galien. On en désigne une copie, sans nom d’auteur, dans le n° 3 1 8 de la bibliothèque de l’École de médecine de Montpellier.
XLII. Tractatus de conferentibus et nocenlibus principalibus membris corporis nostri; commençant par : Est sciendum breviter guod conferunt capiti seu cerebro fœtida. Cet opuscule a été imprimé à Leipzig, en 1 5 1 1 , in-4°, avec le traité De conservanda juventute; il l’a été encore à Bâle, en i56o et en 1 565, in-8°, avec les Sâ5 Parabolœ. Il est manuscrit, à Munich, sous le n° 456; à Metz, sous le n° 173.
XLII J. Commentum super canonem : Vita brevis. Le com-
Hiat. lilt. de la Fr., t. XXI, p. 383-
mentaire commence par : Perfecta expositio cujuslibet aphorismi et cujuslibet documenti consistit in tribus. Ces mots Vita brevis, ars longa sont un canon d’Hippocrate. Ce commentaire et ceux qui suivent n’ont pas été imprimés dans le recueil intitulé Praxis medicinalis. En voici les titres et les premiers mots : i° Tabula super : Vita brevis; commençant par : Cum Hippocras, more sapientum, in primo canone pnmæ partis aphorismorum ; i° Expositio super isto aphorismo Hippocratis : In morbis minus ; commençant par : In aphorismo præsend comparât lilteraliter quantum ad gradum periculi. Arnauld, qui ne savait pas le grec, ne pouvait expliquer Hippocrate qu’en abrégeant ou en paraphrasant les gloses arabes. C’est pourquoi ses commentaires, promptement surpassés, n’ont pas conservé de crédit dans l’école. Nous avons à signaler un exemplaire manuscrit du premier dans le n° 173 de la bibliothèque de Metz.
XLIV. Regulæ generales de febribus ; commençant par : Regulæ generales de febre continua , tam acuta quam peracuta, et hoc nomine absoluto. Disciple d’un médecin qu’il nomme Bartbélemi, l’auteur de ce traité s’est proposé pour but de faire connaître les leçons et la pratique de son maître en ce qui regarde le traitement des lièvres. Nous avons deux ouvrages de ce Barthélemi, une Pratique et un Commentaire sur le traité de Galien De crisi, nos 7087 et 7091 de la Bibliothèque nationale. Mais Arnauld ne passe pas pour avoir été son disciple. On a donc mal placé ce traité parmi les œuvres d’Arnauld.
XLV. Expositiones visionum quæ fiunt in soumis; commençant par : Philosophantes antiquos, seu Indos, seu Persas, Ægyptiacos seu Græcos. Ce traité, divisé en deux parties, a pour objet de démontrer que les rêves contiennent des avertissements qui nous viennent de Dieu par l’entremise des constellations célestes. Mais ces avertissements sont toujours obscurs, et comme il faut, pour en profiter, les bien comprendre, les anciens philosophes se sont prudent-
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ment appliqués à rechercher les règles suivant lesquelles les songes doivent être interprétés. L’auteur dit ensuite que l’ensemble de ces règles est une vraie science, dont l’étude peut être fort utile, et finalement il entreprend de les exposer. On le voit, l’illusion est complète. Dans le n° io3o de Vienne, dans le n° 172 du collège Saint-Jean- Bandini , Catai. Baptiste, à Oxford, et dans un volume de la bibliothèque ^4L0e4opold,,tIÎ’ Léopoldine décrit par Bandini, ce traité des visions est anonyme. On peut donc douter qu’il soit d’Arnauld. Il est néanmoins certain qu’Arnauld croyait aux révélations par les songes, et nous savons même qu’il a passé pour très habile à les expliquer. C’est sans doute une version allemande de ce traité qui nous est indiquée sous le titre de Somniale dans le n° 1 1 267 de Vienne. Dès qu’il fut imprimé par Thomas Murchi, les théologiens le mirent au nombre Sandovai(B.de), des livres prohibés. ^2^.' ’
XLVI. Capitula astrologiœ de judiciis injirmitatum secundum moturn planetarum; commençant par : Circa signa universalia et distributiva termini secundum injluentiam cœlestem quatuor sunt inquirenda. Le même ouvrage est intitulé : Compendium astronomiœ dans le n° 281 de Metz; Astronomia dans le n° i4o68 (fol. 1 10) de la Bibliothèque nationale; Brevis tractatus introductorius ad judicia astrologiœ, quantum pertinet ad medicum tam generaliter quam specialiter, secundum quod tempus in eis est prœeligendum dans les nos (fol. 9) et 7419
(fol. 39) de la même bibliothèque; Introductorium astrologiœ in scientiam judicioram astrorum dans le n° 125 de Munich, et Introductorium astrologiœ pro medicis dans le n° 456. Le dernier de ces titres est celui qui convient le mieux. L’ouvrage n’est pas, en effet, 'un traité d’astronomie; il ne concerne que les rapports de l’astrologie avec la médecine.
C’est donc, à proprement parler, un manuel de fausse science. Si fausse quelle soit, l’auteur malmène, en terminant son discours, les praticiens peu versés dans l’astrologie qui administrent des médicaments sans tenir compte de la conjonction des astres. C’est sans doute une traduc-
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Tabulæ cod. Vindob., n° j 1 267.
SandovaljB.de), loc. cit.
Raynaudus (T.), Erotem.de mal. ac bon. îibris , p. 3 k.
Man. lat. de h Bibi.nat.,n°697i fol. 66 v°.
tion allemande de ce traité que contient le n° 11267 de Vienne, sous ce titre latin : De prognosticis morboruin et de planetarum injluxu. Nous sommes plus certains d’en avoir une traduction hébraïque, faite par Salomon Abigdor, fils de Meschoullam, à l’âge de quinze ans. H y a une copie de cette version à la Bibliothèque nationale, dans le n° 1061 du fonds hébreu.
Quoique interdit comme le précédent, cet écrit eut un long succès. Il ne faut pas trop s’en étonner; en plein xviie siècle, le plus fanatique censeur de toutes les sciences nées de l’observation humaine, Théophile Raynaud, reconnaît que l’astrologie, à divers points de vue condamnable, peut être néanmoins également utile aux marins, aux la- ÎDOureurs et aux médecins.
XLV IL Liber Costæ ben Lucæ de physicis ligaturis, translatus a mag. Arnaldo de Villanova de græco in latinum; commençant par: Quæsivisli, fili caris sime , de incantatione, de adjuratione et colli suspensione. Le titre de ce traité n’est pas exact. Costa ben Luca n’est pas un écrivain grec, et la langue grecque n’était pas connue d’Arnauld de Villeneuve. On lit à la fin, dans le n° 697 1 (fol. 72) de la Bibliothèque nationale : Explicit Costaben Luca de physicis ligaturis, translatus per mag. Arnaldum de Villanova de arabico in latinum. Antonio signale et approuve la correction que nous offre ce manuscrit. Nous l’ approuvons après lui, sans aucune hésitation. Nous tenons, en effet, pour certain qu’Arnauld savait l’arabe. Il a traduit notamment, outre ce traité de Costa ben Luca, un petit livre d’Avicenne dont nous parlerons plus loin, et il a pu faire ces traductions sans le secours de personne, car, ainsi qu’il nous l’affirme dans un de ses ouvrages inédits, il lisait couramment les livres arabes : Nos in lingua Arabum legisse recolimus totam nigromanticœ fatuitatis doctrinam. Cela ne peut, d’ailleurs, causer aucun étonnement, puisqu’il était, comme nous l’avons dit, d’un pays habité par un grand nombre de Maures très récemment convertis au christianisme. Une autre copie de la même traduction est, sans au-
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cun nom d’auteur, dans le n° 16089 (fol- ] 4 2 ) de la Bibliothèque nationale; une troisième, dans le n° 7337 (fol. 1 1 4 ) , porte quelle fut faite par Arnauld dans la ville de Barcelone. Ce traité de Costa ben Luca a longtemps passé pour être de Galien; on le trouve au tome V de l’édition de ses Œuvres publiée par les Junte. Il est encore sous le nom de Rhascs dans le n° 2 7 7 de l’École de médecine de Montpellier. Arnauld n’a certainement pas traduit ce livre sans croire à l’elficacité des charmes qu’il a pour objet d’enseigner à conjurer. Cela nous prouve une fois de plus que ce savant homme n’avait pas mis de côté tous les préjugés de son temps.
XLVIII. Liber appellatas Thésaurus lhesaurorum , Rosarius philosophorum ac omnium secretoram maximum secretum, de verissima composilione naturalis philosophiæ , cjua omne diminutum reducetur ad solificum et lunijicum verum ; commençant par : Iste namque liber vocatur Rosarius. C’est le plus étendu de tous les traités de chimie que nous ait laissés Arnauld de Villeneuve. Comment doit-on procéder pour obtenir enfin la pierre philosophale? Voilà ce que l’auteur se propose de démontrer, ayant, croit-il, deviné le commun secret d’Aristote, de Platon et de Pythagore. La démonstration d’ Arnauld ne paraît pas avoir été suffisamment claire ; personne, du moins, ne paraît en avoir profité, quoique la plume et la presse en aient multiplié les exemplaires. Tous les manuscrits n’en peuvent être cités; ils sont trop nombreux. Il suffira d’indiquer les nos 294 du Nouveau Collège, à Oxford, 52 3o et 55 10 de Vienne, hb'j et 2848 de Munich, 7149 et 11202 de notre Bibliothèque nationale. Il y a d’assez grandes dissemblances entre les textes de ce traité. L’ouvrage doit avoir été remanié, soit par l’auteur, soit par un de ses disciples. On ne le trouve pas seulement imprimé dans les œuvres complètes d’ Arnauld; il a été, en outre, publié à Bâle, en 1 56 1 , in-fol., par Guillaume Grataroli, dans le recueil intitulé : Veræ alchemiæ arlisc/iie metallicæ doctrina ceriuscjue modus; de nouveau à Bâle , en 1610, in-8°, dans le tome II de cet autre recueil : Ars aurifera cjuam che-
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Gatal. man. Angliæ et Hib., t. I, part. i,n°76o5.
Sandoval(B.de), lib. cit. , p. 5 , 36.
Hoëfer, Hist. de la chimie, t. I; p. 4 1 3.
miam vocant, et à Cologne, en 1702, par Manget, dans le tome I, p. 662 , de sa grande compilation : Bibliotheca chemica curiosa. Casimir Oudin en cite encore deux autres éditions, que nous n’avons pas rencontrées, dont l’une de Bâle, 1 59 3, in-8°. On l’a commenté : Antonio mentionne un commentaire, Isagoçje paraphrasticci , sous le nom d’Adam de Bodenstein, médecin de Bâle. On l’a même plusieurs fois traduit en vulgaire, pour mettre à la portée de tout le monde les grandes révélations qu’il est censé contenir. Une traduction française se lit dans le n° 2011 des manuscrits de cette langue, à la Bibliothèque nationale; une traduction allemande est conservée dans le n° 7178 du même fonds; une traduction anglaise nous est, en outre, signalée dans la bibliothèque formée par Élie Ashmole, à Oxford. Enfin, Nazari fa traduit en italien. Cette traduction est imprimée à la suite du traité Délia tramutatione metallica, p. 169. Le catalogue des manuscrits de Vienne nous indique même, sous le n° 55o9, un Rosaire abrégé, Rosarius abbreviatus , qu’il faut peut-être distinguer du Petit Rosaire, dont nous parlerons plus loin. Suivant le même catalogue, une traduction allemande de cet abrégé serait dans le n° 11471. Si nous consultons les professeurs de philosophie hermétique, ils nous répondent tous que le Rosarius d’Arnauld est un de leurs manuels classiques et l’un des plus estimés. On en trouve le résumé dans le Tractatus de secretissiino antic/uorum philosophorum arcano, au tome IV du Theatram chimicum, p. 564- Bernard de Sandoval, archevêque de Tolède, ne pouvait manquer de l’inscrire au catalogue des livres par lui défendus; mais cette défense n’empêcha rien. Au xvne siècle les Rosè-Croix le lisaient encore; ils en ont tiré cette phrase dont ils ont fait la devise de leur société : « Cache ce livre «dans ton sein, ne le montre à personne, ne le mets pas « entre les mains des impies , car il renferme le secret des «secrets de tous les philosophes. Il ne faut pas jeter cette «perle aux pourceaux, car c’est un don de Dieu. »