TOME XXVIII
xiv' SIÈCLE.
Germain, De ia méd. à MoritpeU . , p. 3o.
Tabulæ cod. Vindob.,n° 1 1 367.
Henschel, Cat.
cod. Vrat., col. ik-
« des inondations, delà peste, du mal de tête, du mal d’yeux, « du rhume, » etc., etc.
L’éditeur du recueil intitulé Traclatus varii prie qu’on l’excuse de remettre en lumière de semblables rêveries; mais ayant, dit-il, pris l’engagement de publier toutes les œuvres d’Arnauld, il ne se croit pas le droit de supprimer ce qu’il ne saurait approuver. Notre confrère M. Germain vient de donner une édition nouvelle de cette pièce, pour montrer combien, à son origine, l’école de Montpellier était engagée dans les superstitions astrologiques. La preuve est, en effet, décisive. Elle le serait peut-être plus encore si M. Germain avait donné l’ouvrage tout entier. Dans son édition , d’ailleurs conforme à celle de Murchi, ne se lisent pas cinq chapitres que nous offrent plusieurs manuscrits. Il y a deux de ces manuscrits à la Bibliothèque nationale, sous les nos 7337 (fol. 116) et 7349 (fol. 127). La copie conservée dans le n° 7349 est anonyme. On possède encore une version allemande des Sigilla, que nous croyons inédite. Elle est dans le n° 11267 des manuscrits de Vienne. Enfin on peut supposer que le même ouvrage est désigné dans le nouveau catalogue des manuscrits de Breslau sous ces titres altérés : Tractatus de si g ni s; Tractatus de injluxu signoram cœlestium. L’interdiction prononcée contre les ouvrages précédents devait nécessairement atteindre celui-ci.
LI. Perjectum magisterium et gaudium mag. Amaldi de Villanova, transmissum per eum ad inclylum regem Aragonum; g uod quidem est Flos jlorum, thésaurus omnium, incomparabilis margarita, in ijuo reperitur veri compositio et pcrfectio élixir tam ad album quant adrubeum componendum ; commençant par : Scias, carissime, quod in omni re quæ sub cœlo est creata sunt quatuor elemenla. Tels sont, du moins, le titre et les premiers mots des éditions. Mais dans les bons manuscrits nous avons des titres et un texte tout à fait différents. Dans le n° 7162 (fol. 1) de la Bibliothèque nationale, le titre est simplement Opus magisterii, et dans le n° 7147 (fol. 1 3 ) , manuscrit du xvie siècle, de la main du Dauphinois Oronce
XIV' SIÈCLE
Finé : Parvum Rosarium mag. Amaldi de Villanov a super artc sécréta, missum régi Aragonum pro dono singularissimo ; et vocatur in impresso et adalterato opéré Flos jlorum. Ainsi le docte Oronce Finé, ayant sous les yeux, enl’année 1 53 5 , quelque ancien manuscrit et l’imprimé de Thomas Murchi, constatait la dissemblance des deux textes; et, mécontent, à bon droit, de l’imprimé, le jugeant, ce qu’il est, tronqué, corrompu, il copiaitle manuscrit, quoique possédant l’imprimé, pour se mettre en mesure de renouveler un jour les expériences d’Arnauld. Ce qui manque d’abord dans les éditions, c’est la dédicace, commençant par : Serenissime rex, cum ego, volantate divina, de regione in regionem concurrens propler scientiam secrelam habendam. . . Cette dédicace est cependant curieuse. Elle est à l’adresse du roi d’Aragon, à qui l’auteur va familièrement exposer, dans le langage d’un maître à son disciple, les principes de la science hermétique.
Il avait, dit-il, étudié vingt ans, sans les comprendre, les livres des anciens philosophes, quand, étant en France [in partibus Galliæ ), il fit la rencontre d’un habile homme, avec lequel il eut d’utiles entretiens sur ces livres, dont ils n’avaient pu ni l’un ni l’autre pénétrer les mystères. Ayant échangé leurs idées, ils se persuadèrent réciproquement qu’ils avaient mal fait leurs lectures et qu’ils devaient les recommencer, les anciens philosophes n’ayant pu parler pour ne rien dire. Arnauld avait donc repris leurs livres, y cherchant de nouveau la vérité, qu’il ne trouvait pas, quand l’Esprit-Saint^ de qui toute lumière procède, l’est venu visiter, c’est-à-dire éclairer. 11 n’étudiait pas, comme il paraît, selon la bonne méthode. Ayant pris en pitié sa grande patience jusque-là si mal récompensée, l’Esprit-Saint l’a remis dans le droit chemin, et maintenant il est au but qu’il se proposait d’atteindre : il sait les grands secrets. La foule ne méritant pas qu’on les lui révèle, il n’adresse pas cet Opus à la foule; c’est le roi qu’il veut instruire. Pour avoir appris d’Aristote tout ce que ce grand homme lui pouvait apprendre, Alexandre a conquis de vastes royaumes ; ainsi le roi d’Aragon sera devenu supérieur dans la paix, dans la guerre, à
XIVe SIÈCLE.
Nazari , Délia tr.
.métal!., p. 220.
Sancloval (B. de), lib. cit. , p. 5 , 36.
tous les rois ses rivaux ou ses ennemis, quand, ayant lu le présent traité, il aura pénétré les mystères qui sont l’objet de la science fondamentale, la science des quatre éléments. Voilà l’exorde de cette épître; vient ensuite le détail des analyses chimiques au moyen desquelles fauteur est parvenu , guidé concurremment par Hermès et l’Esprit-Saint, à décomposer les substances de l’air, du feu, de la terre et de l’eau, pour en tirer la pierre des philosophes.
Comme nous l’avons dit, la dédicace manque tout entière dans les éditions. Ajoutons que, dans toutes ces éditions, l’opuscule est lui-même tellement abrégé, modifié, « adultéré » , que ce n’est plus l’ouvrage d’Arnauld. Si donc quelqu’un se proposait de renouveler les expériences de cet illustre alchimiste, avec la pieuse intention de nous rendre l’élixir souverain dont le secret est perdu , il devrait opérer suivant la copie d’Oronce Finé ou quelque autre semblable, et non suivant le texte imprimé. Nous ne connaissons que les titres des copies qui se trouvent dans les nos 2848 de Munich et 2 94 du Nouveau Collège, à Oxford. Elles sont peutêtre conformes aux éditions. Parmi les. éditions nous citerons encore celles que nous offrent divers recueils d’opuscules chimiques : Vera alchemiœ artisque mctallicæ doctrina, Bâle, 1 56 1 et 1672, t. Il; dz’s aurifera, Bâle, 1872, 1 5g3 , 1610, t. IL Manget a de nouveau publié ce livre curieux, mais sans la dédicace : Bibliotheca chemica, t. I, p. 679. Nazari l’a traduit en italien et inséré dans sa Concordanza de’ Filosoji. Les inquisiteurs d’Espagne et Bernard de Sandoval, archevêque de Tolède, font interdit.
LU. Epistola super alchymia ad recjem Neapolilamim ; commençant par : Scias, 0 tu, rex, quod sapientes posuerunl in opéré multas res et multos modos operandi. Il s’agit encore , dans cette courte lettre à Robert d’Anjou, roi de Naples, des éléments de la pierre philosophale. Nous pouvons en citer plusieurs copies : dans le n° 2012 des manuscrits français, à la Bibliothèque nationale; dans le n° 1 1202 (fol. 147) du fonds latin de la même bibliothèque, sous le titre bizarre d eFlo-
res régis; dans le n° 2 94 du Nouveau Collège, à Oxford, et dans le n° 2848 de Munich. La même lettre a été imprimée à Bâle, en 1 56 1 , dans le recueil de Guillaume Grataroli , et, en 1610, dans l’autre recueil intitulé Ars aurifera , au tome II ; elle se trouve aussi dans la collection deManget, 1. 1 , p. 683. Il paraît qu’on a cru longtemps en pouvoir tirer quelque chose, car on l’a traduite assez tard en français et en italien. La traduction française est conservée dans le n° 2011 des manuscrits français, à la Bibliothèque nationale. La traduction italienne est deNazari, qui l’a fait imprimer.
LIII. Recepta elecluarii mirabilis præservanlis ab epidemia et conjorlantis mineram omnium virtulum; commençant par : Accipe roris madii collecti de mundissimis lierbis quantum videbitur tibi. Recette contre les épidémies, qui, dans toutes les circonstances , a la propriété de réconforter les principaux organes du corps, le cerveau, le cœur, l’estomac. Cet opuscule n’occupe, dans l’imprimé, que deux colonnes. La Curne de Sainte-Palaye en indique une traduction provençale dans le n° 4797 du Vatican, sous ce titre : Petit tractai per lo révèrent mestre Arnau de Vila nova sobra lo régiment guis deu tenir en temps de hepidemie so es en temps de pestilencia.
Avec ce traité finit la nomenclature des écrits d’Arnauld publiés par Thomas Murchi. Nous allons mentionner à la suite ceux que Symphorien Champier mit le premier en lumière, en l’année 1620.
XIV SIECLE
Nazari, Délia te.
metall.; p. 229.
Bibi. nat., Man.
fonds Moreau , Motic. de man., t. IX,
LIV. De lapide philosophorum ; commençant par : Scito, Jili, guod in hoc hbro loguitur de secretis natnrœ. Dialogue sur les secrets de la nature et de la chimie. Le même dialogue est intitulé De secretis naturœ dans les nos 475 1 et 55o9 de Vienne, dans un volume de la bibliothèque Bodléienne inscrit sous le n° 3652 au tome I, ire partie, des Catalogues d’Angleterre et d’Irlande, ainsi que dans le n° 294 du Nouveau Collège, à Oxford. Dans les nos 6749 B et .7162 de la Bibliothèque nationale, le titre est : Thésaurus secretus operationum naturalium.
XIV' SIECLE
LV. Tractatus contra calculum; commençant par : Serenissimo in Christo domino, domino B., Dei gratia sacrosanctæ Romanæ ecclesiœ ac universalis summo ponlifici. Dans le recueil intitulé Praxis medicinalis, les premiers mots sont Reorguod medicina; mais il convient de remarquer que la dédicace du traité manque dans ce recueil. Cette dédicace est à l’adresse d’un pape dont le nom commence par un B, sans doute Benoît XI. Arnauld avait, dit-il, guéri ce pape d’une affec- Catai. man. An- tion calculeuse , ab obsessu calculosi languoris renum. Les Cataï°gues d’Angleterre et d’Irlande en signalent une copie chez Robert Burscough.
LVI. Regimen curativum et præservativum contra catarrhum ; commençant par : Si infestivi catarrhi molestia vos non incitât ad ejus præscindendum insullum. Cet opuscule, qui a pour objet le traitement du catarrhe, se compose de cinq chapitres, dont le dernier a seul quelque étendue. Nous n’en connaissons aucun manuscrit.
LVII. De tremore cordis; commençant par : Reor guod tremor cordis seguitur omnes species clebilitatis ejas. Ce n’est pas une simple dissertation, c’est un véritable traité, et, comme il remplit treize colonnes du recueil intitulé Praxis medicinalis, il est, on le voit, assez considérable. Cependant l’auteur n’y cite aucun médecin moderne; Hippocrate luimême n’y est nommé qu’une fois. Nous avons donc lieu de croire qu’il contient un assez grand nombre d’observations originales.
LVIII. De epilepsia; commençant par : Morbus caducus est ægriludo spasmosa. Vingt-six chapitres sur toutes les formes connues de l’épilepsie et de la catalepsie, sur les causes de ces affections et sur les traitements divers qu’elles réclament. Parmi ces traitements il y en a beaucoup d’étranges et d’une efficacité douteuse, comme, par exemple, celui-ci : Docentur reges guod suspendant sniaragdum in collo puerorum eorum statim guando nascuntur, ne supervenial eis morbus caducus
xiv' SlÈCI.E.
(chap. xxiv). On nous signale une copie de ce traité dans le n° 77 des manuscrits latins de Munich; une autre existait dans la bibliothèque formée par Robert Burscough.
LIN. Tractatas de usu carnium pro sustentatione ordinis Carthusiensis, contra Jacobitas; commençant par : Adversum me loc/uebantur qui sedebant in. porta et in me psallebant qui bibebant vinum. Les jacobins, n’observant pas une règle aussi rigide que celle des chartreux, disaient que ceux-ci géraient mal les affaires de leur santé lorsqu’ils s’interdisaient l’usage de la chair dans tous les cas, même dans le cas de convalescence. Arnauld soutient que l’usage de la chair n’est jamais requis; que les œufs et le vin suffisent toujours. Il fait, d’ailleurs, remarquer qu’il y a parmi les chartreux des nonagénaires, même des centenaires, et que cela suffit pour convaincre d’erreur les jacobins. Astruc loue beaucoup ce traité d’ Arnauld : on ne sait pas si c’est comme ami des char- p' 100' treux ou comme adversaire de l’hygiène confortative.
Nous pouvons citer plusieurs copies de ce traité, dans le n° 425q de Vienne et dans le n° 173 de Metz. Il est aussi désigné par les Catalogues d’Angleterre et d’Irlande comme Catai. ma», a.. existant dans la bibliothèque de Robert Burscough. part.t^^e.1
Ici finit l’édition des Œuvres d’Arnauld donnée par Symphorien Champier en l’année i 5 20. Nous mentionnerons à la suite quelques opuscules publiés pour la première fois en 1 586 dans les recueils intitulés : Praxis medicinalis et Tractatus varii.
LX. Tractalus medicinæ repaies, sive descriptio receptarum Amaldi Villanovani ; commençant par : Deinceps superest rememorationem jieri singul'arem quarumdam , cum descriptionibus , receptarum. Dans Praxis medicinalis, ire partie, p. 81-87.
Quoique les anciens éditeurs n’aient pas donné ce traité, nous n’hésitons pas à le croire d’Arnauld. Ce qui nous prouve que cette attribution est bien fondée, c’est la phrase qu’on va lire. L’auteur, parlant de la casse, s’exprime ainsi : Potestas ejus est scripta plcnius in Areolis simplicium et illic requi-
Catal. man. An gliæ et Hib. , t. II
XIVe SIÈCLE.
ratur. Or, ces Parterres des simples, Areolœ sirnpliciuni, auxquels renvoie l’auteur, sont un livre d’Arnauld mentionné précédemment sous le n° XXXV»
LXI. Cathena aurea; commençant par : Vidi senem unum clarijicaturn surgentem , in manu sua librum clausum, septem signaculis sigillatum, tenentem. Dans Tractatus varii, p. 46. Le livre que tient à la main ce vieillard est le livre de la pierre philosophale. Tout naturellement, le spectateur de cette miraculeuse apparition, qui est un disciple d’Hermès, demande au vieillard les secrets que le livre renferme, et le vieillard en dit quelques-uns. Mais ces quelques secrets ne peuvent suffire à celui qui vient de les entendre. Avide de tout connaître, il interroge encore, et le vieillard lui répond : « Amen ! Commence par faire de toi un vrai philosophe, «pur et doux comme un agneau, ensuite travaille, implore «Dieu, et certainement, Dieu te venant en aide, le reste « des secrets te sera révélé. » L’éditeur du recueil intitulé Tractatus varii a-t-il eu de bonnes raisons pour publier cet opuscule sous le nom d’Arnauld ? C’est ce qu’il n’a pas pris le soin de nous apprendre. Pour notre part, nous n’en connaissons qu’une copie, dans le n° 1 1 202 de la Bibliothèque nationale (fol. i5o), et le nom que nous offre cette copie n’est pas celui d’Arnauld; c’est celui de Jean de Gascogne, Johannes de Vasconia. Ce Jean de Gascogne n’est pas un alchimiste tout à fait ignoré, car il est cité par Nazari, et nous le croyons fauteur véritable de l’opuscule , à la fois mystique et romanesque, dont il s’agit ici. Cet opuscule est intitulé Nazari, Délia tr. dans notre manuscrit Opus magislerii; Ars magnæ operationis, ietaîL’ p‘ l39' dans le catalogue de Nazari.
LXII. Amaldi Villanovani Teslamenlum ; commençant par : Lapis philosophorum de terra scaluriens. Dans le recueil intitulé Tractatus varii , p. 47- La pièce n’est pas complète dans çe recueil ; on n’y trouve pas la dernière phrase , qu’on pourra lire dans le n° 7149 (fol. 1 1) de la Bibliothèque nationale. Mais cette phrase n’ajoute rien à ce qu’enseigne fauteur
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touchant la confection de la pierre philosophale ; elle a seulement pour objet de faire connaître à tout chimiste qu’il s’efforcera vainement de fabriquer cette pierre merveilleuse, s’il ne vit pas dévotement et chastement.
Ce testament complet est encore très bref. Il est impossible d’exposer un si grand secret en moins de mots. Arnauld a sans doute jugé lui-même qu’il était nécessaire d’y ajouter un codicille explicatif. Si ce codicille manque dans les Tractatus varii, on le trouve ailleurs.
Nous allons maintenant mentionner les opuscules qui, restés inconnus aux éditeurs des Œuvres d’ Arnauld, ont été imprimés sous son nom en des recueils de pièces appartenant à des auteurs différents.
LXIII. Novum testamentum ; commençant par : Ec/o Arnaldus de Villanova incipio istum librum in nomine Jesu Christi, quia breviter.volo declarare veritatem de lapide philo sophorum. Le premier éditeur de ce nouveau testament paraît être Manget : Bibliotheca chemica, t. I, p. 704. Il se divise en trois parties, dont la première traite de la pierre philosophale naturelle, la deuxième de la pierre philosophale artificielle, la troisième de la transmutation de quelques nobles et de quelques vils métaux. Les trois parties occupent six colonnes dans l’édition de Manget.
LXIV. Spéculum alchymiæ; commençant par : Ut ad perfeclam scientiam pervenire poèsimus, primutn oportet scire quod tirs lapides et très sales sunt. Dialogue entre un maître et son disciple sur la nature, les propriétés et l’usage de la pierre philosophale. Ce dialogue est imprimé dans le Theatrum chemicum, t. IV, p. 5 1 5-542. Il l’est aussi dans la collection de Manget, t. I, p. 687. Piien dans le texte ne confirme ou n’infirme l’attribution de cet ouvrage, assez considérable^ à maître Arnauld de Villeneuve; on n’v trouve cités que les livres d’Hermès, de Geber, d’Avicenne, avec les écrits hermétiques que l’on croyait, au moyen âge, d’Aristote et de Platon. On n’en signale, d’ailleurs, aucune copie qui offre