‹ Arnauld de VilleneuveChapitre 6 sur 23 · SES OEUVRES IMPRIMÉES · texte numérisé non relu

SES OEUVRES IMPRIMÉES

On a plusieurs éditions des œuvres d’Arnauld de Villeneuve, qui, données comme complètes, ne le sont pas. La première, qui parut à Lyon, en i5o4, in-fol., chez François Fradin, contient cinquante-cinq traités réunis sous ce titre : Hæc sunt Amaldi de Villanova guæ in hoc volumine continentur, etc., etc. La seconde, qui est une reproduction de la première, fut publiée, l’année suivante, à Venise : Hæc sunt Opéra Amaldi de Villanova nuperrime recognita ac emendata diligentiguc opéré impressa; Venetiis, 1505, per Bonetum Locatellum, presbyterum; in-fol. L’auteur de ces éditions est un médecin de Gênes, nommé Thomas Murchi. Chargé d’accompagner à la cour de France le fds aîné de Jean-Louis de Fiesque, ce médecin avait curieusement recherché les œuvres inédites d’Arnauld de Villeneuve dans toutes les

If' SIÈCLE.

villes où l’avait conduit l’humeur voyageuse de Louis XII. Après quatre ans de recherches, il publia ce recueil, dont le succès nous est attesté par le nombre des éditions qui suivirent de près les deux premières : Lyon, 1609, Fradin, in-fol. ; Lyon, 1Ù20, in-fol., avec quelques additions et une Vie d’Arnauld par Symphorien Champier; Lyon, i532, in-fol.; Bâle, 1 585 , in-fol., avec des notes de Nicolas Taurellus. L’année suivante, les œuvres médicales furent séparément publiées sous ce titre : Amaldi Villanovani , summi philosophi. et medici excellentissimi , Praxis medicinalis , universorum morborum humani corporis curandi viam ac methodum samma cnm doclrina et certa experientia prœscribens ; Lyon, J. Stratius, 1 586 , in-fol. Un autre recueil, contenant les œuvres astronomiques et chimiques, parut en même temps, sorti des mêmes presses : Amaldi Villanovani, summi philosophi etjnedici cjuondam Pont. opt. max. excellentissimi , tractatus varii exoterici ac chymici; Lyon, Stratius, i586, in-fol.

Notre première tâche sera de mentionner successivement, dans l’ordre qui leur a été assigné par Thomas Murchi, chacun des traités que renferment les éditions de i 5o4 et de i5o5. Nous ferons ensuite connaître ceux qui furent imprimés pour la première fois, en 1 52 0, par Symphorien Champier, ou, plus tard encore , en d’autres recueils.

I. Medicinalium introductionum spéculum; commençant par : Introductiones appellanlur indebite , (juæ propria et communia principiorum artis vocabula non exprimunt. Il s’agit ici de l’homme considéré comme objet de la science médicale, et des méthodes diverses qu’emploie l’art de guérir. C’est un des plus longs traités que nous ait laissés Arnauld de Villeneuve, et, bien qu’il n’ait pas été souvent imprimé , n’étant guère pratique , il lui fait beaucoup d’honneur. Il est intitulé , dans le n° 6969 de la Bibliothèque nationale , Medicinalium consideralionum spéculum. A ïexplicit d’une autre copie, n° i 4 7 3 2 delà même bibliothèque, nous lisons qu’Arnauld le composa lorsqu’il était à Montpellier. M. Hain en cite une édition go-

XIVe SIÈCLE.

Hain , Repertor.

bibl. , t. I,p. 223.

thique, in-4°, sans date, publiée à Leipzig par Martin Mellerstadt.

II. Liber de diversis intenlionibus medicorum; commençant par : Æternæ sapientiæ lumen dejluat in cor tuum et divinæ potentiæ virtus labia tua corroboret. C’est encore lin traité sur les principes de la science médicale. On demande à la médecine de maintenir ou de rétablir la santé. Le médecin connaîtra donc les lois de l’hygiène et les règles de la thérapeutique. Mais ce qui lui importe ayant tout, c’est d’étudier à fond le sujet sur lequel il doit opérer, c’est-à-dire l’organisation de la personne humaine. Or suivant quelle méthode fera-t-il cette étude? Qu’il observe d’abord, et raisonne ensuite. Les principales fonctions de la vie et les principaux organes du corps, voilà ce qu’il doit premièrement connaître. La science des choses particulières est le fondement de tout le reste. C’est, on le voit, la méthode péripatéticienne transportée de la philosophie dans la médecine.

Nous ne connaissons aucune édition séparée de ce traité. Il manque même dans le recueil des œuvres d’Arnauld qui a pour titre Praxis medicinalis; ce qui semble prouver qu’on ne le goûtait plus au xvie siècle. On en rencontre un exemplaire manuscrit dans le n° 1 784 7 (fol. 96 ) de la Bibliothèque nationale.

III. De humido radicali; commençant par : Incipit libellus magistri Amaldi de Villanova de humido radicali, continens trac-

Amaidi ViUan. tatus duos. Arnauld cite dans ce traité celui qui précède : In otFT f°* '7 ° ^ro cluem 111 medicina fecimus De intenlionibus medicorum ad hoc aperuimus viam studentibus. La dernière phrase du même traité nous offre aussi l’occasion de faire une courte remarque. Voici cette phrase, non d’après les éditions, où elle est corrompue, mais d’après les nos 6949 (fol. 107) et 17847 (fol. 98) de la Bibliothèque nationale : Misericordia creatoris . . . præsens opusculum in manus intelligente perducat, guem, inter præsentes professores, lacrymamur non posse perjecte cognoscere nisi vivum. Cet éminent professeur qu’ Arnauld dé-

xiv* siicr.E.

signe en des termes si peu clairs , quoique très particuliers , quel est-il? On lit à la suite de cette phrase, dans le n° 6949 , l’annotation suivante, qui paraît être du xivc siècle : scilicet magistrum Ermengaldum. Il s’agirait donc, selon l’auteur de cette note, du célèbre Armengaud de Biaise, médecin de Montpellier. Mais pourquoi son contradicteur, Arnauld de Villeneuve, dit-il gémir de ne pouvoir le connaître que durant sa vie ? Cela semble indiquer qu’il veut parler d’un médecin juif, les juifs et les chrétiens ne devant pas, après la mort, se rencontrer au même lieu. On n’apprend pas néanmoins qu’ Armengaud de Biaise ait été juif. L’auteur de la note paraît donc s’être trompé. Voir plus loin la notice sur Armengaud.

IV. Commentum super libello De mala complexione diversa, cum textu Galieni. Les premiers mots du commentaire sont : Intendit Galianus in hoc Iractatu ostendere cjuomodo malilia complexionis diversœ introducatur in membruni unum sive in corpus tolum. Ce commentaire est long; cependant Arnauld a regretté de ne l’avoir pas fait encore plus étendu, ayant eu, dit-il, l’esprit troublé, durant son travail, par diverses tribulations. Voici comment il exprime ce regret en déposant la plume : Hortamur autem lectores, tara baccalarios quam magistros, ut fréquenter perlegant hune tractatum, quem inter opéra Galieni dijficillimum et valde obscurum opus invenimus . . . Nos autem circa expositionem ipsius non potuimus illam diligentiam observare quam exigebat materia, propter varios labores instantium tribnlatiofium quæ studium noslræ mentis perturbaverunt. Arnauld ne paraît pas avoir eu, dans le cours de sa vie, plus d’une fâcheuse affaire; il est donc probable que ce passage, d’un ton si mélancolique , renferme une allusion à ses démêlés avec les théologiens de Paris.

V. Quæstiones super libro De mala complexione diversa ; commençant par : Quæritur utrum nalura , in quantum orbata, intendat sibi fœtum orbaium assimilare. Ces questions se rapportent encore au célèbre traité de Galien. Peu satisfait, comme il l’a déclaré, de son commentaire, Arnauld l’aura

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voulu compléter par quelques dissertations particulières sur les points qu’il avait, à son jugement, mal éclaircis. 11 faut remarquer la forme de ces questions. C’est le seul ouvrage d’Arnauld composé selon cette méthode, qui est proprement la méthode scolastique.

VI. Liber de regimine sanitatis Arnaldi de Villanova, guem Magninus Mediolanensis sibi appropriavit, addendo et immutando nonnulla; commençant par : Quod regimen sanitatis sit necessarium duplici via investigare contingit. Ainsi le titre dénonce un larcin; mais la dénonciation paraît calomnieuse. On avait plusieurs fois imprimé cet ouvrage, durant le xve siècle, sous le nom deMagnino, médecin milanais. Pourquoi Thomas Murchi s’est-il cru permis de substituer à ce nom celui d’Arnauld? Il ne le dit pas. Nous supposons qu’il aura trouvé, dans certains passages du livre, des opinions, des recettes déjà recommandées en d’autres écrits d’Arnâuld, et que, frappé de ces ressemblances , il aura voulu voir dans Magnino , non le disciple, mais le plagiaire de l’illustre docteur.

Toute accusation de ce genre est facilement acceptée, alors même qu’elle n’est pas du tout justifiée. On ne s’étonne piaccius ( v ,)j, De donc pas de voir le propos de Murchi répété par Van der — Antonio Vb*]! Linden, par Vincent Piaccius et par Antonio. Il s’est ren- 6Vet'’ 1 " 11 ’ con^r® néanmoins des gens que cela n’a pas satisfaits, et qui, sans doute pour rendre raison des mêmes analogies, ont cru devoir inventer autre chose. Telle est cette nouvelle fable : Magnino n’aurait jamais existé; Arnauld de Villeneuve, chassé de toutes les rives, cachant sa tête partout menacée, aurait publié plusieurs de ses derniers ouvrages sous le faux nom de Magnino. L’inventeur de cette fable paraît être un historien d’ailleurs recommandable, Curtius, ou Curti , qui l’aurait d’abord racontée dans son livre De scriptoribus medicis Mediolanensibus. De lui Manget l’a reçue et, lui faisant bon accueil, il l’a facilement accréditée. Mais, Argeiati, Bibi. comme l’a très bien démontré Philippe Argelati, l’existence p 83oedlo! ' 11 de Magnino n’est pas sérieusement contestable. Les anciens bibliographes le connaissent, et, si plusieurs de ses opinions

sont conformes à celles d’Arnauld, sa manière d’écrire est différente. Il ri’y a pas de conjecture à faire ni d’explication à fournir : Arnauld et Magnino , qui vécurent peut-être dans le même siècle, sont deux personnages qui doivent ne pas être confondus. C’est ce que répètent, après Argelati, Domi- Fabrkius, Bibi. nique Mansi, Tiraboschi et d’autres, et c’est ce que nous tm v,' p! T. f— Aliénons , avec eux, comme pleinement démontré. Ainsi nous «boschi, st. délia

, -, . -, -, , i\Ti/r letter.itai. , edit.de

retranchons des œuvres d Arnauld, pour le rendre a Ma- 1782, t.v, p.^56. gnino, ce Liber de regimine sanitatis, sur lequel on a longtemps plaidé, sans qu’il y eût matière à procès.

VII. Regimen sanitatis, ad inclytum regem Aragonum direction et ordinatum ; commençant par : Prima pars vel consideratio sanitatis conservandœ pertinet aeris eleclioni; aux fol. 94 de l’édition de i5o5 et 82 de l’édition de 1Ô2 0. C’est un traité d’hygiène en dix-neuf chapitres, qui contient des préceptes très variés. La fréquence des manuscrits prouve qu’on l’a beaucoup lu. Nous le trouvons notamment dans les nos 6978, 9328 et 14782 de la Bibliothèque nationale, 178 de Metz, 797 de Tours, 456, 570 et 666 de Munich et 476 1 de Vienne. M. Hain en désigne une édition Hain , Repehor. gothique, sans date et sans nom de lieu, ainsi qu’une autre, J)1iv’p. 200. 225 pareillement sans date, publiée à Louvain chez Jean de Westphalie, à la suite du Regimen Salernitanum. L’une et l’autre sont in-4°. Un volume du même format, sans indication ni de lieu ni de date, nous offre, avec le Regimen sanilatis, le traité sur l’art de connaître les poisons, dont nous parlerons plus loin, et le Liber de epidemia de Valescus de Taranta; en français , Balescon de Tarare. On connaît encore deux éditions partielles du même ouvrage, de Paris, 1673, et de Cologne, i586, in-8°, sous ce titre : Consilium ad regem Aragonum de salubri hortensium usu, avec le traité de Dioclès de Caryste De tuenda valetudine. Dans le recueil cité des œuvres médicales d’Arnauld, Praxis medicinalis , Lyon, i586, fol. 62-75, le titre de Regimen sanitatis a été remplacé par celui-ci : Tractatus de conservatione sanitatis. Mentionnons enfin diverses traductions. En voici d’abord une

Arch. des miss, scientif. , 2 e série , t. V, p. 428.

Gatai. des mss.

bébr. de la Bibl.

nat. , n05 112S et ”76.

Bandini, Bibliot.

Leop., t. Il, p. 16.

Calai. man.Angl.

et Hibern. t. I, 3e partie, n° ioo5.

Niceron, Mém., t. XXXIV p. 98.

espagnole : Regimiento de sanidad, en que se contiene en que maniera conviene usar del comer y bever, y del exercicio y del dormir, etc.; Séville, 1Ô2Ô, in-fol. On en désigne ensuite une hébraïque. Assémani, qui la cite, l’attribue à Crescas de Casale. M. Neubauer a lu sur le manuscrit vu par Assémani, à la bibliothèque de l’Escurial, Crescas de Schaktelar. Deux exemplaires d’une même traduction, à laquelle manque le nom du traducteur, sont à la Bibliothèque nationale, sous les nos 1 1 2 8 et 1 1 76 du fonds hébreu. C’est peutêtre celle de Crescas. Enfin, une version italienne du dixneuvième chapitre est dans un volume de Florence, sous ce titre recueilli par Bandini : Trattato delle morici, facto da maestro Arnaldo de Villanova. Bandini suppose à bon droit que ce prétendu irattato n’est qu’un fragment. En ayant cité les premiers et les derniers mots, Bandini nous a donné le moyen de reconnaître à quel traité ce fragment appartient.

Un manuscrit du collège Caius et Gonvilfe, à Oxford, est désigné par Thomas James sous ce titre : Regimen sanitalis ad regem Aragonum in prœclaro studio Montis Pessnlani. On peut, comme il semble, accepter sans aucune défiance le renseignement que ce titre fournit.

VIII. De conservanda juventute et retardanda seneciute ; commençant par : Serenissimo ac sapientissimo principi inclyto domino Roberto, digna Dei provisione Hierusalem, Siciliæ régi illustrissimo. Ce prince n’étant devenu roi qu’en 1809, Arnauld composa ce traité peu d’années avant de mourir. C’est un opuscule qui ne contient, outre la préface, que trois chapitres. Les manuscrits en sont rares. M. Henschel nous en signale un dans une bibliothèque de Breslau. Il a été imprimé, hors des Œuvres complètes, en 1 5 1 1 , à Leipzig, in-4°, avec le Liber de conferentibus et nocentibus principalibus membris. Le P. Niceron en cite une traduction italienne, sous ce titre : Trattato del conservar la gioventù; Venise, 1 55 o, in-8°. Jonas Drummond en fit une version anglaise sous le règne d’Henri VIII : The defence of âge and recovery of youlh of Arnold de Villanova, translaled by Jonas Drummond, ami dedi-

cated to my lady Margaret, niece to Henry VIII. Les Catalogues d’Angleterre et d’Irlande désignent un manuscrit de cette version dans la bibliothèque Hans Sloane.

IX. De considerationibus operis medicinæ; commençant par : Virtutem guerimoniœ tuœ percipientes , nuper tibi, carissime, signifcavimus. L’objet principal de ce traité considérable est la phlébotomie. C’est pourquoi, dit Arnauld dans la préface, si guis hoc opus intelligens vocet librum de phlebotomia . . . non peccabil. Quelques copistes ont usé de cette permission : un exemplaire que nous offre le n° 6971 (fol. 1) de la Bibliothèque nationale est intitulé : Liber de phlebotomia. Il a pour titre, dans le n° 17847 (fol. 5g) de la même bibliothèque : De considerationibus operis artificis medicinæ. Arnauld a dédié cet ouvrage à un médecin de Cologne qu’il nomme Grosseynus. Il le traite avec honneur, tandis qu’il qualifie la plupart de ses confrères en des termes très méprisants. Ils ont, dit-il, appris par cœur à l’école quelques préceptes d’Hippocrate ou de Galien, et les observent tant bien que mal sans les comprendre ; ils ont fait leurs classes avec ces vieilles faiseuses de charpie qui, du matin au soir, chantent des chansons auxquelles elles n’entendent rien : Medicinalia didicerunt cum vetulis carpinantibus guæ contantes suorum carminurn significations ignorant. Son intention serait de les éclairer. Dans ce dessein, il a fait sur Hippocrate et sur Galien plusieurs commentaires qu’il voudrait bien mettre sous leurs yeux. Mais il craint d’exciter encore leur envie , dont il a déjà ressenti les premiers effets : Quanlam enim pestilentiam scandalorum, necnon perniciem corporis, nobis nostrisgue sociis in desiderio veritatis tentaverunt suscitare tibi narrare non expedit, guia notum est vulgo. Arnauld semble dire, dans cette phrase d’un style barbare, que les théologiens font persécuté pour complaire aux médecins.

xiv" SIÈCLE.

Catal.man. Angl.

et Hibern., t. Il, ire part., n° 8880.

Arnaldi Vitlan.

Opéra (i5o5), fol. io4 , col. 1 .

Arnaldi Opéra, (i5o5) , fol. 109, col. 2.

Ibid., fol. io4-

X. De phlebotomia ; commençant par : Omni tempore, si nécessitas urget, phlebotomia est adhibenda. C’est une courte instruction ; elle occupe à peine une colonne. On n’en con-

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