‹ Arnauld de VilleneuveChapitre 9 sur 23 · livre IV, chap. xi : Magister meus jussit suspendi ad caput lecti · texte numérisé non relu

livre IV, chap. xi : Magister meus jussit suspendi ad caput lecti

cujusdam militis Neapolitani Ainsi la conjecture de

M. Hoëfer ne semble pas fondée.

Astruc, qui avait lu ces passages, en a conclu que l’auteur du Bréviaire, ayant fait ses études médicales en la ville de Naples, ne pouvait être Arnauld de Villeneuve, qui, dit-il, Astruc, Mém. n’était pas venu dans cette ville avant l’année 1809. A cela p- l6/‘nous devons d’abord répondre que l’auteur du Bréviaire s’appelait certainement Arnauld; en effet, ce nom se lit en toutes lettres dans le récit de la cure des verrues. Nous trouvons ensuite qu’avant de rédiger- son Bréviaire cet Arnauld avait pratiqué la médecine à Montpellier, car il le déclare expressément en racontant une autre cure : Quidam in Monte-

XIVe SIÈCLE.

pessulano pcissus est jluxum sangainis . . . ; et cumfecissem omnia quæ credebam utilia. . . . (lib. I, cap. xxxm).Or on ne connaît pas un autre Arnauld médecin à Montpellier en ce temps-là , et, s’il avait existé, l’on aurait assurément conservé le souvenir d’un homme si savant, auteur d’un si gros livre. On lit enfin , au début d’un traité dont nous parlerons tout à l'heure : Licet enim in nostris curis yeneraliter tractaverimus de morbis membrorum et curis eorum a capite usque ad pedes, tamen hic videtur sub compendio . . . ; où l’on voit que, dans le second traité, le titre du premier est cité, l’auteur disant qu’il abrégera le premier dans le second. Mais quel est ce second traité ? C’est une des œuvres les plus célèbres et les plus authentiques d’Arnauld de Villeneuve, sa Pratique sommaire, composée pour le pape Clément V. Il est donc bien évident qu’Astruc s’est trompé.

Arnauld cite dans son Bréviaire un très grand nombre de médecins qui , n’ayant pas tous écrit , ne sont pas tous connus: Campanus (lib. I, cap. xn); Pierre d’Espagne (lib. I, cap. xxvm ; lib. IV, cap. xi, xvm); Jean de Pérouse (lib. I, cap. xxvi ; lib. II, cap. xxxix), qu’il désigne comme un de ses contemporains ( Dixit mihi Joannes de Périma ) ; Fernel de Pise (lib. I, cap. xxix); Bruno Lasca, de Florence (lib. II, cap. n), auteur d’une Chirurgie achevée en i2Ô2; Pierre de Rieti (lib. II, cap. i) ; Roland de Parme, professeur à Bologne (lib. II, cap. n); Henri Angique (lib. II, cap. v), autre contemporain ( Juravit mihi Henricus Anqiqae); Michel Scot (lib. II, cap. v, xxm); frère Thomas (lib. II, cap. xvm); N. de Ferrare (lib. II, cap. xxxm); Thierri de Rieti (lib. Il, cap. xliii) ; Jean de Florence (lib. II, cap. xlv); François Thierri (lib. III, cap. xxn); Hector l’Anglais (lib. IV, cap. xxvii) ; Pierre Maroni de Salerne (lib. IV, cap. xxvn) et Bernard de Forestet, de Montpellier (lib. II, cap. xlvi).

C’est bien cet ouvrage, et non pas celui que nous mentionnerons à la suite, qui est intitulé, dans le n° 3 07 4 de Munich, Practica, sive Breviarium. Notons enfin que tout le quatrième livre, De febribus, a été inséré dans un recueil De^ febribus, spécial sur la cure des fièvres, publié à Venise en 1676,

XIV° SIÈCLE

in-fol. Antonio s’est donc trompé quand il a grossi le catalogue des œuvres d’Arnauld d’un traité particulier sur les fièvres. S’il avait pris soin de rechercher le recueil que nous venons de désigner, il aurait aussitôt reconnu son erreur.

XVIII. Practica summaria, seu regimen ad instantiam domini papæ Clementis; commençant par : Licet enim in nostris curis generaliter tractaverimus de morbis membrorum. Cette Pratique vraiment sommaire se compose de vingt-neuf chapitres assez courts, où il n’y a que des recettes. Ajoutons que la plupart de ces recettes sont d’un astrologue ou même d’un magicien plutôt que d’un médecin. On en désigne une copie dans le n° 2848 de Munich, et une autre dans la bibliothèque de l’université de Breslau. Gaetano Marini pense que c’est l’ouvrage si curieusement recherché par Clément V, après la mort d’Arnauld. Cette opinion paraît bien fondée.

XIX. Liber de modo præparandi cibos et potus injirmorum in ægritudine acuta; commençant par : De cibis præparandis et potibus in infirmis videamus et guod eorum malitia reprimatur. Dans le n° 280 du collège Merton, à Oxford, cet opuscule est intitulé : De præparatione ciboram secundam Musardum; d’où l’on pourrait inférer qu’il est d’un certain Musardus. Mais voici la correction et l’explication de ce titre corrompu. Il faut lire d’abord, au lieu de Musardum, P. de Massadi, ou, mieux encore, Petrum Musandinum. Manget ne parle pas de ce Pierre Musandin; mais il est plusieurs fois cité par Gilles de Corbeil et par Gentile de Foligno. Ce fut un médecin de quelque renom. Il faut ensuite remarquer que, si le nom de ce médecin se lit dans le préambule du traité De modo præparandi cibos et potus injirmorum, cela ne veut pas dire que l’ouvrage soit de lui; cela signifie simplement que l’auteur de ce traité, se proposant de recommander à son tour certaines prescriptions de Pierre Musandin, reconnaît sincèrement les avoir empruntées à quelque écrit de cet ancien maître.

Henschel, Cat.

cod. Vrat., col. 48.

Marini , Degli arch. pont. , t. I ,

Du Gange, Gi. , au mot Mu^andinus. — Hist. litt.

de la Fr., t. XVI, p. 5.o.

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