SCÈNE VIII
à l’article 219. (Récitant.) « S’il y a eu des injures, sévices, voies de fait... »
georget. Des voies de fait!... Ali! par exemple, c’est trop fort! moi, un agneau, m’accuser de!...
lucile. Comment, monsieur, vous ne vous souvenez pas du jour où vous avez jeté un gros dictionnaire dans le portrait de ma tante ?
georget, tristement. Oui !... après un orage domestique, d’où j’étais sorti tout désemparé... C’était une bien légère vengeance !... par contumace, d’ailleurs...
lucile. Mais le tableau me tomba ici... sur l’épaule, et me lit...
georget, d’un ton de reproche. Une égratigure que je pansai avec une préparation allopathique de baisers entre-mêlés de légères larmes... Vous approuvâtes le remède alors... Lucile... lucile. Oui, mais j’ai réfléchi.
georget. C’est-à-dire qu’on vous a fait réfléchir.. . Oh ! la Pince-Moulin !
lucile. 11 parait que c’est très-grave. Je dois demain miontrer mon épaule à M. Chipotard.
georget. Fichtre 1 lucile. Et à M. Alfred. .
georget, furieux. Je vous le défends! Ce n’est pas dans le Code, ça !
lucile. Ma tante dit que c’est indispensable pour la plaidoirie. (insistant.) Je la montrerai aux juges aussi.
georget. C’est ça, et aux rédacteurs de la Gazette des Tribunaux I à tout Paris!... Madame, au nom de mes privilèges d’époux...
lucile. Eh ! vous n’en avez plus!
georget. Je vous fais sommation de ne pas passer outre, relativement à cette exhibition illégale!
' lucile. Et, moi je forme immédiatement opposition 1 Vous êtes un tyran!
georget. Et vous ! et vous la digne nièce de votre tante la Pince-Moulin i
lucile, à part. Je l’ai bien tourmenté ! Je suis contente !