IV — I
Altiranzœsisobe Bibliothek, herausgegebcn von D** Wkndblin FOBRSTRR. Ileilbronn, Hcuninger, 1879-1883. Cinq volumes in-12.
En 1S79, M. W. Foerster, Téminent romaniste qui a succédé à Diez dans la chaire do philologie romane do Bonn, fondait, en concurrence avec la Société des Anciens Textes français, une bibliothèque ou collection d'ouvrages appartenant à notre vieille littérature. Le public lettré n'a qu*à se féliciter de cette féconde rivalité qui met plus vite et plus facilement entre les mains des connaisseurs les monuments encore inconnus ou inabordables du mojen âge français, M. Foerster s'est proposé de publier, sous un format commode, les textes d'ancien français ou môme do provençal, ayant un intérêt soit linguistique, soit littéraire; do préférence, s'ils sont inédits, et même déjà publiés si les éditions en étaient rares. Chaque édition doit être accompagnée de notes et d'un court glossaire, suffisant tous deux à lever les difficultés d'interprétation, et précédée d'une introduction qui étudie plus spécialement la langue de l'auteur.
Cette collection paraît donc surtout faite au point de vue philolo gique, et les premiers volumes qui ont paru ne démentent pas ce caractère.
La collection contient jusqu'à présent cinq ouvrages.
I. C'est M. Jolin Koch qui a eu l'honneur d'ouvrir la série par son édition des œuvres du poète anglo-normand Chardry. Chardry, dés le commencement de ce siècle, avait été signalé par les divers historiens de notre ancienne littérature. En 1838, M. Fr. Michel en publiait quelques fragments; en 1844, A. de Keller, dans son Romvart, communiquait d'importants morceaux d'une de ses poésies, d'après un manuscrit de la Vaticane, appartenant au fonds de la reine Christine de Suède. Mais jusqu'ici l'œuvre complète, ou du moins ce qu'on en possède, était
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resté ignoré, M. J. Koch, utilisant encore deux autres manuscrits, conservés en Angleterre, a publié, dans une édition critique, et en se fondant sur la filiation de ces trois manuscrits, ce qui nous reste de Chardry, à savoir : P Une vie de saint Josaphat; 2** Y histoire des sept dormants^ légende fort répandue au moyen ûgo do sept jeunes chrétiens d'Ephôse qui, fuyant les persécutions de l'empereur Décius, s'enfuirent et s'enfermèrent dans une grotte, y furent emmurés et, après un sommeil plus que séculaire, furent réveillés par Jésus, au temps de Théodose II ; 3^ le Petit Plet, discussion entre un jeune homme et un vieillard sur les biens et les maux de cette vie. Le jeune homme voit tout à travers le prisme de la jeunesse; le vieillard, désenchanté et las de la lutte do la vie, déprécie et dédaigne tout ce que vante son jeune adversaire.
Chardry serait un écrivain agréable et élégant, si la langue — c'est Tanglo-normand — n'était si altérée. A travers les corruptions qui ont déformé de si bonne heure le normand transporté en Angleterre, et rendent la lecture de Tanglo-normand si pénible, on trouve une plume facile. Chardry, écrivant dans le dialecte français, compterait parmi nos bons auteurs.
L'éditeur commence par une courte notice sur la a littérature » de Chardry, décrit les trois manuscrits de Londres, d'Oxford et du Vatican (ce dernier no contient que le Petit Plet) et en fixe le classement ; il étudie ensuite les sources des trois poèmes et le poète lui-même ; celui-ci a signé le Josaphat et les Set Dormanz; mais le Petit Ptet est anonyme, et ce n'est qu'une induction, du reste très forte, et appuyée d'indices sérieux, qui le fait attribuer par M. Koch à l'auteur des deux autres poèmes. Après quoi, l'éditeur aborde la grammaire de son auteur, phonétique et flexion ; toute cette partie est de beaucoup la plus approfondie et occupe vingt pages sur qnarante-sapt de l'introduction, qui se termine par une page où M. Koch cherche à déterminer l'époque où vivait Chardry. Contre l'opinion de M. Ilermann Suchier qui y voit un écrivain du dernier quart du xii° siècle, il le place au commencement du xin®. Après l'introduction, vient le texte (pp. 1-168) que suivent cinquante-cinq pages de variantes et notes (pp. 169-224), et que termine un court glossaire de deux pages.
Cette publication offrait de nombreuses difficultés, étant donnée la langue encore mal connue dans ses caractères spéciaux dont se servait le poète. M. Koch ne s'est pas montré au-dessous de la tâche dont il s'est chargé, bien que nombre de ses restitutions et de ses corrections soient douteuses et aient été, avec raison, contestées par la critique * .
* Voir spécialement lo long article de M. Mussafia (Zeitsehrift f, d. Roman, phil.^ 1879, pp. 591-607), si riche en observations pbécieuses, et rarticle plus séTère do
II. Le deuxième yolume de la collection est le poème déjà publié à Londrei, on 1836, par M. Fr. Michel, sous le titre de Voyage de Char' lemàgne à Jérusalem et à Consfantinople, L'édition de M. Michel, d'ailleurs épuisée, était si défectueuse que depuis longtemps une nouvelle édition était devenue nécessaire ; mais il ne fallait pas se contenter, comme M. Fr. Michel, de reproduire, en y ajoutant ses propres erreurs de lecture, Tunique manuscrit qu'on en possède au British Muséum et qui est déplorablement corrompu. A travers les erreurs, les altérations, les déformations dues à un scribe anglo-normand de la fin du XIII® siècle ou du commencement du xiv«, il fallait retrouver un original écrit dans la bonne langue française de la fin du xi° siècle ou du commencement du xii°.
M. Eduard Koschwitz s'est préparé, de longue date^ à la publication de son Karls des Grossen Reise nach Jérusalem und Constantinopel (1880). Si le poème, en effet, est conservé dans un seul manuscrit, il en existe des traductions dans la huitième branche de la Karlarnagnm Saga et autres collections Scandinaves, et dans un texte gallois du mojen âge, et des remaniements dans un roman français en prose du xv° siècle, connu sous le nom de Galien le Réthoré. En 18*75, M. Koschwitz publiait dans les Romanische Studwi de Boehmer (II, pages 1-60) une longue étude sur l'âge et l'origine du Voyage de Charlemagney où il examinait les deux manuscrits connus et les éditions du Galien, la traduction islandaise de la Karlamagnus Saga, avec ses versions suédoise et danoise, et, enfin, la date et le dialecte du Voyage (les deux questions sont connexes); le résultat de ses recherches lui faisait assigner la fin du xi° siècle et la Normandie pour l'époque et la patrie du poème. En 1876, M. Koschwitz reprenait et complétait ce travail dans sa brochure sur la tradition et la langue du Voyage [Uelerlieferung und Sprache der Chanson du voyage de Charlemagne à Jérusalem, Heilbronn, 1876, in-8°). Entre temps, il avait étudié le gallois, et s'était rais en état d'utiliser la version galloise. Il reprenait la question de la filiation des récits et soumettait la langue à un examen plus approfondi. En 1879, paraissait du même auteur une troisième étude [Sechs Bearheiinngen der aitfranzœsischen Gedichte von Karls des Grossen Reise. Heilbronn, in-8", 185 pages). Il y publiait d'abord le texte gallois {Ysioria Charles), d'après le Livre rouge, manuscrit gallois conservé au Jésus Collège d'Oxford, qu'il faisait suivre de la traduction anglaise due à M. J. Rhjs, l'éminent professeur d'Oxford ; puis le texte du roman en prose de Galien en trois rédactions, d'après le manuscrit de l'Arsenal (B. L. F. 2'i6), d'après celui du British Muséum (fr. 1470) et d'après d'anciennes
M. Suchier, dans le LUteraturblatt fur philologie, 1881, col. 359-363. Nous y renvoyons le lecteur.
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éditions imprimées; enfin, il donnait un poème islandais et un chant des îles Féroé, tous deux inédits et reposant sur les traditions poétiques sorties de la Karlamagnus Saga; il en avait étudié ailleurs les sources {Germanta^ XX, p. 232).
C'est par ce vaste ensemble de travaux préliminaires que M. Koschwitz se préparait à la belle édition du Voyage qu'il a enfin donnée en 1880. Dans Tintroduction, il reprend la question des rapports (fort compliqués du reste) du manuscrit du British Muséum avec les versions étrangères et le Galien français. Il étudie sur nouveaux frais la quesion de Tâge du poème et de son dialecte, et confirme par Texamen de la métrique et de la phonétique les résultats de ses recherches antérieures, et ceux auxquels des considérations d'ordre littéraire et historique venaient de mener M. G. Paris, c'est-à-dire l'attribution du poème à la fin du xi^ siècle, et la parenté qui, pour la langue, Tunit à la Chanson de Roland. Cette introduction vaut surtout par l'étude approfondie à laquelle est soumise la langue du Voyage, et qui dépasse certainement les limites de la question à résoudre ; car elle nous donne les derniers résultats acquis à la science sur la langue française à la fin du xio siècle. Vient ensuite le texte reconstitué, avec toutes les leçons non acceptées du manuscrit en note; un glossaire fort bien fait, une table des assonances et une dizaine de pages de corrections et additions terminent ce volume, de petite étendue, à en juger par le nombre de pages, mais riche en faits. Ce poème énigmaticjue du Voyage, aussi obscur pour l'historien de la langue que pour l'historien de la littérature, M. Koschwitz en donne une édition qu'il est loin, dans sa modestie, de croire définitive; du moins est-elle, à peu de chose près, au niveau des derniers progrès que les plus éminents maîtres ont fait faire, dans ces derniers temps, à la science de la philologie romane.
III. a Octavian, alffrayizœsischer Roman nach der Oxforder Hand-schrift BodL Haiton 100, zum ersien Mal herausgegeben von Karl VoUmôller. Heilbronn, 1883. »
Ce poème est un roman d'aventures en vers octosyllabiques qui se rapporte, quant au fond, au poème de Florent et Octavian, et, par ce poème, à ce groupe de récits épiques qui nous ont conservé des débris plus ou moins informes de traditions mérovingiennes, et dont le plus important est le Floovent • . M. VoUmôller, dans une courte introduction, décrit le manuscrit qu'il reproduit, résume les rares travaux ou notices dont ce poème a été l'objet, en étudie rapidement le mètre et la langue, cherche à montrer que le texte anglo-normand cache un original picard du premier quart du xiu^ siècle ; fait suivre les 5371 vers du texte
* Voir plus haut, p. 45 seq.
d'une vinirtaine de pages d'observations qui portent généralement sur les leçons de manuscrit corrigées par Téditeur, et termine sa publication par un court glossaire d'une page et demie et un index des noms propres. L'étude critique est riche en faits bien choisis et sobrement exposés ; çh et là, des inexactitudes ; plusieurs faits importants n'auraient pas du être passés sous silence. Les quelques lignes consacrées à l'histoire littéraire ne sont guère satisfaisantes. Dans la constitution du texte, l'éditeur s'est tenu, avec une conscience trop scrupuleuse, à l'orthographe du manuscrit qu'il aurait pu soumettre à une correction plus com[)l(He et plus approfondie ; il s'est abstenu de parti pris, sauf quand la mesure ou le sens imposaient des corrections : méthode trop prudente, croyons- nous *.
IV. Le Pmtflicr Lorrain de la Bibliothèque Mazarine (n® "798), ancienne traduction des Psaumes du xiv» siècle *, publié par F. Apfelstedt.
1 Quelques observations au hasard : p. v de Tintroduction : € la finale ion est d'uno Bylliibe : 2ri07 drs/run'on, cependant on peut, dans le vers, supprimer l'article la [la (lestriirion la m^troi]; '2817 arision^ cf. 267 (= qui m'a fait tel mesprision) ». Il Ferait extraordinaire que ion lût d'une seule syllabe, alors que cette finale est encore aujourd'hui dissyllabique en vers ; en réalité, il faut lire dcstrnçon qui est à destncC" tion cv que façon^ leçon, frcçon (v. 2i9] sont h fartione. Uctione^ fiictione, Da même liri' avisnn qui est à ndvisione ce que maison est à masione; avison est fréquent en v, fr. Le hcriho a remplace^ les formes populaires pop les formes' savon tes. Au v. 250, lo poèic emploie le mut vision^ en trois syllabes, suivant la rè^le. Quant ou mesprisïon du V. 267, c'est un barbarisme dû à une correction de cnpiste. Il faut lire: qui m'a fnife lc\ tncspriso I / le manuscrit porte afait ; l'ëdilcur se demande s'il n'aurait pas exihlii uu verbe afnire ; idée bizarre. — V. 179 : t Que nul home del mont la trace », en iK'le : home] hnme [nuima). Je no comprends pas cette note. M. Vollmœller veut-il (lire que le httme du ms. est ame anima ? Pourquoi ne pas mettre alors dans le texte fini nme ? Ksl-co une faute du cop sic pour home (hypothèse vers laquelle paraît fii'i cher M. Vollmœller puisqu'il corrige dans le texte hame en home) ? A quoi bon la ^'nso. anima y — V. 2679 ; pnïstons (Où nous poissons a vos traire) « poissons kenne b'h iiieht », dit iVdilcur. Um pnihsons à rimparluit du subjonctif. — V. 6i. Pourquoi tiu pas ^igt)ulcr l'emploi de /ni, comme sujet [\ Reims sera fuit li sccres. Et /»t, jonefi rois c»)rones), A choque pnpo, M. Vollmœller laisse dans son texte des incorrectioiiH du la copie qui ne sont certHincment pas lo fait de Torigioal. J'en citerai une ciilfo cent: vv. 329-!l'10 (Au fu (^= feu) la maincnt de fors Rome : Por lui ploroient fiMueh et hnnie<) ; lu rime ici s'occordc avec la grammaire pour réclamer la correction hnme, — Kiiiin, si^aialons, en terminant, l'inconcevable erreur où sont tombés MM, Vollmœller et Foersier, à pro|)OS de l'expression c nonHé^ vv. 2755, 3857, HHMi, Î19U, où ils voient jo ne sois quel dérivé de onde (?) (cf. poge yix, dernière IL-ne) : iiBi'z tout siraphinenlf» non DC =^ in nnmine Dei^ ou môme sans correction r'(- et] non D(* (<f. a pour ///, vv. 15il, 33'27). — Depuis que cet article a été remis BU hureuii (io lu If ''rue, jl u puru dons la Romnnia (xi, 609-614) et dans la Zeitsrhrift do Oroeber (vi, 6iN-ii3*)) deux comptes rendus do M. G. Paris et de M. Mussafiu, ({ui proposent un grand nombre do corrections. Noua nous permettrons d'y renvoyer lu leettHir.
» VuUI lo litre oxoct : • Lolbringischer Psaltcr (Bibl. Maz. , n» 798), altfranzœsische llnborfut/iing deri XIV Juhrhunderts mit einer grammatischen Einleitung enthaltend din (irundxdgd der (irummalik des Altlothringischcn Dialectes, und eiaen Glossar, xum eritunnml herauHgugobcn von Friedrich Apfelstedt. > Heilbronn, 1881.
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Ce texte est des plus intéressants pour Télude du dialecte lorrain au XIV® siècle ; le traducteur considère son dialecte comme une langue spéciale, distincte des autres : « Ves ci, dit- il, lou psaultier dou latin trait et translateit en romans en laingup loreine, » Il est non moins intéressant pour l'histoire de la formation savante en français. 11 est curieux de trouver chez un écrivain roman une notion ausîsi claire de la formation savante que celle qu'indiquent les lignes suivantes de la préface : « Pour tant que laingue romance, et e?peciaulment de Loresne, » est imperfaite, ...convient que, per corruption et per diseite des » mos françois, que en disse lou romans selonc lou latin ; si com » iniquitas iniquiteit, redempiio rédemption , misericordia miséricorde, et » ainsi de mains et plusours aultres telz mos quMl convient ainsi dire
» en romans comme on dit en latin Li latins ait ( — a) plusour
» mos que nullement on romans on no peut dire, mais que ( — sinon) » per circonlocution et exposition ; et qui les vorroit (— voudrait) T> dire selonc lou latin en roman, il ne dit ne latin boin ne romans, M mais aucune feiz moitieit latin moitieit romans, et par vaine curiou- » seteit et per aventure, per ignorance, wellent dire lou romans selonc » lou latin de mot a mot, si com dient aucuns iipgofia ardua, négoces » ardues, et effnnde frameam et concJvde adversus cos, effxint taframeet » conclut encontre euhy si n'ait ne sentence, ne construction, ne parfait » entendement. »
L'éditeur de ce texte, — mort le 5 janvier 1881, à Tâge de vingttrois ans, — devançant une publication qu'avait annoncée depuis longtemps M. Bonnnrnot, et qui est maintenant sous presse, n'a pas utilisé des manuscrits découverts par ce dernier, et qui permettent do compléter les lacunes du manuscrit de la Mazarine. Son édition ne rendra donc pas inutile la nouvelle édition que va nous donner le savant français.
Le texte est accompagné et suivi de notes presque toutes purement paléographiques et d'un court index de mots difficiles. Nous n'approuvons pas, en général, ces glossaires qui servent seulement à l'interprétation du texte et à la commodité de la lecture. Puisque M. Foerster se propose surtout de soumettre les textes dont il dirige la publication à une étude grammaticale complète, il devrait faire porter l'attention des éditeurs non-seulement sur la phonétique et la morphologie des documents publiés, mais encore sur le lexique. Les ouvrages devraient être accompagnés de dictionnaires complets et détaillés, et non de glossaires de mots difficiles. Il est intéressant, souvent, de noter l'emploi ou la date de l'emploi de mots très connus et très simples, mais qui ne remontent pas à l'origine de la langue (par exemple, la préposition dans). Dans l'espèce, un texte aussi peuplé de mots savants que le Psautier devait être dépouillé avec soin. Ce n'est que par ces
dépouillements et ces relevés complets qu'on peut arriver à réunir les matériaux d'une histoire du lexique français.
L'originalité de l'édition de M. Apfelstedt est dans l'introduction, qui est, en fait, une grammaire complète du dialecte lorrain au moyen âge. L'éditeur étudie dans trente-huit pages compactes, la phonétique; dans vingt-trois pages, la déclinaison et la conjugaison non seulement du Psautier, mais encore d'une dizaine do documents ou textes appartenant à Metz, et, en général, à la Lorraine ou à la Bourgogne, et il confirme les résultats de ses recherches par le témoignage des patois modernes.
V. Lioner Ysopet àllfranzœsische Ueherseizung des Xlll Jahrhunderis in der Mundart der Franche Comiè^ mit dem kritischen Texi des Lateinischen Originals {sog, anonymus Neveleti)^ zum ersten Mal lie-rausgegelen von Wendelin Foersier (1882).
Ce nouveau texte est une traduction libre en vers octosjUabiques d'un recueil de fables latines du moyen âge, connues sous le nom d'Œsopus ou fables de V Anonyme de Névelet^ recueil qui est lui-même un remaniement en distiques des trois premiers livres du recueil de Romulus.
M. Foerster a été amené par l'étude des sources de son Ysopet français à étudier l'original latin, qu'il a reconstitué et dont il a donné un texte critique d'après les plus anciens manuscrits connus. Dans son introduction, il commence par décrire le manuscrit français qui se trouve à la Bibliothèque de l'académie de Lyon, puis l'original latin dont il découle ; les quarante-huit pages qui lui sont consacrées forment une importante contribution à l'histoire do la fable ésopique au moyen âge. Puis, l'éditeur revient au texte français dont il passe en revue les divers caractères linguistiques. Comme les fables françaises sont écrites en dialecte de la Franche-Comté, cette étude grammaticale forme un complément naturel de celle que M. Apfelstedt avait publiée dans le volume précédent de la collection. Viennent ensuite le texte français, le texte critique de l'anonyme latin, trente pages de notes paléographiques ou grammaticales ou littéraires, et un court glossaire de formes curieuses. Cette étude se recommande par la sobriété et la précision des détails, et on y reconnaît la main sûre d'un maître. En terminant cette revue, souhaitons le rapide progrès de la collection que dirige M. Foerster.
(Revue critique^ 1883, n» 21.)
Xoiiâ aToos pATÎrî ::: zi-^iie Ta:: i-rmirr*. :•? li vvll.v:::a d^iro::* $ textes frar. ai- : : ^-v? ea A.-r:L.A-:-:-* ?.. .ï 1a :'r-.-:i n i.* M. W\:;/l.:i Foerster, le s;ooif-«:r de D.-z ii-s la .\.^.rv :e jl. 1 Icio i\:ua::o ;& Bonn. Noaâ aTor.s i--:ié le cr^-'-i-T-izii àe^ o::. i iren^ier^? TvIu::u*s. La collectiDO s'est earicJe :-. m.* de :r.:5 v.:'.u:-:r< nouveaux, ou» plus exactement, de deux ToIiiL.^? et d uce seconde eiiùon d*ua de:? toiuos précédents, le tome deaxitrrue.
I. Voyage de CkarUmij u à J*. -dsj'.e^ ft à Ce isU *i *?, >, publié par Eduarxi Koschwilz, deaxieoie éd.ti.a c:ai; Wiomeat remaniée et «u-r«iouUH,\ un Tol. in— 12 de 10, de li cl de 117 pa^es. Kj.'Is .Us Ot\\s^4 J\^ ;f^ /<.:/! Jérusalem udd Co.utd.tti.topfl, ei^i ait^'rjuz^^ische IIf,î<rij(iiC\f^ ♦c"*^,v.</^'' çeben von Sduard KoschicUz ; ztciitf, voLsfJ tdtj K//V^.;/*.Vi/c.V un^i txrnui .V Auflage.)
Noas avons montré, dans Tanicle auquel nous ivnvovons lo Uvtour, par quelle longue série de recherches M. Kosclnvitz s'était pivpart\ A Tédition de ce texte curieux à tant d'égards, conservé dans un uuiuvaiM manuscrit anglo-normand du xiii'^-xiv^ siècle et dans dos iuutatiou!) ou reproductions indirectes et plus ou moins intldélos que donnent dos tra* ductions Scandinaves et galloises, et un roman français en prose du xvo sièc'e [Galien h Réihorè). De là était sortie cotte édition do 1811) dont M. Koschwitz disait qu elle n'avait nullement « la prétontton d*étre définitive».
Cette édition, fort bien accueillie par la critiquo, avait insplréo a\»x maîtres les plus autorisés de la philologie romano, MM. Paris, Tuhlori
< Refme eritiçue de 1883, n° 21 [rarlicle précédant pp. M-OOj.
Mussafia, etc., des observations de détail ou d'ensemble dont Téditeur fit son profit, en môme temps que ses recherches personnelles lui permettaient d'aller plus loin et de creuser plus avant les nombreuses questions de critique et de langue que soulève le Voyage.
Laissant toujours son travail sur le métier, il le reprit sur nouveaux frais ; et c'est ainsi que trois ans après avoir publié sa première édition, — rapidement épuisée, — il nous donne cette seconde édition qu'il peut ajuste titre cbnsidérer comme un nouvel ouvrage.
Comme la première, elle comprend une introduction, le texte, des notes critiques et un glossaire, mais ces diverses parties ont subi des refontes générales.
La nouvelle introduction supprime tout ce qui do la première est devenu inutile ; elle résume brièvement les points acquis par do longues recherches qu'exposait l'ancienne ; elle s'arrête, au contraire, sur les points obscurs sur lesquels, depuis 1879, la lumière a été appelée.
Pour le texte, M. Koschwitz, au lieu de donner le texte critique reconstitué selon les régies, avec les leçons du manuscrit au bas des pages, donne cette fois le texte du manuscrit, reproduit diplomatiquement avec toute l'exactitude possible *, et, en regard, le texte reconstitué : cette disposition est fort commode pour le lecteur qui peut, sans effort, remonter des corrections de l'auteur à l'original ; elle permet, en outre, à l'éditeur de placer au bas des pages, sous le texte diplomatique, les divergences de lecture que présente l'édition princeps de Fr. Michel ou les copies ou collations manuscrites prises par divers savants ; et sous le texte critique, les renvois permanents aux traductions Scandinaves et galloise et au Galien,
Les notes et observations critiques ont plus que doublé en étendue. Quant au lexique, qui n'était primitivement qu'un simple recueil de mots difficiles, il est devenu le recueil complet de tous les mots du texte.
Cette seconde édition, on le voit, est un travail tout nouveau, travail qui fait le plus grand honneur à M. Koschwitz. On ne peut que le féliciter de s'être ainsi exclusivement attaché à une œuvre — une œuvre capitale, tant sont diverses les questions que soulève ce poème du XI** siècle, — pour la faire profiter de tous les progrès de la science contemporaine, et l'amener, si possible, au degré de perfection dont une édition est susceptible dans l'état actuel de nos connaissances do l'ancien français.
On peut considérer cette publication comme nous représentant assez exactement cet état de nos connaissances, et elle est bien faite pour montrer les progrès opérés par la philologie romane dans ces dernières
1 Depuis quatre ^années, le manuscril a disparu du British Muséum. On ne pos^ sède plus que l'édition princeps de Fr. Michel (1d36\ pleiue de fautes de lecture, et des copies ou collations manuscrites faites par plusieurs savants.
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années et la précision et la sûreté de la méthode qui lui est propre. Nous donnons ici en note un certain nombre de menues observations que nous suggère une lecture rapide du Dictionnaire *.
II. L'ancie mie ckaMon française de Roland, Texte de Châteauroux et de Venise, VII, publiée par Wcndelin Focrsler, Iloilbronn, 1883. (Bas altfranzosische Rolandslied, Text von Châteauroux imd Venedig, VII, Lrggrbn von Wendclin Focrsicr) ; tome VI de VAUfranzosische Bibliothek, un vol. iQ-12 do xxi[ et 404 pages.
On sait que le poème primitif du xi« sièclo, connu sous le nom do Chanson de Roland^ nous a été conservé dans deux copies d'inégale valeur, Tune assez bonne, rédigée en Angleterre dans le dernier tiers du xii« siècle ; c'est le célèbre manuscrit d'Oxford ; Tautre, d'origine italienne, abominablement corrompue (elle est écrite en un français ita-
> M. Koschwîtz donne pour chaque mol rétjmolo^ie entre parenthèses ; il renionlo presque toujours à la forme latine ou à la forme du Utia populaire (précédée d'une * quand elle est hypothétique] qui explique phonétiquement le mot français (il ne fait guère d'exception que pour les mots d'origine germanique}. Celle méthode a le grand avantage de la concision, mais a peut-êlre le tort de donner parfois une fausse idée de la façon dont le mot est formé; elle fait ou paraît faire remonter à IVpoque romane ou latine des dérivations ou des compositions qui soûl cnlsèrcment d'â^c postérieur. Peut-on dire, par exemple; que entre-baisier soit tuter-baslare, que eslccciersoxi ex-la etitiare ; le premier est formé d éléments purement français entre et baisier; le second senil esletcier eslecier s*i\ vouait du dérivé verbal ; il est formé à Pépoquc française de Uece ledece qui est, lui, le dérivé direct de laetitia, Almcttre une éiymolo^àe directe pour ces mots de dérivation postérieure mènerait loin, A ce compte, déhu^naqeinent serait * de-ex-matision-atic-amentum l L*étymologie doit tenir un compte plus sévère du développement historique et de la vie propre des mots.
M. Koschwilz donne aux mots latins (donnés comme étymologics) la forme du nominatif: cest souvent inexact pour les noms masculins; ainsi boefu^csi pas hos mais bovem; ce l'est toujours pour les noms féminins ; comment faire sortir net f de nix, amor de amor, etc. ? C'est trop donner à la coucisiou.
Voici maintenant quelques remarques détachées : nous suivons l'ordre des mois : • acoilUr (ad-*colligire) » ; colligire ne peut expliquer la forme coillir, il aurait donné colgir^ coufjir. — • • Âguillon (*acuculio de acuciila) » ; il conviendrait de marquer du signe de la longue le premier «de acûcnla. — • Aiglent f^acuculentumj • • lisez aculentum, — • Ainz (de ante) » il faudrait préciser ; ainz vient de anteis formo du latin populaire qui a remplacé aniea, — « Aleine (halena) • ; halena n est pus latin ; mettre au moins *haUna et indiquer le rapport du mot avec anhclave. — • Anceis (ante-ipsum ou antim 9J • ; ni l'un ni l'autre, ils auraient donné anteis, antois. —
étymologies à'apâtre, coup; de môme xà[iapa, comme origine ds chambre ; cumera est une importation latine du grec plus ancienne que apostolus, colapus ou cathedra,mais la date plus ou moins récente ou plus ou moins reculée de l*imporlation n'empêche nullement le mot roman de remonter ici à une origine latine ; même observation pour ente, du lat. populaire empota qui vient du grec Iji^ura.
. Dolent ("dolenttts) . ; lire dolentis ; de même pour toutes les formes du participe présent; la comparaison avec les autres langues romanes montre que le latin populaire a fait passer la terminaison ens entem, ans antem, à entis cntem, antis antem. — . Dos (dorsum) . ; plus exactement *domm, — . SI (de *alum pour al[i]Hd . • tl
lianisé tout à fait barbare], et conservée dans le manuscrit de la bibliothèque de Saint-Marc à Venise, fonds français, n° IV.
De plus, vers la fin du xii° ou au commencement du xiii® siècle, un poète remania le texte ancien du Roland, en lui faisant subir des modifications, quelquefois très profondes, qui altérèrent complètement la physionomie de Toriginal.
Le Roman de Roncevaux (tel est le nom sous lequel on désigne habituellement ce remaniement) a été conservé dans une demi-douzaine de manuscrits dont on ne possédait jusqu'ici que des copies imparfaites ou incomplètes. Or la restitution critique du Roman de Roncevaux est d'une importance capitale pour la reconstitution du texte primitif de la Chanson de Roland, de ce texte d'où sont sortis les manuscrits d'Oxford et de Venise, et sur lequel a travaillé Tauteur du Roman.
Pour la Chanson de Roland, on possède une édition photographiée et une édition diplomatique du manuscrit d'Oxford, que Ton doit à M. E. Stengel, le laborieux professeur de philologie romane à TUniversité de Marburg ; on possède également une reproduction diplomatique du manuscrit de Venise IV, due aux soins de M. Ed. Koschwitz. Le Roman de Roncevaux semblait oublié, et pourtant si un texte avait besoin des secours de la critique, c'était bien celui-là.
vient plutôt dealeamené par l'analogitt de taie, quale, — f Esclarcir [de eœ-clarescere) *; le c, dans les verbes tels que éelaireir, obscurcir^ noircir, etc., Ii3 peut représenter que la syllabe -ie- qu'on retrouve h frt'.quemTnentdans la dérivation nomiralc, esclnreir est donc *ex-elaricire. — t Ustoveir (* atopere) » ; qu'est-ce que celte forme stopere? Tétoile qui la précède à gauche signitie qu^elle appartient au latin populaire ; sur quelle autorité s^appuie M. Koschwitz pour la lui attribuer ? — Môme observation pour cxtriid-are, estrner et pour *roeca, roche ; sur quoi s'appuieut ces formes et quelle en est la valeur? — « GalerM (de l'irl. gai, »; le mot est bas- breton : gtoaUrn, — Guardet', guarir^ guarnir^ guerpir: il serait utile de remonter exactement aux types germaniques en (i/i, on pour les verbes français en er, aux types germaniques enjân, jôn pour les verbes français en «r (d'après une observation laite depuis longtemps par M. G. Pari^). — t Guionage (DG guionagiutn) » ; comme la forme donnée par Du Gange n^est que le mot Irançais traduit en bas-latin, elle ne nous apprend rien et ne sert à rien. — « Honte (auc. ail. *hânita] > ; sans doute M. Koschwitz, changeant ici la valeur de Tétoile, suppose ainsi une forme hônita, parce que la forme la plus ancienne connue est (si nous ne nous trompons) hdnida Mais hônida suppose régulièrement hônitha^ qui est la forme gothique, et par suite la forme primitive. Or, dans les mots germaniques qui ont passé au français, c'est une règle que l'aspirée dentale th se
change en t : cf. les noms mérovingiens en Théo- = Tié t Lointain (*longitaneus) • ;
plutôt * longitanus. — t Mot {muttumf] • Pourquoi ce point dMnterrogation? Je ne tache pas qu^on puisse faire des objections a celte étymologie, malgré le changement de f» en 0. — « Olivier {oliviarius) » ; mieux olivarius, — « PlevW {praehere) », mettre un ? après praehere; quoique cette étymologie soit très vraisemblable (elle a l'avantage d'expliquer pîeige en mdme temps que pUvir; le changement de / en r fait seul difficulté) ; cependant elle n'est que probable. — « Préechier [praedicar) »; prae^ dicare a donné pr€chier et non préeckier, — t Puis [pos\ » ; corrigez en post: étymologie inexacte ; puis esi posfeis^ comme am^est anteis ; poitea a donné postea-s, postias d'où le poisses de la Passion 232 et le provençal poissas pueissas; il a aussi donné positis, poitiis, d'où puis ; cf. 08Ti-/m Ai^is — etc., etc.
ALTFRANZŒSISCHE DIBLIOTIIEK G5
^ six manuscrits qui contiennent le Roman se divisent, en effet, en deux familles, Tune comprenant un manuscrit conservé à Château- ^^i ot Un autre conservé à Veni<e dans la bibliothèque do Saint-Harc, tonds français, n« VII • ; Tautre comprenant un manuscrit conservé à ^^i-S Un second à Ljon, un troisième à Cambridge, sans parler d*un ^^t fragment écrit en dialecte lorrain.
^> do ces manuscrits, on n'a jusqu'ici publié complètement (je "® P^Ho pas de courts morceaux publiés dans des chrestomathies), 4^^ lo iQg^ ^Q Chàteauroux et le ms. de Paris. Le m s. de Paris a été
I 1^^ ea 1869, par M. Fr. Uichel, avec la légèreté qui caractérise Plupart de ses éditions. Pour ne donner qu'un exemple, le compte
Je ^^^ ^^ poème est grossi indûment de 6,000 vers : à la page 238,
1^ ^^bre 3,913 est changé par mégarde en 9,913, et cette erreur,
fin ^^^^ répétée, se poursuit sur les 122 pages suivantes Jusqu'à la
^U poème qui compte ainsi 13,108 vers au lieu de 7,108! Quant
,« ^9. de Chàteauroux, il a été publié d'une façon tout à fait extraor*
^ire par un de ses anciens propriétaires, Jean-Louis Bourdillon
l^ourdillon, convaincu que son manuscrit était le plus précieux de ^ous ceux qui conservent le texte du Roland, le prit pour base dans ^on essai de reconstitution do co texte. Il l'apprit à pou près par cœur, puis, fermant le livre et s'abandonnant à son imagination, il essaya de retrouver par inspiration le texte original. 11 écrivit ainsi sous la mys" ((^rieuse diciée d'un instinct supérieur, qui, dédaignant la marche pénible et vulgaire de la méthode expérimentale, de la critique a postér/m, lui faisait retrouver a priori, par intuition, l'original à jamais perdu ! De là est sorti ce Roncivah mis en lumicre, texte de fantaisie écrit dans une langue baroque, mélange d'ancien français et de français moderne habillé à Tancienne, que Litiré a eu la malheureuse idée de faire entrer à peu près tout entier dans Yhisiorique de son dictionnaire comme texte de langue pour le xii^ siècle !
Le fragment lorrain (de 600 vers environ) avait été publié par M. Génin dans son édition do la Chanson de Roland»
Voilà où en était encore l'année dernière, la publication du Roman de Ronccvaux. M. Foerster, poursuivant, en rivalité avec l'écolo de Marburg. la publication des documents relatifs au Roland qui doivent aboutir à une édition critique et vraiment scientifique du texte du XI® siècle, a abordé résolument la publication du Roman de Roncevaux,
II prépare une édition critique des mss. do Paris, Lyon, Cambridge
*■ Ainsi le n« iv et le n« tu du fonds français de cette bibliothèque nous oflrent les deux traditions du Bolaud^ le n* iv celle du poème primitif du xi* siècle, le n« vu celle du rajeunissement.
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et du fragment lorrain, et nous offre aujourd'hui lo texte diplomatique des deux mss. de Châteauroux et de Yeriaillcs.
Dans la préface, M. Foeriter donne une description étendue du ms. de Châteauroux ou ms. Bourdillon dont il fait Thistoire, et du ms. VII de Venise, et publie une intéressante notice sur Bourdillon, obtenue pour lui d'un habitant du pajs. M. Pàturot, par M. Pauplin Mayet, bibliothécaire de la ville de Châteauroux. Cette description modifie en quelques points Topinion généralement reçue sur Tun au moins de ces manuscrits.
Pour le ms. de Châteauroux, contrairement à l'opinion de MM. Meyer et Gauthier qui le placent au xiv^ siècle, il l'assigne à la seconde moitié et au plus tard à la fin du xiii* siècle. Il refuse également d'y reconnaître, comme le font les deux éminents paléographes, une écriture italienne dont il ne trouve pas la plus petite trace * .
Le ms. VII de Venise a été sûrement écrit en Italie, comme le l)rouvent récriture et les nombreux italianismes qui émaillent lo texte. Tout le monde est d'accord à le placer à la fin du xiii» siècle ou au commencement du xiv^. Il serait donc, suivant M. Foerster, un peu postérieur au ms. de Bourdillon.
Comme les deux textes concordent presque partout, M. Foerster se contente do donner en interligne, en petits caractères, sous les vers correspondants du texte de Châteauroux, les vers du texte de Venise qui s'en écarter.t. Les lacunes du ms. de Venise ou du ms. de Châteauroux sont indiquées par le signe C + ou le signe V +* placé devant les vers
^ Toutcfuis, on voudrait voir M. Focrsler concilier ceUe conclusion avec le fait que co ms, contient çà et là des italianismes, et qu'il vient dUtalic, puisqu'il faisait autrefois pariic do la Bibliolhèquo des Gouzagucs. Voir le n« 52 du catalogue des mss. iV. des Qonzogues dans Ia Komania^ 1880, p. 513.
* M. Foerster désigne ici par V le ms. do Venise et par C lo ms. do Châteauroux ; CCS désignations sont nouvelles et faites pour dérouter les Inbiluics reçues. Il propose dans uno note do Tinlroduction un nouveau système de notation, qui ne nous parait guère heureux, pour désigner Tonsemblo des textes rclandiens :
1. F[rançais) : « ms. d^Oxford ; V = ms. do Venise IV ; B = ms. de Bourdillon ou Châteauroux ; M — manuscrit do Veniso Vil, cVst-à-dirc de la Marciana ; P =« ms. de Paris ; C — ms. do Cambridge ; L = ms. de Lyon ; F = fragment lorrain.
2. D[eutsche texte ; textes allemands) : r == le Ruotlandes liet ou traduction aile* mande du Jtolant par le curé Conrad ; k = le Karlmeinet ; s = le Stricker.
3. N[oroi8]: d « la traduction Noroiso dite Karlamagnus Saga ; n = chronique Danoise.
4. II(ol!andais) : l «^ fragment de Looz ; b = fr. de Bruxelles; h = fr. de La Haye ; r = fr. de liijsscl ; v ^^ le vlœmisches volksbuch.