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toujours plus reculée devant leurs yeux et qui ne doit se consommer que dans la réalisation des immortelles espérances, communes à l’humanité dans le Christ, enfin triomphant, au dernier jour qui verra tous les hommes jugés devant sa face. En attendant^ le prêtre, qui ne peut unir les deux foules révoltées dans la vérité intégrale et parfaite de Dieu, unit du moins les deux époux à la lueur de cette aube naissante et dans l’harmonie que cette immortelle espérance leur apporte :

Et ils voguent ainsi durant l’éternité,

dit M. Adrien Mithouard.

Telle est la donnée de ce beau et magistral poème.

Il accuse une fois de plus les tendances S3mibolistes et mystiques de la nouvelle école, en y ajoutant même une connaissance plus parfaite du sens hermétique et du s3"mbolisme chrétien et un respect scrupuleux de la vérité théologique. Nous allons de plus en plus aux poètes philosophes, du moins comme inspiration, tout en faisant nos restrictions sur Eœuvre d’art qu’est toujours un poème, quelle que soit sa donnée. Ici la forme est belle et ingénieuse, sans être absolument impeccable et lapidaire ; la langue est riche et souple, sans

ART ET CRITigUIC

être encore parfaitement pure; le vers est nombreux, quoique parfois inharmonique et d’un choix un peu disparate, i) la trivialité au milieu des perles!...

Mais ne faut-il pas faire quelques conces- .sions aux différents aspects du talent d’un poète qui a commencé son œuvre par ces mots :

La cathédrale était double et contradictoire,

quand on pense aux contradictions littéraires, artistiques et philosophiques que contiennent les œuvres des mieux doués ? La paix promise aux hommes de bonne volonté ne l’est peut-être pas aux poètes, car, n’étant pas des hommes au sens vulgaire du mot, ils doivent être des parfaits. Mais cette haute conception esthétique de leur rôle n’exclut pas une certaine indulgence, et M. Adrien Mithouard l’a bien méritée par le plaisir qu’il nous a fait et par le bien d’un ordre idéaliste dont son œuvre a augmenté le domaine commun des esprits. Les petites imperfections d’un poème augmentent avec le plaisir même que ce poème nous fait. C’est la loi commune, loi qui n’est pas toutefois sans rémission.

[Septembre i8(j6.

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