SERRES POUR DIVERS US.VGES
Les divers genres de serres que nous venons de passer en revue peuvent suffire à la culture de tous les végétaux exotiques; il suffirait pour cela de les graduer, pour ainsi dire, en les di-isant eu autant de compartiments qu'où j désire obtenir de températures diverses, ainsi que cela existe dans les serres courbes du Jardin-du-Roi dont nous avons parlé. Mais beaucoup d'borticulteurs culliveut exclusivement un ou deux genres de plantes qui exigent des conditions par-
ticulières dans la serre qui leur est consacrée ; le goût gtnéralement répandu pour les plantes exotiques de; collection , nous engage à entrer dans quelques détails sur les serres dans lesquelles on ne cultive que des orchidées, des cactées, des plantes bulbeuses, des pélargonium, etc. La serre aux cactées admet toutes les plantes grasses ; la serre aux pélargonium convient également aux genres verveine, cinéraire et caiccolaire.
§"1. — Serre aux Orchidées.
La serre aux Orchidées peut être construite à l'exposition du midi, quoique les orchidées croissant naturellenoent sur le tronc des grands arbres, à l'onabre des forêts les plus impénétrables des pays chauds et humides , craignent plus que tous les autres végétaux l'influence directe des rayons solaires. A toute autre exposition , on perdrait trop sous le rapport de la température; et quant à la lumière trop vive, il est toujours facile d'en éviter les inconvénients. A cet effet, les vitres de la serre aux orchidées sont barbouillées depuisleprintempsjusqu'à l'automneavecdublancd'Espagne, ainsi que nous l'avons dit page 15, ce qui donne aux plantes une ombre suffisante. Quelle que soit la forme qu'on adopte pour les serres où l'on se propose de cultiver les orchidées, on ne doit pas les faire reposer sur une voûte ; l'intérieur ne doit être revêtu d'aucune espèce de pavé ni de plancher, afin que les émanations du sol se répandent librement dans l'atmosphère de la serre, et qu'elles puissent exercer sans obstacle leur influence salutaire sur la végétation des orchidées. L'inclinaison de la serre aux orchidées doit être de vingt-cinq degrés. Les tablettes sur lesquelles reposent les pots contenant des orchidées doivent être en fer peint; si on les construisait en bois, elles auraient trop peu de durée, à cause de la nécessité d'entretenir constamment dans la serre une chaleur humide. Lorsque ces tablettes doivent avoir une certaine largeur , il est bon qu'elles soient formées de deux plaques posées à côté l'une de l'autre sans se joindre, l'intervalle qui les
sépare donne passage aux vapeurs, dont l'atmosphère de la serre est constamment saturée; ces vapeurs en arrivant par la partie inférieure des pots , se trouvent directement en contact avec les racines, et contribuent puissamment à l'alimentation des plantes. Toutes les orchidées ne réclament pas la même position et ne peuvent pas vivre dans le même milieu. Les unes se cultivent dans des pots, d'autres dans des terrines semblables à celles dont on se sert pour les semis; d'autres, en grand nombre, sont attachées sur des branches d'arbres garnies de leur écorce ; leurs racines sont maintenues sur ces branches avec du fil de plomb; la ligature est garnie d'un peu de mousse, afin d'y entretenir une humidité salutaire; d'autres enfin se cultivent dans de petits paniers de fil de fer qu'on suspend dans la serre afin que les racines des plantes y reçoivent l'air dans toutes les dircolions. Les plantes qui préfèrent celte dernière situation sont particulièrement les Stanhopea, les Eria, plusieurs Epidendrum , et le plus grand nombre des Dendrobhm. La mousse qui environne les plantes placées dans ces paniers suspendus doit être maintenue dans un état d'humidité constant pendant tout le temps que leur végétation est en activité. Les orchidées cultivées dans des pots étendent leurs racines parmi des fragments de terre de bruyère légèrement tourbeuse , coupée en morceaux de la grosseur d'une noix; afin que les morceaux adhèrent et qu'ils puissent donner aux racines un peu de fixité, on les joint b's uns aux autres par de petites chevilles de bois effilées à l'une des extrémités. Les pots en sont emplis jusque beaucoup au delà de leurs bords, de manière à former au-dessus une sorte de monticule qui
doit t'galer en hauleur le tiers de la hauteur du pot; la même disposition s'applique aux terrines qui conlienùent les orchidées. Les moites ainsi disposées ne forment point une masse homogène et compacte ; elles ne se louchent que par un petit nombre de points. Les intervalles qu'elles laissent libres permettent à l'air humide d'arriver jusqu'aux racines; ils favorisent aussi la décomposition lente delà terre de brujère tourbeuse où les orchidées puisent une partie de leur nourriture. Lorsque la terre est épuisée, ce qui n'a pas toujours lieu dans le courant d'une année, l'on s'en aperçoit au ralentissement de la végétation chez les orchidées dont la verdure pâlit et jaunit, signe certain qu'il est temps de les rempoter, c'est-à-dire de leur donner des fragments neufs de terre de bruyère tourbeuse. Lorsque la moisissure se fait apercevoir sur ces molles c'est un des signes les plus assurés qu'il est temps de changer la terre des orchidées. Au moment où l'on vient de changer leur terre,elles doivent élre arrosées avec beaucoup de modération pendant quelque temps. Les paniers seront attachés à une certaine hauteur, afin que les tiges florales qui poussent naturellement la pointe en bas puissent librement s'étendre tout autour du panier. Les orchidées épiphyles, en général , ne réclament pas comme les autres végétaux une situation plus ou moins rapprochée de la verticale. Longtemps dans les serres du Jardin-du-Roi, nous avons eu l'habitude de fixer les orchidées épiphjles sur des branches d'arbres dans une position redressée. Une observation plus attentive nous a fait connaître combien cette situation était préjudiciable à ces plantes, surtout à l'époque où leurs bourgeons commencent à se développer; l'eau s'introduit
entre les écailles de ces bourgeons, et elle y séjourne, ce qui nuit beaucoup à leur développement. Dans leur état naturel, ces orchidées, toujours attachées aux branches ou aux troncs des arbres, sont dans une situation tellement inclinée que l'eau, venant à s'introduire dans les écailles de leurs bourgeons, ne saurait y séjourner. Les orchidées ont besoin d'être maintenues dans un état de propreté scrupuleux. Parmi les insectes qui les attaquent, les cloportes sont leurs ennemis les plus redoutables, c'est une des raisons pour lesquelles beaucoup d'orchidées, particulièrement les Stanhopea, réussissent toujours mieux dans des paniers suspendus que dans des pots placés sur des tablettes où les cloportes peuvent les atteindre , tandis qu'ils n'ont aucun accès dans les paniers suspendus. Beaucoup d'orchidées ne fleurissent pas la première année ; il en est qui font attendre leurs premières fleurs deux, trois et quatre ans; mais aussi, quand leur floraison commence, elle est ordinairement très-prolongée ; l'horticulteur y trouve un ample dédommagement pour ses soins patients et assidus.
La serre aux orchidées n'admet pas de végétaux étrangers à cette famille , excepté cependant beaucoup d'espèces de fougères; c'est même sur les mottes des orchidées que nous semons de préférence les graines de ces plantes. Les soins de culture et les conditions de température qu'elles exigent sont trop exceptionnels. Comme le thermomètre ne doit jamais marquer moins de quinze à vingt degrés, pendant l'hiver la serre aux orchidées devient en quelque sorte l'infirmerie de toutes les plantes malades qui ne craignent pas l'humidité; elles s'y refont très-promptemenl. Le maximum de la température ne
doit pas, dans ces sorles de serres, dépasser 30 degrés.
La culture des orchidées épiphyles est devenue aujourd'hui un objet intéressant, nous allons indiquer trois dispositions de serre ad hoc que nous croyons les plus favorables au développement de ces singuliers végétaux dignes de l'intérêt des amateurs. La serre représentée Og. 44 est disposée de telle sorte que l'on peut tourner autour de la bàrbe ô, cette bâche a 2 mèt. 50 ceutimèt. de large et est assez basse pour que les jardiniers puissent atteindre jusqu'au milieu les pots reposant soit dans la tannée, soit dans la mousse tenue humide; /, sentiers sous lesquels passent les tuyaux de chaleur; g, galerie pour le service des paillassons. Cette serre moins chauffée que les deux suivantes recevra les orchidées qui ne demandent qu'une chaleur modérée. La serre à orchidées anglaise, lig. 15 a, a du côté du nord une autre serre b également chauffée empêchant le froid de frapper le mur du fond. Les rempotages, les composts, etc., se font de ce côté servant aussi de magasin et de resserre. Cette serre établie à Chalsworlh a 24 mètres de long sur une largeur de 4 mètres. Le mur du fond s'élève à près de i mèt. L'air chaud en parcourant les conduits c échauffe le dessous des tablettes où sont posés les pots, puis se répand dans la serre par les ouvertures d ménagées de distance en distance dans toute la longueur. La fig. 46 donne la disposition intérieure d'une serre à orchidées, telle que nous la conseillerons pour voir se développer d'une manière satisfaisante les végétaux pour lesquels elle serait construite ; les gradins en fonte destinés à recevoir les pots seraient supportés par des colonnes de même en fonte, les cloportes niarchaiit difficilement sur ce métal n'atteindraient que très-
rarement jusqu'aux pots, et les, végétaux se trouveraient ainsi exempts de ces insectes qui , nous l'avons dit, leur sont nuisible^ ; le tuyau de fumée passerait en i, et quatre tubes à eau chaude circulante / placés sous les gradins viendraient échauffer d'une manière efficace d'abord le dessous des pots pour se répandre ensuite dans l'atmosphère de la serrc; la galerie o serait maintenue par le mur de fond et par une forte tringle en fer supportée elle-même par la colonne principale c; sur la galerie on établirait de loin en loin des ventilateurs v; d'autres s'ouvriraient à la partie antérieure de la serre ainsi que l'indiquent les lignes ponctuées t. — Si l'on construisait pour les orchidées une serre dont la disposition serait semblable à celle de la fig. 36 1er, le côté exposé au midi recevrait les espèces de ces végétaux qui aiment le plus la lumière ; le côté du nord pourrait durant la saison froide n'être pas découvert de ses paillassons , et alors ou n'y mettrait que les orchidées qui dans leur pays vivent à l'ombre des forêts.
Liste des plus belles Orchidées.
Acaiilopliippiiim b.'color. Bletia patula.
Acropeia l^oddigesii.
lutcola.
Acridc? c rispiim.
odorala.
Angra3cuni ebiirnum.
odoratissimuni.
IJaikeria clegans.
Brassa vola ciicullala.
nodosa.
Brassia caiidala.
lanceana.
Hitactilala.
ii^triata, elc.
Cœlogyne crisliila.
fimbriata.
Cœlogyne média.
Calanthe veratrifolia.
sylveslris.
Catasettim Hookerii.
purpureum.
seini aperluiii.
tridentatum.