C.atlleya Forbesii
isopetala.
labiata.
Loddigesii.
Perinnii.
Pinelii.
Cirrhaea fuscolutea.
Loddiggesii.
Coryanthes speciosa.
Cypripedium barbatuni.
insigne.
purpurascen?.
venustum.
Cyrtopodium Andersonii.
speciosissimum.
Dendrobium cœrulescen?.
calceolus.
chrysanthemum.
crispatum.
densiflorum.
Dendrobium fimbriatum.
macrophyilum.
macrostacliyum.
moschatum.
moniliforme.
nobile.
Pierardii.
pulchellum.
Epidendrum aemulum.
aromaticum.
aiirantiacum.
columbaria.
crassifolium.
odoiatissimum.
umbellatum.
Galeandra Baueri.
Gongora atropurpurea.
Goodiera discolor.
Grammatophyllum multiflorum.
Grobya Hamerstia).
Houlletia stapœlitfiflora.
lonopsis tenera.
Isochilus linearis.
Lselia albida.
anceps.
Laelia aulumnalis.
Baikerii ciiinabarina.
graniliflora.
• parviflora.
Leptotes bicolor.
serrulata.
Maxillaria aromatica.
aurantiaca.
Deppii.
harrissoniaepicta.
Miltonia candida.
russeliana.
Mormodes citrina.
Odierii.
Myanthus barbatus.
Odont02:lossum grande.
Oncidium russelianum.
sanguineum.
Pedilonium secundum.
Peristeria Barkeri.
elata.
pendula.
Phaius bicolor.
grandiflorus.
Wallichii.
Polystacliya cultrata.
Renanthera coccinea.
Rodriguezia sexunda.
Saccolobium guttatum.
Schomburgkia crispa.
marginata.
tibicina.
Oncidium Ceboletti.
crispum.
Galleotianum.
lanceanum.
Lindenii.
ornithorhynchum .
papilio.
pulvinatum.
pumilum.
roseum .
Sophronitis cernua.
grandiflora .
SlanhoptEa atropurpurea.
Cavendishii .
•eburnea.
grandiflora.
insignis.
oculata.
tigrina.
Stanhopaea Wardii. Vanda multiflora.
teres.
Stenorhynchus speciosus .
Zygopetalum crinitum .
Trichopilia tortilis. Mackayii.
maxiliaria.
Trigonidium obtusum. rostratum.
§ II. — Aquarium.
Les serres de cette espèce ne se rencontrent que dans les établissements de prenoier ordre en Angleterre. Le Jardindes-Plan(es à Paris n'a pas d'aquarium; il a seulement dans un des grands pavillons carrés un bassin destiné aux plantes aquatiques de serre chaude. Nous croyons cependant devoir mentionner l'aquartum tant à cause de la rare beauté des fleurs des plantes aquatiques de «erre chalide qu'en raison de la facilité et de la simplicité des procédés de leur culture. Ces plantes exigent le plus de lumière possible. La serre qui leur est destinée doit donc présenter une grande surface vitrée le moins éloignée possible de l'eau à la surface de laquelle les plantes doivent fleurir. L'aquarium représenté fig. 47 a six mètres cinquante centimét. de long sur quatre de large. Sa hauteur au milieu n'excède pas 2 mètres 60 centimèt; le passage occu|»e le centre; deux réservoirs sont placés de chaque côté. Les pots sont placés au fond de ces réservoirs et le feuillage des plantes aquatiques vient s'épanouir à la surface de l'eau ; les tuyaux d'un thermosiphon communiquent à l'eau des réservoirs la température nécessaire.
Parmi les plantes qui peuvent être cultivées dans un Aquarium, nous citerons :
Les Nelumbium.
Nymphœa cerulea.
— advenu.
Pontederia Crassipcs .
— ttzurca, Thalia dealbalu.
Valisneria, etc.
Toutes les plantes aquatiques se plaisent dans la terre franche mêlée soit avec du gros sable de rivière, soit du sable pur, ou enfin des substances qui ne se décomposent pas facilement dans l'eau.
§ III. — Serre pour les Fiantes Grasses.
La serre aux Cactées peut également admettre toute sorte de plantes grasses, c'est-à-dire toutes celles dont les feuilles épaisses et charnues sont remplies d'un parenchyme plus ou moins aqueux. L'exposition du midi convient particulièrement à ce genre de serre, les principes de sa construction sont ceux de la serre chaude sèche. Toutes ces plantes se cultivent exclusivement dans des pots ; les bâches sont inutiles dans la serre aux plantes grasses; les pots peuvent tous être disposés sur des gradins. La température de cette serre ne doit jamais descendre au-dessous de dix degrés, chaleur nécessaire à la plupart des Caclus. Beaucoup d'autres plantes grasses supporteraient sans en souffrir une température moins élevée; mais l'abaissement de la température au-dessous de dix degrés ne pourrait manquer d'être funeste à beaucoup de Melocactus, à'' Ediinomctus et de Mammillaria. Il est évident qu'on devrait pour cette rai-
son cultiver les différents genres de plantes grasses dans des serres séparées sous l'empire d'une température appropriée à la nature de chacune d'elles. On atteindrait le même but avec beaucoup moins de frais et d'embarras, si seulement on établissait dans la serre aux plantes grasses divers compartiments dont chacun serait maintenu à une température différente; chaque série de plantes grasses pourrait alors y végéter dans les conditions de température qui lui sont particulièrement nécessaires, tel que cela existe dans la serre curviligne, fig. 37, du Jardin-du-Roi, et dont nous avons parlé aux serres chaudes. Nous regardons cette sè^^aration des plantes grasses comme l'un des points les plus iraj^ortants pour leur bonne culture. Plusieurs espèces de plantes grasses peuvent supporter très-facilement le froid des hivtvs ordinaires sous le climat de Paris. 11 n'est pas douteux qD« plusieurs Opuntia qu'on rencontre dans icur patrie à l'état sauvage sur de très-hautes montagnes, n'y soient exposées à un froid beaucoup plus vif que celui des hivers des montrées tempérées de l'Europe. Il en est qui supportent à notre connaissance personnelle une gelée de douze degrés sans en souffrir ; on ne peut pas dire que ces plantes soient à leur place dans la serre chaude.
Une bonne terre de jardin suffit à la plupart des plantes grasses, il y en a même qui se contenteraient de toute espèce de terrain, car on les rencontre à l'état sauvage végétant avec vigueur dans des sols de nature très-diverse, souvent tout à fait stériles. Ou leur donne ordinairement dans la serre un mélange de deux tiers de terre de bruyère avec un tiers de terre franche. On y ajoute aussi quelquefois des fragments de grès concassés, et l'on garnit le fond
des pots avec un lit de tessons de poterie pour assurer l'égouttement de la terre et empêcher l'eau surabondante de séjourner sur les racines.
Les plantes grasses doivent être rempotées après l'hiver, aussitôt qu'on remarque les premiers symptômes de la reprise de leur végétation. Lorsque pendant cette opération on en trouve dont les racines sont atteintes de pourriture, on retranche ces racines endommagées, puis on pose les plantes privées de racines sur une table dans un lieu parfaitement sec. Lorsqu'elles y sont restées quelques jours, on les pose, sans les enterrer, sur des pots remplis d'une terre convenable; elles ne tardent pas à émettre des racines qui s'enfoncent d'elles-mêmes dans la terre. On ne doit leur donner d'eau que lorsqu'on s'aperçoit qu'elles commencent à s'enraciner. Quelques cactus peuvent vivre pendant un temps indéterminé, posés tout simplement sans terre sur une tablette. Il y a à la Sorbonne , à Paris , un echmocactus qui vit depuis quatre ans posé sur un tronçon de bambou; tous les ans il pousse des racines qui meurent faute de trouver un milieu poar s'y enfoncer; mais la plante elle-même ne meurt pas, bien qu'elle reste, comme on peut le penser, dans un étal fort languissant. Cet cdiinocacius et plusieurs autres cactées sont conservés pendant l'hiver dans une armoire où la gelée ne peut les atteindre. Ces faits peuvent donner une idée de la singulière énergie vitale que possèdent les plantes de cette famille. Elles n'ont pas perdu leur belle verdure en dépit des piivalions auxquelles elles sont soumises, et, chose très-digne de remarque, les insectes qui vivent sur ces plantes ne les ont pas abandonnées. La même armoire renferme une plante de la même famille ,
dans un pol rempli de terre de liruyère; ce pot n'est arrosé que pendant les mois d'avril, mai, juin et juillet; tout le reste de l'année la plante ne reçoit pas une goutte d'eau. A l'époque des grandes chaleurs, on place les plantes grasses en plein air, en ay ant soin toutefois de leur réserver une situation parfaitement abritée. Pendant les premiers temps que les plantes passent en plein air, il est bon, pour qu'elles s'y accoutument par degrés, d'étendre au-dessus d'elles une toile qui les protège contre l'action trop vive des rayons solaires. Nous pensons que les Mclocactus ne doivent jamais sortir de la serre, la température moyenne de leur pays natal étant beaucoup trop élevée, comparativement à celle de notre climat, pour qu'elles puissent supporter sans inconvénient lès nuits fraîches qui surviennent souvent au milieu de nos étés. Parmi les cactées, celles qui redoutent le plus l'action directe des rayons solaires sont \cs Epiphylluni, qui croissent naturellement à l'ombre des bois, elles Rliipsalis, qui vivent en parasites sur d'autres végétaux ; ces deux derniers genres devront donc être cultivés le plus à l'ombre possible de la serre. A la rigueur, on pourrait se dispenser d'une manière absolue d'arroser les plantes grasses pendant l'hiver; cependant celles qu'on ne laisse pas absolument manquer d'eau, sans toutefois leur donner dans celle saison une humidité surabondante, végètent toujours au retour du printemps d'une façon plus satisfaisante que celles que Ton n'aurait pas arrosées du tout, depuis l'automne jusqu'au printemps. Les plantes grasses aiment beaucoup l'air fréquemment renouvelé; il faut donc leur donner le plus d'air possible, chaque fois que la Icnipéralure le permet. Les épiphylics seules font exception à
cette règle; ces plantes craignent les courants d'air, l'air stagnant leur est particulièrement favorable. Pendant la belle saison, lorsque les plantes grasses ont besoin d'être ombragées avant d'avoir quitté la serre, ces plantes doivent être seringuées, mieux le matin que le soir; toutefois, on peut les seringuer môme le soir, lorsque le soleil est près de se coucher, pourvu qu'avant la nuit l'on n'oublie pas de donner assez d'air à la serre en soulevant les panneaux supérieurs, pour que l'eau des seringages puisse s'évaporer, et qu'elle ne séjourne pas sur les feuilles et les liges des plantes grasses.
Nous donnerons ici quelques indications sur la culture générale des cactées, qui, ainsi que nous l'avons dit, peuvent être cultivées avec succès dans une serre tempérée , mais cependant réussissent et fleurissent avec plus de certitude dans une serre construite d'après les données que nous avons indiquées.
Nous cultivons habiluellenu'nt toutes les cactées dans une terre compost e de deux tiers de terre de bruyère et d'un tiers de terre franche; nous ajoutons (|uelquefois un peu de terreau de fumier à défaut de terreau de saule, qui est préférable. Pour qucilques espèces, nous mêlons à la terre une porlion de sable d<ï rivière; pour d'autres, nous remplaçons ce sable par du grés écrasé, mêlé par moitié (souvent deux tiers) avec la terre de bruyère.
Les semis se font en terre de bruyère ordinaire sous châssis ;i chaud, dans des [)eliles terrines de 10 à 1-2 cenliin. de diamètre sur 3 à (i cealim. de profondeur, et très-peu recouvertes. Lorsque les plantes sont bien levées , et qu'elles sont à peu prés formées, on les transporte dans
une serre chaude. S'il arrive, au bout de quelque temps, que la mousse ait envahi les jeunes sujets, on les repique dans de la terre nouvelle, jusqu'à ce qu'ils aient atteint une certaine grosseur, afin de les mettre séparément. On les repique ainsi quelquefois jusqu'à trois fois.
Dans le jeune âge, on entrelient c^s jeunes plantes dans un milieu plutôt humide que sec : il n'en meurt à peine point; mais, dès qu'ils sont gros, si on leur donne un peu d'humidité l'on en perd considérablement; parce qu'alors, la plante étant plus forte, elle puise considérablement de nourriture dans l'air, et celle qu'on leur donne au pied devient superflue. A partir du mois de novembre, époque où la végétation s'arrête, l'on doit diminuer beaucoup les arrosements, de telle sorte qu'en décembre, janvier, février et même mars, l'on ne leur en donne plus qu'une ou deux fois par mois. On les rempote en mars, et on commence à leur donner un peu plus d'eau, et progressivement jusqu'à la sortie. Une fois dehors, il faut avoir soin de ne pas leur laisser attraper de coups de soleil. On les ombre avec une toile claire et, à mesure que la chaleur devient plus forte, on augmente les arrosements, et on ne doit plus laisser sécher la terre. Ces plantes végètent admirablement pendant la belle saison. Si des pluies venaient en trop grande abondance, comme nous en avons eu en 1844 et 1845, il faudrait étendre un paillasson en forme de toit au-dessus. Si l'on dépotait les cactus, et qu'il fût possible de les mettre en pleine terre, sous un châssis, on obtiendrait, dans le courant d'une année, des sujels une fois plus forts que par le moyen ordinaire. Le seul inconvénient à craindre, c'est qu'ils produiraient des racines très-longues , qu'il serait
difficile de loger dans de pétits pots. Les genres que l'on pourrait ainsi abandonner à la pleine terre sont les echinocactus , mclocactus , pilocereus , mamillaria, et toutes les espèces qui poussent très-lentement.
Les cereus, opuntia, phijUantlius, rliipsalis sont un peu moins difficiles à soigner. Les cereus ne craignent point le soleil, la terre ordinaire leur convient; de môme que. les opuntia , on peut les sortir pendant la belle saison. Les phijUauthus elrliipsalis n'aimentpoint le soleil et se cultivent dans une terre un peu terreautée ; plusieurs sont des plantes uénenncs. Une partie des espèces de ces deux genres ne sortent point de la serre. Il est facile à un jardinier un peu expérimenté de reconnaître celles qui sont dans ce cas, lorsqu'il s'aperçoit de l'effet produit par l'atmosphère extérieuie sur ces plantes, dont les liges prennent une teinte jaunàlre, et dont la végétation est presque nulle.
On peut, dans une serre chaude, faire des semis de cactus en toute saison ; presque toutes les espèces reprennent bien de boutures : l'on peut aussi en greffer les uns sur les autres, tels que les epiphyllum sur les cereus trianguluris, les cchinocactus sur les cereus peruviahus , etc.
§ IV. — Serres pour les Pélargonium.
Cette serre se construit mieux à un .seul versant qu'à deux, sur le modèle d'une serre chaude sèche. Comme l'une des conditions qu'elle exige le plus impérieusement consiste à être parfaitement saine, exempte, par conséquent, de toute humidité intérieure, on peut sans aucun inconvénient la construire en bois. On lui donne ordinaire-
ment 30 à 40 degrés d'inclinaison, à l'exposition d'onze heures.
Pour que cette serre soit saine, il suffit ordinairenaent (le la construire au niveau du sol : on ne peut la creuser au-dessous de ce niveau que quand elle repose sur un terrain naturellenaent sec et sablonneux ; alors ses passages intérieurs peuvent se trouver de 70 centira. plus bas que la terre au dehors de la serre. Dans l'un et l'autre cas, l'intérieur doit être rempli par des gradins dont l'ensemble offre une pente en rapport avec l'inclinaison du vitrage, disposition qui permet d'approcher les gradins le plus près possible des châssis vitrés, et de faire jouir les pélargonium du plus de lumière possible. La lumière, utile à tous les végétaux, à l'exception d'un très-petit nombre de criptogamcs, est tellement nécessaire aux pélargonium qu'elle est comme une partie de leur existence.
Un exemple de ces sortes de serre, existant chez M. Chauvière, est représenté fig. 48. i^fi,
a, gradins au pins prés des jours; b, tablette supportée de distance en distance par des montants : tout le dessous où passe le lu^au de chauffagi; est vide ; c, tablette suspendue par des fils de fer et surmontée de quatre gradins; rf, galerie ménagée pour le service des paillassons.
Les pélargonium, sous leur climat natal, sont peu difficiles jsur la qualité du terrain. Aux environs du cap de Bonne-Espérance, nous les avons observés végétant avec vigueur dans des sables grossiers, d'une nature assurément très-peu fertile. En Europe, ces plantes ne sauraient se contenter d'une aussi maigre nourriture : la terre que nous leur donnons au Jardin-du-Roi se compose de trois parties
de terre de brujére, deux parties de terreau de fumier ou de feuilles, et d'une partie de terre franche.
Les pélargonium doivent être rempotés en automne, à l'époque où ils perdent leurs feuilles; c'est aussi le moment convenable pour les tailler. On supprime presque en tolalilé ce que les jardiniers nomment \e jeune bois, c'est-à-dire les pousses de l'année, quoique ces pousses ne soient pas ligneuses. Après avoir détaché des racines la presque totalité de la motte de terre contenue dans le pot, on soumet les racines à une taille sévère qui les met en équilibre avec la téle de la plante après qu'elle a été convenablement taillée. Les pélargonium, ainsi traités, restent dehors jusqu'à l'époque des grandes pluies d'automne ; ils sont alors rentrés dans la serre, dont on tient les panneaux ouverts tant qu'il ne gèle pas. Il ne faut les arroser que très-peu pendant l'hiver. On leur donne des arrosages de plus en plus fréciuenls et abondanis au printemps, à mesure que leur végétation reprend son cours ; c'est aussi le moment où ils ont besoin d'être seringués avec tout le soin et toute l'alentioa que cette opération exige ( voir page 22).
Au retour de la belle saison, on tient tous les châssis ouverts; les pélargonium ne peuvent avoir alors ni trop d'air, ni trop de lumière, et les ravons solaires, en les éclairant sans obstacle, ne leur font que du bien. Plus lard, lorsqu'ils sont en fleurs, on étend sur eux les toiles, afin de jouir plus long-temps de leur floraison, que l'action directe des ravons solaires abrégerait au délrimeul des jouissances de l'amateur, qui doit toujours cherchera la prolonger autant que possible. Après la floraison, les pélargonium restent à
Pair libre, jusqu'à ce que les pluies d'automne obligent le jardinier à les rentrer dans la serre.
Les pélargoniura se multiplient très-aisément de boutures faites soit à l'air libre dans une situation ombragée, soit sous l'abri d'un châssis froid; elles ont le temps de s'enraciner pendant le reste de la belle saison. A l'époque où elles doivent rentrer dans la serre, on les place chacune séparément dans des pots où elles passent l'hiver. L'année suivante, celles de ces boutures qui sont devenues des plantes robustes et bien développées reçoivent d'autres pots d'une capacité proportionnée à leur volume. On sait combien le jardinier doit apporter d'attention dans le choix des pots pour chaque espèce de plantes; leurs racines sont gênées dans des pots trop petits, tandis que dans des pots trop grands, la motte de terre retenant trop d'humidité, les racines sont exposées à la pourriture.
Les pélargonium, qui justifient si bien la faveur dont ils sont l'objet, soit par la beauté de leurs fleurs, soit par l'odeur souvent agréable de leur feuillage, ne peuvent être conservés au delà de trois ou quatre ans sans dépérir, tout en conservant pourtant la couleur franche de la Heur. L'amateur qui veut tenir toujours sa collection au complet, en n'y admettant que des plantes dans toute la perfection de chaque variété, doit être toujours muni d'une provision de jeunes plants obtenus de boutures, pour pouvoir remplacer à temps les plantes épuisées.
Il existe chez M. Chauvière, rue de La Roquette, 104, une serre à pélargonium a deux versants dont nous donnons l'intérieur, fig. 49. Cette serre présente aux visiteurs un
coup d'œil vraiment beau , lorsque les tablettes sont garnies dans toute leur étendue de ces mille plantes étoilées de fleurs aux nuances multipliées à l'infini et disposées avec art. Vitrée de tous côtés, cette serre permet à la lumière d'apporter aux pélargonium, etc., qu'elle renferme, sa bienfaisante influence, sans laquelle ces végétaux délicats pousseraient sans vigueur ( t ne présenteraient que des rameaux grêles. Dans l'hiver, la tablette du milieu s'élève d'environ 50 cent., afin de rapprocher davantage encore des vitres les pélargonium toujours disposés à s'allonger pour chercher le jour. Le mécanisme qu'emploie à cet effet M. Chauvière est fort simple: les montants sont taillés de manière à présenter aux traverses horizontales soutenant la tablette ime encoche comme en a; pour reporter ce plancher à sa position supérieure, on élève les traverses jusqu'en b arrivant en biseau pour faciliter le mouvement, et on les fixe à cette partie au moyen de broches à écroii que l'on passe dans des trous destinés à les recevoir, traversant de part en part la traverse et le montant. Cette disposition bien entendue prépare, dans l'hiver, les plantes à une végétation luxuriante pour le printemps suivant , en les empêchant de s'étioler. A l'époque de la floraison, cette tablette est rapportée au niveau des autres, de telle sorte qu'en pénétrant dans la serre on embrasse d'un seul regard cet immense tapis de fleurs.
Cette serre a 20 mètres de long sur une largeur de près de 4 mètres à l'intérieur; les chemins ont 60 cent, de large, La tablette du milieu a 1 mètre 90 de large, et celles des côtés ont 85 cent.
§ V. — Serres aux bruyères.
Tout le monde connaît aujourd'hui les plus jolies espèces de celte charmante tribu dont la culture en France date seulement du commencement de ce siècle; toutes sont des arbustes élégants dont la floraison très- variée récompense avec profusion les attentions des amateurs, mais ces végétaux, rustiques en apparence, réclament des soins délicats cl assidus : vivant babiluellcment sur les parties les plus élevées des montagnes, ils demandent beaucoup de lumière et d'air; à cet effet, la serre qui doit les contenir doit être à deux versants et vitrée de tous côtés ; son inclinaison est de 30 degrés. La serre fig. 31, pl. G, convient parfaitement à ce genre de culture. Ce que nous avons dit du chauffage des serres froides, page 42, s'applique également à celles-ci. Les bruj'ères redoutent également la trop grande chaleur, l'humidité surabondante et la sécheresse ; aussi faut-il veiller av(ic le plus grand soin à ne pas les exposer aux raj'ons directs du soleil et à des arrosages superflus; les racines, qui durant plusieursheurcs ont souffert faute d'eau, commencent à se dessécher; si, au contraire, elles sont soumises à une humidité superflue pendant trois jours,elles pourrissent en très-peu de temps; le jardinier doit donc apporter la plus grande attention à ne mouiller ces plantes qu'à piopos : des scringages faits tous les deux jours donnent aux parties aériennes une fraîcheur favorable. La serre destinée à la culture d(!S bruyères ne doit recevoir avec elles que des plantes basses et à petites feuilles, telles que Epucris, Lcsckotaullia, Pimclca, Dip/olania,
Diosina et autres analogues ; car les bruyères ne se plaisent pas dans le voisinage des plantes élevées qui absorbent plus qu'elles : dès lors elles souffrent ou périssent malgré tous les soins dont elles sont l'objet. La terre de bruyère sablonneuse est la meilleure. Lorsque l'on rempote les bruyères, il ne faut pas craindre de leur couper la tête , et non plus de toucher aux racines • seulement il faut bien faire attention aux arrosemenis lorsque l'on vient de les rcmpot<'r.
§ VI. — Serres pour les Plantes bulbeuses.
De même que les pélargonium , les plantes bulbeuses demandent à être prés des jours. Une serre peu élevée cl vitrée de tous les côtés convient mieux que toute autre à la culture de ces végétaux , qui ne supportent pas la température extérieure. La figure 30 représente une serre de cette espèce à toit vitré, elle a 5 mètres 50 cent, de largeur et 2 mètres 30 cent, de hauteur au-dessus du sentier. La plate-forme du milieu a est destinée à recevoir les plantes de grandes dimensions. La tablette est disposée de rxianière à laisser écouler l'eau superflue. Les deux tablettes à droite et à gauche sont destinées aux plantes bulbeuses de la plus petite taille, principalement aux genres ixia, oxalix et alslrocincria.
Les conduits placés sous les deux tablettes latérales r*;çoivent un mode de chauffage quelconque. Lorsque la collection n'est pas assez nombreuse pour garnir une serre à deux versants comme la précédente, on peut se contenter d'une serre à un seul versant, construite d'après les mêmes
principes, telle que colle représentée fig, 31 : sa largeur en fleur se placent sur la tablette de devant. L'exposition n'est que de 3 mètres 80. La tablette du fond, disposée de ces sortes de serres peut être la même que celle des comme celle du milieu dans la serre prccqdcnte, reçoit les serres à péiargonium. (Voir Châssis froids jwiir plantes bulplantes pendant le somnaeil de leur végétation; les plantes beiises, page 30 )