ART
DU
L'horliculture, dont le goût en France fait d'année en année de rapides progrès, a plus que jamais besoin des ressources de la culture artificielle. Long-temps nos pères se sont contentés, pour orner leurs jardins, du peu de fleurs que la nature accorde au climat de la France; ces fleurs, simples pour la plupart, venaient presque sans culture, comme il plaisait à Dieu : les serres, dans cet état de l'horlicullure, auraient été sans emploi. Mais lorsque la découverte du passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance et, presque en même temps^ la découverte bien plus importante du Nouveau-Monde eurent ouvert un vaste champ aux recherches du naturaliste, le cercle des connaissances humaines s'étendit indéfiniment, le domaine de l'horticulture s'agrandit; des jardins exclusivement consacrés à l'élude de la botanique furent fondés, d'abord en Italie, puis en Franco, puis partout où il s'établit des universités ou des écoles de médecine. La nécessité de joindre l'étude des plantes exotiques à celle des plantes indigènes fil construire les premières serres. Plus tard, la civilisation
pénétrant dans les régions septentrionales, el avec elle le goût de l'horticulture, les serres permirent aux habitants des pays affligés de huit mois d'hiver de connaître les fleurs et même les fruits des contrées tropicales. Enfin, de nos jours, un jardin de quelque importance ne peut, pour ainsi dire, se passer d'une serre, et l'on peut dire qu'au moment où nous écrivons il n'est pas un propriétaire doué de quelque aisance, faisant construire une maison de campagne, qui ne .songe à y joindre l'indispensable ornement d'une .serre. Nous croyons donc répondre à l'un des besoins du moment pour l'horticulture française en publiant ce qu'une longue pratique et des études de tous les jours nous ont mis à même de réunir de notions sur un suiet d'un si puissant intérêt pour tous les vrais amis de la science horticulturale. Nous ajouterons, sans vouloir faire ici de l'idylle hors de propos, que plus que jamais les hommes qui ont joué un rôle dans les affaires de ce monde, fatigués, rebutés d'un long contact avec la perversité humaine, se retournent vers la nature, se réfugient parmi les
fleurs -.c'est à tous ceux qui apprécient le charme de ces ce sont les suffrages de cette partie du public que nous douces études, les consolations, les joies vives et sans cesse avons essayé de mériter, renaissantes qu'elles peuventolïrir, que ce travail s'adresse ;