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SERRE CHAUDE

Les serres chaudes diffèrent essentiellement les unes des autres , moins par la température que par le degré d'humidité convenable pour les plantes qu'on y cultive. C'est surtout lorsqu'on s'occupe de la culture des plantes de serre chaude qu'on a lieu de reconnaître toute la justesse de l'observation du professeur anglais, M. Lindley, dans sa Théorie de l'horticulture. « Il faudrait, dit-il, pour bien cultiver les plantes exotiques, consacrer pour ainsi dire une serre séparée à chacune des grandes divisions de ces plantes. » Mais si M. Lindley déplore l'absence de cet avan-

tage chez la plupart des horticulteurs anglais, qui, tous ou presque tous, disposent de ressources pécuniaires hors de toute proportion avec celles des horticulteurs français, comment pourrions-nous donner à ces derniers le conseil d'élever un aussi grand nombre de serres différentes? 11 faudrait d'abord leur conseiller d'avoir de ces fortunes colossales qui deviennent de plus en plus rares en France. Ainsi , tout en reconnaissant les nombreux avantages que présenterait la culture séparée des plantes de serre chaude par familles à chacune desquelles on consacrerait une serre

distincte, nous sommes forcé d'avouer qu'un semblable genre de culture , à peine praticable dans les grands établissements entretenus aux frais de l'Elat, est tout à fait hors de la portée des particuliers; il sort de l'ordre des choses possibles dans l'état actuel de notre horticulture. Nous devons donc nous borner à décrire les deux principales divisions des serres chaudes : la serre chaude sèche et la serre chaude humide.

§ I'^''. — Serre chaude sèche.

L'exposition d'onze heures nous semble la plus convenable pour la serre chaude sèche ; lorsque ce genre de serre est exposé en plein raidi, il arrive assez souvent que, si l'on néglige d'étendre les toiles ou les paillassons au moment le plus chaud de la journée, les rayons du soleil tombant perpendiculairement sur les plantes de serre, flétrissent leur feuillage, et ne tardent pas à les griller pour peu que leur action se prolonge. A In vérité cet inconvénient n'a pas l'importance qu'on pourrait d'abord lui supposer, parce que avec un peu d'attention à ombrer les serres à propos le jardinier n'a rien à craindre des effets du soleil le plus ardent. Les murs de la serre ne peuvent avoir moins de 50 centimètres d'épaisseur. Les briques vernissées seraient préférables pour ce genre de construction à tous les autres matériaux en raison de leurs propriétés conductrices presque nulles à l'égard de la chaleur; mais elles ont le défaut de prendre difficilement le mortier, de sorte qu'elles ne forment jamais une maçonnerie bien solide. Des briques non vernissées de bonne qualité sont ce qu'on peut em-

ployer de meilleur pour cet usage. Le ciment doit être choisi de nature à exclure. l'humidité le plus exactement possible, et à laisser perdre le moins de chaleur intérieure de la serre. Les bâches construites en dalles minces peuvent être remplies de terre végétale appropriée à la nature des plantes que l'on se propose d'y cultiver en pleine terre.

Il vaut mieux, ainsi que nous l'avons dit, que toute la chaleur dont les plantes ont besoin soit produite artificiellement par un appareil quelconque de chauffage que si elle était le produit de diverses matières en fermentation contenues dans les bâches. La ventilation de la serre chaude sèche peut être combinée comme nous l'indiquons fig. 42, page 61, pour la serre chaude humide.

Les tablettes placées sur le devant de la serre ne doivent pas dépasser la largeur de 40 à 50 centimètres. Elles peuvent être à volonté, soit en planches de chêne, soit en dalles minces. Les plantes qui se plaisent le plus dans cette partie de la serre chaude sèche, et qu'on place ordinairement sur ces tablettes, sont :

Les Amarijllis Reginœ et fulgida ; ^

Les Arujelonia minor et salicanoides ; / qui fleurissent

Le Columnea scandens; | l'hiver.

Les Gesneria; j

Les Heliotropium Peruvianum et grandijlorum;

U Hibiscus fulgens;

Les Lanlana;

Plusieurs Lobeliu;

Le MentzeLia hispida;

Les Ruellia formosa et varians;

Les Siimingia.

On pourrait joindre à celle liste toutes les plantes de serre chaude sèche qui n'ont pas besoin de recevoir de l'intérieur de la bâche un surcroît de chaleur. Lorsqu'on ne cultive dans la serre chaude sèche que des plantes en pots, les bâches deviennent complètement inutiles j on peut les remplacer par des gradins , sur lesquels les pots sont déposés plus ou moins près des jours et des conduits de chaleur, conformément au besoin de chaque espèce de plantes. Les plantes, disposées sur les tablettes le long des vitrages de la serre, ne doivent jamais éprouver une température plus basse que 8 degrés au-dessus de 0, même pendant les plus fortes gelées; à un mètre de ces tablettes, vers la bâche, le thermomètre doit marquer i 4 à 15 degrés; le maximum de la température, en été, ne doit pas dépasser 35 degrés. En dépit de toutes les précautions possibles, il pourra cependant arriver quelquefois que la température de cette partie de la serre, par l'influence d'un froid extérieur très-rigoureux, descende jusqu'à 6 ou 7 degrés au-dessus de 0 ; les plantes n'auront pas beaucoup à en souffrir, si la surveillance attentive du jardinier remarque cet abaissement de température et s'empresse d'y porter remède; car, s'il se prolongeait, il ne pourrait manquer de leur être funeste; mais les accidents de ce genre n'ont jamais lieu dans une serre bien tenue.

La liste suivante comprend les plantes qui réussissent le mieux en pleine terre dans la bâche de la serre chaude sèche, lorsqu'on s'abstient de la remplir de matières fermentescibles, et qu'on la garnit seulement de bonne terre.

Végétaux convenables à la Serre Chaude sèche.

Abroma fastuosa. Astrapaea Wallichii.

Acacia cornigera. Astrocarium Ayrii.

grandiflora, etc. murumuru.

Achras sapola.

Adansonia digitala.

Allamanda verticillala.

Andropogon squarrosus

Anona glabra.

squamosa.

Ardisia crenata.

crenulata.

solanacea, elc.

Areca calecliu.

rubra, etc.

Arenga saccharifera.

Attalea compta.

Bambusa arundinacoa.

Thouarsii.

Barbacenia purpurea.

Barleria prionilis.

Barringtonia aculangnl;i.

racemosa.

speciosa.

Basella rubra.

Bauhinia aculeata.

anatomica.

forficala.

racemosa.

Aristolochia grandiflora. Bégonia coccinea.

labio.sa. discolor.

ringens. Dregii.

Irilobiila. Fischerii.

gigas. heraclaeifolia.

hydrocotj liefolia.

Asclepias curassavica, etc. incarnala.

Bégonia fagifolia.

octopelala.

plalanifolia.

pellata.

piinclata.

undulala.

semperflorens.

Bomplandia geminitlora

Brexia spinosa.

Brunsfelsia americana.

gracilis.

grandiflora.

violacea.

Bugainvillea spectabilis.

Calamus viminalis.

Capparis frondosa.

glandulosa.

saligna.

viridiQora.

Cecropia palmata.

peltata.

Cerbera frulicosa.

manghas.

Thevelia.

Cestrum" diurnum.

macrophyllum.

Cliiococca racemosa.

Chloranthus inconspicuus.

Chorizia speciosa.

Chrysophyllum cainito, etc.

Glerodendrum speciosissimum splendens.

squamatuni.

Cocos flexuosa.

mikaniana.

nucifera.

Coffea arabica.

mauritiana.

Copaifera officinale.

Curculigo sumatrana.

Cycas circinalis.

Diospyros ebenus.

Diplothemium maritimum.

Dombeya acutangula.

Amelia.

Dracaena brasiliensis.

emarginala.

ferrea.

Dracaena reflexa.

terminalis, etc.

Duranta ellisia.

microphylla.

Elaeodendrum orientale.

Embryopterys glulinifera.

Eranlhemum strictum, etc.

Eugenia brasiliensis.

pseudo-caryophyllus.

pseudo-malaccensis.

uniflora, etc.

Eupatorium ayapana.

Ficus cerasiformis.

cestrifolia.

citrifolia.

macrophylla.

nymphaeifolia.

stipulata.

Franciscaea latifo'ia.

uniilora.

Gastonia acuminata.

Gaylussacia pseudo-vaccinium.

Gelonium bifarium.

Ginoria americana.

Goldfussia glomerata.

Gossipium arboreum.

Griffinia hyacinthina.

Guaiacum officinale.

Harina caryotoides.

Hedychium angustifolium.

coronarium.

flavescens.

gardnerianum.

Hernandia sonora.

Heteropterys chrysophylla.

nitida.

sericea.

Hibiscus Cameroni.

macrophyllus.

multifidus.

rosa sinensis.

liliflorus, etc.

Hiraea houlletiana.

simsiana.

Hymenaea courbaril.

.lacaranda mimossefolia.

pubescens.

Jacquinia armillaris.

aurantiaca.

Marica caerulea.

northiana.

Jasminum anguslifolium.

multiflorum , etc.

Jatropha acuminala.

multifida.

purpurascens.

Justicia bicolor.

carnaea.

coccinaia .

cristata.

nodosa.

pulcherrima.

venusta.

velutina.

Lafœnsia aromatica.

Lantana camara.

nivea.

speciosa.

Laplacea semi-serrala .

Malpighia fucata.

glabra.

urens, elc.

Mammea americana.

Mangifera indica.

Mantizia saltatoria.

Mimosa pudica.

scandeiià.

Musa discolor.

sapienlum.

sinensis.

troglodytianum , e(r.

Nepenthes dislillatoria.

PassMlora alata.

kermesina.

ligularis.

Wallichii.

murucuja.

palmata.

quadrangularis.

racemosa .

rubra.

serratifolia.

Petrgca racemosa.

Plumeria acuminala, etc.

Stephanotis floribunda.

Tiiouarsii.

Stigmaphyllon aristatum.

ciliatum.

Etc., etc.

On pourrait ajouter à cette liste les espèces d'' Acacia de l'Inde et des Antilles, ordinairement cultivées dans des pots, et la plupai t des espèces du beau genre S/reliizia, auxquelles on peut joindre toutes les liignoniacées en arbre, les Thrinax et les Latania. Les Strelitzia aiment parliculiè rement à avoir beaucoup d'humidité au pied, tandis que leurs tiges doivent vivre dans une atmosphère très-sèche. Des expériences fréquemment répétées nous ont donné lieu de vérifier, dans ces derniers temps, que presque toutes les espèces du genre Strelitzia peuvent être cultivées avec succès à une température moyenne de beaucoup inférieure à celle de la serre chaude sèche. Ces plantes peuvent être considérées comme désormais acquises à la serre tempérée. Toutes les Jasminées peuvent encore être ajoutées à la liste des plantes de serre chaude sèche, ainsi que les Capparidées. Parmi ces dernières, celles de nos colonies ne peuvent supporter, sans dépérir, une température inférieure à 15 degrés. Tant que dure la belle saison, les plantes deserre chaude sèche veulent être fréquemment et largement arrosées. Un arrosage, le soir et le matin, ne peut suffire à ces plantes, surtout à l'époque des grandes chaleurs; il faut les visiter plusieurs fois par jour, et leur donner de l'eau, autant de fois qu'elles paraîtront en avoir besoin. Ces plantes veulent aussi être fréquemment seringuées et préservées au moyen des toiles de l'influence directe des rayons solaires.

La sortie des plantes de serre chaude sèche dépendra des influences de l'atmosphère, car il ne faut, à ces végétaux, ni une trop grande abondance de pluie, ni la moindre impression de froid , de même aussi un passage trop subit à

l'exposition des rayons solaires leur serait funeste ; ce n'est que graduellement qu'on les y habitue.

Quelques-uns des genres de plantes admis dans la serre chaude sèche exigent des soins particuliers. Il en est plusieurs, parmi lesquels nous devons signaler spécialement les Gloxinia et les Gesneria, genres aujourd'hui très-nombreux en espèces et justement recherchés, qui veulent être placés l'hiver dans la serrechaude sèche et l'été dans la serre chaude humide ; ces plantes craignent le soleil , il leur faut, dans la serre, une position ombragée. Les tiges de ces plantes meurent tous les ans; elles commencent à se flétrir vers le mois d'octobre, ou au plus tard en novembre. On doit, à celle époque, les arroser de moins en moins, pour Hnir par ne leur donner qu'un peu d'eau tous les quinze jours, sans cependant attendre que leur terre se desséche complètement. Lorsque, par une négligence blâmable de la part du jardinier, ces plantes souffrent trop long-temps de la soif, elles meurent; on perd aussi très-souvent, pour la même cause, des plantes appartenant au genre Marlinia.

Les Gloxinia et les Gesneria doivent être rempotés avant la reprise de leur végétation, dans un mélange de terre de bruyère et de terreau de feuilles, l'une et l'autre par parties égales. On les arrose largement et très-souvent , du moment où elles commencent à donner des tiges qui s'annoncent comme devant être florifères.

Ces particularités de culture s'appliquent également à plusieurs genres, parmi lesquels nous indiquerons les Caladium, les Arum^ plusieurs Bégonia dont la base est formée d'un tronc charnu, le Mantizia saltatoria ^ les Methonica superba et simplex, etc.

Les Methonica, les Mantizia, de même que les Kempferia (Zèdoaire), les Zinziber (Gingembre), et quelques Maranta, ont une période de repos plus prolongée que les autres plantes de la série précédente; elles reçoivent exactement le même mode de culture, sauf à l'égard des arrosements; on ne recommence à les arroser que beaucoup plus tard que les autres, parce que ces plantes perdent leurs feuilles dans le courant des mois de novembre et décembre, et ne recommencent à pousser qu'au mois de mars. Celte circonstance, de leur manière de végéter, influe aussi sur l'époque des rempotages.

Quelques plantes peuvent végéter et prospérer dans la serrechaude sèche, dans des conditions tout à fait exceptionnelles. Nous avons vu en Angleterre, il y a quelques années, de très-beaux pieds de Nepenlhes distillatoria en pleine fleur, dans l'état le plus parfait de végétation ; ils étaient placés sur un conduit de poêle très-chaud, garni de pierres meulières, sur lequel on avail placé de la mousse et un peu de ferre. Nous pouvons assurer que, dans celte situation, le pied de ces Népenlhès supportait une température de 40 degrés au moins; nous connaissons peu de végétaux capables de résister à une chaleur artificielle aussi élevée et aussi sèche.

L'un des grands pavillons du Jardin-du-Roi, et la serre curviligne inférieure, dont nous avons parlé page 50, sont des serres chaudes sèches, flg. 37, 38, 39.

§ II. — Serre Chaude humide.

Une terrasse, à l'exposition du midi, convient plus que

toute autre situation pour recevoir une serre chaude humide qu'on y adosse en appentis, à un seul versant. L'inclinaison de la serre chaude humide peut être de plus de ÔO degrés j dans ce cas, son toit, vitré comme la devanture, forme avec celui-ci un angle de 15 ou 20 degrés seulement. La fig. 42 indique cette disposition.

Adossée à un mur de terrasse, elle en reçoit une humidité favorable, a tablette propre à recevoir les pots; on pourrait remplacer cette tablette par une pleine terre; b quatre tablettes étagées; c c tablettes suspendues près des jours; (/ouvertures à trappes, ménagées de distance en distance, sur la galerie, pour la ventilation combinée avec les châssis vitrés e s'ouvrant également sur la partie anlé rieure de la serre; / terrasse; g balustrade de la galerie. Cette serre est établie au Jardin-du-Roi.

Cette disposition est indispensable quand la serre chaude humide doit recevoir de grands végétaux en pleine terre, afin de leur laisser un espace suffisant pour se développer en liberté; si on ne veut y cultiver que des plantes de dimensions moyennes, elle peut n'avoir qu'une inclinaison de 20 à 25 degrés (voir Inclinaison, page 10), comme le montre la fig. 43.

Cette serre ne peut recevoir que des plantes de dimensions moyennes; les palmiers, les bananiers et autres grands arbres de serre chaude hvimide en sont exclus. La largeur de la serre représentée fig. 43 est de 5 métrés et sa hauteur de 4 mètres ; elle a au milieu une plate-forme a avec des montants destinés aux plantes grimpantes et deux allées tfr à droite et à gauche de 80 centimètres de large. Les conduits de chaleur c,dcf, sont placés sur le devant et le

long du mur du fond. Au-dessus de ces derniers sont disposées des tablettes pour de petites plantes en pots. • La situation de la serre chaude humide, adossée contre un mur en terrasse, offre plusieurs avantages importants ; elle est mieux assurée que dans toute autre position contre les vents du nord; elle reçoit, en outre, par l'influence de la masse de terre que soutient son mur de fond , un degré d'humidité fort utile à la végétation des plantes qui doivent y vivre. Si, malgré cela, un degré plus grand d'humidité semblait désirable, on abaisserait le sol de la serre 'de 50 centimètres à un mètre au-dessous du sol environnant; ainsi la fig. 42 enterrée dans le sol remplirait cette condition.

Le bois qu'on emploie à la construction de la serre chaude humide, en proie aux effets destructeurs de la chaleur et de l'humidité, s'y détruit en peu de temps. Nous avons indiqué les principaux inconvénients que présente l'emploi du fer substitué au bois dans la construction des serres (voir page 5). Nous pensons qu'on peut associer avec avantage ces deux matériaux dans la construction de la serre chaude humide; la charpente en fer réunit à une plùs grande durée un volume très-réduit comparativement au bois; elle dérobe peu d'espace au passage de la lumière; les châssis en bois, ajustés à une charpente en fer, assurent la conservation des vitrages, qui, lorsqu'ils sont enchâssés dans du fer, éclatent à chaque instant, par l'effet de la di" latation du métal. Il faut aux châssis de la serre chaude humide une façon très-soignée pour obtenir la clôture hermétique, indispensable à la santé des plantes; ils doivent être assez solides pour ne pas jouer sous l'influence des

changements de température, et cependant assez légers pour ne pas intercepter trop de jour; il faut, pour cette raison, qu'ils soient faits de cœur de chêne parfaitement sain, de première qualité. Ils devront être dans la suite l'objet des soins assidus du jardinier qui les fera repeindre aussi souvent qu'il le jugera nécessaire à leur parfait entretien ; car il est important qu'il ne puisse s'y former des disjonctions par lesquelles l'air froid extérieur pourrait s'introduire dans la serre.

Les bâches de la serre chaude humide se construisent toujours en dalles minces, comme celles de la serre chaude sèche, il vaut mieux, comme nous l'avons dit, que l'intérieur de ces bâches soit échauffé par un appareil de chauffage artificiel que d'emprunter une partie de sa chaleur à des matières fermentescibles.

Les tablettes, soit en pierres plates, soit en fer, sont surtout utiles pour pouvoir placer près des jours sur le devant de la serre, les plantes de petites dimensions, qui seraient étouffées et manqueraient de lumière si elles étaient placées sous les grands végétaux.

La température de la serre chaude humide ne doit pas descendre au-dessous de 10 degrés, ni s'élever au delà de 30 degrés. La serre chaude humide pourrait admettre pendant l'été, sous le climat de Paris, beaucoup de plantes de serre chaude sèche, qui pourraient fort bien y végéter dans cette saison; mais en hiver elles y trouveraient trop d'humidité. Cependant, lorsqu'on ne disposera que d'une serre chaude humide, ces végétaux pourront encore y vivre passablement, pourvu qu'on leur réserve, en hiver, les parties les plus saines de la serre, qui n'est jamais partout égale-

ment humide. Les plantes de serre chaude sèche qui peuvent, moyennant cette précaution , passer l'hiver dans la serre chaude humide, sont comprises dans la liste suivante :

Aslrapaea, plusieurs espèces. Combretum, plusieurs espèces.

Barringtonia speciosa et acutan- Couroupita guyanensis. gula.

Napoleonia imperialis.

Cecropia peltata.

Psidium, plusieurs espèces.

Carolinea princeps.

Pterospermum acerifolium.

Coffea arabica (caféier). suberifolium.

La serre chaude sèche peut toujours très-facilement être convertie en serre chaude humide ; il suffit pour cela de donner beaucoup d'ombre en élé, et de répandre dans les passages intérieurs ménagés pour le service de la serre, assez d'eau de temps à autre pour que l'atmosphère ne puisse s'y dessécher; on s'abstient en même temps de donner de l'air pour prévenir l'évaporation. Avec ces changements, faciles à réaliser, la serre chaude sèche deviendra susceptible d'admettre tous les végétaux exotiques auxquels il faut une température élevée jointe à beaucoup d'humidité; ils y végéteront parfaitement.

Il n'est pas possible, au contraire, de rendre sèche une serre chaude humide; les causes de l'humidité de son atmosphère , une fois qu'elles existent, ne peuvent plus être annulées; on pourrait, à la vérité, rehausser le sol, et le mettre au niveau du sol environnant ; mais on ne peut empêcher qu'un mur en terrasse ne soit toujours trop humide pour une serre chaude sèche ; cette humidité est même

quelquefois tellement surabondante , que dès le mois de septembre on est obligé de faire du feu rien que pour en faire évaporer l'excès qui pourrait nuire aux végétaux. Aussi l'exposition en plein raidi d'une serre dans ces conditions n'offre aucun inconvénient, et l'on n'a jamais à redouter que son atmosphère se dessèche trop sous l'influence de la chaleur du soleil. Souvent nous avons remarqué, le matin, sur les feuilles des végétaux contenus dans la serre chaude humide, de brillantes petites perles de rosée, semblables à celles qui rafraîchissent les plantes placées en pleine terre à l'air libre j c'est la vapeur humide de l'atmosphère de la serre qui, pendant la nuit, se condense en rosée salutaire sur le feuillage de ces végétaux.

Végétaux convenables aux Serres Chaudes humides.

AnoiDÉEs.

Acontias helleborifolium [caladium).

Anthurium acaulis [pothos).

cartihigineum [idem).

crassifolium [idem].

crassinervium(/rffim).

digitatum [idem).

glaucum [idem).

Harrisii [idem).

lancifolium [idem].

longifolium [idem).

macrophy!lum(2rf«m).

Anthurium maxima (pothos).

rubrinervium [idem).

sagittatiim [idem).

trifolialum. [idem).

variabile [idem).

Arum cordifolium.

Caladium argyrosligma ( arum, colocasloides).

bicolor.

brasiliensis.

curacuspœcile.

pinnatifidum.

Canrlarum Roxburghii [arum campanulatum.)

Colocasia antiquorum [arum colocasia)

cuculiala [arum).

esculenta [idem].

odora [caladium].

Dieflenbachiaseguinum (arum).

maculata.

Gonotanthus sarmcntosus.

Philodendron crinipes.

grandiflorum.

lacerum ( caladium] .

triparlitum ( arum).

Pothos scandons, violacea.

Pythonium bulbiferum [arum).

Sauromatum pedatum ( arum clavatum) .

Singonium aurilum [caladium).

Typhodium Irilobatum [arum].

Xanthosraa sogittifolia [idem).

violacea.

Broméliacées.

yEchmea discolor fuigens.

micranlha.

Billbergia fasciata.

iridifoiia.

melananlha.

pyramidaiid.

quesneliana.

zebrina, etc.

Bromelia acanga.

ananas, karatas.

pinguin.

Guzmannia tricolor.

Hohenbergia strobilacea.

Pitcairnia albiflos.

angustifolia.

lalifulia.

leiolema.

ramosa.

staminea.

suaveolens.

Tillandsia acaulis.

aloefolia.

amœna.

buibosa.

disColor.

Tillandsia nigra.

stricta, etc.

Fougères.

Acrostichum aureum.

crinitum.

Adianthum assimile.

fruclicosum.

moritzianom.

pubescens.

tenerum.

trapeziforme, etc.

Aneimia colina.

laciniata, etc.

Aspidium coriaceum.

exallatum.

molle, serra, etc.

Asplenium ebenum.

flabellifolium.

furcatum.

nidus-avis.

serra.

serralurn.

slriatum, etc.

Blechnum brasiliense.

hastatum.

lanceola.

occidentale.

Caenopterys dissecta.

faenicula.

vivipara.

Ceratoplerys cornu ta.

Richardii.

Cheilanthes lyndigera.

micronema.

microphylla.

proliféra.

Cyathea.

Dicksonia adiantoides.

pubescens.

Doodia aspera.

rupeslris.

Didymoclœna sinuosa.

Gymnogramma calomeianos.

chrysophylla dealbata.

hybrida.

villosa.

Hemionitis palmata.

Lonchitis pubescens.

Lygodium hastatum.

polymorphum.

sinense.

Marattia fraxinifolia.

Agatophyllum aromaticum.

Nothochlœna lanuginosa.

sinuata.

Nyphobolus sinensis.

Ophioglossum lusitanicum.

pedunculatuni.

Polypodium areolatum.

aureum.

irioides.

latharium.

phyllitidis.

phymatodes.

Plerys arguta.

atropurpurea.

longifolia.

peruviana.

Iremula.

Tricopterys excelsa.

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