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SERRE TEMPÉRÉE

Celte serre se prête à beaucoup de destinations diverses -, elle peut avoir des formes et des dimensions très- variées j c'est aussi celle que l'on construit le plus communément. Les exigences de la culture des plantes de serre tempérée n'excluent pas totalement les ornements extérieurs, de sorte qu'une serre tempérée peut être excellente pour la végétation et concourir en même temps jusqu'à un certain pointa la décoration du jardin. La serre tempérée peut se construire à un ou deux versants ; mais, le plus ordinairement, elle n'en a qu'un. L'exposition n'est pas forcément méridionale ; elle peut varier du sud-est au sud sud-ouest, en passant par le sud plein, et avoir par conséquent l'une des expositions que les jardiniers nomment de 10 heures, de 11 heures, de midi, d'une heure et de 2 heures après midi. On construit beaucoup de serres tempérées en fer j néanmoins nous croyons la construction en bois préférable.

Nous donnons, Cg. 37 et 39, la vue intérieure en perspective de deux serres en fer du Jardin-du-Roi. La fig. 38 donne la coupe des deux serres curvilignes superposées avec leur disposition eu égard au pavillon : a ventilateurs j /; magasin voûté; c serre curviligne du rez-de-chaussée; rf serre curviligne supérieure; e égout; h tuyaux de vapeur en fonte distribuant la chaleur; i terrasse.

L'un des pavillons du Jardin-du-Roi est destiné à la serre tempérée ; ses croisées ou châssis ouvrants se manœuvrent à

bascule sur un axe vertical et avec la fermeture dont nous donnons une idée fig. 40 ; trois grands châssis ouvrants , semblables à ceux-ci, sont ménagés dans le toit vitré, outre plusieurs autres petits châssis nécessaires pour bien régler la ventilation. L'autre pavillon, disposé en serre chaude, ne doit pas recevoir l'air extérieur en aussi grande quantité ni aussi fréquemment; ses châssis s'ouvrent à tabatière au moyen d'une sorte de crémaillère ainsi que l'indique la fig. 41 ; il y a de même dans le faîtage de ce pavillon beaucoup de petits châssis ouvrants, destinés à laisser échapper la chaleur surabondante en été. Ces magnifiques pavillons et les serres curvilignes qui les accompagnent, mais dont la partie droite de ces dernières est encore en projet, sont des serres modèles. Chacun des pavillons a 20 mèt. de long et 12 de large sur une hauteur de 15 mèt. Chacune des serres curvilignes a 61 mèt. 80 c. de long et 4 mèt. de large sur une hauteur de 4 mèt. 90 c.

La serre chaude curviligne du rez-de-chaussée est divisée en 5 parties par des cloisons; celle supérieure, tempérée, est divisée en 3 parties dont une sert pour les plantes délicates du Cap ; les deux autres reçoivent les plantes grasses. Les 2 grands pavillons et les serres courbes existantes contiennent ensemble un volume d'air de 9000 mètres cubes.

Il n'est pas nécessaire que le sol de la serre tempérée se trouve plus bas que le niveau du sol environnant. Comme

l'intérieur de la serre doit être aussi sain que possible, il vaut mieux qu'il se trouve au-.dessus qu'au-dessous du niveau du soi. L'inclinaison la plus convenable pour les serres tempérées, soit à un, soit à deux versants, est de 30 à 40 degrés. Cependant on peut leur en donner une de 50 à 55, lorsqu'on se propose d'y cultiver des végétaux de fort grande taille qui, dans une serre trop inclinée, seraient gênés par les vitrages et ne pourraient s'élever en liberté. Dans ce cas, au lieu de faire joindre directement le versant antérieur au mur du fond, on l'interrompt à la hauteur voulue, par un vitrage qui n'a lui-même que 15 ou 20 degrés d'inclinaison, comme le montre la fig. 7. Parce moyen on évite, comme nous l'avons dit en traitant de l'inclinaison , la nécessité d'adosser ce genre de serre à des murs d'une trop grande élévation.

La température intérieure de la serre tempérée ne doit pas dépasser vingt-cinq degrés en été et ne doit pas descendre au-dessous de huit degrés en hiver. Lorsque le thermomètre à l'ombre, à l'air libre en dehors de la serre marque six degrés au-dessus de zéro à la fin de l'hiver, on peut impunément commencer à donner de l'air aux plantes de serre tempérée, afin de faire évaporer l'excès d'humidité que l'atmosphère de la serre peut contenir. Celte ventilation s'obtient en levant plus ou moins les panneaux ; ce qu'il serait imprudent de faire lorsque l'air extérieur est à une température plus basse que six degrés. Si la serre est à deux versants, il ne faut donner de l'air d'abord que par les châssis du versant méridional, ou ne commence à soulever les châssis du versant opposé que lorsque la température extérieure est adoucie. Les plantes de serre tempérée se culti-

vent dans des pots remplis de terre de bruyère mélangée soit de sable, soit de terreau , selon les besoins de chaque genre de plantes. Ces divers mélanges sont tous, plus ou moins, sujets à se durcir et à devenir impénétrables à l'eau sans que le jardinier peu expérimenté puisse s'enapercevoir. Ces accidents ont lieu très-fréquemment dans la serre tempérée, et toujours par la négligence du jardinier, qui devrait savoir les prévenir, soit eu évitant de tasser la terre des pots par des arrosages donnés sans précaution avec des arrosoirs à pommes, percés de trop grands trous, soit en omettant de biner de temps à autre le dessus de la terre des pots. Alors, chaque fois qu'on arrose, l'eau glisse entre la motte de terre durcie et les parois du pot, pour s'échapper par le trou du fond. La motte ne peut plus absorber l'eau des arrosages, et la plante meurt de soif, comme si elle n'était pas arrosée du tout. Dés qu'on s'en aperçoit, il faut sans tarder dépoter la plante qui souffre de la sécheresse, dégager ses racines de la terre durcie, et lui rendre de nouvelle terre. Ces rempotages doivent être faits d'urgence, quelle que soit la saison, et dans quelque étal de végétation que puissent se trouver les plantes prises ainsi de la sécheresse.

Toutes les plantes de serre tempérée, presque sans exception , redoutent beaucoup l'effet desséchant des rayons solaires au moment de la reprise de leur végétation ; le soin d'étendre les toiles quand le soleil donne sur la serre pendant les premiers beaux jours, esta cette époque de l'année l'un des plus nécessaires à leur conservation et à leur bonne santé.

Les plantes de serre tempérée n'ont besoin que d'une

humidité modérée, il suffît de les arroser assez pour prévenir le dessèchement de la terre des pots, spécialement quand les plantes sont en végétation. Celles qui perdent tous les ans leurs feuilles ont besoin d'être arrosées encore plus sobrement que les plantes à feuilles persistantes ; il ne leur faut presque pas d'eau durant tout le temps où leur végétation est suspendue.

La liste suivante comprend les plantes les plus dignes de l'attention des horticulteurs, parmi celles qu'on peut cultiver dans la serre tempérée j elles y réussissent à souhait avec des soins ordinaires de propreté et d'entretien, pourvu que ces soins leur soient donnés au moment opportun et avec intelligence, par un jardinier habitué à raisonner toutes les opérations de la culture.

Végétaux convenables à la Serre Tempérée.

Acacia (une partie du genre).

Adenandra speciosa.

villosa, elc.

Adhatoda vasica.

jEschinanthus grandiflorus.

Horsfieldii.

maculalus.

ramosissimus.

Roxburghii.

Agapetes glabra.

setigera.

Agatosma hispida.

thunbergiana, etc.

Angelonia grand iflora.

salicarioides.

speciosa.

Aotus villosus.

Areca sapida.

Banksia austral!».

coUina.

ericifolia.

littoralis.

Banlfsia occidentalis.

pulchella.

serra ta.

Solandri, etc.

Bégonia discolor.

manicata.

palmata.

peponefolia.

semperflorens.

Bignonia Iweediana, elc.

Billardiera scandens.

Brachysema lalifolia.

undulala, etc.

Brunia alopecuroides.

nodiflora.

squarrosa, etc.

Bursaria spinosa.

Burlonia conferta.

Callistachys lanceolata.

linearifolia.

ovala.

Canavab'a rutilans.

Chamaedorea elatior.

elegans.

lindeniana.

Channœdorea oblongata.

schiedeana.

Chamaeropshislrix.

humilia, griflithiana.

Chorizema cordala.

Dicksonii.

Henchmanni.

varium, etc.

Cocos australis.

Columnea schiedeana, etc.

Cookia punclata.

Correa pulchella.

ruffa.

speciosa.

virens, elc.

Crotalaria elegans.

Daviesia genistoi'des.

ulieina.

Dillwynia ericifolia.

floribunda.

Diosma ambigua.

ericoides, etc.

Dodonaea viscosa.

Dombeya erythroxylon.

Dryandra Baxteri.

floribunda.

formosa.

mucronata.

nivea.

plumosa.

Eriostemon buxifolium.

myoporoides.

Eulaxia Baxterii.

niyrlifolia.

Franciscea hopeana (mutabilis).

Freycinetia baveriana.

Galphymia Humboldtii.

mollis.

Gendarussa ventricosa.

Gerontogea deppeana.

Giycosmis citrifolia.

Gnidiajuniperifolia.

pinifolia.

simplex.

Goldfussia anisophylla.

alomerata.

Gompholobium grandiflorum.

polymorphum,etc.

Grevillea asplenifolia.

bipinnatifida

ferruginea.

longifolia.

robusia.

sulphurea.

Guevina abeliana.

avellana.

Hermannia inultilk'ra.

Heteropterys glabra.

Hexacentris coccinea.

Hibberlia grossularioides.

volubilis.

Inga Harrisii.

Jacksonia scoparia.

Juanuloa auranliaca.

.Tubaea spectabili^.

•Fuslicia hyssopifolia.

Lalage ornata, olc.

Lasiopetaluin ferrugineiini, etc.

Leucopogon amplexicaule, verticillatum.

Li paria sphaerica.

Livistonia auslralis.

Loddigesia oxalidifolia.

Lomatia dentata.

ilicifolia.

silaifulia.

Magnolia pumila.

Mahernia grandidora.

Maneltia bicolor.

cordifolia.

splendeur.

Medinilla erylhropliylia.

Mirbelia pungens.

reticulaïa.

speciosa.

Monnina crotalarioides.

Muraltia heisteria.

mixla.

Myoporum acuminaliiiii.

tuberculaliiin.

Myrtus buUalus.

melastornsetolia.

tomentosa.

Nematanlhus Guilleminii.

Nymphaea cœrulea.

lotus, odorala.

Oxylobium arborescens.

elliplicum.

oblusifolium.

retusum.

Passerina capitata.

grandiflora.

filiformis.

laxa.

linifoiia.

l'elargonium (toutes les espèces).

Persoonia pruinosa.

Phœnix dactylifera.

l'iltosporum revolutuni.

uuduiatuni.

viridilloruin.

Plalylobium formosuin.

triansiilare, etc.

Podalyria argenlea.

Podolobium humifiisuni Irilobatuni.

Polygala cordifolia.

myrtifolia.

speciosa.

Pomaderis diàcolor.

phylicifolia.

Protea argentea.

cynarodes.

formosa.

grandillora.

latifolia.

longifolia.

mellifera.

speciosa, etc.

Psoralea uniflora, elc.

Pultenaea daphnoides.

ferrugiiiea.

Rliapis flabelliformis. sierolsik.

Rhexia canescens.

Rondeletia grandillora.

speciosa.

Ruellia auslralis.

Sabal Adansoni.

Sabnl mexicana.

pumila.

Schinus terebenthifolius.

Siphocampylos betulaefolius.

bicolor.

Cavanillesii.

spicatus.

Sollya heterophylla.

Strobilanlhes sabiniana.

Tasmannia aromatica.

Tecoma australis.

Telopea speciosissima.

Thomasia purpurea.

solanacea.

Tropaeolum Jarrattii.

pentaphylluDi.

tricolorum.

Trymalium candidum.

globulosura.

\'iminaria denudata.

Zieria lanceolata.

pauciflora. .

Etc.. etc.

Parmi les plantes de serre tempérée dont la floraison récompense le mieux les travaux du jardinier, nous pouvons recommander spécialement la brillante famille des Protéacées. Il est probable que les soins assidus et minutieux que réclament les protéacées sont le motif principal pour lequel on les rencontre si rarement dans nos serres. Ce motif devrait, au contraire, plaider en leur faveur; car le véritable amateur d'horticulture est celui qui ne regarde sa peine que comme un délassement , et qui trouve d'autant plus de plaisir à admirer la floraison de ses plantes qu'il lui en a coûté plus de travaux pour l'obtenir. Les protéacées sont originaires des environs du cap de Bonne- Espérance; elles y vivent dans une terre formée d'un sable siliceux mêlé de végétaux décomposés, peu profond, mais conservant sa fraîcheur intérieure pendant la sécheresse. La terre de bruyère légèrement sablonneuse remplit parfaitement ces indications. Ces plantes craignent pardessus tout les transitions trop brusques de l'humidité à la sécheresse et de la sécheresse à l'humidité. Les arrosages qu'on leur distribue doivent être ménagés d'après ce principe. Les protéacées dépérissent immédiatement dès que la terre dans laquelle elles vivent n'est plus suffisamment substantielle; cette terrcdoit donc être renouvelée immédiatement toutes les fois qu'on s'aperçoit qu'elle ne suffit plus à l'alimentation des plantes, et qu'elles commencent à languir. Nousavons cultivé loug-tcmpsles protéacéesau Jardindu-Roi sans beaucoup de succès; nous n'avons obtenu leur floraison dans toute sa magnificence que quand nous avons pu leur consacrer une véritable serre tempérée réunissant toutes les conditions de perfection qu'on peut exi-

ger dans une semblable serre. Maintenant les proléacées fleurissent sans difficulté au Jardin-du-Roi ; leur floraison commence vers novembre et se prolonge jusqu'en mars.

On peut cultiver dans la serre tempérée presque toute la famille des Cactées; à l'article où il est question de la serre destinée à la culture des plantes grasses, nous nous étendrons sur la culture et la multiplication de ces végétaux dont le nombre augmente tous les jours et jette de la confusion dans la nomenclature de cette famille curieuse et si digne d'intérêt, autant par la forme capricieuse que par les fleurs magnifiques que déploient la plus grande partie des espèces.

Beaucoup d'horticulteurs placent les glycines delà Nouvelle-Hollande et beaucoup d'autres plantes analogues dans la serre tempérée; nous pensons qu'elles n'y sont point à leur place. L'observation démontre, en effet, que ces plantes, sous l'empire de la température à la fois trop élevée et trop sèche qu'exigent les autres végétaux de serre tempérée, ne sauraient végéter convenablement. Elles y sont surtout en proie aux attaques des insectes, dont il est très-difficile de les débarrasser.

Les serres tempérées à un ou deux versants peuvent affecter telle forme que l'on voudra leur donner; toutefois on aura égard à l'exposition, ainsi qu'elle est indiquée page 4.

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