‹ Art de la teinture des laines;Chapitre 11 sur 16 · EN BLEU. «J · texte numérisé non relu

EN BLEU. «J

fie la cuve est âcre et piquante ; la pâtée, (le couleur rou^je brunâtre ne'cliange pas par son exposition au contact de Tair, et paraît rude au toucher ainsi que le baiu ; et le choc du râblé ne fait monter sur la cuve que des bulles grisâtres qui Crèvent avec un bruissement prononcé ; dans ce cas l’on dit que la cuve est rebutée , et comme' les signes qu’elle manifeste sont assez tranchés p6nr ne pas craindre d’y être trompé, il faut s’attacher à faire renaître la fermentation. Les moyens auxquels on peut recourir sont nombreux , mais d’ordinaire chaque teintüriér en suit quelques-uns de préférence. Les uns introduisent dans la cuve du vouëde ou du pastpl ramolli dans de l’eau chaude avec un peu de garance et de son , d autres y provoquent directement' la fermentation par une addition d’urine • d’autres y jettent de dix à vingt livres de son dans un sac qu’ils retirent dés que la fermentation a reparu , et d’autres enfin y introduisent de la couperose dont Tacide' sature une partie de la chaux, et dont’ l’oxide est propre à désoxigéncr l’indigo; mais dans tous les cas, il faut éviter d’exciter trop vivement la fermentation’ et de tomber dans l’inconvénient opposé.

Voilà ce qui arrivç et comment on doit

Tri lit II rr 2

TElJNTOnE

ag4r , lorsque la cu\'C est loiit-à-fait rebutée ; mais lorsque la chaux ne s’y trouve qu’en léger excès, alors le bain présente a autres, caractères, et il faut suivre une ' autre marche pour remédier au mal.

Dans une cuve qui est faiblement rebutée, la couleur verte du bain et de la pâtée s’est changée.en une teinte d’ün vert brunâtre plus ou moins foncée ; l’odeur est devenue un peu pénétrante , et la jfltée et .le bain ont acquis un maniement légèrement rude. Ces symptômes dénotent cpi’il y a ' un peu trop de chaux ; en conséquence on pallie sans en ajouter, et on laisse la cuve reposer ensuite sept à huit heures sans y toucher, et ce repos, suffit ordinairement pour que la fermentation se ranime. Un nouveau repos, ou l’addition ’d’une poi- ’ gnée de garance et de son , auraient pour effet de rétablir la fermentation dans tous les cas.

Les cuves dans lesquelle^ la fermentation est devenue trop active sont sujettes à d’autres inconvéniens. D’abord elles donnent des nuances plus foncées qu’on iie l’attendrait ; mais peu à près elles cessent de produire aucune couleur,. et si on n’^arréte promptement la fermentation, il est à craindre qh’ll ne se détruise beau-

couj) (J’imligo. Ces cuves ont une odeur fade, une pâtée et hain molasses au touchePy les veines qu’elles présentent sont rares , larges et blafardes et ne se réunissent que très-lentement lorsqu’on les sépare eu soufllant'dcssus , et enfin la pâtée et le bain dérouleur rougeâtre, acc^uièrent une teinte d\in vett jaunâtre au contact..* de l’air. De telles cuves demandent à être chauffées un peu vivement , et une addition de chaux double de celle qui est ordinaire.

Ui\c température plus élevée, et une pins ^ forte addition de chaux, seraient encore un remède certain , 'alors même que la cuve aurait pris une odeur puante d’hydrogène sulfuré , et que la pâtée serait remontée sur le bain. Dans le cas où en voulant modérer la fermentation, on viendrait à l’ar- . rêter tout'-à-fait , on suiVraitla marche que • nous avons déjà prescrite pour les ouves rebutées.

En ^parlant des cuves rebutées, nous’, n’avons attribué qu’à un excès de chaux, le défaut de fenneiilation que l’on y remarque; mais un 'inconvénient pres<jue ' semblable peut se j)résenter alors même . que la quantité de chaux , n’est pas, dans la réalité, trop con.sidérable. Ainsi en ehaufiant trop fori une cuve en. bon état, on ’ * ' ' . •

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peut suspendre tcmporaireineut sa fenneulation,‘et lui’donner l’apparence d’une cuve • rebutée ; on le peut encore en y travaillant imniodércraent , ou trop tôt après le réchaud ; et enfin il se produit naturellement un état pareil, toutes les fois que le pastel ou le vouëde sont de mauvaise qualité ou trop vieux. Cet invonvénient se reconnaît toujours aisément parce que le maniement de la cuve n’est ni gras, ni rude , qu’elle n’a pas l’odeur pénétrante et ammoniacale > qui dénote un excès de chaux , et que la laine que l’on y veut teindre s’y colore d’un bleu grisâtre ; mais dans tous les cas, la cuve se rétablit sûrement par l’addition de quelques livres de vouedé ou dé bon pastel et par le repos. Une cuve bien gouvernée et nourrie à propos d’indigo, de vouède, de garance et de son , peqt continuer son travftil pendant cinq à six mois; mais c’est sans avantage cpie l’on voudrait la faire » durer plus long-teras. * .

Ce qui précède suffit pour faire compren— . dre que le point principal , dans la conduite des cuves au vouëde, 'est de ne faire d’addition de chaux qu’en tems opportun-, ainsi on doit s’attacher surtout à reconnaître les divers caractères qu’elles présentent

■ dans les différons états ; si l’on n’oul)lic,pas

* Digitizea

K?l liLEU .

les remarques que nous avons laites, oif .peut espérer acquérir en peu tle tems toute rhahileté nécessaire pour sê diriger. Quant à la conduite de la besogne , il ne peut se 1 présenter à cet égard de difficulté. Les étoffés ou les laines reçoivent toujours un nombre de palliemeiis proportionné à la ' nuance qu’on veut obtetiir, et la couleur * ne manque jamais de vivacité, toutes les fois que la cuve'est en bon état. •

Nous terminerons ce qu’il est dans notre intention de dire sur les cuves au vouède ,

F ar quelques réflexions sur la manière dont^ indigo s’y comporte. Nous avouerons cependant que tout ce que nous pouvons dire à cet égard n’est qu’hypothétique. Il paraît que la fermentation nécessaire pour la dé- ' ' soxidation de l’inaigo , a pour effet de provoquer la combinaison de l’oxigène de l’indigo avec le carbone de la garance, et de former du gdz acide carbonique , qui se dégage ou plutôt qui sature la chaux , pendant que les autres élémens de la garance , , , l’oxigène et l’hydrogène, entrent en coin- • binaison pour former de l’eau. Cette réaction , ou du moins une réaction analogue - [>araît avoir lieu , toutes les fois que la cuve est un bon état. 3Iais quand la fermentation devient trop active, il paraît que ses

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teinture ■

caractères changent. Alors il ne se forme plus du gaz acide carbonique et de 1 ean , ou du moins il se forme en même tems d’autres produits. Üne partie de l’hydrogène se dégage à l’état de gaz en tenant en dissolution du carbone, et une autre partie entre en combinaison liquide avec du carbone et d^l’oxigène , et produit de l’acide acétique. Dans ces réactions , l’indigo est désoxidé et de couleur jaune, et l’on n’en aperçoit nulle trace , mais comme il n’est p'as en dissolution, dans le bain , il faut qu’il ait éprouvé en même tems quelqu’autre altération inconnue.- Quoi qu’il en soit , si l’on remédie a l’inconvénient de la fermentation assez pronvptement,une grande partie de l’indigo reparaît, quoiqu’il y en ait toujours une quantité assez . considérable de totalement ^Itére. Nous iguoronsd’oii peut provenir cette alteration, car les réactions sont si nombreuses et si variées, que nous n’oserions prononcer.

Est-ce en perdant tine partie de son hydrogène qu’il perd sa couleur; il est probable qu’il s’en détruit beaucoup de cette manière ; mais nous ne savons pas si c’est la seule circonstance où il se détruise. Ce' qui est , certain , c’est que jamais il n’est aussi tacilement attaqué, que loi-sqiril se trotivc

EiN BLEU.

«iéjà désoxidé. Ou a cru que rien ii’élail , plus facile que d^expliqucr ce qui se passait dans les cuves, et à notre avis rien ii’est encore moins connu. A la vérité, ce qui concerne l'indigo seul , relativement à sa désoxidation et à sa dissolution dans les alcalis, est expliqué d’une manière satisfaisante; mais ce qui concerne sa destruction et la réaction des autres substances est enveloppé d’une complète obscurité; et certains faits que nous avous bien constatés, nous sont garans querien n'est plus inconnu , que ce qui se passe dans les matières colorantes, lorsque leurs différentes ]>ropfiétés sont altérées, reproduites ou ..

modiliées , et surtout lorsque les changeinens qu’elles éprouvent se font en présence de réactions aussi multipliées que celles qui ont lieu dans les cuves.

Cuve^ a la Potasse. - .

On donne le nom de cuves à la potasse • a.ux içuves dans lesquelles cet alcali est' > employé comme dissolvant. Dans ces cuves, •. ^ les matières désoxigénantes sont là garance et le' son. On les monte-en y introduisant , à la fois, quantité égale à peu près d’in-^' diffo, de garance très-cnmimine et.de sonV'

8o »• TEINTURE ’

et une quantité’ triple* de potasse , et on élève la température du bain à 50“ environ. La fermentation ne tarde pas à s'y établir ; on pallie de teins en tems , et ordinairement, au bout de vingt-quatre à trente— six heures , on peut teindre. A ce mojnent le bain doit être recouvert de fleurée et de plaques cuivrées , non interrompues, et présenter, lorsqu’on en divise la surface , une belle teinte verte , qui passe promptement en bleu foncé. La cuve doit avoir une odeur forte de dissolution d’indigo, et l’air qu'on y injecte avec le râble , doit produire des bulles permanentes d’un beau bleu pourpré, susceptibles de se grouper par le mouvement du palliage , et de présenter l’apparence de grappes de raisin. En même tems le bain doit impri- I mer sur la peau des taches durables, et communiquer aux laines une nuance d un bleu assez foncé, qui est d’un beau vert au sortir de la cuve. La cause pour laquelle les bulles d’air se maintiennent sur une cuve en bon état, c’est que l’indigo qui se trouve dans le liquide qui les enveloppe , reprend de l’oxigène, devient insoluble, 'et les convertit en une espèce de' pellicule solide.

^ quantité d’indigo que l’on emploie

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