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considérablement diminuée, on le cultive encore dans quelques départeméns du midi , où on le fauche et où l’on fait moudre ses tiges , lorsque leur dessication n’est pas encore trop avancée. Il en résulte une»
espèce de pâte mal liée que l’on met en tas en l’abritant avec soin et que l’on presse fortement à la surface pour que l’air ne s’introduise pas dans la masse. Cette pâte subitune espèce de fermentation que Von arrête au bout de dix a quinze jours ; après qudi on la pétrit avec les mains et on la forme en pelotes dans de petits moules de bois.
Ces pelotes, que l’on fajt dessécher avec soin , se conservent fort long-tems de cette" manière, et on les réduit en poudre grossière au momenî; où' l’on veut s’en servir. • Dans les provinces du nord de la F rance , on cultive une autre espèce de pastel qu’on appelle votiëde, mais on ne lui fait pas^ subir les mômes préparations que dans le midi , et ou se contente de le faire dessécher en herbe. Les tiges de la plahte ainsi desséchées , sont introduites tout entières dans la cuve , et l’on a remarqué qu’elles y produisent un effet plus constant et plus régulier que celles qui étaient préparées comme dans le midi , et qui subissaient une fer-r inentation préalable.
()t) TElNTUftÈ
Le pastel et le voiiëdLè eôntiènnent-.une certaine quantité d^une matière colorante entièrement 'ôomparàble. à l’indigo par ses propriétés et par ses effets , et que l’on ,peut extraire à l'aide de manipulations toutà-fait semblables ; mais celte matière étant très-:peu abondante,, le prix qu'elle coûte lorsque l’on veut se la procurer ne permet pas de se livrer à son extraction.
Cwes,au Pastel ou au Vouède,
La pratique suivie pour, mettre les cuves au pastel ©n état de teindre , ou , en d’au- '"■tres termes, pour les monter,, varie dans . les différons pays et dans les diflférens ate- • liers;‘mais ces variations ne sont presque d’auouné importance , et toutes les méthodes conduisent également ^ la memé fin qui est d’exposer à une réaction réciproque, à la température d’environ bO® V .centigrades , du' pastel , de la garance , du ' son , de la chaux et de l’indigo. Du reste , > voici l’eicposé d’une pratique suivie fré- ^ ' quemment fet avec succès. On introduit
dans une cuve de la capacité d’environ cinq mille litres ^ de cent à cent cinquante livres de pastel concassé et ramolli , ou de vouëde nôn fermenté , avec huit o dix livres de
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B« BLpU.
garance commune et cinq à six livres de son , et l’on verse suj- ces matières une quantité d’çau bouillante , telle qu’en achevant de remplir la cuve d’eau froide , la température redescende à 55°. SI, cette addition d’eau la faisait tomber à une température plus basse, on. allumerait un peu de bois contre la cuve pour la réchauffer au point convenable , et si au contraire .
elle' se trouvait trop chaude, oo la laisserait découverte pendant quelque tems.
Dans tous les cas, lorsque la cuve est remplie , ou y ajoute de douze à vingt livres d’indigo , moulu avec soin , et cinq à six livres de bonne chaux éteinte à l’air. Après (^uoi , on cesse d’agiter les matières , ce que 1 on avait fait presque constamment depuis le commencement de l’opération , avec un mouveron appelé rahlc ^ on couvre la cuve , et 011 la laisse pendajit cinq ou six heures , eu repos. A ce t3rme , on recommence de l’agiter avec lerab^, ou de la pallier, ce qui se fait en allant chercher les matières dans le fond avec le rable et les ran\enant vers le haut par une secousse, et quand cette manœuvre a duré une demi-heure environ , on laisse encore reposer la cuve pendant trois heures, après quoi on la pallie de nouveau, et l’on' fait, succéder
tËlNTîJRE
ainsi tour à tour. les palliages et les repos , jusqu’à ce qu’elle montre à sa surface quelques veines bleues. Dès ce moment on doit examiner avec beaucoup d’attention tous les signes qui se manifestent. On doit encore lafsser reposer la cuve pendant tVois heures ; mais,' à ce palliage ou au suivant, on doit y mettre , un peu avant que de cesser de pallier , environ une demi— livre de chaux.
La Clive, pendant son repos, produit à cette époque un petit bruit sourd occasioné par la'f^ermentation qui s’y établit, et qu’il importe de - ne pas • laisser devenir trop active. En conséquence on reconnaît de téms en tems l’odeur de la cuve, et si on la trouve douceâtre , et si ou aperçoit que la pâtée a de la disposition à monter à la surface du bain , on ajoute au premier palliage une livre à une livre et demie' de chaux.
A cette époque la cuve présente des caractères qui sont propfts à faire apprécier son état : si le bain est d’une belle couleur jaune. dorée, s’il se recouvre de veines et d’écumes bleues , et s’il présente de nombreuses pellicules cuivrées , on peut juger que l|i cuve est en' bon état. En même tems , la pâtée amenée à l’air , à l’aide du rabfe , deit passer dé la couleur verdâtre ,
EN BLEO.
qui est, sa couleur, au brun foncé, et elle ne doit présenter aux doigts un loucher ni rude ni gr^. Quant au bain, il ne doit avoir que rôdeur caractéristique qui appartient aux diæolutions 4’indigo, et cette odeur , n’est ni douceâtre ni piquante; et en outre, ü faut. que lorsqu’on le heurte, c’est— à— dire , qu’on y injecte de l’air en y plongeant subitement la pelle d’un râblé, les bulles d’air qui viennent surgir à sa surface, ’s’y soutieniiènt avant de crever, et qu’elles prennent .une belle couleur bleue.
/Si l’odeui* de la cuve devenait fade, si les bulles se crevaient très-vite, si les veines bleues séparées par le souffle , se réunissaient lentement, et si la pâtée ex—
f ïosée à l’air ne prenait pas Une teinte >rune , ce serait signe d’une fermentation trop active , et il faudrait ajouter de lachaux. On n’en ajouterait pas , au* contraire, si l’odeur de*la cuve devenait piquante , si le pied paraissait dur et sec au toucjber , et si le bain se couvrait pendant le palliage d’une sortede pellicule légère , de couleur grisâtre , produite par l’action de l’air sur la' chaux.
Lorsque la cuve présente des sigi^ favorables , et qu’elle a une forte odeur de dis-
^ teinture
solution d’indigo , on y^plonge un echautillon de laine blanche , une ou deux heures 'après le palliage, et on le reti|| après qu il v' ÿ est resté une demi-heure. Au sortir dé la cuvé, il doit avoir, une belle couleur verte , et- passer promptement au bleu au contact de l’air ; et si l’on juge que sa ‘ nuance est assez foncée relativement a la . quantité d’indigo dont la cuve a été chargée, alors on peut commencer le travail. A cet ' ’ effet, on introduit dans le bain un cercle dèd*er garni d’un treillis de cordes, qu on nomme champagne , et qu’on maintient à une profondeur convenable , et ensuite on étend sur tonte la cuve -un filet dont la \ champagne soutient le fond. C’est dans ce filet que l’on plonge la laine en toison, apyès qu’elle a été bien degraissee , et on l’y manie à l’aide de bâtons appelés /«VoiVj. .Ordinairement on la laisse ainsi dans le bain durant trois quarts d’heure , après quoi on la. relève , on la déverdit et on la fait • égoutter. Les mises sont communément de quarante liv.rcs, pour les cuves de cinq .nîille litres de capacité , et si ce sont des étoffes en pièces que l’on ait a teindre j l’on y en passe une quantité correspondante, vingt, trente ou quarante aunes, selon le besoin. Mais dans ce cas, on ne
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met pas de filet dans la cuve , et. Ton se contente dVdescendre là champagne , pour empêcher f^offe d’aller jusqpi’au' fond et de se' salir de pâtée. Du reste y après chaque opération, pn doit pallier la» cüve arec soin, consulter son odeur ou Son aspect pour voir si elle n’a pas besoin de chaux ; et , dans tous les cas attendre environ trois heures avant que de recommencer à y teindre. ' • ,
Les cuves dont nous parlons dôivent être entretenues avefe soin à la température d’environ chiquante degrés. Toutes celles que l’on fait depuis long-tems sont en cuivre , le fond seul en est en ciment j ' elles sont revêtues d’une robe en maçonnerie dans laquelle circule la cheminée d’un fourneau qui' les chauffe latéralement, et elles sont enfoncées dans le" sol.
de manière à ne s’élever au-dchors que de trente pouces à trois pieds. On -les chauffe habituellement tous les soirs , pour que chaque jour leur température varie très-peu , mais ce n’est ordinairéihent que tous les deux jours que l’on leur ajoute de l’indigo, parce qu après cetie addition • on les laisse un peu pfiis long--tems sans ti^yailler; du reste le' nombre de pallîmens que l’on peut faire durant ces deux jours, ne -surpasse pas sept à hitit. 4 ■
TEINTUIVE
*' Les, cuves étant ainsi en travail, celui qui les conduit doit consulter attentivement tous leurs caractères, |Jbur mainte-ilir la fermentation au même degré, en n’ajoutant de la chaux qu’à propos. Ordinairement, la quantité que l’on met chaque jour dans une cuve, 'est d’une livre à peu prçs ; mais quelquefois il est a propos de supprinîer ou de forcer la dose , et nous
S aflerons bientôt des circonstances où il en oit être ainsi. Du reste, nous Observerons que lors de chaque addition d^indigo, il est à propos d’ajouter une certaine quantité de garance moyenne , la moitié autant que O indigo à peu près.
Les cuves au pastel ou au vouède étant sujettes à se déranger fréquemment , à cause de la difficulté qu’il y a à n’administrer la chaux que dans des proportions convenables , nous entrerons dans quelques détails sur les inconyéniens qui peuvent sc présenter , et sur la marche qu’il est à propos de suivre pour y obvier.
Lbrsq^ue la cuve a reçu une trop grande quantité de chaux, et, que le mouvement de fermentation des matières s’est totalementarrêté, alors l’indigo, quinesedésoxide plus, se précipite insensiblement, le bain finit par ne retenir aucune coujeur , Vodeur