‹ Art de la teinture des laines;Chapitre 14 sur 16 · COMPOSEES · texte numérisé non relu

COMPOSEES

nuances violettes assez agréables , mais de peu de soliÉité. Enfin,' on en obtiendra encbre de toutes les teintes en bouillant rétoffe avec une petite quantité d’aluù et de tartre, et la teignant dans un' bain de bois de Câmpêche et de Brésil, que Bén.

modifiera à volonté , en ajoutant , soit de la dissolution d’étain", soit un sel de cuivre. , > .

• Mais ces combinaisons, pour produire»

les teintes violettes , ne sont pas les seüles ; en voici encore un assez •' gr&nd nombre^ L’étoffe teinte en bleu de 'cuve, reçoit,' un violet fin , très-solide , lorsqu’on la teint en rouge .de laque. Les nuances d^ *ce violet peuvent être modifiées à l’infini par la proportion du bleu , et par la teinte plus ou moins roàée que l’on''fait prendre à la couleur rOu^e. * ‘ -

Le cramoisi fourni par la Jaque se change en une très-belle couleur pourp^“e ou vio^i lette, lorsqu’on ajoute.au bain alcalin y où l’on rose le cramoisi , une certaine quaÙT> tité d’orseille ; mais comme la couljeuç^ de l’orseille est très-fugitive , oû peut lui sub-. stituer avec avantage un peu de décoction de bois d’Inde , que Ton' emploie alors conjointement aveç la laque .dans le bain préparé pour la rougie. ‘ ' •» nr •

COULEURS

La cochenille seule fournit aussi <î«s violets très-beaux, lorsqu’on pî^parel’étolFe’ avec un huitième de dissolution de bismuth pour tout mordant. La quantité de cochenille est'yariable'selou la nuance plu§ ou moins foncée qu’on veut obtenir. Quant à la dissolution de bismuth , on la prépare en faisant dissoudre lentement une partie de bisrçuth, pulvérisé, dans huit partiés d’acide nitrique. Elle doit • être employée sans avoir vieilli , parce que le bismuth- ne tarde pas à s^n séparer, à l’état d’oxide. * Le bois d’Indé peut produire aussi beaucoup de nuances violettes", sans Taddition d’aucuna autre substance colorante. Avec de. la décoction de bois 'd’Inde, un peir d’alun et très-peu de sulfate de cuivre , on obtient une couleur violette assez belle,; on obtient là couleur prune-de— monsieur, en substituant la dissolution d’^tain à ces deux mordans ; enfin , on' peut produire également cette dérnîère n.uance, en donnant, aux laines un bouillon d’alun, les montant , autant que possible , avec du bois -“d’Inde, et les passant ensuite dans une eau tiède' avec de la dissolution de bismuth. Mais ces différens violets de bois d’Inde le cèdent en solidité à celui qu’on obtient avec le même bois, lorsqu’on fait

coMrosifis. Il

usage d’un mordant composé , où il entre quarante parties d’acidesuuuriquê, soixante (l’acide hydrocLlorique et treize d’étain , à quoi on ajoute quatorze parties de- sulfate de cuivre, et neuf de tartre.

L’étoffe préparée avec le tiers de son poids de cé mordant, à une température un peu inférieure au degré de l’ébullitioû , prend une couleur violette assez permanente, lorsqu’on la passe dans un bain frais de bois d’Inde. Au sortir du bain de teinture , cette étoffe doit entrer dans un bain d’eau tiède , où l’on a ajouté un peu d’acide sulfurique , qui contribue à aviver * la couleur. . ' î

Jusqu’ici les différentes opérations, -que nous avons mentionnées, n’ont été relatives qu’à la teinture des fils ou de» tissus déjà apprêtés ; nous allons voir maintenant comment on pourrait obtenir sur des laines.' des couleurs plus ou moins violettes , assez, solides pour he'p^s s’altérer pendant la fabrication des étoffes. • ' .

Lorsqu’on donne un fort pied de bleu aux laines , dans lequel on fait entreç , par exemple, le quart de l’indigo nécessaire pour' un bleu de roi ; lorsqu’ensu^te on les travaill^dans un bain avec le quart de leur poids du mordant précédent et les

by Cooglc

'CèMPOSKES ^ ll5

plus ou moins ioucée, comme nous avons’ vu en parlant de -la leinfure en jaune de gaude , après quoi on les passe sur une cuve en bon état, soit ^^u vouëde ,, soit g ' là potasse , où on leur donne le nombre de

Ï talliemens nécessaires pour, les 'monter à a nuance désirée. Si le jaune est clair et que l’on fasse' dominer -le bleu , on aura une couleur coude canard ^ vaoiw?, de bleu, avec la même nuance de jaune, produira ce qu’on appelle le vcrL billard ; et on ob- • tiendra le vert surnommé, vert dragon , vqui est un vert riche, avec un pied de jaune , où la gaude est employée à raison de (Jeux pairlies contre une 'de laine, et avec une quantité d’indigo correspondant au tiers, au moins, de celle qui est nécessaire pour un bleu de roi; En augmentant un peu la proportion du bleu , sans rien changer sensiblement à celle du jaune , on produirait un vert très— fonbé, qui tirerait sur. le vert— bouteille. .Enfin > par la prédominance du jaune on pourrait* obtenir toutes les nuances de vert naturelles , où la ma-^ lière. colorai) te jaune paraît dominer. On pourrait aussi obtenir * une couleur vert eau th aride , ou vert doré , en donnant à la laine un fort bouillon d’alun et trois parties de gaude , la passant dans un bain de

iï6 ^ COÜLEÜ«s'

bfrile swie, la sarau^nt à rtrison - d’une once par livre, et, enfin / lui donnant iin peu de bleu de çûve très-^-vifi • -

’Les.yerts petit teint se teignent tou— jours en pièce , sauf quelq^ues verts que l’on peut produire avec le bois 'd’Inde', mats ces derniers sont de peu d’usage.

On obtient les différentes nuances' de vert, •'en -pétit teint, avec la dissolution sulfurique de l’indigo employée concurremment avec le bois jaune. ‘A' cet effet , on bout l’etoffc pendant un^ heure, avee le- huitième de son poids d’alun'; on la lève ensiute^ on ajoiîte ^au 'bain environ une on^ce'de dissolution d’indigo et quatre onces de bois jaune par* livre d’étoffe, et on y plonge de nouveau l’étoffe que l’on’ y travaille, pendant une heure ét démie. Si la couleur ne paraissmt pas .aeœez 'foncée', oji ajopterait.de la dissolution d’indigo ou du - bois'iaune , selon le besorà. 'Quand on teint des laines filées, il faut employer de la décoction de bois jaune ;' on renferme les .copeaux: de ce bois dans un sac. ■

Le curcüma dobné , avecr la dissolution d’indigo*, des nuances de vert d’un grand écla^t , mais' il faut faire sécher les étoffes à . 1 Opibre, paree que la couleur est irès— fugitive.- Quelquefois on associe Ic^curcunia

COMf OSÉES. I l J

•au bois jaune , a6n d’obtenir des verts plus brillans , mais cet éclat est pour ainsi dire momentané.

Les verts de Saxe peuvent acquérir'une nuance vert-bouteille quand on les passe , après les avoir lavés, sur une décoction de bois d’Inde’ , à laquelle on a ajouté de la couperose. On les relève lorsqu’on trouve leur nuance satisiaisante. Un peut encore leur faire acquérir la même nuance, en les.

passant ^r un bain de santal' ou de garance , auquel on a ajouté également de la couperose.

' Le bois d’Inde employé avec la gaude peut produire aussi des nuances de vert foncé , qui ne sont pas sans mérite , quoique du reste elles ne soient pas d’une grande solidité'.* Pour les obtenir on donne aux étoffes et aux. laines bouillies en alun, une grande, quantité de bois d’Inde, et ensuite on les travaille dans un bain de gaude , auquel on a ajouté quelques seaux d’urine.' SiTon voulait obtenir une nuance ;i peu près pareille en un bain , on préparerait une forte décoction avec une partie^' de gaude , un quart de partie de bois jaune et autant de bois d’Inde; on ajouterait ensuite un quinzième départie d’alun, et on abattrait. Quand la nuance paraîtrmt su(^-

COULEURS

iisaminênt foncée j on la ferait incliner nopeu - plus au vert , *^r l’addition d’uiï alcali , ou même par celle d’un peu de sulfate de cuivre.

-Mélange du Jaune èt du Rouge.

• Le mélange' du jauùe et du rouge donne nsfissatice à des nuances qui. ne sont guère •en* usage que poùr la draperie teinte en jiièce, ou pour les laines teintes In fil. ■ ‘ Les étoffes- ou les laines qui ont reçu le bouillon de crème de tartre et de disscdte- . tion d’étain nécessaire pour l’écarlate peuvent recevoir toutes les. nuances orange , capucine, grenade, aurore avec du fustet ou du (juercitroïi , atiouel ’ on ajoute une quantité convenable'- ae cochenilld ou de 'laque. Ces' teintures Se font à l’aide des mêmes^ précautions et des mêmeS moyens que la teinture, de l’écarlate , 'qui if’est -elle— même qu’un mélangé de jauOe et de rouge, dans- lequel le rouge domine liteau— coup. Du reste , en diminuant la • quantité 'de coche niilè , d’ün quart, de moitié-' ou des trois quarts , et en variant les proportions du 'mstel ou du quercitron , on-ob*tient- toutes les nuancés que peut produire le mélange du rouge et du jaune. La la-

CO If POSÉE». .^^9^

■ • que peut être substituée . pour toutes ces nuances à. la co(;henille , >et les nuances qu’elle produit sont presque aussi belles.

Les étoffes travaillées dans un bain avec avec du fustet et le mordant approprié- à l’écarlate prennent une nuance jaune que l’on peut changer successivement en couleur jonquille et en couleur d’or , par l’addition d’une petite quantité de cochenille et de, garance. ^Toutes ces nuances se font ordinairement à l’échantillon alors il est , à propos de relever quelquefois les étoffes, et de n’ajouter les matières colorantés qu’avec discrétion. Du reste on ne peut rien préciser relativement à la quan— ^ tité et à la proportion des’ ingrédiens et à cet égard , quelques essais en apprendront beaucoup • plus que .tous les préceptes. * La combinaison du rouge , et du jaune peut produire cncorej d’autres nuances :

c’est ainsi qu’une étoffe qui a reçu le bouiW lon d’alun et de tartre , . prend la couleur mordoré^ quand on la passe datis un bain de gaude au sortir d’un bain de garance.

^ Si le bain de garance était tiès-legcr, la couleur que l’on obtiendrait serait le ca— nellc. • ^

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Mélange du Bleu y , du Jaune et du Reugé,

• M Brunitures.

> nïélange du bleu,* du jaune et du rouge,' produit une infinité de nuances fort usitées dans la draperie, mais dont nous ne mentionneions que les priiieipales :

•Avéc un pied de bleu où il entre le huitième de Hindigo hécq^saire pour un bleu de roi , et'un bouillon d'alun au huitième, où l’on fait entrer un poids de gaude égal ~ âu sien, la la ino> prend* une teinte bronzeroux dans un second' bain ,"60 l’oii fait eng trer la moitié de sou.^ids de gaude , le quart de bois jaune, le sixième de ga'rançe. et 'autant -de santal. Ce bain doit être à une température très-modérée lorsqu’on y abat la laine; et quand celle-ci est suffisamm^t foncée , on la relève et on la rabat aussitôt après sur le même bain auquel on a ajouté un soixantième de son poids de couperose. Avec un pied . de bleu plus foncé que de piécédeift, on obtiendrait Aine nuance bronze -vert par, un seul bain où .Fon ferait entrer une partie de gaude cotitre une de laine, cinq sixièmes de partie de bois jaune , uh dixième de' ga'rance, un trentième d'alun et un

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centième de boi$ d’Inde. On rabaltraiit sur le, même bain , apnèa y a.voir ajouté un Yingt-r^ii^uième de couperose. r ’

• • L’addition delà couperose dans ces nuances , a, jpour. effet de leur donner iHie teinte plus uniforme ^ en les brunissant au pUt , tout en leur laissant une grande vivacüsé au reflet. *

"On obtient les nuances Caroline^ avec un pied de bleu où il entre le viiigtième de lUndigo nécessaire ^our un bleu de roi; après quoi on traite la laine par deux bains dans le preinier desquels on fait entrer trois quar;ts de partie de. gaûde, un quart de bois jaune, uu dixième d’alun et autant de garance. I)ans le second , on fait entrer une demi-partie, de gaude ,* un sixième de bois jaune et autant qn garance ; après cela, on brunit avec un vingt-cinquième de cou<perose. # , •

Si l’on supprimait le bleP j.oû obtienrdrait une nuance savoyard j. travaillant la laine dans deux bains., composés ainsi*.

3 u’il suit ; le premier ^ d’une demi-partie e bois jaüne^ autant de gaude fun sixième de santal et uja quarantième d’alun ; et le second ^ d’un siipème de garance et autant de santdl ; après cela, on brunirait avec unetrentième de couperose..

422 COULEUSS ^

Leà couleur»- dont nous venons dci parler , peuvent être m^ifiécs à Tinfini en 'changeant les . ptdpqrtions relatives de^ substances qui -concourent à les former r mais de plus amples détails à cet égard seraient superflus^ Nous-allon§ dire' un mot des- bruns. et des gris. . ‘ ' *

' . - Bruns. - , - .

•Des proportions fariables de sumac, de santal;’ de garance , et quelquefois de bois jaune et de gaude , avec une-bruniture de çbupetose, peuvent- fournir une multitude, dé nuances brunes de tous les tons ; en associant seulement le santal étie sumac, on obtient des bruns qui tirent sur le violet quand c*est le santal qui domine , et sur le. noir quand c’est le sumac.’ Dans tous les cas, il faut bl%nir< à' la couperose. Ce brun s’éclaircit et tire vers la couleur puce , quand on ajoute une certaine quantité dç bois jaune au bain de teinture.

• Un picd-dejbleu^ de la garance et du sumac , et une bruniture à la côupcrose , produisent aussi différentes teintes brunes qui sont très-àolidcs : on en obtient encore èn associant le bols de Brésil au bois jaune et au sumac , et en brunissant.

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