‹ Art de la teinture des laines;Chapitre 3 sur 16 · DÉGRAISSAGE DES LAINES · texte numérisé non relu

DÉGRAISSAGE DES LAINES

La lahiç, qni est cette espèce de poil pdr^ " ticulier aux moutons, est recQriverte, lorsqu’elle est enlevée à l’animal /d’une ma— .

tière grasse particuliéqp ^ d’un ôdeur forte,-

S ue ron cônnall sous le nom dè suint.

’est une substance do^t il faut nécessairement la débarrasser, avant quéde'la mettre en ’ teinture , et l’on y parvient; à l’aide d’un procédé particulièr , en harmonie avec' la nature du suint. En effet; voici de quels matériaux le suint se compose' :

on y rencontre une matièrç grasse en combinaison skvonneuse avec la potasse, et qui ’ en fait la^ plus grande partie ; ^des sels de potasse , )tels que l’acétate ,, le carbonate et i’hydrocbloKte en quantité .variable un

b^GRAlSSAGE

peu 'de chaux et une espèce de graisse particulière , assez odorante. La laine recou— vérte de ces matières , .est plongée tà la température de 30à S8 degrés environ, dans un mélange. de trois parties d’eau et d’une

, partie d’urine putréfiée , et Jà elle se dé— . . barrasse en peu* de temps de fout le suint dont elle çst chargée, par un effet que l’on doit' attribuer sans doute à l’ammoniaque.

Son séjour dans cette chaudière, qu’on nomme dégrais , est ordinairement d’un quart-d’heure ; après quoi On la porte dans de grands paniers enfoncés dans l’eau , et orî l’y^ agite avec des bâtons jusqu’à ce que l’eàu 'en sorte parfaitement claire. Pendant ce tems la chaudière du dégrais, sert à préparer une nouvelle quantité de laine,

■ ef on J ajoute de tems en tems de l’urine quand on s’aperqoit , que la qualité du bain s’aifaiblii. Ce bain n’est jeté que lors- (|ue les matières terreuses qui accompa-

■ gnent la laiite y forment uii dépôt trop

considérable. .• ' ’ ’ ^

y Les'lainès;én suint par un. simple lavage à l’eau froide ou chaude, abandonnent aussi toutes les parties terreuses qui les salissent,, et une quantité considérable de matière grasse. -Dans cet état , qiii^est celur où on les trouye communément ffans>

DES LAINES,' ’ If

le commerce, elles conservent encore de six à vingt pour cent de leur poids de suint; et il est nécessaire de les soumettre à un .

nouveau dégraissage avanlrleur emploi.

Mais comme toutes les matières du suint , '

3 ui sont solubles par elles -mêmes , en ont éjà été séparées, il est indispensable, sur^ tout lorsqu elles sont peu chargée^ , d’ajouter au bain qui doit servir à le^- dégraisser une certaine quantité de savon ou d’alcali ; le savon qu’on emploie ordinairement est une combinaison de potassevet d’huile de navette ou jdê colza. Les laines ' traitées de la sorte, par une dissolution savonneuse et un peu d’urine , et lavées en^ ' suite avec soin, ne conserventque de légères traces de suint, et sont propres à reeevoir .' toutes les couleurs. Cependant , lorsque ' l’on se propose de les teindre ên bleu d indigo, comme cette teinture, qui;. rieuse lait pas^'à rébulbtion , est sujette à-se décharger -un jpeu par 1^ frottement, il vaut mieux , si Ton veut éviter^ cet ineon\;énient autant que p(Ésible ,les faire sécher de nouveau avant de les teindre ,Mes laisser en balle pendant quelque .tems ,' et ensuite, avant de les mettre, en teinture, les faire passer encore au dégrais. Cependant, comme cette pratique reiichérirait*

la IttaiAISSAftr ' ^

la: fai)ricatl9w , on ne la suit pas,, et l’inconvénient 'dont nous avons, parlé se fait peu sentir toutes les fois, que le premier déo'raissage a bien réussi. <

Si l’on réfléchit sur ce: qui se passe dans le dégraissage, on verra que la matière savonneuse des laines', en suint, suffit, avec une simple addition d’urine , pour rendre soluble toute la matière grasse qui ne l’est pas; mais^lorsq’ue- cette' matière savonneuse a été enlevée par un lavage à l!eau froide ou chaude , l’urine seule ne suffit plus pour* le dégraissage, et il requiert une addition de savon ou d’alcali.

Cette addition se fait toujoürs en raison inverse de la quantité de suint que les laines ont conservée. Il en faut à peine quand le lavage à l’eau froide a été fait grossièrement , et que les laines ,ont conservé de quinze à vingt pour cent de leur poids de suiht; mais quand elles ont été lavées à l’eau chaude , elles demandent jusqu’à dix ou douze pour cent de savon.' Cependant, de quel(pe manière que les laines aient été lavées, il est possible de les dégraisser sans savon , lorsque l’on a à dégraisser en même tems des laines en suinj:, parce que la .combinaison savonneuse que celles-ci abandonnent dans le

tlégrais', 'produit le même efiPet que le savon à l’égard' des^ autres. Il est inutile de dire que le savon .ne produit pas sur les laines le mauvais effet que lui attribue* Berlhollet , qui prétend qu’elles en sont altérées. Non — seulement une dissolution de savon à une température moyenne, ne les endommage en aucune sorte , mais elles ne souffrent pas même lorsqu’on suljstitue du sous— carbonate de potasse ou savon ; et l’on ne sera pas étonné de notre assertion , en pensant qne là- , plus grande partie, des laines teintes en bleu , est exposee pendant plusieurs heures' à l’action d’une dissolution alcaline beaucoup plus forte , et* à une température de 40* à 80® ; et que cepeii-»

dant ces laines conservent généralement plus de nerf après cette teinture qu’aprês toute autre. .

La quantité de suint dont les laines sont recouvertes est toujours en propor-' tion avec leur finesse. Dans les laines grossières, elles s’élève rarement à la moitié du poids de la toison , mais dans les laines fines , elle s’élève quelquefois à plus des deuxx tiers. Cependant-il faut comprendre dans ce déchet, ilne certaine quantité de matière terreuse et d’ordures . qui accom^ pagnent toutes 1er toisons. .

jA d'écrais^age '>

I^es laines après l’opération d\i dégraissdge ^ sont propres à recevoir la teinture ' ou,, à être ‘portées à la fil attire « mais au- ■^.jourd’hui on. teint en laine pour toutes les couleurs de la draperie , et on ne teint en pièce que pour certaines couleurs délicates dont la nuance serait ternie par lesapnrèts.

Du reste, le teinturier qui sait teindre en pièce , sait teiudre en laine et réciproquement ; il n’y a de différence que dans la manoeuvre, *et dans la quantité d’ingrédiens qui est proportionnellement un peu moindre lorsqu’on teint en pièce.

Dans la fabrication de certains 'tissus qui ne vont, pas au -foulqir, comme les 'sçbals et les tapis , la^ laine est filée en blanç , etipuis teinte en fil avant que d’ê- ^ tre employée; mais pour là teindre, il est néces.Saire de la, purger de l’huile de la filature, et c’est à quoi Ton parvient en . traitant le fil à la température du sang , humain , par tine dissolution de potassse ou de ^oude , à laquelle on a ajouté un ' peu de son .dans un sac ; au sortir de là , on . le. travaille dans une légère dissolution de sayon , on le rince bien et, il est propre à recevoir la teinture. . ,» • .

Les mérinos et plusieurs autres étoffes légères qu’on ne foule pas,^e teignent en piç-

ce. 11 ny aurait que du' désavantage à lés teindre en laine, parce qufe la teinture les pénètre suffisamment, 'et qu’en outre les couleurs qu’on leur communique, quoique assez solides ordinairement, relativement au tissu, s’altéreraient par le travail desapprêis. Du restej on les purge de l’huile de la filature avant' de les teindre, eu les passant entré de lourds cylindres cannelés, dans une cuve qiii contient de la te^re à fôuloir délayée, ou une légère diss®^^^*®*' calme. ^

Lorsque les étoffes de laine so^*^ destinées à rester en blanc , ou leur communique le ^derniçr degré de blanc^®^^’^ une opération qu’on nomme gUufrage.

A cet effet , ori les susp,end dans nn^ *^^*^*^” bre élevée , de manière que tou^^ leur surface puisse ‘être également expo^*^?

vapeurs du soufré, et on allume ensuite une éertaine quantité de celte sûbs^^^^® ’ dans une terrine., environ un centiè^®.

poids de l’étoffe. L’appartement étant b*^” fermé, l’étoffe reste exppsée aux vape^^* sulfureuses pendant plusieurs heures , elle est d’un blanc éclatant quand on retire. - ’ * * . •

i6 ■ «ôüiLLoiî . ^

BouiÛon àes^àims j ou leur combinmson

r avec le'IMlordant, ' '

On donne en teinture lé nom' dé bonil-^* Ion à l’opération ^ui a pour effet de com- Liuer le sujet âvéc le mordant. A l'égard des laines , cette opération s’effectue constamment à l’cbullition ; et nous allops ■ donner une idée, générale de la manière *■ - d’y procéder, comme' sî. c’était une opér. ration tout-à-fait distincte. Du reste , pour la ‘plupart des couleurs, de , la sdraperie , l’application du mordant a lieu eoncurrem- ' ment aveç. yellè de la matière colorante.

• L’aluij et le. tartre ^dnt les mordans lès plus employés dans la teinture des.

laines.^ qt nous les prendrons pour exemple de çe qui a lieu lors de l’opération dp bâillon, Du. reste , nous signalerons eu .

• leur place, l’emploi des autres mordàns.,

et une foule de pratiques particulières dont l'exposition serait prématurée en ce mo- 'm'ent. \ ' ' *

\ On est généralement en usage, dâns la teinture, d’associer l'alun et le tartre pour la

• prépaKatioh des étoffes destinées à recevoir des coiilcurs auxquelles ces m'ordans peu-' vent convenir; mais la proportion dans

laquelle on les emploie est très-variable, et nous allons présenter quelques réüexious qui pourront servir à se ‘conduire avec quelque discernement à cet égard. L’alun et le tartre, ensemble ou séparément, ont la propriété d’éclaircir la nuance des matières colorantes; mais leur effet n’est pas tout— à-fait le même en ce que l’alun , abandonnant une partie de son alumine , donne naissance à un composé nouveau modifié par une certaine quantité de cette substance, tandis que le tartre , s’il se combine^ avec la couleur , et s’il s’introduit dans le précipité qu’il détermine, ce n’est jamais qu’en quantité inappréciable , de telle sorte que son action n’est guère analogue qu’à celle de son acide. Ainsi, toutes les fois que l’on n’aura pas besoin de beaucoup éclaircir la teinte des matières colorantes , et de leur donner toute la vivacité qu’elles sont susceptibles d’acquérir, le' tartre ne sera pas nécessaire , et il suf-^ lira d’employer l’alun. Mais supposons qu’il soit nécessaire de communiquer aux molécules.colorantes, le plus grand éclat, comme cela se pratique communément pour les couleurs qu’on appelle simples , ou piour celles qui , étant composées , ne doivent pas recevoir une bruniture ; alors il faudra

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