‹ Art de se preśerver de l'action de la flammeChapitre 16 sur 20 · SUR LES SAPEURS-POMPIERS DE PARIS · texte numérisé non relu

SUR LES SAPEURS-POMPIERS DE PARIS

La ville de Paris n’a réellement eu de secours contre les incendies qu’en 1696. C’est sous le règne de Louis XIV que l’on construisit treize pompes à incendie-, en 1-722 , le Roi en porta le nombre à trente et créa le corps des Garde-pompes , et qui fut successivement augmenté tel qu’on le voit aujourd’hui. En 1 8 1 x , il reçut une organisation militaire 5 enfin, en 1821 , le Roi décida que ce corps faisait partie de l’armée.

Le corps des sapeurs-pompiers se compose de quatre compagnies de cent cinquante-quatre hommes; il fournit trente-deux postes dans la ville et treize théâtres. Chaque poste a une ou plusieurs pompes et tonneaux -, en très peu de temps , on peut réunir un grand nombre d’hommes, de pompes et de tonneaux pour éteindre le plus grand incendie, et jamais le feu n’étend ses ravages au delà de la maison dans laquelle il a commencé. Il est à remarquer que les murs restent debout avec leur cloison en bois , et que bien rarement on a à regretter la mort d’une seule personne.

Ce corps est journellement exercé dans les manœuvres des pompes, de l’infanterie et du gymnase.

L expérience avait prouvé que lorsque le feu prend dans un théâtre, les secours du dehors arrivent tou-

jours trop tard : on y a fait des élablissemens fixes. Ces pompes sont ordinairement placées dans des caves, de manière que les hommes qui travaillent soient à l’abri de tout danger, et puissent manœuvrer pendant tout le temps de l’incendie. Les pompes sont placées au dessus d’un réservoir, qui est rempli par les conduits d’eau de la ville. Un tuyau d’aspiration plonge dans le réservoir , et un autre tuyau d’ascension passe à travers les voûtes de la cave, va sur le théâtre et ensuite sur le comble. Ce tuyau, au lieu d’être continu, est pourvu, aux différens étages, d’un robinet à deux eaux , qu’il suffit de tourner pour que l’eau soit fournie à cet étage; à chacun de ces robinets est une vis sur laquelle est monté un boyau de cinquante pieds de longueur, au bout duquel est une lance. Ces objets sont enfermés dans une armoire, dans laquelle est placé un cordon-sonnette qui correspond à l'armoire inférieure , en sorte que si le sapeur placé à Pétage supérieur a besoin d’eau, il sonne à celui de l’étage au dessous; celui-ci en fait de même, et ainsi de suite jusqu’à la cave, où sont les travailleurs. Quand le feu est fini , on sonne un second coup , qui est répété de même jusqu’à la cave et qui fait cesser la manœuvre.

On ajoute à chaque armoire une hache , une éponge dont on se sert avec la main , et une autre attachée au bout d’une perche pour atteindre de plus loin , et, de plus, une perche au bout de laquelle est un croissant, pour couper les cordages et faire tomber les parties enflammées.

Indépendamment des secours dont il vient d’être parlé, on a établi des réservoirs dans la partie supérieure du théâtre , qui communiquent avec chaque étage au moyen de tuyaux de descente, fermés par des robinets, de manière qu’ayant toujours des boyaux montés sur des robinets placés dans les armoires dont nous avons parlé ci-dessus, il suffit de tourner un robinet, pour que l’eau y vienne; le jet que l’on obtient ainsi est proportionné avec l’élévation du réservoir.

Page 1