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S'il n'y a plus chez ces princes éphémères et atta-. chés à l’utilitarisme occidental de leur époque le mêrne élan créateur que chez les anciens dominateurs du pays, les boïars restaient encore des bâtisseurs très actifs. Plus d’une fois, chez les Valaques, ils refont les anciennes églises ruinées ou même perpétuent leur nom en élevant de nouvelles. Mais surtout en Moldavie ils ont l’ambition de donner des maisons de prière aux gens des faubourgs de la capitale ou à leurs sujets dans les villages. L'église du-boïar est os coutume pour presque tous les centres ruraux de la principauté. Et, comme, à cette époque, s'ils ne voyagent pas, ces nobles, plus ,aristocrates" que les Valaques et d'une dure fibre ambitieuse, s’ils ne voyagent pas dis-je, —car le prince, par précaution, le leur défend, — entretiennent des relations avec leurs congénères et parents entrés, après 1775 et 1812, sous le sceptre de l'Autriche, en Bucovine, et celui de la Russie, en Bassarabie, ils en empruntent le nouveau type d'église, blanche, totalement sans peiatures, sans Sculptures, bien entendu, aussi, mais de. .hautes proportions et réunissant au corps de l'édifice la puissant clocher, comme chez les catholiques du voisinage.
Mais ces mêmes boïars, presque occidentalisés par leurs précepteurs français, par la fréquentaticn des officiers, parfois extérieurement francisés, des armées . d’occupation autrichienne et russe et enfin par la lecture des livres, des journaux de l'Occident français, veulent avoir des châteaux à la campagne, des hôtels dans cette capitale que, même au risque de perdre leurs terres, comme pour la Bessarabie, ils ne veulent pas abandonner pour la province soumise à l'étranger. On aura donc, au milieu des grands jardins de Jassy ou bien adossée aux riches vergers de leurs propriétés rurales, la maison seigneuriale de la France, avec son large porche soutenant un balcon élégant, avec ses gracieux escaliers, ses salons précieux, ornés de glaces, ses boudoirs enfin, construction dont les . moindres détails, teintés le plus souvent d’ orientalisme persistant,
nous sont connus par leurs comptes minutieux, heureusement conservés. On en peut citer comme exemples le château des Ghica, près de Hârläu, à Deleni et toute une série de belles constructions, à Jassy, sur la rue qui mène aux bosquets de Copou, constructions dues aussi à ce Georges Asachi, poète et conteur, qui fut. un de ceux qui contribuèrent le plus,au début du XIX-e siècle, à familiariser la société moldave avec l'Occident, qu'il connaissait intimement par un long séjour à Vienne italianisée et francisée et en Italie même. Les marchands sont aussi, à côté de ces boïars, des fondateurs très actifs d’églises, surtout dans les deux capitales, mais aussi dans des villes de province, où ils ont ieur grande rue et leurs riches demeur:s, Parfois 11s aiment à l'être d’une façon individuelle ou par groupes. Très souvent, c'est la corporation, la breasla, qui crée, cette association médiévale d’une, si forte cohé- * rence, qui inspire à ses membres des devoirs moraux et religieux, qui les réunit au repas commun le jour: du saint qu'ils se sont choisis comme patron et dont il doivent bâtir ou au tnoins entretenir soigneusement l’église. Cette église est ordinairement solide et simple, mais, en Valachie, riche de peintures: les. murs sont recouverts, à l'extérieur même, du chatoyant tapis multicolore qui en fait la principale beauté. À Jassy ces églises ne manquent pas; Bucarest aux , trois cents“ maisons de prière abonde en. fondations de cette espèce : à Botosani moldave, l’église de $. Élie leur appartient. Il n’y a pas de catégorie, si humble et si pauvre fût-elle, qui ne tienne pas à se signaler de cette façon, s’enorgueillissant des fortes colonnes, des portes de fer, des belles veilleuses d'argent et des riches vêtements sacerdotaux de sa fondation. En Valachie, le style de Brâncoveanu, avec ses colonnes richement travaillées et les capricieux encadrements des portes et des fenêtres, se conserve, comme dans cette église des bouchers, Scaune, odieusement abandonnée et profanée à une époque où les formes morales du métier et du négoce ont fait place à des simples ordon- Le 6
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nances abstraites et administratives Les dalles sculptées se pressent, comme à l’église de Negustori, pour toute la corporation des fondateurs.
Çà et là quelque prêtre enrichi ajoute à cet ensemble sa modeste création à lui. C’est surtout à Bucarest qu’on l’observe Aussi, par dessus des réfections plus ambitieuses, l’église, et, par elle, comme à Venise, d’après l’ancienne coutume byzantine, le quartier lui-même, gardent le nom du pieux curé: Popa Rusu, Popa Nan, à côte de Manea Brutarul, le boulanger Emmanuel. C’est du moyen-âge, et, sans doute, du meilleur.
Mais ce qui est plus important pour l’art, et pour le sens de la beauté, si largement répandu jusqu'aux plus simples et aux plus pauvres, c’est que le métier des architectes, des sculpteurs et des peintres est des: cendu jusque dans les masses villageoises, d’une si : grande compréhension et d’un sitardive initiation dans ce domaine.
Jamais, malgré les théories sur la déchéance phanariote à la campagne, le village n’avait autant bâti. Partout se dressent, dans quelques semaines de travail hâtif et joyeux. chacun sachant qu'il a sa part dans l'offrande faite à Dieu protecteur, la petite chapelle au péristyle lumineux Aux murs sourient des peintures fraîches et naïves, On a pu dresser des listes de maîtres ruraux, travaillant încessamment d’un groupe à l'autre, pauvres gens sans école“, emportant dans la poche leur cahier sans cesse enrichi de découvertes faites en route — on en garde quelques-uns — et tout prêts à se mettre au travail en échange de l’entre-. tien et un peu de vin pour s’entretenir l'esprit, quelque monnaie s’y ajoutant plutôt pour la dignité du métier que pour le gain.
La corporation est si nombreuse qu’elle se déverse aussi sur les provinces voisines. La Transylvanie, qui n'avait jusque là, peintes par des artistes valaques elles aussi, que, à côté de $S. Nicolas de Brasov, refaite
à la russe et à la saxonne en même temps, avec les fresques originales de ses deux chapelles, l’église, un peu gauche, des marchands du XVIIe siècle à Inidoara (Huniedoara) et la belle fondation harmonieuse de Constantin Brâncoveanu à Fägäras, accueille ces étrangers“ de même religion et de même langue, qui finiront par y créer une école correspondante, du même »tolklore“ pittoresque, auquel on ne peut pas appliquer sans une injustice manifeste les règles sévères de la critique d'art. Combien sont devenues jolies sous leur main hâtivement habile ces églises de village, à Räsinari, à Oäliste, à Avrig, dans lesquelles il y a aussi un souci, bien transylvain, de la précision dans les détails, de la netteté dans l'exécution. Les procédés de cette peinture donneront aussi à la cathédrale, nouvelle, des uviates, protégés par le gouvernement impérial, à Bla;j,. qui a aussi uñe des plus riches iconostases, pareille à celles de Cotroceni, de $. Georges ie Nouveau de Bucarest, de S. Georges de la Métropole à Jassy, les remarquables peintures, seules conservées, de la coupole.
Mais, par dessus cette éclosion sans cesse renouvelée jusque vers 1860 à la campagne, passe dans les villes une mauvaise influence, créant aussitôt le désarroi, la confusion, de l'Occident mal compris et inadaptable à cette longue tradition byzantine.
D'abord, un peu partout, les hégoumènes grecs des couvents dédiés au Mont Athos, aux Météores, au Mont Sinaï, aux Patriarcats orientaux, ont l'ambition de | faire plus grand, en pierre, en marbre. On leur doit la destruction du vieux couvent de Märgineni, de l’église conventuelle de Välenii de-Munte en Valachie, de l’éelise des Sturdza, Bärboiu, à Jassy, de Vizantea dans les forêts des Carpathes, de quelques autres encore, Sans compter la nouvelle peinture prétentieuse, qui vient par des moines d'Orient, ordinairement, malgré leurs belle technique, sans inspiration et sans goût.
Puis, le romantisme des princes indigènes d’après 1834 se tourne, en Valachie surtout, vers un passé
qu’on entend embellir. Les princes Georges Bibescu et : Barbu Stirbei font travailler un peu partout des architectes, des sculpteurs de Vienne. Ils ont remplacé par une bâtisse quelconque l’église des Craiovesti à Bistrita d'Olténie, ils ont mutiié Tismana, ils ont changé l’église de la Cour à Bucarest, ils ont donné une iconostase et des stalles gothiques à la nécropole de Dealu. La liste de tous leurs méfaits ne devrait pas s'arrêter là. Seul Alexandre Ghica, dont cependant le pompeux tombeau de marbre à Pantelimon encombre de sa masse la petite chapelle des ancêtres, recommandait, lorsque, vers 1850, on lui proposait de rajeunir aussi Arges, d’être très attentif à la vieille beauté délicate de ces vieilles fondations. En Moldavie. où déjà les Autrichiens avaient travaillé à l’église de Bauu et à la Métropolie, Michel Sturdza, consacrant Frumoasa à sa famille, lui imposait un caractère semblable. Les nouvelles maisons des villes, bâties à la saxonne, avec leurs façades nues et leurs fenêtres de côté, viennent du même courant: tout le pittoresque d’auparavant en fut détruit.
Ceci ne suffisait pas. Avec le règne, fructueux sous le rapport national et social, du prince Cuza, la sécularisation —bien intentionnée, mais hâtivement accomplie par un gouvernement nettement anti-clérical—, abandonna à la ruine bientôt menaçante maintes fondations anciennes dont leur moines étrangers avaient dû quitter le pays, non sans le laisser emporter les documents les plus précieux. Méprisés par une génération élevée à l'étranger et sans aucun sens pour le long développement d’un art si intéressant, ces monuments, sauf quelquefois l’église, laissée aux paysans, ne furent bien- : tôt qu'une triste image de la désolation voulue.
Sous le règne d’un prince bâtisseur, respectueux des traditions et d’un profond sentiment religieux, comme Charles T-er, il en fut autrement, mais l’ancien art roumain ne devait pas en profiter beaucoup. Car, après le fantaisie ambitieuse des Grecs et la bonne volonté
fourvoyée des princes du ,Règlement Organique“, on eut l'application à quelques-unes des églises heureusement sauvées de ces procédés du système de Viollet le Duc: destruction, polissage, réfection et ..embellissement“. Leconte du Noùy, sous les yeux d’un Odobescu, archéologue distingué, délicat conteur, mais d'éducation étrangère, travailla de cette façon, malgré la, protestation véhémente du peintre Aman, à l’église épiscopale d'Arges, transformée à l’intérieur dans une espèce de palais magique“ resplendissant d’or et parsemé sur les membles d’un style invraisemblable, de cabochons multicolores, alors que la peinture, due au frère de l'architecte, prodiguait des aigles à la prussienne et des figures de princes mièvrement doucereusés. Puis aux Trois Hiérarques de Jassy, à $S. Démèêtre de Craiova, à la Métropolie de Târgoviste, détruite à la dynamite et refaite en briques rouges comme l'odieux palais épiscopal, puis royal d’Arges,
Les élèves du maître français et leurs contemporains créèrent sous cette influence le faux ,,style roumain“ qui envahit les villes. Avec ses tours dénuées de sens, ses balcons sans utilité accrochés sur toutes les surfaces, ses lourdes colonnettes trapues, ses fenêtres étroites, le tout recouvrant la plus mauvaise distribution intérieure, il ajouta sa laideur à celle des banales constructions officielles ornant les rues nouvelles des sous-préfectures. Rarement un talent comme celui d'un Mincu ou de M. P. Antonescu essaya-t 1l d’enrayer l'invasion du miuvais goût, encore dominant dans l'architecture du pâté de pierre largement prodigué et et de la villa transportée sur les boulevards à peine taillés.
On ne pouvait plus penser à la sculpture, pour laquelle, à une époque installant les héros du passé et ceux, discutables du présent, sur les places publiques qui devaient être ouvertes autour des églises, délaissées, on s’adressait à des étrangers (des Français, Frémiet même, pour les statues d’Étienne-le-Grand, de Michel le Brave, de Jean Brätianu). Heureusement :
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la peinture échappa à cette passion de vulgariser à côté des traditions vénérables et des nécessités locales,
Avec un Georges Lecca en Valachie et un Asachi en Moldavie elle s'était mise à l'apprentissage de l'étranger, mais en accommodant les leçons qu'elle en recueillait aux besoins de la société contemporaine. Jusque là il n’y avait eu que le portrait, rapproché de celui des saints voisins, des fondateurs d’églises ; Aans tel cas le peintre religieux s’essaye à rendre la réalité des figures sur des planches comme celles des icônes. Quelque boïar s'exerce à peindre ses contemporains. Des étrangers émigrés, comme le Tchèque Chladek, rendent les doux yeux et les barbes soyeuses, les larges vêtements fourrés des boïars préoccupés de laisser le souvenir de leur aspect physique à leurs héritiers. On ne tend pas vers l'art, et, en dehors de quelques scènes historiques naïvement groupées, on s'en tient à ce portrait commandé par l'aristocratie et les marchands.
Puis surgit en Valachie un vrai peintre, curieux de sujets, amateur de pittoresque, capable de rendre le mouvement. Théodore Aman, fils d’un marchand macédonien hellénisant, établi à Craiova, où il fit fortune, devenant boïar et seigneur terrien, cet enfant d’une femme déjà vieillie, et dont la naissance fut considérée comme un don divin, se forma à Paris, à l’époque de la guerre de Crimée, dont ïil recueillit sa bataille d'Oltenita, dans le genre d’un Vernet ou des tableaux officiels destinés à glorifier les victoires du second Empire. Mais, revenu dans le pays, il s'intéresse à tout ce qui est nouveau dans le passé ou dans le milieu contemporain, religieux ou paysan. Il peindra, sans trop de sens pour la couleur, dans un honnête ton terne, le supplice de Brâncoveanu à Constantinople, la cérémonie du Vendredi saint à Bucarest, le Tzigane à l'ours, les scènes et les types de la campagne valaque. Et, à côté, en Moldavie, un oublié, parce qu'il fut un simple et un modeste, Stahi, continuant un Balthazar Panaïteanu, rapportera de Munich une profonde
connaissance des moyens de son art, jusqu’à l’eau-forte de ses copies d’après les tableaux des maîtres, et il accumulera dans sa médiocre demeure des travaux d'un art consommé qui ne furent jamais exposés. Puis, voici que ,la lumière se fait“. Peintre d'église et de portrait, disciple de Chladek, Nicolas Grigorescu apprend à Barbizon le sens du plein air, des dégradations et des synthèses de la lumière, qui sera désormais sa principale préoccupation. Après des toiles la borieusement faites en France, il revient chez lui, dans sa Prahova souriante qui, sauf une excursion parmi les Juifs des bourgs de la Basse Moldavie, le retiendra pour la vie, dans sa maïisonnette de Câmpina, pour y découvrir ce que dit la lumière des vallons, des orées, des plaines valaques, où le soleil traverse le fin brouillard des grandes forêts et l’insaisissable pointillé des. poussières de grandes routes. Il sera l'interprète aérien et profond de cette nature qui se révèêlera par lui aux siens aussi. Et, lorsque la figure humaïne le préoccupe, ce maître du portrait, re peintre de batailles qui en saisit, comme Vérechtchiaguine, mais sans la révolte contre les fatalités des massacres, le drame individuel des grandes mêlées, s'arrêtera de préférence sur le paysan qui s’attarde sur le chemin dans son char à boeufs, sur la bergère fluette dévidant le fil de son fuseau entre la mousse blanche et grise de ses brebis. Il ne faut pas opposer au mage souriant, que les modernes dévoyés aiment si peu, la touche âpre et triste de cet Andreescu qui dans ses toiles l’ancestrale mélancolie du Nord moldave Ils sont du même bateau et remplissent chacun de leur côté la même oeuvre artistique et représentative. Un autre sens de la couleur. plus variée, plus capricieuse et plus réelle, sera trouvé seulement par ce Moldave, Luchian, immobilise dans son fauteuil de malade, qui crée à nouveau de son lointain souvenir ce qu'il ne peut plus revoir ou arrête son élan douloureux vers la nature aux humbles figures familières, aux fleurs écloses sur le rebords de
sa fenêtre: tout un poème de résignation bre tenant à la tragédie de sa vie emprisonnée,
Puis les tâtonnements d’une époque déséquilibrée ou au moins désaxée commencent: on cherche ailleurs, sauf chez les meilleurs, un Pätrascu, un Steriadi, un Ghiatä., un Burada, ce qui est avant tout dans le sens intime de l'artiste lui servant à comprendre les réalités environnantes. D'un beau mouvement de hardiesse Stoica a consigné sans l’augmenter de sa personnalité ce que ces réalités de paix et de guerre, de campagne surtout, lui ont présenté.
La littérature patrounée par les princes suit le même chemin que l’art Parmi les successeurs d’un Nicolas Maurocordato et d’un Grégoire Ghica pas un n'a l'ambition d’un corps de chroniques auquel se: rattache l’histoire de leur propre famille. Ils ne feront pas comme Nicolas, qui mit en mouvement la plume de son secrétaire Auxentius, ou comme Grégoire, qui excita au travail un Amira, auteur d'histoire dans les deux langues de son époque. S'il y a encore des biographies de princes, elles ont un caractère rhétorique, et sont dues, comme celle de Constantin Maurocordato par Depasta ou celle de Nicolas Maurocordato, à quelque secrétaire de grec ou à quelque didascale. Pauvres gens nommés aujourd’hui, chassés demains, revenus parfois, au prix de lourds sacrifices, sur leur trône passager, eux, qui ne pensent pas à se creuser une tombe en terre roumaine, ont tout aussi peu le souci de la réputation qu ‘ils doivent laisser dans le pays sur lequel ils ont été appelés, un moment, à régner. Nous n'avons aussi rien sur un homme de l'intelligence, de l'énergie innovatrice d’un Alexandre Vpsilanti ou d’un Alexandre Movwrousi.
-Les boïars auront-ils plus d’élan vers cette littérature qui conserve le souvenir de la vie? En Valachie, nous rencontrons un seul nom, mais c’est une apparition exceptionnelle que rien n’a préparé et qui ne sera suivie par rien de semblable. Poète à ses heures, comme
* on le verra: plus loin, lenächitä Väcärescu, boïar de race, pas cependant de trop vieille souche, qui a fait à un de ces médiocres princes ,,grecs“ OHHeILE d’'épouser sa tille, écrit, comme il sait aussi le turc à côté du grec et de l'italien, l'Histoire des empereurs ottomans, lourde:compilation, pleine de termes grecs, dans laquelle il intercalera ses propres mémoires, avec ce curieux voyage de Transylvanie au cours duquel l’avisé porteur d’ichlic parlera à l’empereur Joseph, à Brasov, comme un Romafn à son César. Beaucoup moins doué, avec une mentalité vulgaire, un Dumitrachi le Stolnic s'évertuera à consigner mois par mois, jour par jour les moments de la guerre dénuée de sens pour nousmêmes que poursuivent. jusqu’en 1774 SUT le territoire roumain Russes et Turcs.
Il ny a pas ici un courant de littérature politique. . Il en est autrement en Moldavie. Ici, les boïars créent les princes, les renversent. Tout un parti aux allures de conjurés, lié aussi à la franc-maçonnerie que pratiquent, et prêchent des clercs mêmes, poussent à la mort, par l'arme des Turcs, un Grégoire Callimachi et ün Grégoire Ghica qui, celui ci, ne fut guère victime de la défense envers les Autrichiens de l'intégrité de sa Moldavie. Dans ce ‘pays.où les anciennes familles sont très actives dans l'affirmation de leurs droits, si un Ienachi Kogälniceanu,se contente de noter sans aucun jugement, quelque chose de la passion d'un parti de politiciens transparaît dans les pages de délation et d’injustice de ce riche Ionitä Canta (Cantacuzène) dont les notes de ménage nous ont permis de jeter un coup: d'oeil sur la vie intérieure d'une des mieux ordonnées parmi les exploitations moldaves.
Ces boïars ne font pas de littérature, sauf des cas tout à fait exceptionnels, aussi parce qu ils ont de la lecture dans d’autres langues aussi Il y en a autant dans la littérature grecque moderne, déchue, figée dans le pédantisme, manifestation d’un peuple fatigué et méprisé par ceux qui, .en face de ces intrus, étaient chez eux. Mais maintenant il y a pour initier dans la lan-
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gue française, partout dominante, les précepteurs venus de la France du vieux régime, les officiers des armées d'occupation, Autrichiens et Russes, sauf le cas où ces derniers appartiennent à la rude espèce d'un Souvorov, et surtout les romans, les écrits théoriques, les véhicules de ,philosophie‘“, les journaux que distribue à chaque arrivée de sa poste l'Agence d'Autriche, habile au profit, dans ce domaine comme dans les autres. Les bibliothèques des boïars de cette époque. si elles accueillent aussi les Aventures du chevalier de Faublas et quelques écrits pareils, contiennent en plus grand nombre les ouvrages les plus caractéristiques de la littérature française à cette époque: elles sont la meilleure recommandation d’une société envers laquelle trop longtemps on a été souverainement injuste. Entre Grecs et Roumains, cohabitant datis les Principautés, ons ‘entend pour ne plus être soi-même.
Parmi: le clergé; iliyhen a/tetonnts vu, qui ne re- culent devant aucune des hardiesses de la pensée militante des Occidentaux. L'’évêque Césaire de Râmnic, ayant demandé au grand négociant roumain de Transylvanie qui était son correspondant pour les relations avec l’,Europe“ l'Encyclopédie, refuse d'accepter l’inoffensif Journal Encyclopédique : il veut la pierre d’achoppement de toute foi religieuse. Mais, à côté d'eux, parmi ces moines qui correspondent aux ere. catholiques, parmi eux et pas dans les cellules des lointains religieux solitaires, un grand et fécond travail est poussé incessamment pendant trois quarts de siècle. Il sera continué aussitôt dans les nouveaux couvents dûs à l'initiative d'un étranger, le R'sse Païsius Vélitchkovski, à Ceruica, près de Bucarest, à Neamt, dans l’ancienne fondation des princes du XIV-e et du XV-e siècle. Il y à là bas jusqu’à de modestes religieux sans études scolaires qui peuvent, tel Macarius de Cernica, rédiger un de ces dictionnaires en plusieurs langues dont s’enorgueillissait l’érudition du X\IIl-e siècle. Les Ménées, contenant dans chaque volume l'office de tout un mois, passeront en roumain à une époque où
on entend la liturgie dans la langue même du peuple. Les Vies des Saints auront, à Neamt, une nouvelle et riche version roumaine. Il y a là dedans de quoi bien nourrir l'esprit des bons lecteurs pieux, qui ne veulent plus des contes d'aventures dans un temps où on vit très docilement sous les ailes protectrices du pouvoir princier. Mais surtout on transpose en roumain, avec une grande habileté, la littérature théologique des Grecs, qui n’est au fond que la dernière forme de la pensée antique. De cette façon se forge le phrase nouvelle, la période longue et harmonieuse qui représente un si grand progrès envers le style du passé et que la littérature laïque ne saura pas assez employer.
La littérature roumaine n’est pas, ordinairement, le fait des marchands, dont on connaît très bien la vie, aussi par des mémoires comme ceux de ce Théodore Vârnav qui, fils de boïar et futur grand propriétaire en Bessarabie, fit des années d’apprentissage inutile à Bucarest dans telle boutique dont il soutira de maïgres profits illicites, cruellement punis selon la règle des corporations. Le boutiquier de vieille mode lit le Psautier et les Vies de Saints, quelque naïf livre populaire publié en Transylvanie, où l'imprimerie se permet de ces éditions ; tel autre, au long habit noir et portant fièrement la haute cravate à l'allemand, est client de l’agence autrichienne, distributrice de livres et de gazettes. Les fondateurs de modestes églises ne seront pas aussi les patrons d’une littérature correspondante.
Au dessus de toute cette vie des classes plus aisées il y a cependant le fort courant de la tradition populaire.
Si on n’a pas d'histoire chez les privilégiés, le peuple chante sa ballade. La poésie épique jouit d’un splendide renouveau qui initie mieux que tout autre témoignage dans les réalités d'âme de l’époque. On ne célébrera plus les hauts faits des princes, qui n'en sont plus capables, mais aussi parce que à la place des aèdes de jadis il y a, aux repos copieux de la Cour, les bouffons trivials à la façon constantinopolitaine ou
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bien, se succédant, les bruyants musiciens turcs et les violonistes allemands d'importation. Ceux qui donnent des sujets aux chantres paysans dont les vers seront entendus dans les cabarets de grande route ou dans les repaires de la forêt sont les haïdoucs, les brigands philanthropiques et ,nationalistes", qui dépouillent le riche, l'étranger, qui font le coup de fusil contre le gendarme, quitte à récompenser et à veuger leur frère paysan, accablé par les impôts et opprimé par les agents d’une administration corrompue..Il sera question de Bujor qui «tient par la main» les «deux fillettes qui lavent la laine dans le ruisseau», de Ghitä, le «petit soldat autrichien» (Cätänutä), de tel autre qui, dans sa prison, les fers aux pieds, mangé par les poux, rêve des taillis reverdis qui à l'ouverture du printemp; l’attendent impatiemment. I1 y a là-bas toute une “histoire de la révolte permanente contre un ordre d'État à la byzantine dont souffre une nation accoutumée à l’autonomie patriarcale. En Transylvanie, en Bucovine, puis des dizaines d'années plus tard, dans les Principautés aussi, il y a, à côté, la protestation mouillée de larmes contre les recruteurs, envoyés par l'empereur ou par le prince, qui prennent les gars du village, leur coupent les longs cheveux et font DIRE mères et fiancées.
Ce patriarcalisme paysan passera dès lors, pour la Transylvanie, dans la littérature plus élevée, et même dans l’érudition. Le régime impérial catholique, régenté par les jésuites, y a remplacé, dès le commencement de ce siècle, l’envahissant calvinisme des princes magyars On a besoin des masses roumaines pour les opposer aux nobles réformés, aux bourgeois luthériens des villes saxonnes. Pour les gagner on est disposé en haut lieu à leur accorder des privilèges et des honneurs, dès croix, des titres de barons d’Empire, des chaînes au portrait de Sa Majesté pour le haut clergé. des dîmes pour les curés, et pour la foule des agriculteurs et des pâtres peut être mème sur le papier une vague parité constitutionnelle avec les anciens maîtres exclusifs. On
crée une résidence convenable pour l'évêque installé dans un château de prince et on le nourrit de riches revenus. En même temps des écoles s'ouvrent pour ces fils de plébéiens ,valaques" dénués de droits jusqu'ici ; à Nagy-Szombâth, à Presbourg, à Pesth, à Vienne, à Rome même.
Ils en sortent ayant pour les écoles, à plusieurs degrés, des Uniates de cette bourgade épiscopale de Blaj, des connaissances approfondies de latin, une solide initiation théologique, des idées plus ou moins «philosophiques». 1ls se sentent, comme leurs compatriotes saxons et magyars, le devoir de donner à leur nation, dont la dignité romaine doit étre réveillée, des grammaires, des dictionnaires étymologiques, des études sur leurs origines et leur développement historique. Maïs un Samuel Micu (le Petit, dit aussi, comme son parent, l'évêque baron: Klein) écrira l’histoire de l’humble Église de sa nation et il y mêtera ses souvenirs de séminariste nourri d'huile et de haricots les jours de jeûne, fréquents, le véhément Georges Sincai, dans sa chronique qui coud ensemble les témoignages étrangers les plus précis avec des violences de langage contre ses supérieurs mêmes en tant que moine, comme dans une dispute rurale, et dans sa grande dissertation sur les débuts romains de sa race Pierre Maior montrera bien le curé de village qu'il est, souriant à ses ouailles. Si Jà-bas il n’y a pas d'autre chanson que celle de quelque . brigand du côté où se sont livrées les luttes entre Jes Impériaux et les partisans du dernier rejeton de Îa dynastie indigène des Räkéczy, ces récits aussi naïfs qu'érudits en tiennent en partie la place.
Même dans les Principautés cette inspiration populaire, si- fraîche et si variée, gagne du terrain, son influence grandissante s'élève parfois jusqu’à la poésie des lettrés, si pauvre, si sèche, si froidement banale, qui en gagne un étonnant air de jeunesse. Ainsi cet lenächitä Väcärescu, qui a fait des vers, non pas pour “exprimer une passion ou faire parler une tendresse de son âme, mais pour donner dés modèles de prosodie et
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de métrique dans sa grammaire laborieusement compilée, se met-il au pair des chantres ruraux lorsque, en passant par déssus le madrigal français, imité aussi par les Grecs de l'époque, il chante les louanges de la Vierge. I1 n’y a pas jusqu’au Moldave Constantin Conachi, lourd imitateur de Pope pour l’'«Essai sur l'homme» et rimailleur d’imaginaires passions désespérées, qui n'ait l’air d’un vrai poète par la grâce de Dieu lorsqu'il écrit sur un bout de papier les deux vers, destinés à ne pas être publiés, sur «la prairie qui crie bee un faon perdu». |
Ce qui était pour Väcärescu et Conachi seulement une invitation à varier le ton de leur poésie d'’allure archaïque devient dans quelques années, lorsque la littérature occidentale est rénovée par le romantisme, la grande vague envahissante. On part de Lamartine, de Hugo, de lord Byron pour ouvrir un autre chapitre d'activité littéraire.
L'originalité de l'inspiration aurait pu succomber à la comparaison s'il n'y avait pas eu dans ce romantisme lui-même une orientation décisive vers les grandes sources vivifiantes qui sont la vie populaire et le passé historique.
Se soumettant à ces indications, Grégoire Alexandrescu, le plus grand des poètes valaques, cependant formé dans l'esprit classique français et incapable de créer la chanson d'amour dans laquelle il s’est longuement essayé, se renouvelle par l’histoire dans son évocation du vieux prince guerrier Mircea à son tombeau de Cozia, devant la large rivière de l’Olt dont ,,les vagues écumeuses frappent en cadence l’ancien mur du couvent“, et les leçons de La Fontaine seront retrempées dans ses fables par le contact avec tout ce que la société contemporaine présentait de contrastes et de conflits, jusqu” à ce «(boeuf comme tout les boeufs, faible de sens», qui refuse, dans sa grandeur actuelle, de reconnaitre son neveu, le veau qui se recommande comme
«fils de madame la vache», al Doamnei vaci fiu. Si
Bolintineanu, le chantre du Bosphore et des ,Macédoniennes", langoureux, négligé et insipide, a pu se maintenir peudant longtemps, étant le poète favori des belles dames de Bucarest, l’oreille bercée de son rythme, il faut l'attribuer aussi aux sujets historiques qu’il a, du reste, très superficiellement exploités à une époque où c'était la seule chose qui pouvait encourager: Nicolas Bälcescu se réunissait, du reste, à un solennel érudit transylvain, Laurian, pour publier dans son ,,Magazin historique“ les écrits des chroniqueurs de la Valachie. Alexandre Odobescu, fin esprit aux recherches de style heureuses, en tirera le sujet de ses nouvelles, «la princesse Chiajna» et «Mihnea le Mauvais». Et, dans cette même principauté, Jean Eliad, né à Târgoviste, la capitale déchue, aux éloquentes ruines, chantées déjà par l’élégie du Millevoye roumain, Cârlova, Eliad, ce fils de très petit fonctionnaire élevé dans unmilieu de faubourg, aux habitants presque paysans, ce polygraphe inlassable qui fut le régert de la littérature de son époque, à laquelle il donna un style néologique, des règles et des modèles, conservera toujours deux grandes qualités populaires: la verve moqueuse, n'épar gnant rien et personne, et le talent de l'anecdote finement détaillée.
En Moldavie, Georges Asachi, un grand poète, avait rapporté de l'Italie d’un Monti le sens du vrai classicisme nourri du retour courageux à l'antiquité ; 1l avait commencé par chanter, dans des formes d'une solidité marmoréenne, en pèlerin passionné a]
Un Roumain de Dacie vient aux ancêtres baiser Les cendres de leurs sépulcres et apprendre leur vertu —
Rome. et !l’,heureuse“ Italie, ,jardin du monde“. Les vieux princes et les légendes phantastiques ne le laissèrent pas indifférent, mais sa supériorité culturale était trop grande pour pouvoir saisir l'essence intime des sujets qui l'avaient attiré. La chronique moldave ne fut connue que lorsque Michel Kogälniceanu, cependant élève du collège de Lunéville et de l’Université de
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Berlin, la réunit dans ses trois gros volumes dont l'éditeur fut le premier à s'inspirer, en même temps que le délicieux conteur, d'esprit si classique, qui fut Constantin Negruzzi, dans son , Alexandre Läpusneanu“. Un Alexandre Rousso alla cueillir dans. les Carpathes la fleur sauvage de la chanson paysanne, et un poëte grand par la largeur et la continuité de son oeuvre plus que par sa sincérité et sa profondeur, le favori de trois générations successives, Basile Alexandri, la rendit acceptable aux salons d’une boïarie nationaliste, avec ses. doux amants, ses amantes qui roucoulent comme dans le Pastor fido, avec ses chevaleresques haïdoucs et ses maguifiques Voévodes, allant jusqu'au drame historique à la façon de Hugo (Despote, La fontaine de Blandousie, Ovide), en même temps que dans les” comédies fugitives de sa jeunnesse. il donnait d'ironiques esquisses contemporaines qui ne mourront pas-avec leur époque. Mais pour la verve mordante et la malignité rurale il n'y aura pas un pendant d'Eliad.
Dans la nouvelle génération, que: chercha à grouper la revue de la société ,, Junimea“, les Entretiens litté- : raires (Convorbiri literare), dans les colonnes de laquelle une lézère influence germanique contrebalançait la ten-. dance à asservir la littérature roumaine aux formes mal comprises et gauchement imitées du romantisme français de la dernière -phase, il y eut une recrudescence de sujets populaires, présentés d’une façon naturaliste plus crue par le conteur moldave Jean Creangä, fils de paysan sous la montagne, diacre et prêtre bientôt défroqué, d'une autre, un peu banale, par le Valaque Ispirescu, collecteur de contes populaires, ou même par. le profond observateur que fut l’auteur de comédies . J. L. Caragiale, inimitable créateur de types, de l'épicier garde-national et de l’agent électoral au préfet politicien et aux dames prétentieuses et bétes de ecette mème société, pour que sa maturité s’essaye ensuite au sombre drame paysan tolstoïen dans la Méprise judiciaire (Näpasta) et dans ses brèves.et impressionnantes nou-
velles. Avec cela il ya un grain de profonde sagesse pay-
comme dans les récits du Transylvain Jean Slavici, dont
le talent discipliné est toujours dirigé vers de hautes
préoccupations morales, alors qu’une poésie archaïque se dégage des nouvelles, plutôt des souvenirs, du Moldave, fils d’un boïar de province, Nicolas Gane.
Mais, si dans Alexandri il y a la note, agréable, bien que sans profondeur, d’un peintre comme Théodore Aman, la vision merveilleusement vraie d’un Grigorescu trouvera dans la poésie un correspondant de la plus haute signification esthétique et philosophique, en même temps, dans Michel Eminescu.
Fils d’un simple f:rmier, de souche paysanne et d’une femme appartenant à la petite noblesse campagnarde, élève des écoles autrichiennes de la Bucovine, mais aussi de celles, d'un roumanisme archaïque pour des
jeunes ruraux, de la transylvaine Blaj, souffleur d’une
troupe ambulante d’abord, errant à travers le pays pour arriver à parfaire ses études à l’Université de Vienne, qui réunissait des Roumains des toutes les provinces, homme de génie que devait épuiser qusqu'à la folie, déterminée aussi par une tare heréditaire, le journalisme politique, îl partit de la muse populaire pour s’élever aux cimes plus hautes de la pensée humaine. Dans le style le plus laborieux et le plus simple, tantôt sémillant de tous les reflets du soleil de sa patrie, tantôt oppressé par les grandes mélancolies ancestrales de sa race moldave, il pleure avec les forêts qui s’en vont, implorant l'épée du grand Étienne contre l'étranger exploitateur, il se raidit comme le vieux Dace contre les fatalités de l'existence, il entrevoit dans ses rêveries exotiques le Nil traversant le désert d'Égypte, il s'arrête aux plaintes de la Mer contre les vieux murs de la
, Venise morte“. Il s attaque avec véhémence aux vices de son époque ; il marie la légende funèbre du beau roi de Avars au visage de mort, chevauchant à côté de sa fiancée vivante, à la scène de noces, délicieusement pastorale, comme un écho du ,Rêve d’une nuit d'été“, du chevalier paysan Cälin; il résume ses
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aspirations vaines de dieu vaincu dans son amour par la banalité des caprices féminins du monde dans sa parabole de , Lucifer", astre désormais éternellement serein et froid.
Dans ceux qui vinrent après, 1l faut faire une place spéciale au Valaque, né dans les faubourgs de Bucarest, où se continuait le milieu paysan, d’un instinct du pittoresque rural le plus fantastique, qui se fit appeler Delavrancea. Dans la légereté de sa touche de coloriste, dans la sveltesse de ses caprices d'artiste, dans son mysticisme bizarre, dans son charme maladif, si pénétrant, il rend, ce nouvelliste qui fut, lui aussi, journaliste et homme de parti, la note de Luchian, précisément à la même époque.
Le courant des récits populaires continuera dans une nouvelle génération par un Sadoveanu en Moldavie, un Sandu Aldea en Valachie, un Agârbiceanu en Transylvanie. Mais, pour la synthèse poétique d’une époque nouvelle, — malgré la douce forme émue d’un Alexandre Viahutä. la vigoureuse révélation de l’âme paysanne transylvaine par ce grand artiste de la forme classique qui fut Georges Cosbuc, esprit ouvert, du reste, à toutes les imitations littéraires de l'Occident, et le modernisme compliqué, de tendance politico sociale, à sujets souvent ruraux, non sans une influence de la nouvelle poésie lyrique magyare, d’un Octavien Goga, — on l'attend encore.
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N. lorga, Art et littérature des Roumains
Église valaque-type du XVII-e siècle, d’après un tableau.
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Campanile d'église valaque du XVII-e siccle, | d’après un tableau.
N, lorga, Art et littérature des Roumains
Entrée dans une église du XVII-e siècle, d’après un tableau.
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