‹ Art et littératureChapitre 23 sur 40 · MAURICE BOUC HOR · texte numérisé non relu

MAURICE BOUC HOR

venir s'y jeter, ces sources, comme des cours d'eau à la mer. Légendes de tous pays, mythologies et féeries de toutes origines se mêlent et se fondent dans ce creuset immense que Taine compare à un gouffre vertigineux, a Là, les feux follets, les sylphes, les gnomes, les trilbys, les esprits évadés des contrées boréales, folâtrent amoureusement avec les nymphes et les naïades accourues des bois d'Italie. » Bien mieux, la tradition païenne et la tradition chrétienne se réconcilient comme dans un embrassement. Il y a des « Seigneur Jésus! » et des « Par Notre- Dame! » dans ces chansons, dont Tune célèbre Orphée, l'autre, Junon, patronne du mariage :

Junon pour diadème a le saint hyménée, Lien d'or, chaîne fortunée...

Est-ce pour figurer cette abondance variée, ce déchaînement d'imagination, cette fantaisie si folle et si riche, que M. Maurice Bouchor a encadré son volume de vignettes si capricieuses : paysages chimériques où devisent à table de belles dames et de jeunes seigneurs, batailles de rêves où une artillerie lilliputienne foudroie une cavalerie empanachée, apparition d'anges audessus d'une procession qui enguirlande une

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