‹ Art poétique: Connaissance du temps; Traité de la connaissance au monde et de soi-mème; Développement de l'égliseChapitre 1 sur 10 · Art poétique: Connaissance du temps; Traité de la connaissance au monde et de soi-mème; Développement de l'église · texte numérisé non relu

Art poétique: Connaissance du temps; Traité de la connaissance au monde et de soi-mème; Développement de l'église

PRÉLUDE. — Interprétation de l'univers et de la fig'ure que forment autour de nous les choses simultanées.

I. DE LA CAUSE. — Définition par l'idée de continuité. Analyse de l'idée Je cause. Le couple du 5ajet et du moyen. Exemples et classification. Comparaison avec le couple, majeure et mineure, du syllogisme. Le sujet n'implique pas le moyen et ne le commande pas. Des formes, pas de lois. Eternelle nouveauté de toutes choses. Leur répétition indique l'importance suprême et sacrée que le Créateur leur a conférée, comme à des mots de l'éternel vocabulaire. Chaque chose n'a de nécessaire que son existence. Discussion du Mécanisme, absurdité du mouyement perpétuel sans but que lui-même. Résumé :

le sujet n'a pas de programme par lui-même et ne le trouve que par la détermination à un certain efFel que le moyen lui confère. La différence g-énératrice.

II. DU TEMPS. — L'espace ou le dessin fini, le temps ou le dessin qui est en train de se faire en ua mouvement universel qui est le ternes. L'univers est une machine à marquer le temps. Comparaison avec les horlog-es humaines: le mouvementée régulateur, l'inscripteur. Le mouvement primitif est toujours de et non pas vers. Double temps de tout mouvement, impulsion e.xtérieure, tendance au retour. L'échappement solaire. L'origine du mouvement est le frémissement de la matière au contact d'une réalité, différente, l'Esprit : la peur de Dieu. Tout ce qui est mouvement est temps et sert à l'indiquer. Le temps considéré comme continuité du mouvement, ou durée- Modes et phases du temps. Suite et avancement dans la durée. Le passé est la somme sans cesse croissante des conditions du futur, qui est donc toujours nouveau et inédit.

III. DE L'HEURE -l heure en moi que j'indique et que je sais, non pas seulement dans le temps, mais dans la durée. Ce mouvement même dans uo cœur dont les horizons en perspective autour de lui ne sont que les reporteurs et les traducteurs concentriques. Mon intention dans le dessin total. Connais-

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sance que j'en ai. Connaissance de mon rapport «ux choses et des choses entre elles sous le seul rapport de leur simultanéité. La Cause Harmonique ou mouvement qui règle rassemblement des êtres à lel moment de la durée. C'est l'Art Poétique. La nouvelle Logique, ayant la métaphore pour expression. Toute chose, en dehors de sa réalité propre, et du fait du rapport infini qu'elle entretient avec toutes les autres, a une valeur de signe du moment de la durée auquel nous sommes parvenus.

CONCLUSION. — Le Temps est l'invitation à mourir, -le moyen qui permet aux choses d'avouer en expirant leur néant dans le sein de leur Créateur.

Ce n'est point le futur que j'envisage, c'est le présent même qu'un dieu nous presse de déchiffrer. De moment à autre, un homme redresse la tête, renifle, écoute, considère, reconnaît sa position : il pense, il soupire, et, tirant sa montre de la poche logée contre sa côte, regarde l'heure. Où suis-j'e? et, Quelle heure est-il? telle est de nous au monde la question inépuisable; Où suis-

jeei Où en suis-jel C'est pourquoi les Cités antiques postaient à demeure l'augure. En marche dans le courant, le navire humain plantait sa vigie. Rien en vain. L'homme pensait que toutes choses à toute heure avec son intime assentiment travaillées par la même inspiration qui mesure sa propre croissance élaboraient un mystère qu'il fallait de nécessité surprendre. Et c'est pourquoi l'aruspice armant son bras allait le rechercher jusque dan« l'entraille des animaux. Qu'un être doué d'une voix intelligible captive l'exhalaison de la terre et le rot de l'abîme! La sibylle savait tromper avec sa poignée de feuilles mortes, ensemencer le vent de paroles. Tout site religieux recelant l'oracle, comme un autre ses sources curalives, avait un temple pour l'exploiter. Et de nos jours la même curiosité a inventé des instruments, construit des hypothèses et des observatoires. Partout;, ;\ tout moment, chacun sait le degré de la chaleur qu'il fait et le poids de l'air qui le lient

pressé. Toute la peau de la terre est devenue sensible comme l'extrémité denosdoig"ts et télég-raplue les nouvelles de la tempête et de la beauture. Le bulletin des taches du soleil est nécessaire à la Bourse et à la politique. Le Globe oriente encore l'aiguille soustraite à sa masse. C'est ainsi que nous savons toujours parfaitement le temps qu'il fait et le visage qu'il se compose, l'arrangement conclu pour la journée entre Phœbus et la nue. Mais quand l'occultation de notre soleil journalier nous permet de nouveau de relever notre position dans l'absolu, que sont les pratiques naïves de l'astrologie auprès de nos tables et de nos méthodes et de ce» yeux forts que nous braquons sur les amers célestes ? Quel almanach valut jamais celui du Bureau des Longitudes, et quel thème horoscopique à la devise de Saturne ou du Cancre le secret plus serré de ces nombres enfermés en d'exactes .colonnes ? Nous lisons mieux l'aspect du cielbrillant. Une heure immense, totale, est à tout

la ART POETIQUE

moment calculée, plus décisive que celle qui jadis avérait la naissance des rois, retardait les batailles, présidaitàla cueille des simples, favorisait les purg-es. Nous n'accrochons plus aux astres notre cuisine et notre politique. H n'est pas moins que toute chose qui arrive est située spécialement dans la durée par telle combinaison non reproductible du chiffre sidéral, comme tout point sur la carte par sa distance du méridien et de l'équateur, et trouve dans les cieux inépuisables sa racine arithmétique. Mais peutêtre que, plus prochaines qu'étoiles et planètes, toutes les choses mouvantes et vivantes qui nous entourent nous donnent des signes aussi siîrs et l'explication éparse de celte poussée intérieure qui fait notre vie propre.

Et tel est le mystère qu'il s'agit présentement de reporter sur le papier avec l'encre la plut noire.

CCNNAISSANCE DU TBMPS l3

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