‹ Art poétique: Connaissance du temps; Traité de la connaissance au monde et de soi-mème; Développement de l'égliseChapitre 2 sur 10 · DE LA CAUSE · texte numérisé non relu

DE LA CAUSE

Tout objet qui apparaît devant nos yeux et dans notre intelligence, la démangeaison de l'esprit est aussitôt de le ranger à sa place, de l'insérer dans le continu. La ca^z^c est celte jointure que nous nous appliquons à découvrir ; elle est tout cela avec une énergie productrice sans quoi une chose donnée n'aurait pu être.

Ces mots circonscrivent le sens et l'aire de Dotre enquête. Nous ne chercherons point à comprendre le mécanisme des choses de par dessousj comme un chauffeur qui r'xmpe sur le dos sous sa locomotive. Mais nous nous placerons devant l'ensemble descré.itur3S, comme un critique devant le produit d'un poëte, goûtant pleinement la chose, examinant par quels moyens il a obtenu ses eJJ'ets, comme un peintre

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clig^nant des yeux devant l'œuvre d'un peintre, comme un ingénieur devant le travail d'un castor. Rien à faire ici des quatre causes du Philosophe, matérielle, formelle, finale, efficiente. Chercher à propos de chaque entité supportée par un nom la cause, c'est simplement envisa~ ger la matière et le moyen.

Un adage assourdissant, réductible au seul bruit, emplit la feuille de tous les livres : Pas d'effet sans cause ! M-^is oserais-tu, ô creuse cigale, moduler aussi bien, entre mes doigts : Point de cause sans effet ? Je ne l'attends point, mais je souris seulement, et je répète après toi : Oui, point d'effet sans causes. Sans causes au pluriel.

Car la cause n'est jamais une. La série des abstractions nous réduit aux idées premières du mouvement et de la masse, du moteur et du mobile, ou, plus grossière, d'une influence extérieure sur toute chose donnée manifestée par un mouvement local. C'est ce couple d'un sujet

CONNAISSANCE DU TEMPg

«l d'une action sur le sujet exercée du dehors, qui constitue proprement la cause. Agencement infiniment variable dans ses modes, autant que chaque effet à produire.

Examinons de plus près.

Le caractère du sujet est d'avoir une valeur, une « puissance » plus générale que celle de l'effet qui en est tiré par l'application du moyen, — A l'entrée du port des Phéaciens, la mer maniée par le vent s'est amusée à ciseler en barque patiemment le bout de cet os saillant hors du vieux corps de la Terre. — L'hydrogène a ses propriétés, l'oxygène a les siennes : il fau-t un chiffre, il faut la proportion de un à deux pour que la combinaison ait lieu, de l'eau. — II faut une étincelle vivante, le microbe, pour fabriquer, de l'oxygène uni avec l'azote, le nitrate, nourriture de l'herbe. — Il faut à la terre la semence pour transformer en un sucre soluble sa chair inerte — Il faut au sang de la mère le germe pour la conception du caillot animé. — Il faut au

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marbre, il faut à l'acier et au cuivre le sculpteur, l'ouvrier avec ses outils, pour dégager la statue el pour assembler l'engin.

On le voit par la considération de ces preuves, toute créature est, par cela même que créée, créatrice, dépositaire souslecommandement nouveau qui l'épouse d'une force prête à sourdre figuratrice. C'est l'inlerveniion du moj^en, le travail extérieur ou latent de sonyFa^ précis comme un ordre que l'on articule, qui résout le sujet, qui le contraint et qui le détermine.

Il est possible de classifîer les moyens suivant leur opération ; j'en pends ici le tableau :

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