Psalme DEFG
(1) Dens ce chapitre, Sebillet se sépare nettement de ses prédécesseurs et, laissant de côté les formes du moyen âge, il se réfère à l'antiquité d'une part, à Marot et Saint-Gelays de l'autre. On comprend aisément qu'il ait ainsi excité l'humeur de la Pléiade, et en particulier de Du Bellay.
(2) Ce pluriel semble bien païen, si l'on ne considère que les psaumes traduits de David ; mais Marot en a composé d'autres, comme le Cantique à la déesse Santé pour le Roy malade (II, 100. Chants divers, X). Sebillet s'attache visiblement à ne pas séparer l'inspiration chrétienne des modèles antiques. Du Bellay et Peletier font rentrer dans l'ode la matière du cantique: « louanges des dieux et des hommes vertueux », dit le premier (Defl. et Illustr., II, 4, p. 210), « louange des dieus, demidieus e des princes «, dit le second (Art Toëtique, p. 65). Peletier (ibid.) assimile expressément les Psaumes de Marot à des odes.
(3) Le mot est pris au sens latin d'imprécation, malédiction, soit contre les autres, soit contre soi-même. Cf. Rob. Estienne, T>ict.
chez Marot en ceus qu'il a tournez de David (i), et en plusieurs qu'il a fais de son invention (2). Desquelz je ne t'escriroie (3) icy nesun. pource que la forme de l'un ne t'enseigne point la droitte façon dés 5 autres : a raison que tu peus faire le Cantique de télé sorte de vers, soient (4) petis ou longs ou meslés, et de télé ryme que tu voudras, maisque avec proportion, encor tant longs et tant cours qu'il te plaira : car n'y a rien de limité : mais a fin que tu n'en desires 10 exemple, pren cestuy de Marot (5).
Dieu qui vouluj le plus haut ciel laisser. Et ta hautesse en la terre abbaisser Là ou donnas santé a mains et maintes Vœilles ouïr de toutes mes complaintes 1 y Une sans plus : vœilles donner santé
A celle la par qui suis tourmente.
Ta sainte vois en l'Evangile crie Que, tout vivant pour ses ennemis prie. Guèry donc celle lO médecin parfait) 20 Qui m'est contraire, et malade me fait.
3. je t'escriroie EF je ne t'escrirai point icy, pour ce que G 12. Nous corrigeons terré, faute évidente de l'Ed, A.
fr.-hit. ." détester = detestari, abomiuari ; detestation := detestatio : et l'exemple d'Ambr. Paré cité par Littré.
(1) Cinquante pseaumes de David tradtiict{ en ritbme françoyse, selon la vérité hébraïque {Œuvres, IV, 66-169 •
(2) Ils sont cités plus loin p. 146.
(4) Le conditionnel est assez difficile à expliquer. La correction de l'Ed. G, qui le remplace par un futur et supprime le pronom vieilli nesun, est très louable.
(3) L'accord est beaucoup plus logique que l'invariabilité qui est passée dans l'usage actuel, en donnant au mot soit la valeur d'une conjonction.
(5) Marot, Œuvres, II, 117. Chants divers, XIX, Sur la maladie de s'amye. Var : v. 3, Santé donnas ; v. 16, ce beau tainct ; v. 36, Non que.
Hélas, Seigneur, il semble, tant est belle. Que plaisir prins a la composer tele : Ne souffre pas avenir cest oultrage Que maladie efface ton ouvrage.
5 Son embonpoint commence a se passer,
Ja ce beau trait se prend a effacer Et ces beaus y eus clers et resplendissons Qui m'ont navré, deviennent languissans.
Il est bien vray que ces te grand' beauté 10 A deservy pour sa grand' cruauté
Punition : mais, Sire, à l'avenir, Elle pourra plus douce devenir.
Pardonne lit}', et fay que maladie N'ayt point l'honneur de la faire enlaidie i-, Asseï a temps viendra vieillesse pal le
Qui de ce faire ha charge principale.
Et ce pendant si tu la maintiens saine. Cens qui verront sa beauté souveraine, Beneiront toy et ta plie Nature 20 D'avoir formé si belle créature.
Et de ma part feray un beau Cantique Qui chantera le miracle authentique Que fait auras admirable a chacun D'en guérir deus en n'en guérisant qu'un.
25 Non que pour moy je lève au ciel la face.
Ne que pour moy prière je te face, Car je te doy supplier pour son bien Et je la doy requérir pour le mien.
Ce poème est Cantique, comme Marot mesme le
30 nomme au huittiéme vers devant la fin : et est fait eu
ryme platte distinguée autrement par quattrains. Lés
Cantiques de luy pour la pais(i) ont quasi semblable forme : mais celuy de la Royne Eliénor pour la convalescence du Roy François malade (2), commençant S'esbahyt-on si je suis esplorée, etc.
5 Un autre a la Déesse Santé pour le Roy malade (3), commençant,
Douce Santé de Langueur ennemie, etc.
Et un autre imprimé entre lés élégies, qui toutesfois est vray Cantique (4), qui dit,
10 Filf de Venus voj deus jreus desbendés, etc.
ont toute autre forme de ryme et de coupletz. Et pour cela t'ay-je dit que le Cantique est variable en sa forme et structure.
Chant Lyrique, et Ode, tout un. — Léchant Lyrique, ,=, ou Ode (car autant vaut a dire), se façonne ne plus