CHAPITRE XIV
De la Version.
Si je ne t'ay jusques icy spécifié toutes lés différentes sortes de Poèmes, si t'en ay-je déclaré la plus part, et du premier et plus fréquent usage (i). Je-say
5 bien que tu en trouveras encor quelques uns autres que ceuz cy : et n'ignore pas que le temps soit assez puissant pour en descouvrir tous lés jours de nouveauz : Mais tu entens bien aussy, Lecteur, que comme il est aisé d'ajouter aus choses trouvées (2),
10 ainsy te sera-il facile, ou d'en innover de toy mesmes, ou imiter lés innovez par autres, au moien de la congnoissance de ceuz cy.
Grand' œuvre. Le Romantde la Rose. - Pource seray-je content, et te supplieray aussy de l'estre, du peu que
15 je t'en ay déclaré : mesque je t'aye encor brevement avisé, que dés Poèmes qui tombent soubz l'appellation de Grand œuvre, comme sont, en Homère. l'Iliade : en Vergile. l'Enéide ■ en Ovide, la Métamorphose, tu trouveras peu ou point entrepris ou mis a
20 fin par lés Poètes de nostre temps (3} : Pource si tu
(1) Sebillet a laissé de côté un certain nombre de poèmes fort usités au Moyen Age et minutieusement décrits par ses prédécesseurs, mais délaissés par les poètes contemporains (chapelet, épilogue, refrain branlant, servantois, bergerette, etc.).
(2) La même idée, exprimée dans des termes presque identiques, se retrouve plus haut (L. II, ch. 3, p. 129) : » Car je say, et tu n'es pas ignorant, qu'il est autant aisé de bastir sur lés fondemens, comme il est facile d'ajouter aus choses trouvées, d
(3) Sebillet ne traite qu'en passant, et très sommairement, du poème