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11 (Havres, II, 224. Cimetière, VI; De mess ire Charles de Bstirbou. (2) Le premier exemple que M. Vaganay cite de ce mot — dont la fortune semble avoir été très brève — remonte à 1533 seulement. Cependant, nous lisons dans Marot :
... Leuz et releuz, volvez et revolvez...
(II. 104, Chants Divers, XIII, v. 16.)
sont lés premières, principales, et plus usitées : pource que l'une sert au François de ce que sert au Latin le vers Elegïaque : et l'autre s'accommode par luy a ce que le Latin escrit en carme Héroïque (i).
5 9. Vers Alexandrins. — De douze syllabes :
qui sont appeliez vers Alexandrins, pource qu'on tient que l'histoire d'Alexandre le grand (2) a esté premièrement escrite en semblables vers. Telz sont ceuz du suivant Epigramme dressant (3) au feu Roy id François, et escrit au premier livre dés Fpigrammes de Ma rot (4}.
Celuy qui dit ta grâce, éloquence, et savoir
N'estre plus grande qu'humains, de près ne t'a peu voir :
1 Nous corrigeons la faute de A. qui met l'accent sur U dernier e der premiéres.
9 dressé DE F G.
(1) On voit que le vers héroïque est encore le décasyllabe. L'alexandrin, que Fabri II, }) croyait une forme ancienne et tombée en désuétude, et dont Du Bellay ne fait pas une fois irention (Ed. Chamard, p. 219. n 4), ne prendra le dessus qu'avec Peletier et Ronsard. Le premier le recommande, de préférence au décasyllabe, pour l'épopée (Art. Portique, II, 2. p. 57); le second, au premier livre des Hymnes, intitule les alexandrins vers héroïques, les décasyllabes ver; communs, et confirme dans son Art Poétique (VI, 457-45 8 1 , l'opinion de Peletier.
(2) On sait qu'il s'agit du poème à' Alexandre le Grand, par Alexandre de Bernay et Lambert le Tors (fin du xne siècle). On trouve le mot employé dans les lArts de 2e Rhétorique II, p. 28}, dès le début du XVe siècle.
(3) On trouve déjà plus haut (I, 1 p. 13) le verbe dresser dans le sens d'adresser (« prières que nous dressons a Dieu et ses saintz»); ici l'acception est beaucoup plus rare, puisque dresser équivaut au réfléchi s'adresser (cf. plus loin, II, 4 : « si la Balade dresse a homme » ; et II, 6 : « prières dressées aus dieus... non dressans de droit fil auz dieuz ») : nous n'avons pas rencontré d'emploi analogue chez d'autres auteurs.
(4) Marot, Œuvres, III, 10. Epigr., XIV : Du Roy et de ses perfections.
Et a qui ton parler ne sent divinité.
De termes et propos n'entent la gravite.
De l'empire du monde est ta présence digne : Et ta vois ne dit chose humaine, mais divine. 5 Combien donques diray lame pleine de grâce, Si outre les mortel^ tu lias parole et face ?
Ceste espèce est moins fréquente que les autres deus précédentes, et ne se peut proprement appliquer qu'a choses fort graves, comme aussi au pois de l'au-
10 reille se trouve pesante. Si en a usé Marot parfois en épigrammes et épitaphes. Lés autres espèces de set syllabes et au dessoubz sont plus propres : aussi lés trouveras tu plus souvent accommodées a escrire ( i ) chansons, odes, psalmes et Cantiques, qu'a autres
15 sortes de poèmes (2). Et si par fortune tu lés trouves adaptées ailleurs, comme en Marot parfois en épistres, épitaphes et épigrammes, tu jugeras delà, que l'espèce du carme n'empesche point le Poème autrement bien fait de rencontrer faveur et applaudisse-
20 ment.
(1) Les mots a escrire sont compléments à la fois de propres et de accommodées. La théorie de Sebillet peut se résumer ainsi : l'alexandrin doit être réservé aux matières les plus graves: le vers de dix syllabes couvrent au poème épique et aux épitres, épigrammes, etc.; celles-ci peuvent aussi ctre traitées en octosyllabes, surtout quand le sujet en est léger; car le « vers de huit syllabes est né seulement pour choses légères et plaisantes » (IIe partie, ch. 4). Quant aux vers plus courts, ils doivent être réservés aux pièces destinées à être chantées, sans que cette règle donne lieu à un respect superstitieux (cf. II' partie, ch. 7, in fine). Ces distinctions sont pleinement confirmées par les différents chapitres de la IIe partie.
(2) Tout ce passage, depuis : « (leste espèce est moins fréquente... », est textuellement'copié par Foclin (Rhétorique française, p. 42), qui se contente de remplacer Marot par « les poètes de notre tems ».