proprement F
(n Au chap. II, dont celui-ci forme la suite naturelle, malgré les développements tous différents qui les séparent.
(2, La variante adoptée par l'Ed. B et toutes les autres est assurément plus correcte que le texte de A. Si l'ellipse du sujet que l'on peut remarquer plus loin (en tant que touche) est tout à fait courante, il n'en est pas de même ici; on ne peut guère expliquer le texte de l'Edition princeps qu'en supposant que les mots je t'ay dit cy devant forment une sorte de parenthèse (cf. Huguet, Syntaxe de Rabelais, p. 344-347 : on rencontre fréquemment l'ellipse du pronom personnel sujet, mais non celle du pronom relatif.
(3) Cette classification des rimes, par ordre de richesse décroissante, témoigne d'un souci de clarté qui est tout à l'honneur de Sebillet, surtout si on la compare aux listes hétérogènes et confuses de ses prédécesseurs (des Arts de 2' Rhétorique jusqu'à Gracien Du Pont, le plus embrouillé de tous,, qui énumèrent pèle-méle les différentes sortes de rimes, de vers et de pièces. La classification de Sebillet est conservée par Cl. de Boissière (f° 6, v° et 7 t°), qui distingue d'abord la mesure (nombre des syllabes et des vers), la consonance (nature des rimes\ et la situation (agencement des rimes) (f° 5, v°). Tout le chapitre est plagié par Delaudun (I, ch. 12 et 15).
Cinq sortes de ryme. — 1 . La première s'ap-
pelle, Equivoque, et se fait quant lés deus. lés trois, ou lés quattre syllabes d'une seule diction assise en la fin d'un vers, sont répétées au carme symboli- 5 sant (i), mais en plusieurs mos. répétées dy-je ou simplement de mesme son ou seulement de mesme oithographe, ou de mesme son et de mesme orthographe ensemble, comme tu peus voir tout au long de ceste epistre de Marot au Roy 2 .
10 En m'esbatant je-fay rondeaux en- ryme
Et en rymant bien souvent je m'enryme
Bref, c'est pitié d'entre nous rymailleurs,
Car vous trouvé^ assè^ de ryme ailleurs
Et quand vous plaist, mieux que moy rimassej :
15 Des biens ares et de la ryme asséf :
Mais moy. a tout nu ryme et ma rymaille Je ne soutien (dont je suis marryj maille.
Or, ce me dit un jour quelque rymart Vien ça, Marot, trouves tu en ryme art
20 Qui serve auç gens toy qui as rymassé?
Ouy vraiment, Respon-je, Henry Macé :
Car tu vois bien la personne ry niante Qui au jardin de son sens la ryme ente. Si elle n'Iia des biens en rymoiant,
2? Elle prendra plaisir en ryme oiant.
5. Le peint, suivi d'une minuscule se retrouve dans toutes les éditions, sauf F, ou il n'y a pas de signe de ponctuation. 8. comme peus voir. DEFG
(i) Les exemples rassemblés par Godefroy prouvent que le verbe symboliser avait, au xvi" siècle, un emploi beaucoup plus large qu'aujourd'hui; nous n'en avons pas trouvé pourtant d'autre exemple, dans l'acception absolue de rimer. — (Cf. Larrivey, Kuicts, II, 5 : « la symbolisât ion et ryme de tic et tac ».
(2) Marot, Œuvres, I, 149. Epitre au Roy (1518) — Var : v. 10 : treuves v. 13, vois tu.
Et m'est avis que si je ne rymois,
Mon pauvre corps ne seroit nourry mois
Ne demyjour : Car la moindre rymeite
C'est le plaisir ou faut que mou rys mette. 5 Si vous supply, qu'a ce jeune rymeur
Faciéj avoir un jour par sa ryme heur A fin qu'on die en prose ou en rr niant. Ce rymailleur qui s'alloit enrymant Tant rymassa, ryma et rymonna, io Qu'il a congnu quel bien par ryme on ha.
Ceste espèce de ryme en équivoque Iaquéle tu trouveras souvent ailleurs en Ma rot et télz faméz Poètes) comme elle est la plus difficile, aussy est elle moins usitée : et ne laisse pourtant a estre la plus 15 élégante, comme celle qui fait cest unison et resemblance plus égale et de ce plus poignante ( i ) Touye (2). 2. La seconde espèce de ryme est appellée, riche, a cause de son abondance et plénitude : et est celle de deuz ou plusieurs syllabes toutes pareilles,