approuvée CFG
(1) Marot, Œuvres, II, 208 : Estrène XHII : a 'Bye.
(2 L'explication est bien maladroitement présentée; en montrant d'abord la nécessité d'avoir une voyelle accentuée identique, Sebillet eût pu se dispenser de citer des rimes aussi évidemment insuffisantes que puissance et force.
! j Les anciens Arts de Rhétorique appellent cette rime : rurale, commune ou sonnant (cf. E. Deschamps, %Art de Didier, VII, 275, et Arts de 2' Rhétor., pp. 245, 255. 515-316); Fabri l'appelle rime conduire (II, 27)3 le passage de G. Du Pont sur la « Rithme ruralle » xm) est fort peu clair; ailleurs ixxxvii , il l'appelle rime caudère.
(4, Marot, Œuvres, 11,73- Ballade XI : Du jour de Noël. Var. , v. 11 : desjuc.
Ores n'est pas temps de clorre le bec, Chantons, sautons, et dansons rie a rie, Puis allons voir l'enfant au pauvre nie Tant exalté d'Helie aussy d'Enoc.
5 Et adoré de maint grand Roy et Duc,
S'on nous dit nac, il faudra dire noc : Chantons Noël tant au soir qu'au deiuc.
Tu vois par tout ce couplet et lés autres suivans, que tu pourras voir en Marot, la pluspart dés vers ne
10 se resembler que d'une syllabe demie seulement.
Ceste espèce est comme la précédente excusée aux masculins, singulièrement ceus contre lesquelz est malaisé de trouver dictions symbolisantes d'une entière syllabe.Encorya il désPôétestant superstitieuz, qu'ilz
15 font difficulté et conscience d'user de télé ryme, et évitent de mettre en fin de vers telz mos tant fascheuz a marier. Tu en pourras toutesfois user après Marot, Saingelais, Salel, Héroet. et tous les Poètes savans, es monosyllabes nomméement, comme bien,
20 rien, sien, tien, mien, mot, sot, et telz dont ilz auront
usé, ou que tu verras suivantl'analogie (i), télz, qu'ilzen
eussent usé si besoin en eust esté ou le cas y fut escheu .
La ryme goret. — En ces cinq espèces de ryme je te
pense avoir montré la meilleure part de ce qu'il s'en
25 peut dire : car ce que lés resveurs du temps passé ont appelle, la rymeGoret (2), et j'appelle, rymede village
1. Nous corrigeons orés, faute évidente de /7:V. ,-/. 16. Nous corrigeons dé, faute évidente de l'Ed. ^A. 20. tien est omis dans DEFG
fi) Le mot n'est pas aussi nouveau dans la langue qu'on pourrait le croire d'après le 'Dict. gèn. ; les recherches de M. Yaganay [Revue des Eludes rabelaisiennes, 1907, III) le font remonter jusqu'à 1490.
(2) La rime goret — qui n'est qu'une vague assonance — est traitée avec le même mépris par tous les prédécesseurs de Sebillet, de Molinet à
68 l'art poétique François
ne mérite d'estre nombrée entre lés espèces de ryme, non plus qu'elle est usurpée entre gens d'esperit.
Qu'est usage de ryme — Ryme platte. — Reste a t'aviser dés usages de ces espèces pour te faire rymer 5 seurement. Desquelz quand je t'auray déclaré deuz principaus. et touché en passant quelque peu dés autres, tu ne pourras que t'en bien ayder. Enten donc qu'icy j'appelle l'usage de ryme, l'ordre et situation dés vers symbolisans : Qui fait par fois
10 qu'ilz soient tous suivans l'un l'autre sans moien : et est ce que lés anciens ont appelle Ryme platte (i) : qui est la plus commune et la première trouvée. Tu en has exemple tout au long des deus livres de la Métamorphose d'Ovide tournez par Marot : et, a fin
15 que tu ne désires exemple présent, en ces sis vers de luy (2) :
Cy git envers la chair de Charmolue.
De terre vint, la terre la voulue :