et de ses différences DE F G
(1) Cette étvmologie est inexacte : le rondeau est, à l'origine, une v petite chanson destinée à accompagner la danse connue sous le nom de ronde » (G. Ravnaud, Rondeaux du XI' siècle. Soc. des Ane. Textes Paris, 1889, in-8, p. xxv), cf. G. Paris, La Littérature française au îSCoyen Age, Paris 1890, in-12, p. 177, Jeanroy, Les Origines de la poésie lyrique en Fiance au Moyen-Age, Paris, 1889, in-8, pp. 406-448, Langlois, Art de 2' Tifjét,, p. 4, etc.).
(2) Il faut comprendre: qui a lieu deux fois, i° au milieu, 2° à la fin; car le nombre des vers répétés à la fin n'est pas nécessairement le double des vers répétés au milieu ; dans les formes employées par Marot, la répétition est réduite à un hémistiche, et identique aux deux places.
(3, Le Rondeau est, en effet, à son déclin. Sebillet est le- dernier théoricien qui en traite sérieusement et en détail : Delaudun d'Aigaliers (II, 4, pp. 9^-99 copie encore Sebillet en l'écourtant ; mais après la mention dédaigneuse de Du Bellay et malgré la protestation véhémente du Quintil et de Guillaume des Autelz \Dcf. et Illusti . II, 4, p. 202-204) le genre n'est pas plus décrit que cultivé. On en peut dire autant des
Matière de Rondeau. — Car pource que la matière du Rondeau n'est autre que du sonnet ou épigramme, lés Poètes de ce temps lés plus frians ont quitté lés Rondeaus a l'antiquité, pour s'arrester aus Epigram- 5 mes et Sonnetz. Poèmes de premier pris entre lés petis. Et de fait tu lis peu de Rondeaus de Saingelais, Sceve, Salel, Hérôet : et ceus de Marot (i) sont plus exercices de jeunesse fondés sur l'imitation de son père, qu'œuvres de télé estofe que sont ceus de son 10 plus grand eage (2) : par la maturité duquel tu trouveras peu de rondeaus creus dedans son jardin. Toutesfois pour honnorer l'antiquité, et n'ignorer l'usage du Rondeau, quand tu le liras, ou prendras envie d'en faire, enten qu'il s'en fait de quattre sortes {}).
Le titre est onis dans B etc.
et les Poètes B etc.
exereilez C
formes étudiées par Sebillet dans les chapitres suivants (ballade, chant royal, lay, virelay) ; définitivement classées parmi les « episseries », elles ne recueilleront plus que quelques allusions méprisantes de Peletier ou de Vauquelin. ou quelques mots de regret de curieux comme Pasquier ou Tabourot des Accords. Le Rondeau — sous une seule de ses formes — aura un regain de faveur dès le XVIIe siècle. Les Romantiques essaieront ensuite de faire revivre quelques-unes des autres formes anciennes, en particulier la Ballade (cf. Th. de Banville, Petit Traité de 'Poésie française, Paris, 1891. in-16, pp. 185 sqq.).
(1) La remarque est exacte dans son ensemble. Saint-Gelays a pourtant composé un certain nombre de rondeaux (19 dans l'Ed. Blanchemain) et si beaucoup de rondeaux datent de la jeunesse de Marot, on en rencontre qui furent composés en 1535 et en 1540. — Dans les Œuvres de Jean Marot (Ed. de 1723 I, on trouve 50 rondeaux seulement, alors que celles de son fils en renferment 80.
(2^ L'expression parait devoir être prise ici comme un comparatif, non comme un superlatif.
3 II suffit de parcourir les Arts de 2e Rhétorique pour s'apercevoir que le Rondeau a comporté un nombre de formes beaucoup plus considérable (voir leur classification à la Table, p. 464-466). On voit peu à
Quattre sortes de Rondeaus. Premier Triolet. — Le Triolet se fait de deus vers au premier couplet, d'un au second, et de deus au tiers. Car te faut présupposer que le Rondeau de sa nature estparty y en trois membres, que nous appellerons coupletz (a) d'ancienne appellation. Et que après le second couplet se fait répétition ou reprise comme après le tiers.
Au triolet donc après le second couplet se répète le 10 premier carme entier du premier couplet : et a la fin après le tiers se reprend tout le premier couplet, comme tu vois en cestuy :
(a) Marot l'a ainsy appelé en un chant royal escrit cy après au chapitre du chant royal ( i).
i. Le titre: Premier Triolet est supprimé dans B etc.
peu se dégager trois formes principales, qui sont bientôt les seules usitées : i° le rondeau à couplet initial de 2 vers : 2° le rondeau à couplet de 4 vers; 30 le rondeau à couplet de 5 vers, qui restera le type classique. De plus, il y a tendance de plus en plus marquée à ne répéter que l'hémistiche du premier vers, au lieu d'un, deux ou trois vers entiers, et aussi à adopter une disposition des rimes invariable, ayant pour base la rime embrassée. Cette évolution se manifeste très nettement, à travers la série des Arts Poétiques, d'Eust. Deschamps à Sebillet, malgré les obscurités dont certains théoriciens (voir notamment Fabri, II, pp. 62 et sqq.) enveloppent leurs explications. Elle s'achève avec Marot, auquel Sebillet songe constamment dans son exposé. On peut consulter à ce sujet, outre la Table des kAyU de 2' Rhétorique, l'étude de G. Raynaud Rondeaux du XVe siècle, pp. xxxv à lv) et celle de M. Châtelain (op. cit., pp. 139-221), travaux dont les conclusions concordent entièrement. Nous ne renverrons aux prédécesseurs de Sebillet — trop souvent contus et obscurs — que dans la mesure nécessaire à éclairer certains passages de notre auteur, dont l'exposé est, dans son ensemble, beaucoup plus net que les précédents.
(i) Marot, Œuvres, II, 96:
... Chanta d'amours un couplet tout entier.
Ce chant royal est cité tout au long, au Chap. 5. pp. 138-140.
Votre cul verd couvert de verd
Ha métier d'autre couverture :
S'on le véoit a descouvert,
Vostre cul verd couvert de verd:
5 Celuy qui le verroit ouvert,
Pourroit bien dire a l'aventure, Votre cul verd couvert de verd
Ha métier d'autre couverture. ( i )
Je ne m'amuseray ne toy a te spécifier l'usage de la 10 ryme : car te proposant l'exemple, tu ne saurois faillir a l'imiter (2). Sera assez de t'aviser que le Triolet se fait mieus de vers de huit syllabes ou moindres, a cause de sa facécie et légèreté : et que tu ne le trouveras guéres hors dés Farces et Moralités dés Picars(3), qui 15 en sont autheurs et usurpateurs (4).
( 1) Malgré toutes nos recherches, nous n'avons pu découvrir l'origine de ce triolet; les recueils de rondeaux du xve et du XVIe siècle (notamment le Parnasse satyrîque du XV' siècle, de Marcel Schwob, Paris, 1905, in-16), en renferment un certain nombre d'un caractère analogue. M. E. Picot nous signale la présence de ce triolet dans le recueil ms. de Rasse des Nœux (B. N. Mss. fr. 22561, p. 5, A).
(2) Cette forme ubja A/ab AB, n'est pas la seule pour le rondeau à hase de deux vers; mais c'est de beaucoup la plus usitée (Cl. Châtelain, p. 200-204) ; elle est décrite dans tous les traités, d'Eust. Deschamps à G. Du Pont, sous le nom de rondel, rondel sengle, rondeau . simple, rondelet, triolet (le mot parait dater de i486, d'après M. Kastner; ; on n'en trouve aucun exemple chez Marot. Sur cette forme de rondeau et les suivantes, ainsi que sur la Ballade et le Chant royal, les schémas de Cl. de Boissière (fos 10 a 13) sont très exacts et très ingénieux.
(5 Cette assertion est quelque peu aventureuse, comme on peut s'en rendre compte par les statistiques de M. Châtelain (p. 200-202), qui montrent aussi que le décasyllabe a été assez souvent employé. — On trouvera la statistique des rondeaux qui se rencontrent dans les farces et moralités aux pages 20-23 de ^a dissertation de M. Ludwig .Mùller: Das Rondel in den fran^œsiseben Mirakehpielen, Marburg, 1884, in-8).
(4Ï Au sens latin : ceux qui l'ont employé. Littré cite des emplois analogues d'usurper et usurpation. — On peut remarquer que Sebillet ne mentionne pas le rondeau à base de trois vers, qui est déjà tombé
2 Rondeau simple. — Le Rondeau simple ha quattrain en premier couplet, et quattrain en dernier, unisones (a), dont lés premiers et derniers vers symbolisent, et lés deus du mylieu demeurent en ryme platte (2). Le second couplet n'ha que deus vers resemblans en ryme lés deuz premiers du premier couplet : et reprend on après le second couplet, et en la fin du tiers le premier vers du premier, ou seulement l'hémistiche, comme en cestuy de Marot (3) :
On le m'a dit dague a ruelle.
Que de mqy en mal vous parle^:
Le vin que si bien avallej.
Vous le met -il en la cervelle ?
(a) Unisones et uniformes, tout un (i).