‹ Art poétique françoysChapitre 85 sur 173 · seulement hémistiche BCDEF · texte numérisé non relu

seulement hémistiche BCDEF

en désuétude à la fin du xve siècle (Châtelain, p. 220-221). Eustache Deschamps en cite un exemple {Art de Didier, VII, 285-286). Mais on ne le trouve mentionné ni dans les Arts de 2' 'Rhétorique, ni chez les prédécesseurs immédiats de Sebillet.

Il) On ne trouve pas l'adj. unisune ni le verbe unisoner dans Godefroy, ni dans Littré, qui donne unisonance comme un néologisme de Chateaubriand. Mais nous avons relevé unisoner {Arts de 2° Rhétorique) ; unisonant (Quintil et Le Gaygnard. Promptuaire d'unisons, Toulouse, 1585, in-8, Préface»; unisonance \ylris de 2" cRJ)étorique et Quintil); imisbrie ('Deff. et Illustr., II, S p. 267) ; Cotgrave donne encore unisonnant et unisonnçmenl.

(2) Nouvelle description de la rime embrassée, analogue à celles qui ont été données pp. 107 et 1 1 7. On trouve, dans les Arts de 2' Rhétorique (IV, p. 2071, cette rime appelée rime de rondeaux.

(3) Cette forme peut être représentée ainsi <R représentant la répétition du premier hémistiche du premier vers) : abba / ab'RJ abba1(. On en trouve déjà des exemples dans les ^Arts de 2" Rbét. (p. 190-191, 292), ainsi que chez L'Infortuné, Fabri et G. Du Pont. Nous en relevons dix dans les Œuvres de Marot. Celui-ci figure au tome II, p. 130: rondeau VII : A une médisante. Var : v. 1, rouelle.

Vous estes. rapporte nouvelle

D'autre chose ne vous meslé^,

On le m'a dit.

Mais si plus vous avient, meselle, 5 Vo$ reins en seront bien galléf :

Allé?, de par le diable, allè^.

Vous n'estes qu'une maquerelle, On le [m'a dit.

Tu verras aussi tout le premier vers répété (i) en 10 un autre de Marot, commençant:

Qu'on mené ans champs ce coquardeau, etc.

Reprise du Rondeau Hémistiche. — Et pour entendre ceste différence de reprise ou répétition, tu dois noter que le Rondeau simple est lors parfait, quant a la fin 15 du second couplet on répète lés deus premiers vers du premier : et a la fin du tiers on reprend tout le premier entier (2): ne plus ne moins qu'au Rondeau double (duquel orras parler tantost ) pour le parfaire se répètent en fin du second couplet lés trois premiers

(x) C'est la forme abba / ab A j abba A, également décrite par tous les prédécesseurs; Fabri déclare encore (II, p. 67) que la reprise du vers entier est « plus noble ». — Dans l'exemple de Marot {Œuvres, II, 151; Rondeau VIII: A un poète ignorant), le vers entier n'est repris qu'au milieu de la pièce; à la fin, l'hémistiche Qu'on mené aus champs rentre seul. .C'est le seul exemple qui figure dans ses œuvres.

(2) Cette formen bba/ab ABja bba ABBA / est beaucoup plus souvent citée que les précédentes dans les Arts de 2' Rhétorique, où elle est appelée tantôt rondeau simple, tantôt rondeau double (cf. pour plus de détails l'étude de G. Raynaud). Les prédécesseurs de Sebillet en donnent encore des exemples; voir notamment celui de Gr. Du Pont : Rondeau quatrain, mes bons amis, Se doibt faire comme suys faict... (f° xxiv, r°).

Mais, en pratique, les Rhétoriqueurs lui ont fait céder la place aux rondeaux à refrain écourtéou à rentrement (Châtelain, op. cit., p. 221). On n'en trouve pas trace chez Marot.

vers du premier : et a la fin du tiers on reprend le premier entier (i):de quéle sorte tu en trouveras encores chés lés vieuz Poètes, et en Moralités et farces : ou j'aime mieus que tu lés voies, que de t'emplir 5 icy papier d'exemples a l'aventure ineptes (2^ : Car je ne t'en puy tirer dés œuvres dés Poètes de nostre temps, pource que se fachàns de tant longue reditte. ont ausé pour le plus court et pour le meilleur de ne reprendre que le vers premier aus Rondeaus doubles

10 et simples, ou deus ou trois mos premiers comme porte la sentence (3), signamment au Rondeau basty de vers de huit syllabes : et le plus souvent que le premier hémistiche (4), nomméement aus Rondeaus fais de vers de dis syllabes : lesquelz, comme lés

«5 héroïques Latins, requièrent a leur perfection et bonté, mot clos après la quatrième syllabe masculine^), et cinquième fémenine. que j'appelle hémi-

(1) Cette explication aurait été mieux à sa place dans le développement consacré, un peu plus loin, au rondeau double.

(2) Quoique le sens du mot inepte puisse prêter à discussion, il y a déjà là, certainement, quelque mépris pour une partie de la littérature du moyen âge. M. Ludwig Miïller {loc. cit.) mentionne quelques rondeaux de cette forme dans les farces et moralités qu'il a dépouillées, mais ils y sont beaucoup moins fréquents que les triolets. Les uns et les autres se trouvent d'ailleurs fort rarement dans les moralités historiques ou pathétiques.

(3) C'est-à-dire : suivant que la pensée le comporte.

(4) Le mot est nouveau ; le cDict. gin. le relève dans la Deffeuce et Illustration, M. Kastner dans Sebillet.

(5) Il est assez surprenant de voir introduire ici la règle de la césure, qui aurait mieux trouvé sa place au chapitre 6 de la Ir° partie. Au reste, il n'est question ici que du décasyllabe, et nullement de l'alexandrin; la notion de la césure n'est pas nettement distinguée de celle de Yhimisticbe, et l'assimilation avec l'hexamètre latin est fort aventureuse. Quant au mot même de césure, il n'apparaîtra qu'en 1555, dans Yjlrt Poétique de Peletier (p. 57) cf. l'art, de M. Kastner dans la Revue des langues romanes, 1904.

stiche, c'est adiré, demy vers. Pourtant est ce qu'es Rondeaus de Clément Marot, et de Jan Marot son père, et de tous lés autres savans et famés Poètes de ce temps, tu liras peu ou point de reprises plus lon- 5 gués que de l'hémistiche : lequel a vray dire rentrant proprement n'ha moins de grâce, que si le demy ou l'entier premier couplet fut repris et repété (i). I Troisième Rondeau double. — Le Rondeau double estceluy qui ha cinquain pour le premier couplet, et

10 cinquain pour le dernier uniformes, comme requiert la nature du Rondeau : mais telz que lés deus vers premiers de chaque cinquain fraternizent en ryme platte : le tiers et quart tout ainsi, mais en autre terminaison : et le cinquième symbolise avec lés deus

15 premiers. Le second couplet est de trois vers, de ryme consonante aus trois premiers du premier couplet (2),

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