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CHAPITRE V

Du chant Royal, et autres chans usurpè\ en Poésie Françoise.

Toute télé différence y a il entre le chant Royal et la Balade, comme entre le Rondeau et le Triolet. Car

5 le chant Royal n'est autre chose qu'une Balade surmontant' la Balade commune en nombre de coupletz ( i), et en gravité de matière.

Chant Royal pour quoy dit ainsi. — Aussi s'appelle-il chant Royal de nom plus grave : ou a cause de sa

10 grandeur et magesté, qu'il n'appartient estre chantée que devant lés Roys : ou pource que véritablement la fin du chant Royal n'est autre que de chanter lés louenges, prééminences et dignités dés Roys tant immortelz que mortelz : comme il est a présumer

is que la Balade ayt esté ainsi nommée a cause du bal, auquel se peut croire que par sont chant se souloit accommoder au temps de son origine (2).

(r) Cette définition se retrouve chez presque tous les théoriciens, depuis Molinet \%ArU de 2* Rhèt., p. 242) jusqu'aux traités contemporains, avec d'insignifiantes variantes de rédaction : la plupart précisent en disant que le chant royal est une ballade à cinq couplets au lieu de trois. Pour Fabri, toute ballade excédant huit vers par strophe et huit svllabes par vers est un demi-chant royal (II, p. 88).

(2) L'étymologie de la Ballade est exacte; celle du Chant Royal- est plausible, encore que d'autres explications et aussi d'autres orthographes aient été proposées (voir entre autres Arts de 2' Rhétorique, p. 172; Fabri, II, p. 99 et III, p. 64) ; si E. Deschamps parle déjà (VII, pp. 271, 281) des Chançons royaulx, L'Infortuné (f° x, v°) intitule son chapitre : De campis regalibns, et Fabri, (,11, p. 97-109) écrit aussi champ royal.

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