‹ Art poétique françoysChapitre 92 sur 173 · DE LA BALADE · texte numérisé non relu

DE LA BALADE

Propriété du vers de huit syllabes. — La Balade au demourant se fait de vers de huit et de dis syllabes mieus et plus communément. Mais tien toujours en mémoire ceste régie générale, que le vers de huit syl- 5 labes est né seulement pour choses légères et plaisantes (i).

Principale vertu de la Balade. — Note conséquemment quant au fait de la Balade, que sa première vertu et perfection est. quand le refrain n'est point tiré par

io lés cheveus pour rentrer en fin de couplet: mais y est répété de mesme grâce et connexion que je t'ay dit au chapitre précédent estre requise a la reprise du Rondeau. L'envoy commence quasi toujours par ce mot, Prince, si la Balade dresse a homme : et par.Prin-

i y cesse, si a femme : d'où tu peus congnoistre la magesté et pris d'elle (2). Cela toutesfois n'est tant nécessaire que tu ne trouves en beaucoup d'Envoyscésmos laissés pour autres mieus a propos, qui ayent pareille ou meilleure harmonie.

2. demeurant G 13. renvoy A (faute de l'Ed. Commet, corrigée dans l'Erratum et dans les exemplaires de l'^ingelié).

(1) Les prédécesseurs de Sebillet (notamment Molinet, lAris de 2' Rhct., p. 234 (cf. Ibid., pp. 179 et 294), Fabri, II, p. 87, G. Du Pont, f°LXix, v°i recommandent de donner autant de syllabes au vers que de vers à la strophe ; on s'en tient de plus en plus aux « formes carrées du dizain de décasyllabes, et surtout du huitain d'octosyllabes « (Châtelain, op. cit.., p. 184:. — Marot observe cette règle, saut" pour les onzains et douzains, dont les vers ont dix syllabes.

(2) Cette règle, qui remonte à l'époque des « puys », est déjà exposée par E. Deschamps (VII, p. 271» (cf. tAris de 2' Rbrt., pp. 21, 236, 295); mais, à l'époque de Sebillet. on voit que l'origine n'en est plus comprise (cf. Langlois, De Artibus -Rbeioricr rythmicx, p. 99).

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