‹ Artâ Vîrâf-Nâmak, ou Livre d'Ardâ VîrâfChapitre 2 sur 134 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

1. Bibtjognphie de l'AV. |[. Analyse de l'AV., sa date, ses oriftines ei ses sources. — 111. Comparaison de l'AV. avec d'autres descentes aux enfers.

BrBLIOGRAPHIF..

V»S^E premier érudit qui fit connaître I ^[ VA V. à l'Europe fut Pope : il en «fe»;^ fit paraître une traduction sous le titre : The Ardai Viraf Nameh, or the Révélations of Ardai Viraf, iranslaied from tlie Persian and Guzeraiee version* London iSi6.

Un demi-siècle plus tard, en iS6(

Martin Haug recommanda au gouvernement de Bombay de charger le destour Hochengdji Djamaspdji A sa de préparer une édition du texte pehlevi et un vocabulaire. Ce travail terminé en i8jo devint la base de V édition princeps qui parut en 18^2,

Cette édition comprend deux volumes, le premier porte le titre de : The Book of Arda Viraf. The pahlavi text prepared by Destur jjoshangji Jamaspji Asa, revised and collated with furiher mss., with an english translation and introduction, and an appendix containing the texts and translations of the Gosht-i Fryano, and Hadokht-Nask by Martin Haug, assisted by E. W. West.

Bombay, 1872; le deuxième volume est le vocabulaire des mots contenus dans les textes que renferme le premier volume.

Cette édition, la seule que nous ayons de cet ouvrage^ est un travail scientifique; le texte pehlevi y est accompagné d'une transcription en caractères latins et suivi d*une traduction anglaise.

Pour établir le texte définitif les éditeurs ont collationné tous les mss, con-

nus : quatre appartenant à des Guèbres^ trois de la collection Haug actuellement à la Bibliothèque Royale de Munich, deux de la Bibliothèque de Copenhague et un de la Bibl. de VIndia Office de Londres, Le meilleur ms, (le n"" 6 de la collection Haug) remonte au mois d'octobre de l'an i3gj (neuvième mois de Van jj6 de Ye:{dgerd); un autre, un peu plus ancien mais moins bien conservé (le n^ 20 de la Bibl, de l'Université de Copenhague) remonte au mois de novembre i32i (dixième mois de Van 6 go de Ye:(dg),

Outre les mss, pehlevis, les éditeurs ont mis à profit les versions pa^endes, sanscrites, gu:{eraties et persanes : ces deux dernières sortes de traductions s'écartent souvent du texte original pehlevi, et c'est ce qui explique comment la traduction de Pope, faite d'après ces versions modernes, ne suffisait plus à donner aux Européens une idée sérieuse de VArda Virâf,

La traduction anglaise de Haug et West est d'une valeur incontestable. Cependant on aurait pu désirer y voir régner plus de clarté: le système de traduction littérale

à outrance qui y est suivi, a le grave inconvénient, en substituant à une traduction un calque du texte, de reproduire fidèlement dans la traduction les obscurités de V original, et parfois même, en transportant les idiotismes pehlvis dans une langue où ils ne se comprennent pas, de rendre la lecture de la traduction plus laborieuse que celle du texte. Ces inconvénients se font sentir trop souvent dans les traductions de M. West, Il est un autre défaut qui rend l'intelligence de la traduction anglaise encore plus âpre, c'est l'insuffisance des notes, alors qu'un pareil texte réclame un véritable commentaire. Ces deux raisons jointes à une troisième, c'est-à-dire le prix très élevé de l'édition savante, nous ont engagé à mettre aux mains du public non spécialiste un ouvrage d'un prix abordable et d'une forme accessible au lecteur.

Le travail que nous publions aujourd'hui comprend, outre la présente Introduction, la Traduction du texte pehlevi, un Commentaire et un Index. Le but du commentaire est de présenter au fur et à mesure des nécessités toutes les explica-

— vil — ^

tions possibles sur la forme et lejond de VA F. L'index n'est autre chose qu'une table des matières rangées dans l'ordre alphabétique.

Analyse de l'AV.

Le livre dont le titre est Artâ-Vîrâf Nâmak en pehlevi et Ardâ-Vîrâf Nâmeh sous sa forme persane, cest-àdire a le Livre d'Ardâ Virâf », est ainsi appelé parce que le héros en est Arda Vtrâf :

c'est le récit fait par un auteur inconnu du voyage que ce saint homme fit au ciel en qualité de messager de ses coreligionnaires»

Cet ouvrage jouit auprès des sectateurs de Z oroastre d'une vogue extraordinaire :

sa popularité explique le grand nombre de versions qui en ont été faites en persan et en guj^erati, le pehlevi, langue du texte original, n'étant accessible qu'à un très

Page 1