‹ Artâ Vîrâf-Nâmak, ou Livre d'Ardâ VîrâfChapitre 21 sur 134 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

JE vis les âmes des bergers qui dans le monde des vivants élevaient et nourrissaient les quadrupèdes et les moutons i, et les gardaient contre le loup, le voleur et le brigand; qui quand le temps voulu était arrivé, leur donnaient de l'eau, de l'herbe et des aliments; quijes préservaient de la froidure et de la'chaleur rigoureuses; qui faisaient saillir la femelle par ranimai entier en son temps 2^ et l'en empêchaient quand il le fallait; et qui rendaient de grands et nombreux services aux hommes de leur temps et leur procuraient beaucoup de bien être en leur fournissant des vivres et des vêtements. Je vis leurs âmes qui se mouvaient dans celte lumière, en brillante, haute et grande joie et plaisir. Elles me semblèrent très sublimes.

Je vis aussi sur les divans beaucoup de belles draperies d'or, garnies de cous-

sins couverts de tapis précieux : là étaient assises les âmes des maîtres de maisons, des magistrats, qui ont été arbitres et directeurs des pays et des familles, qui ont rendu cultivés et habités des lieux désolés; qui ont aménagé beaucoup de canaux, de rivières et de sources au profit de l'agriculture, de la prospérité et des intérêts des créatures; qui ont adoré les férouhers 3, ceux des eaux, ceux des plantes et ceux des saints ; qui ont adressé des invitations d'offrandes et des louanges et accompli des actions de grâces. Aussi je les trouvai imposantes et sublimes sous cet aspect grandiose de force et de victoire.

Je vis les âmes de ceux qui ont été fermes dans la foi, de ceux qui ont enseigné la Loi, et de ceux qui ont questionné sur la Loi; dans un rang splendide et la plus grande joie. Et elles me parurent sublimes.

Je vis les âmes bien intentionnées des fidèles charitables pour les prêtres ^ et désireux de la paix; âmes d'où rayonnait une lumière semblable à celle des étoiles, de la lune et du soleil, et qui se mouvaient allègrement dans l'atmosphère lumineuse.

Je vis aussi le Paradis ^ des purs, lumineux, oîi est tout bien-être et toute aisance, où sont de nombreuses fleurs aux doux parfums, lieu qui a tous les embellissements, toutes les merveilles, splen-

dide, plein de la Gloire, qui procure tous les contentements et tous les plaisirs, et dont personne n'éprouve de satiété.

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