CHAPITRE LIV
PUIS Je vis cet Enfer de destruction , terrible, effrayant, fécond en douleurs, plein de maux, fétide et très ténébreux.
Ensuite je fis cette réflexion qu'il ressemblait à un puits si profond qu'une longueur de mille coudées n*en atteignait pas le fond, et tel que si Ton brûlait ^ tout le bois dans l'Enfer fétide et ténébreux du monde, il n'en donnerait pas davantage de bonne odeur : ensuite ^ de l'oreille jusqu'à l'œil et autant que la crinière a*un cheval a de crins, un nombre aussi grand d âmes de darvands se tiennent là; ne se voyant pas les uns les autres et n'entendant pas leurs voix, chacun pense : « Je suis seul ^ ». Et pour eux sont les noires ténèbres, l'infection, la terreur, les peines et les châtiments de toute espèce de PEnfer, de telle manière que quiconque est un seul jour en Enfer
s'écrie : « Les neuf mille ans ne sont-ils pas encore écoulés qu'on ne nous retire pas de cet Enfer *1 »