CHAPITRE III
Diagnostic
Si l’arthrite blennorrhagique est d’un diagnostic relativement facile chez l’homme, où la constatation d’un écoulement peut mettre sur la voie, il n’en est pas de mème chez la femme chez laquelle la blennorrhagie passe souvent inaperçue. Aussi l’arthrite blennorrhagique de la femme enceinte et de la nouvelle accouchée a-telle été souvent confondue avec d’autres affections articulaires.
Ayant quelquefois même début que le rhumatisme articulaire aigu, on pense à cette affection. Cependant le rhumatisme articulaire aigu avec sa fièvre de 39° à 40°, ses sueurs abondantes, persistantes et empreintes d'une odeur aigre, ses urines rares, foncées, parfois albumineuses, riches en urée et en urates, avec l’anémie profonde et rapide qu’il détermine se distingue déjà de l’artbrite blennorrhagique, laissant l’état général intact, et ne présentant pas d’endocardite, du moins dans la grande majorité des cas.
FA joe
Si dans les deux affections la douleur se déplace avec la fluxion rhumatismale, si elle passe d’une jointure à une autre, elle finit dans l’arthrite blennorrhagique par se localiser à une articulation en particulier, ne reparaissant pas sur une articulation déjà prise comme dans le rhumatisme articulaire aigu. Enfin la médication salicylée qui réussit si bien dans le rhumatisme articulaire aigu n’a pas d'effet.
Dans les suites de couches, c’est avec l’arthrite infectieuse à staphylocoques ou à streptocoques que le diagnostic est parfois difficile.
Nous savons que les suites de couches normales sont apyrétiques. Aussi toutes les fois que la température iteint ou dépasse 38°, il faut se préoccuper et chercher la cause de cette anomalie.
S'il y a une infection utérine évidente, qui se traduise par le grand frisson classique de l'infection puerpérale, on ne songera naturellement pas à une arthrite blennorrhagique. Et cependant dans l'observation de MM. Mosny et Beaufumé on constata une ascension de la température à 40°.
Mais c’est dans les cas où l'infection est atténuée qu’il est malaisé de se prononcer. Signes généraux et signes locaux se ressemblent alors et ce n’est que sur des nuances que l’on pourra se guider si l’on veut un diagnostic immédiat.
Il faut alors penser à l’éclosion possible d'une de ces affections dites inévitables, parce qu’elles ont pour origine une infection latente que révèle en la réveillant
le travail de l'accouchement, en particulier à l'infection