‹ Arthrite Blennorragique et PuerpéralitéChapitre 11 sur 23 · DO EE · texte numérisé non relu

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gonococcique à laquelle on pense peu souvent. Aussi lorsque après ce début on voitse produire des localisations articulaires on doit songer qu’à côté des arthrites purulentes de l’infection puerpérale existe les arthrites blennorrhagiques, qui, à la suite de l'accouchement surtout, peuvent être purulentes.

Le diagnostic entre ces deux arthrites peut se faire cliniquement, par l’absence d'infection ou d’une infection tout au moins très atténuée, par la connaissance d'une leucorrhée abondante antérieure à l’accouchement, quelquefois la coexistence d'une ophtalmie chez le nouveau-né, autant de signes plaidant en faveur de l’arthrite blennorrhagique.

Mais lorsqu'on n’a pas ces renseignements, ce n'est alors que l’examen des liquides articulaire ou génitourinaire qui pourra lever les doutes.

Nous n’insisterons pas sur les autres arthrites, telles que l’arthrite traumatique, l'arthrite d’origine nerveuse, goutteuse, syphilitique, l’arthrite sèche, qui toujours se distingueront facilement de l’arthrite blennorrhagique.

Peut-on être embarrassé au sujet du diagnostie avec l’arthrite tuberculeuse ? Nous ne le croyons pas. Cependant si la maladie n’a frappé dès le début qu’une seule articulation, si le sujet est faible et si surtout on lui trouve des antécédents tuberculeux, tant personnels qu'héréditaires, on devra diriger ses investigations de ce côté. En se rappelant toutefois que le début de l’arthrite tuberculeuse est moins aigu et que dans la tumeur blanche il est rare que la douleur soit aussi vive que

. dans l’arthrite blennorrhagique. De plus dans les jours

qui suivront on notera que le repos absolu calme assez

vite, en général, la douleur spontanée s’il s’agit de

tumeur blanche : et que par contre il a une action moins

rapide sur celle de larthrite blennorrhagique qu’on réveille encore longtemps par le moindre mouvement. Enfin symptôme capital, dans larthrite tuberculeuse, on aura la sensation donnée par les fongosités, bien différente de celle de l’'empâtement œdémateux de l’arthrite blennorrhagique.

On le voit si au début le diagnostic peut errer un instant, ordinairement le diagnostic s'impose.

D'où la conclusion pratique : on devra toujours et avant tout, soupconner la blennorrhagie lorsqu'on reconnaîtra des manifestations articulaires chez une femme en couches ou pendant sa grossesse. Pour cela on fera un interrogatoire minutieux sur l’état antérieur des orgänes génitaux de la femme; avait-elle des pertes blanches abondantes, quelquefois verdâtes, souffrait-elle en urinant ou avait-elle des envies fréquentes d’uriner. On pourra s’enquérir, discrètement el par une enquête habile, sur la possibilité d’une blennorrhagie chez le père de l’enfant. Enfin on examinera les yeux de ce dernier.

‘ C’est ainsi que Vinay, quoique n'ayant pas trouvé le gonocoque, chez certaines de ses malades à pu, grâce aux circonstances au milieu desquelles s'était développée l’arthrite et à la coexistence d’une ophtalmie chez Le nouveau-né, affirmer la nature blennorragique d’une maladie articulaire que les seuls signes physiques n’eus-

sent pas permis de reconnaître.

L' 90 Maigré tout, seul l'examen bactériologique peut donner la certitude et on l’a vu, il a fallu la constatation du gonocoque de Neisser dans le liquide retiré de l'articulation pour que quelques auteurs se rendissent à ce fait cliniquement observé, qu'un grand nombre des rhumatismes puerpéraux n'étaient que des cas d’arthrite blennorragique. Il peut se faire pourtant que tous les signes cliniques soient en faveur de l’arthrite blennorrhagique, et qu’on ne décèle pas de gonocoque dans l’articulation malade. Faut-il dans ce cas rejeter son diagnostic ? Nous ne le pensons pas : et s'il a fallu si longtemps pour fournir cette preuve bactériologique de la nature du rhumatisme puerpéral dans la majorité des cas, c’est que la présence du gonocoque dans le liquide articulaire est habituellement difficile à déceler. Aussi quelques auteurs et en particulier M. Lefour prétendent que la non-constatation du gonocoque ne | prouvé rien.

Dans l'ouvrage de Vinay sur les Maladies de la grossesse, l'examen bactériologique est demeuré nul cinq fois dans des cas de rhumatisme blennorrhagique cliniquement bien caractérisé. C’est qu’en effet le gonocoque disparait très rapidement des articulations malades. Dans l'observation de MM. Mosny et Beaufumé, on ne trouva à l'examen microscopique de gonocoque, ni dans l’urètre, ni dans le vagin, ni dans le col utérin. Seul l’ensemencement du séro-pus retiré de l’articulation malade, sur milieux appropriés apporta la preuve de la présence du gonocoque à l’exelusion de tout autre microbe,

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Fait digne de remarque, dans la plupart des observations où on trouva le gonocoque, celui-ei existait à l'état pur, il n’y avait pas d’autres microbes avec lui.

Mais il arrive parfois, qu’alors même que l’on a trouvé du gonocoque dans le liquide retiré de l’articulation, les tubes restent stériles. Cela tient à ce que les gonocoques sont ordinairement rares dans l’épanchementintraarticulaire et qu'il faut un examen minutieux pour en découvrir quelques-uns logés dans un leucocyte.

Ces résultats négatifs de l’examen direct des cultures , s'ils ne prouvent pas, sont cependant en faveur de la nature gonococcique du liquide articulaire, car s’il y avait d’autres microbes ils se décéleraient plus vite.

En tous cas, en face d’un examen négatif, on ne

devra pas s’empresser de conclure, mais on renouvel-

lera ses préparations, et ce n’est qu'après plusieurs

examens qu’on découvrira le gonocoque.

M. Bar d’ailleurs incline à penser que dans beaucoup de cas, ceux qüi ne l’ont pas trouvé ont employé une technique mauvaise.

L'examen hématologique pourra également rendre des services, le nombre et la proportion des globules blancs contenus dans le sang ne subissant pas dans l'infection gonococcique de modifications appréciables, même quand il y a arthrite suppurée (Vaquez, Aubertin), la leucocytose avec polynucléose étant au contraire la règle dans l’infection puerpérale streptococcique (Mouchotte et Carton).

On aura donc recours à tous les moyens cliniques et

bactériologiques pour faire le diagnostic étiologique de Martin 3

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en particulier de l’arthrite suppurée, car, comme nous le verrons, le pronostic et le traitement sont tout diffé x 7 rents selon qu'on se trouve en face d’une pyarthrite à {» e k srteptocoques ou d’une pyarthrite à gonocoques. | + à | | NE

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