‹ Arthropathies tabétiques à début traumatiqueChapitre 15 sur 20 · FRÈRE · texte numérisé non relu

FRÈRE

Les mouvements du poignet sont limités, aussi bien les mouvements passifs que les mouvements actifs.

Les mouvements étendus sont douloureux.

La radio montre une importante décalcification des os du carpe et du radius, avec réactions périostées remontant à 8 à 10 centimètres sur les diaphyses radiales et cubitales.

Frappés par les lésions survenues plus de quatre mois après ce traumatisme, on recherche des signes de syphilis.

On trouve dans les antécédents :

Penphigus palmaire à 23 ans, deux fausses couches. Le B.W. est fortement positif, les pupilles sont inégales. Il existe un signe d’Argvyll, le réflexe achilléen gauche est aboli.

Donc, chez uæ sujet tabétique, survient un traumatisme incon estable. Mais les lésions ostéo-articulaires qui apparaissent par la suite ne sont point les lésions habituelles de l’ostéoarthropathie tabétique.

On peut schématiser les renseignements que nous donnent ‘ces trois observations ainsi :

1° Le traumatisme.

Il a été assez important dans les deux premières observations pour occasionner des dégâ's articulaires. Les troubles décrits dans l’observation I sont, en effet, très nets, alors que dans l'observation II ils entrainent l’hospitalisation. Dans l’observation III, le traumatisme semble avoir été minime.

»° Texture osseuse au moment du traumatisme.

Il est difficile de préciser la valeur de la texture osseuse lors du traumatisme car l’on manque de documents. Dans l'observation III, une radio faite un mois après la chute ne montre, cependant, rien d’anormal.

3° Nature des arthropathies.

La nature des arthropatbies, qui ont suivi le traumatisme, est. difficile à interpréter. Seule, l'observation | montre une

arthropathie tabétique typique. Dans Re H.-:0n est plutôt en présence de séquelles d’arthrite chronique, alors qu'on est très éloigné des arthropathies tabétiques dans lobes servation III. | À Les cas que nous venons de signaler n’entrent pas de façon absolument certaine-dans le cadre que nous nous sommes pro- D

posé d'étudier; ils se révéleront cependant utiles dans la suite du raisonnement. Ils montreront qu'il y a, entre les arthropathies tabétiques et les troubles osseux post-traumatiques des termes de passage. Ils montreront également qu'il faut êre très prudent avant d'affirmer qu'un traumatisme est à l'origine de l’arthropathie tabétique. | re

Nous allons rappeler maintenant les différentes théories . pathogéniques que l’on à émises pour expliquer la cons ‘itution des arthropathies tabétiques.

THEORIES PATHOGENIQUES DES ARTHROPATHIES TABETIQUES

Les théories pathogéniques peuvent se classer, comme nous l'avons déjà vu, en deux grandes catégories : la première catégorie attribue la cause initiale de l’arthropathie à une lé- Sion nerveuse, la seconde-à des troubles qui ne sont pas ner- veux. Nous allons examiner les deux aspects de cel'e ques- tion. Nous terminerons en exposant la théorie de Porigine - sympathique des arthropathies tabétiques, théorie qui nous semblent reposer sur suffisamment de bases pour être rete-

nue.

1° Théorie nerveuse.

- CHARCOT, en 1870, examinant des coupes de moelle d’un . malade atteint d’arthropathie de l'articulation de l'épaule gau-

che, trouve des lésions de la corne antérieure au niveau du renflement cervical. Il cherche par quelle voie cette lésion peut retentir sur les troubles trophiques et ne se prononce

pas de façon certaine, sur cette question. Mais les lésions des - cornes antérieures manquent presque toujours dans le tabès, 3 et, lorsqu'elles existent seules, elles n’entraînent souvent pas d’arthropathie. D'ailleurs, CHARCOT dira par la suite « qu’en - somme la question relative au siège précis de l’altération spi- nale demeure en litige, et réclame des investigations nouvel- les ». Il ajoute que : « toutefois, la subordination de l’affection articulaire à l'affection spinale n’en reste pas moins éta-

blie ». f PITRES, en admettant toujours une théorie nerveuse, ne

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