‹ Arthur Beaulac [microforme]Chapitre 3 sur 14 · PREMIÈRES ANNÉES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES ANNÉES

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| vient cependant où ça n'est plus drôle, et les parents se sentent tristes, ils pleurent parfois quand l'enfant grandit. Arthur Beaulac fut de bonne heu- | re habitué au devoir, même au prix de > sacrifices assez pénibles, D'un caractère Fe vif, entêté, il eut dans son bas âge des “4 emportements qui donnèrent lieu à des scènes quasi tragiques qu’il rappelait plus tard en souriant. Alors si l’autorité eût retraité devant l'orage, qui sait sile gamin ne serait pas devenu un misérable enfant prodigue? Il n'y a rien de redoutable comme#les natures ardentes et passionnées quand, à leurs débuts, elles sont mal dirigées.

Après avoir fréquenté une classe d'institutrice et le collège des Frères des Ecoles chrétiennes, Arthur Beaulac entra de bonne heure au Séminaire des Trois-Rivières, dans la classe de Septième. Il n'avait que neuf ans. (C'était au mois de septembre 1899. A la fin de cette première année, Arthur était le premier de sa classe sur trente et un élèves. Les années qui suivirent immédiatement, dans les cahiers du Préfet de# Etudes, accusent des succès u.: peu moins brillants : et de légères variations dans les notes de la conduite permettent de soupçonner que le jeune écolier, à cette époque, ne s’accommodait pas toujours parfaitement des exigences de la règle. Qu'on le remarque bien toutefois, ces variations ne descendirent jamais plus bas que la note bonne. Il ne serait pas téméraire, du reste, de supposer que les espiègleries de l'enfant exercèrent leur influence sur ses succès en classe, et que des

leçons mal apprises, des devoirs expédiés hâtivement préparèrent la voie à des indisciplines. Quoi qu'il en soit, on peut affirmer que Beaulac, même au temps de ses distractions et de ses légèretés, ne fut jamais ni un paresseux, ni un mauvais élève. Et c'est grâce à sa ténacité au travail, à son amour de l'ordre, à son ambition, autant qu'à ses aptitudes peu communes, qu'il finit par reconquérir et garder ordinairement la première place dans une classe où les élèves de talents ne manquaient pas.

Il serait très intéressant d'&aminer les devoirs de Beaulac au commencement de ses études, ceux en particulier où la liberté d'invention, la composition littéraire, par exemple, permettent à l'écolier de se révéler avec toute son originalité. Ses lettres du jour de l'an à son père, seuls spécimens de ce temps là quiaient été conservés, pourraient suffire, il semble, à prouver que le petit écolier, sans être le premier de sa classe, n'en était pas moins un élève bien doué. On l'a dit souvent, c'est

dans les lettres intimes qu'on se fait le mieux connaître. Nous citerons donc l’une de ces lettres, sans y apporter le plus léger changement: “Très cher père, quelques mots seulement à l'occasion de la nouvelle année. Je vous dirai que je vous aime beaucoup, ce qui est juste, car toutes les peines que vous prenez et que vous avez prises pour moi méritent bien mon amour pour vous.

Je vous remercie des sacrifices que VOus faites pour moi et aussi de mes mitaines, et je souhaite que le ciel bénisse vag entreprises. Je vous témoignerai ma reconnaissance pour tout cela en toutes les circonstances, je vous demande de plus un cadeau pour le jour de l'an. Je termine en vous demandant votre bénédiction qui me sera fort utile pour réussir dans ma classe ét surtout dans mes examens. Je demeure, en vous embrassant et en vous souhaitant une bonne et heureuse année, très cher père, votre fils affectueux, Arthur”.

Neuf lettres du jour de l’an nous ont

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